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 Puisqu'à l'heure où l'on boit l'extase on sent la douleur déborder || Yuri

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→ ORDRE CLANIQUE : Ghostbusters
→ NUISANCE DEPUIS : 28 ans
→ SOUS L'EMPRISE DE : Mama Coca
→ ERRANCE : Au club et partout où ça craint
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MessageSujet: Puisqu'à l'heure où l'on boit l'extase on sent la douleur déborder || Yuri   Sam 22 Juil 2017 - 18:19


 
— Puisqu'à l'heure où l'on boit l'extase on sent la douleur déborder —


 
Elle s’ennuyait, ce soir. Elle en avait terminé de ses passages sur la scène, ces moments qu’elle préférait parce qu’elle gagnait le plus d’argent et aussi parce qu’elle était seule, avec la musique, et que si elle voulait, elle pouvait s’échapper dans un monde qui n’était pas le sien. Non pas qu’elle haïssait son job, au contraire, elle en était fière, comme elle était fière de tout, fière par nature. Mais ce qu’elle préférait dans tout ça, c’était danser, même si d’autres n’auraient pas appelé ça de la danse. Et, oui, elle aimait avoir une audience, même s’il s’agissait de mâles en rut. Tout ça avait un goût de théâtre d’ombres chinoises, une existence dont elle pouvait rêver, elle, danseuse étoile devant mille invités en costumes et robes de soirée, sous les applaudissement et les lancés de rose… même si au final elle n’était jamais qu’en string sur deux mètres carrés d’une scène poisseuse à s’agiter devant des hommes à mille lieues du prince charmant, bruyants et au regard excité. Mais tout ça, pour ce soir, c’était terminé, et désormais, elle travaillait en salle, allait de client en client, effleurait les bras ou les nuques en esquivant elle-même les mains baladeuses avec l’agilité de l’habitude, même si aucune des filles ne pouvaient vraiment y couper. C’était un jeu que les clients adoraient, braver l’interdit, toucher, agripper, sans forcément se vanter de leur exploit. Tant qu’ils consommaient, tant qu’ils payaient, la maison fermait les yeux, et Cassie aussi, souvent. Parfois, elle ne supportait pas. Comme tout le monde, elle avait ses bons et mauvais jours.

Elle venait de passer dix minutes en compagnie de deux clients, deux amis d’une quarantaine d’années, clairement pas les plus riches du coin, encore vêtus de leur bleu de travail, les mains crasseuses, l’air hagard, les veines pleines d’alcool. En grande partie à cause d’elle, évidemment. Mobile, elle ne s’asseyait jamais à côté d’un client, rester statique cela voulait dire s’exposer à des conséquences peu agréables. Il ne fallait pas qu’ils pensent qu’elle était leur petite copine. Et, même si parfois les clients ne s’en rendaient pas compte, ils ne le souhaitaient pas non plus. La proximité, les sourires, les shows, tout ça, c’était du business, pas personnel. Il n’y avait aucun sentiment, ni d’un côté ni de l’autre, et c’était important de garder les choses en l’état. De toute façon, la majorité d’entre eux ne venaient pas pour faire la conversation. Avec ces deux types, elle avait dansé, bougé, les avait servis plus d’une fois, s’occupant de l’un puis de l’autre, refusant de leur accorder une séance privée parce qu’ils n’en avaient pas les moyens, jouant le jeu avec eux, oui, ils étaient ses clients préférés de la soirée, non, elle n’avait pas de petit-ami, oui, elle pourrait bien rentrer avec l’un ou l’autre et pourquoi pas vivre le rêve que, bien évidemment, dans leur tête de mecs, ils se faisaient tous, persuadés que les filles, ici, ne voulaient qu’une chose : un prince charmant façon Pretty Woman. Pouah !

Ils avaient fini par lever le camp, les poches délestées de leurs quelques dollars, et à partir de là, Cassie n’avait pas à perdre son temps avec eux. Fendant la faune nocturne sur ses talons aiguilles, les bras poignets et les chevilles cliquetant de bijoux en toc, sa robe courte et éthérée formant comme un voile sur les courbes de son corps, elle alla jusqu’au bar et, se hissant sur la pointe des pieds, se pencha par-dessus le comptoir. Neal, le bébé barman, lui adressa un sourire.

— Tu t’ennuies ?

Elle hocha la tête, attrapa une pistache qui traînait et la fourra dans sa bouche avec une moue boudeuse. La soirée n’avait pas été affolante, de toute façon. Elle avait faim, elle avait soif, elle avait envie de bouger et regarda avec envie Kennedy sur scène qui se déhanchait sous les hululements des quelques types collés au rebord. Cassie aimait bien Kennedy mais des fois, toutes les deux avaient un peu le même style, et ça l’ennuyait, l’idée de ne pas être unique. Neal posa un shot de vodka sur le comptoir et à son intention et Cassie le goba avant d’adresser un grand sourire au jeune homme.

— Tu prends toujours soin de moi.

— Prendre soin de vous, c’est aussi mon boulot.

Elle lui accorda un sourire un peu plus sage. Elle l’aimait bien, Neal. Ils jouaient souvent un petit jeu de séduction mais lui était toujours mesuré et souvent, la renvoyait directement dans les cordes, toujours d’un ton calme et plaisant. D’ordinaire, Cassie aurait été horriblement vexée par ce manque d’intérêt pour sa personne, mais avec lui, ça passait toujours. Elle s’accouda au comptoir, profitant de cette minute de répit avant que le responsable du club, Gary, ne se pointe pour la houspiller. Elle soupira de nouveau.

— Où est mon prince charmant, Neal ? Où est-il ?

Pour seule réponse, le barman émit un rire à peine moqueur, le rire parfait pour ramener le sourire sur les lèvres de l’Hérésie. Oui, c’était drôle. Peu de gens ici auraient pu comprendre pourquoi c’était drôle. Puis le jeune homme lui fouetta doucement le bras avec son torchon.

— Tiens, en voilà un, de tes princes charmants.

Cassie tourna son regard de glace vers l’entrée et se redressa comme mue par un courant électrique. Un prince, en effet, dans son allure, dans l’aura d’assurance tranquille qu’il dégageait, dans la façon dont il détonnait dans le paysage, au milieu des paysans crasseux et sans le sou. Et charmant, eh bien… Aux yeux de Cassie, tout le monde trouvait grâce, ou presque, mais lui était plus appréciable que beaucoup d’autres. D’un pas sautillant, elle se dirigea droit sur lui, comme s’il était son client privilégié, ce qui était, au fond, un peu le cas, non ? Naturellement, elle se disait qu’il était venu pour la voir, sans douter une seconde. Elle ne comprenait pas pourquoi il venait ici quand on savait que la clientèle, quoique éclectique, était tout de même, dans l’ensemble, assez bas de gamme, et elle faisait semblant de se dire que ce n’était pas pour elle qu’il venait, tout en savourant, de loin, avec une fausse modestie, cette éventualité.

— Yuri !

Deux syllabes, un Vampire, et les Vampires étaient censés être de mauvaises nouvelles, non ? Pourtant, dans cette Cour des miracles qu’était Bâton-Rouge, les Vampires étaient bien ceux qui fascinaient Cassie, qu’elle jalousait tout bas, qu’elle avait déjà laissés à maintes reprises dans sa vie lui faire du mal et se servir d’elle avec cette facilité qu’ils avaient de se détacher des choses dans le temps et l’espace. Mais elle y revenait toujours. En se disant toujours que cette fois, ça serait différent. Comme avec Yuri. Et même s’il mentait, même s’il avait des intentions cachées, la vérité, c’était qu’elle s’en fichait.

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Dernière édition par Cassie Clarke le Sam 30 Sep 2017 - 13:19, édité 1 fois
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→ ORDRE CLANIQUE : L'Essaim, lignée des Cauchemars descendant de Marnée
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→ SOUS L'EMPRISE DE : Maitre Vampire, Cauchemar, niveau 4 ; télépathie ; capable de tenir une conversation rien qu'avec ses expressions faciales sans un mot; appel primal: loups, maniement épée et arc
→ ERRANCE : Le musée, l'Elysium, en ville, à son loft
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→ PROFIL PSYCHOLOGIQUE : froid, neutre, stratège, fidèle, respectueux, discret, capable de sadisme au besoin, étrangement passionné par certaines choses/ personnes, intelligent, observateur, rancunier, charmeur, naïf quand cela touche les sentiments. .


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MessageSujet: Re: Puisqu'à l'heure où l'on boit l'extase on sent la douleur déborder || Yuri   Dim 24 Sep 2017 - 10:03


Puisqu’à l’heure où l’on boit l’extase on sent la douleur déborder
Cassie Clarke & Yuri Stakavold
Un club de strip-tease est sûrement le dernier endroit où beaucoup de monde imaginerait me rencontrer. Pourquoi y venir exactement ? Je n’ai aucune réaction face à ses corps dénudés aux formes parfaites, qui se déhanchent sur des scènes trop petites. Je pourrais même dire que l’air saturé en hormones sexuelles, en phéromones est entêtant, agaçant. C’est prenant, cela se mélange à l’odeur de sueur, d’alcool, de cigarette, de savon, de déodorant, de parfum, de maquillage et autre. Les villes puent. C’est un constat que j’ai fait à ma renaissance. L’odeur de la forêt, des plaines, de la montagne est aussi diversifié, mais ô combien plus agréable. Cependant, j’ai appris à vivre dans ce monde bourré d’odeurs naturelles et synthétiques. J’ai appris à bloquer mon odorat et ma respiration au besoin. Mais comme tout Canaïte rien ne m’échappe réellement. Le seul sens, qui semble ne pas fonctionner chez nous, est le goût.

Pourquoi venir ici ? Parce qu’ici je ne suis personne. Je ne suis qu’un client, poli et respectueux, qui paie pour des séances privées, gardant ses mains dans ses poches. Parce que les strip-teaseuses me rappellent les danseuses de Byzance, dévêtue et gracieuses, souples et félines. Le spectacle est à la hauteur du prix payé. Et on ne pose jamais de question. Ici je me plonge dans le monde de la nuit selon les Humains. Sexe et argent font toujours bon ménage. J’ai l’argent. Le sexe ne m’intéresse guère. Et je viens ici aussi pour rencontrer la petite fée joyeuse que tu es, débordante d’énergie et de vie. C’est un moyen comme un autre de me distraire, de zapper mon statut dans l’Essaim et de trouver un certain repos. Au moins ici, personne ne viendra m’ennuyer, ni me chercher.

Et toi, petite Hérésie, tu es une charmante distraction. Douée pour te mouvoir avec grâce et élégance, bonne chorégraphe, tu débordes d’énergie. Tu parles beaucoup. Tu t’extasies face à l’être immortel que je suis. Je connais les lois régissant les relations entre les miens et les Hérésies, rédigée par le Conclave. Si tu me connaissais vraiment, tu saurais que je suis très à cheval sur ces dernières. Vous Marquer est interdit. Votre sang est du poison. Mais on peut vous côtoyer et jouer avec, les surveiller. Surtout que vous êtes des armes pour les Sorciers. Et tu as ce côté enfantin, qui est plaisant. De nature froide et neutre, je m’entoure des créatures bruyantes et hyperactives en général. Cela comble le silence de mon esprit et le vide de mon âme. Peut-être que je t’apprécie malgré ta nature. En tout cas, venir te voir est simple. Tu n’attends rien de moi. Et je me contente de savourer ta voix mélodieuse et tes pitreries. Je ne te manipule pas. Je ne joue pas avec toi. Je profite juste de ton étrange joie de vivre et de ton art. Et je te paye pour cela avec de l’argent et des cadeaux, te traitant en princesse juste pour te voir t’extasier de bonheur, petite poupée de porcelaine.

D’ailleurs, je t’ai apporté un petit présent, qui repose dans un petit écrin de velours noir. Une paire de boucles d’oreilles aux pierres précieuses, qui sont arrivées au musée. Je ne peux pas vraiment les exposer. Alors j’ai décidé de te les offrir, pour me faire pardonner d’avoir disparu. Ce n’est pas une pièce historique après tout. Et puis je les ai achetées. Finalement, je pénètre dans le club. Et directement les bruits de musiques et conversations m’assaillent ainsi que le melting-pot de senteurs des lieux. Pourtant, je n’exprime aucun inconfort. Je me contente de scruter les lieux de mon regard glacé de prédateur. Je repère les différents groupes, et je capte ta présence, petit poupée de porcelaine perchée sur des talons hauts et en tenue moulante. Tu es toujours aussi jolie et délicate.

Le barman te signale de toute évidence ma présence. Il sait que je paie pour te voir toi, dans ce qu’on appelle ici une danse privée. J’ai un sourire, vaguement séducteur et légèrement doux. J’abandonne un instant ma neutralité légendaire pour paraître Humain, pourvu d’une vie que j’ai perdue il y a de nombreux siècles. Tu arrives en sautillant comme une gamine. Tu frappes presque dans tes mains de joie. Tu sais ce que je suis. Je sais ce que tu es. Un de nous connaît la limite de nos rencontres, l’autre savoure juste. Et tu es la première, qui ne semble pas avoir à me reprocher ma disparition soudaine. Probablement parce que dans ton monde cela est normal de disparaître. Ou bien parce que justement il n’y a aucun contrat tacite qui nous lie l’un à l’autre. Je viens quand bon me semble. Je pais tes services. Je t’offre un présent. Et toi, tu te contentes de danser et d’accepter mes cadeaux. C’est relativement simple comme amitié.

« Bonsoir Princesse. » Je réplique à ton joyeux salut. Je t’observe de mes yeux clairs approcher. Et je te chope au passage, t’offrant une brève étreinte. Tu sembles heureuse et tu es toujours aussi jolie. Ta peau est aussi pâle que la mienne, sauf que mes veines ne transparaissent gère. « Je suis désolé de ma longue absence. » J’ajoute en passant une main dans tes cheveux soyeux. Les excuses sont inutiles, mais elles sont un signe de politesse appréciables. « Et pour me faire pardonner, je t’ai amené un présent. » Je déclare avec un clin d’œil, alors que je te montre le petit écrin contenant les boucles d’oreilles. Peu importe ce qu’il renferme, tu seras heureuse comme une gamine ouvrant ses cadeaux de Noël. Et peut-être que je pourrais te demander une danse privée.

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"Le monde est plein de vampires. Celui qui mord a été mordu un jour. Celui qui abuse a souffert d'abus. Celui frappe a été frappé. Celui qui abuse a été abusé. Le bien et le mal ne surgissent pas du néant, quelqu'un les a fait entrer dans notre tête à coups de marteau. En naissant, nous étions des pierres attendant que la vie nous taille.  " de Lucia Etxebarria.
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MessageSujet: Re: Puisqu'à l'heure où l'on boit l'extase on sent la douleur déborder || Yuri   Sam 30 Sep 2017 - 13:50


 
— Puisqu'à l'heure où l'on boit l'extase on sent la douleur déborder —


 
Depuis combien de temps est-ce qu’elle ne l’avait pas vu ? Elle avait vaguement l’impression que cela faisait longtemps, mais elle qui vivait toujours dans l’instant présent avait beaucoup de mal à tenir le compte du temps qui passait, à marquer, dans la chronologie de sa propre existence, les endroits précis où les événements arrivaient. Était-ce une semaine, quinze jours, un mois auparavant ? Elle ne se posa pas la question bien longtemps, puisqu’il était là. Et puisqu’il était là, savoir quand est-ce qu’il était venu la dernière n’avait absolument aucune importance. En s’approchant de lui d’un pas dansant, elle observa son visage, comme celui d’une statue qui s’anime. Elle savait que ce n’était ni naturel ni spontané, qu’il faisait ça pour elle, et probablement pour d’autres. Elle avait croisé assez de Vampires dans sa vie pour reconnaître cette expression humaine un peu décalée qu’ils portaient tous comme un masque quand les circonstances l’exigeaient. Chez certains, elle trouvait ça flippant, chez d’autres, attendrissant, mais dans tous les cas, elle appréciait l’effort, quoi qu’elle n’aurait pas changé d’attitude vis-à-vis d’un Vampire ne faisant aucun effort pour paraître un peu vivant. Elle se disait simplement, en cette seconde, qu’elle ne savait pas vraiment qui était Yuri. Juste qu’il était Yuri. Cela lui suffisait. Là-dehors, hors des murs du club qui représentaient quatre-vingts pour cent du monde de Cassie, peut-être était-il quelqu’un de très mauvais, ou de très bon. Mais c’était dehors, un autre monde, qui ne la concernait guère. Elle avait cru comprendre des paroles souvent décousues d’Alessandro que Vampires et Hérésies ne faisaient pas bon ménage – tu parles d’un scoop ! Tout le monde traitait les Hérésies comme des abominations mais ils étaient nombreux à chercher leur compagnie malgré tout, souvent pour de mauvaises raisons. Est-ce que Yuri brisait une règle quelconque en venant la voir, une règle vampirique ? Cassie n’aimait pas les règles. C’était ennuyeux. Elle ne s’inquiétait pas non plus pour Yuri. S’il commettait un crime horrible en venant ici, eh bien, il en avait forcément conscience, non ?

Elle se laissa aller à son étreinte avec un couinement de joie, comparant forcément son accueil à celui de n’importe qui d’autres, de Shiloh la bête qui se contentait souvent de lui saigner dessus avec insultes et morve en option, aux clients du club qui lui criaient simplement d’enlever ses vêtements. Comme il s’excusait pour son absence, elle dodelina de la tête. Pas la peine de s’excuser. Apparemment, il avait vraiment été absent un moment, alors. Eh bien, c’était la vie, c’était comme ça ! Elle-même ne faisait de promesses à personne, c’était bien trop de poids sur ses épaules, bien trop de responsabilité à engager auprès des autres, alors elle n’attendait pas de ces autres qu’ils lui promettent quoi que ce soit. Cela ne l’empêchait pas d’être blessée à certaines occasions. Eh bien, elle n’était pas en pierre… Au final, elle n’exigeait rien et n’attendait rien, mais s’attachait en silence, à part elle. En l’occurrence, il n’y avait pas grand-chose qu’elle aimait plus que se faire appeler « princesse » – à part l’argent évidemment –, ça la changeait des autres sobriquets qu’elle entendait en général toute la soirée, bébé, garce, salope, chérie, etc.

Autant dire que quand Yuri fit apparaître comme par magie un petit écrin à bijoux entre ses mains, elle n’entendit plus vraiment ses paroles. Rien de mieux pour obtenir son attention que ce genre de petites attentions. Elle vit tout de suite à l’objet que le contenu devait être extrêmement précieux. Elle savait que Yuri avait de l’argent, d’ailleurs, le naturel et le professionnalisme n’étant jamais loin, elle n’hésitait jamais vraiment à lui demander de menus cadeaux, là encore sans vraiment s’attendre à ce qu’il les lui offre vraiment. Cette fois, le daddy long legs vampirique l’avait prise au dépourvu et elle s’empara de l’écrin pour le retourner en tout sens.

— Tu n’aurais pas dû !

Total automatisme de sa part parce qu’il aurait fallu une pince industrielle pour lui arracher la boîte des mains maintenant qu’elle la tenait. Elle ouvrit la boîte et y trouva, nichée comme un trésor de pirates, une paire de boucles d’oreilles. Cassie aimait les belles choses mais pouvait rarement se les offrir. Tout l’argent qu’elle gagnait, elle le dépensait sans attendre, en bijoux, vêtements, chaussures, qui ressemblaient aux belles choses dont elle rêvait, sans l’être vraiment – les bonnes contrefaçons coûtaient cher, après tout. Mais ça, ça ce n’était pas du toc, ni du faux. Elle poussa un cri de joie incongrue, là, au milieu des clients, au milieu d’un club de strip-tease, vêtue de ses quelques habits bas de gamme et vulgaires, ses talons trop hauts, son maquillage trop lourd pour que tout le monde le voient bien quand elle était sur scène, des bijoux qu’elle n’aurait jamais cru pouvoir tenir dans ses mains un jour entre ses doigts. Elle releva le visage vers Yuri, pensa, pendant une milliseconde : Pourquoi est-ce qu’il m’offre ça ? Est-ce qu’il va enfin m’avouer la raison de ses attentions pour moi ? Comme si le présent marquait la fin de quelque chose d’innocent et que le retour à la réalité s’annonçait difficile, puis tout ça fut balayé, comme d’habitude, parce que peu importait ! Elle referma la boîte et enroula les doigts autour du poignet de Yuri pour l’attirer à sa suite jusqu’à une des salles privées, que personne, ce soir, ne semblait pouvoir s’offrir. Là, il y avait un miroir, et elle se planta devant pour passer les boucles à ses oreilles. Elle n’en portait pas au travail, car les clients et leurs mains baladeuses pouvaient s’y agripper et personne portant une boucle d’oreille ne voulait vivre ce genre de truc, c’était en général douloureux et sanglant. Elle balança la tête devant le miroir avant de se retourner vers Yuri comme pour obtenir son avis.

— Merci Yuri ! C’est les plus belles qu’on m’ait jamais offertes ! Non, en fait, c’est la première fois qu’on m’en offre.

La vérité vraie. La porte de la salle s’ouvrir doucement et Neal déposa sur la petite table à cet effet une bouteille d’alcool et deux verres, avant de lui adresser un clin d’œil, puis de repartir aussi discrètement. Cassie, désormais reine d’Égypte, impératrice de Russie, princesse ottomane tout à la fois, poussa doucement Yuri dans un fauteuil et se planta devant lui.

— Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça ? C’est ta façon de me dire adieu ? Tu vas partir ? Tu vas mourir ?? Tu vas bien ?

Cassie la curieuse, Cassie l’affamée d’histoires de Vampire, qui trouvait souvent son compte avec Yuri. Il ne lui disait pas tout, ne lui disait probablement même pas grand-chose, mais malgré tout, elle apprenait, un peu, doucement, avec lui.

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Dernière édition par Cassie Clarke le Sam 9 Déc 2017 - 11:36, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Puisqu'à l'heure où l'on boit l'extase on sent la douleur déborder || Yuri   Dim 26 Nov 2017 - 19:16


Puisqu’à l’heure où l’on boit l’extase on sent la douleur déborder
Cassie Clarke & Yuri Stakavold
L’avantage avec toi, c’est qu’aucune question ou remarque ne sera faite sur mon absence. Je ne suis même pas certain, que tu as constaté ma disparition plus longue qu’habituellement. Après tout, je ne suis qu’un client. Juste un de ceux qui ne sont ni vulgaires, ni pervers et qui se montrent généreux juste pour avoir le plaisir d’une danse. Et même si je hante ces lieux de temps à autre, je ne comprends pas forcément le comportement déplacé des clients. Autrefois, à Byzance ou dans d’autres villes orientales, on n’aurait jamais osé touché une danseuse, ni même user de propos dégradants et vulgaires en leur parlant sous prétexte qu’elles étaient dévêtues lors de leur danse. Mais elles avaient un caractère sacré que les strip-teaseuses n’ont guère. Et ici, on a une idée précise de la dépravation et du manque de respect global de cette société occidentale, qui se dit civilisé et qui donne des leçons au reste du monde. L’Humain est pathétique en bien des points.

Je t’offre une brève étreinte. Jouer au mortel est un art consommé chez les Vampires, surtout les Anciens. Cela dit si les Humains et les autres êtres étaient attentifs, ils verraient le léger décalage et les réactions parfois plates ou surjouées que l’on peut avoir. Même si nous sommes tous des bons acteurs faignant la mortalité et la vie avec aisance dans nos gestes, notre regard ne dissimulent point les siècles écoulés, quelque chose de nos paroles et manières dévoilent un autre temps. Mais dans une société hétéroclite, aux cultures mélangées, nous ne sommes que des originaux jouant un jeu désuet. Au fond, quand on y pense, les Humains se laissent berner bien facilement. Ils sont dupes volontairement. Car douter, imaginer ce que les ténèbres dissimulent, ce serait reconnaître qu’ils ne sont plus les maîtres de ce monde, ni les créatures tout en haut de la pyramide alimentaire. Mais toi, tu es une Hérésie. Et le monde a une autre saveur et une autre définition pour ta personne. Vous vivez en parallèle, avec vos vies courtes et brèves, soumis aux caprices d’autres Créatures plus puissantes.

Et quand l’écrin à bijou apparaît dans ton champ de vision, je devine que ce que je raconte n’a plus d’importance. Tu réclames parfois des présents. Et généralement, j’accède à la demande. Ce n’est jamais des objets de grandes valeurs. Ce petit cadeau devrait te combler. Pour moi, ce n’est rien. Pour toi, c’est un trésor. Cela dit j’ignore si tu les garderas ou si tu les vendras. J’ignore ce que tu fais des babioles que tes clients habituels t’offrent. Je sais juste que dans ce jeu de dupes, tu es la danseuse qui offre un spectacle, et je suis le client qui paie et doit offrir des cadeaux. De toute évidence, ce sont les règles du jeu. Tu offres ton corps à la vue, l’autre vide ses poches à ta demande. Du moins, ai-je compris comme cela en observant les échanges ici que payer la danse n’est jamais suffisant. Toutes les danseuses s’arrangent pour que les clients sortent délestés de leur bourse. C’est moins évident d’y parvenir avec moi. « Je t’en prie. », je réponds pour la forme.

Je te laisse ouvrir l’écrin, découvrir les boucles d’oreilles en pierres précieuses et t’extasier. Ton petit cri perçant semble être la manifestation sonore de ta joie. Je n’aurais jamais cru qu’une simple paire de boucles d’oreilles pouvait provoquer de telle réaction euphorique. Mais ma nature de Canaïte me décale des autres pour ce genre de sensation. J’ai un sourire amusé. Et puis tes doigts se referment sur mon poignet, et tu m’entraînes vers un salon privé. De toute évidence, je vais devoir payer la danse. Mais qu’importe, cela ne me ruinera pas. Et tu te plantes devant un miroir pour essayer les bijoux. J’en profite pour m’installer dans le sofa, observant avec un vague amusement tes réactions. Je penche un peu la tête. « Elles te vont bien. Content que cela te rende heureuse. », je réponds avec un hochement de tête. Puis le barman ouvre la porte et dépose un plateau avec deux verres et une bouteille. Cela aussi je devrais le payer en sortant. Mais je passe pour un client riche, qui ne vient que pour le plaisir de te voir.

Je suppose que tu boiras. Dans le cas contraire, je rapporterais la bouteille à l’Elysium. Je ferais plaisir à un Marqué ou un Calice. Et puis tu me repousses quand je me lève pour te servir un verre. Bon joueur, je me laisse retomber sur le sofa. Je secoue la tête. « Pourquoi faut-il toujours une raison pour faire un présent ? J’en viens à me demander si les Mortels offrent encore des cadeaux par pure attachement ou plaisir d’offrir. », je fronce des sourcils. Je suis perplexe face à tes questions. « Je ne pars nulle part. Quant à mourir… Peut-être un jour, si quelqu’un est assez puissant pour me terrasser… Et je vais bien. J’ai reçu les boucles d’oreilles avec une collection, que j’ai achetée pour le musée. En les voyant, j’ai pensé à toi. Je sais que tu aimes ce genre de choses. », je t’explique lentement mes raisons, essayant aussi de répondre à tes questions. Je m’installe plus confortablement, même si rien ne pourrait me faire avoir des courbatures. « Et toi, comment vas-tu ? », je finis par demander. « Qu’as-tu de neuf à me raconter. » Je sais que tu es comme une enfant, avide d’histoire. Je t’en conte parfois, des choses qui sont banales pour les miens du moins.

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MessageSujet: Re: Puisqu'à l'heure où l'on boit l'extase on sent la douleur déborder || Yuri   Sam 9 Déc 2017 - 12:11


 
— Puisqu'à l'heure où l'on boit l'extase on sent la douleur déborder —


 
Un compliment. Les boucles d’oreilles lui allaient bien. Bien sûr qu’elles lui allaient bien ! Les bijoux allaient toujours à tout le monde, hommes ou femmes, mais sur elle, à ses yeux à elles, c’était encore mieux que ça ! Jamais de sa vie elle n’avait possédé un objet aussi précieux, en termes de valeur au sens littéral du terme. Et pourtant, elle en avait rêvé, depuis qu’elle était enfant, depuis qu’elle faisait le mur la nuit, à huit ou neuf ans, abandonnant son père torché dans leur caravane pourrie au fond des bois pour aller marcher dans les rues d’Alexandria. Il y avait toujours des gens qui s’arrêtaient pour lui parler, le plus souvent des hommes, le plus souvent des hommes qui n’avaient pas du tout de bonnes intentions. Elle avait compris très vite qu’ils n’étaient pas forcément tous d’odieux monstres, que c’était simplement cette chose qu’elle possédait en elle, ce don, cet héritage de Mama Coca, même si à l’époque elle ne savait pas de quoi il s’agissait, qui éveillait en eux cette part animale que tous les mâles possédaient. Une part atavique perverse et odieuse que la société et les siècles avaient enfoui en eux mais que Cassie, son visage, ses yeux et sa nature d’Hérésie, éveillaient aussi sûrement que si elle avait appuyé sur un interrupteur. Tous avaient toujours quelque chose à lui offrir, à les entendre, comme si c’était normal de demander à une gamine de leur jurer fidélité et obéissance. Elle n’avait pas attendu d’être adulte pour apprendre à ce servir de ce pouvoir qu’elle exerçait sur les autres. Mais les autres avaient toujours été décevants. C’était son départ d’Alexandria, son arrivée à Bâton-Rouge et sa découverte du reste du monde surnaturel qui lui avait ouvert les yeux et de tous nouveaux horizons. Elle n’avait pas vécu dans l’opulence, au contraire, mais elle avait compris qu’elle n’était pas seule. Assoiffée de rencontres, toujours, jugeant les humains pour ce qu’ils étaient, des créatures pathétiques, brèves et un peu idiotes, et cherchant la compagnie des autres, ceux qu’elle trouvaient vraiment fascinants, et parmi ceux-là, forcément, les Vampires.

Aujourd’hui, elle avait trente piges, peu ou prou. Bientôt, elle aussi ne serait plus qu’un détail dans la vie de quelqu’un comme Yuri, si ce n’était pas déjà le cas. Si elle avait du mal à s’ancrer dans le présent, qu’est-ce que ça devait être pour un immortel ? Peut-être que présent, passé et futur se mélangeaient pour lui, peut-être que quand il la regardait, elle était déjà morte, peut-être qu’il avait l’impression de contempler un souvenir qui n’allait pas tarder à s’effacer de sa mémoire. On ne pouvait pas se rappeler tout et tout le monde. Eh bien elle, se souviendrait de lui. Et pas seulement grâce aux boucles d’oreilles – mais quand même, ça allait y participer ! Sans le savoir, il réalisait un des rêves d’enfant de Cassie, aussi futile soit-il. Quand il s’étonna qu’il faille toujours une raison pour offrir quelque chose, elle ne put s’empêcher de rire, et leur servit deux verres. Elle en tendit un à Yuri, sans savoir s’il voulait boire ou pas, mais c’était un réflexe. Elle-même, encore une fois par réflexe, n’avala qu’une petite gorgée d’alcool. C’était important d’accompagner le client, si elle ne buvait pas, l’autre ne buvait pas non plus, mais elle devait en vérité faire illusion. Aucune fille du club n’avait envie de se trouver enfermée ici avec un client tout en étant pompette. Il fallait garder ses esprits pour minimiser les risques. Bien sûr, jamais elle ne se serait sentie en danger avec Yuri – ce qui au fond était un véritable paradoxe et encore une fois, s’il y en avait besoin, la preuve que son sens des priorités et son instinct de survie étaient complètement bousillés depuis longtemps. Elle pouvait se défendre contre un humain. Pas contre un vampire. Quoiqu’il en soit, toutes ces choses étaient totalement mécaniques chez elle après toutes ces années.

—Les gens ont toujours des intentions cachées, même s’ils n’en ont pas conscience. Les actes gratuits n’existent pas.

C’était son avis. Son avis d’Hérésie des années 2000. Elle avait du mal à croire que Yuri ne soit pas du même. Quand on avait vécu aussi longtemps que lui on avait eu le temps de se faire une idée sur la nature des gens, non ? Et pas seulement la nature humaine… Mais apparemment, il n’avait aucune intention cachée, n’allait pas partir et ne comptait pas mourir dans l’immédiat. Une remarque qui éveilla une dizaine d’autres questions en elle, qu’elle eut du mal à ne pas poser aussitôt.

— Une collection… Et un musée… Je me demande vraiment pourquoi tu reviens dans ce club. Tu sais qu’il y en a plein downtown qui sont probablement plus adaptés à ton mode de vie.

Des clubs moins cradingues, plus chers probablement, mais plus selects. Où toutes les femmes devaient porter ce genre de boucles d’oreilles. Cassie n’allait pas prétendre ne pas apprécier sa présence ici. Elle allait totalement à la pêche aux informations, même pas subtilement. Et aussi : un vampire dans un musée, qu’est-ce que ça donnait ? Est-ce qu’il avait l’impression de voir les humains s’extasier sur un passé qui pour lui n’était rien d’autre qu’un genre de présent un peu lointain ?

— Je vais bien. Je vais toujours bien ! J’ai assisté à un braquage de banque !

Elle ne voyait pas pourquoi elle ne pouvait pas s’en vanter, parmi tous les ordres qu’ils avaient reçus ce jour-là, il n’y avait pas eu d’exigences quant à garder ce secret. En revanche, c’était une banque de vampires, et peut-être que Yuri n’aimerait pas trop entendre cette nouvelle. Autant rester prudente et ne pas trop s’impliquer.

— Tu n’es pas propriétaire d’une banque, n’est-ce pas ? Je ne sais même pas ce que tu fais dans la vie. J’ai l’impression que les Vampires passent leur temps à attendre que le temps passe. Sans vouloir te vexer. Mais quand on est immortel, on ne doit pas pouvoir garder le même métier. Même moi, qui adore mon métier, je ne pourrais pas le faire pendant deux mille ans.

Elle baissa les yeux, retrouvant son sérieux.

— Toi et tes collègues vampires, vous n’auriez pas perdu quelque chose de précieux, par hasard ?

Elle se souvenait bien d’Ilaria et de Nathan, paniqués à l’idée d’avoir aidé à voler un grimoire qui pouvait potentiellement déclencher l’apocalypse. Cassie elle-même n’y avait pas vraiment pensé, elle voulait juste sortir en vie de cette histoire et en cela, était satisfaite. Mais Yuri, face à elle, lui rappelait par sa seule présence que certains actes avaient des conséquences. Elle n’avait pas avoué avoir volé le grimoire, juste avoué être au courant… Peut-être que c’était suffisant pour qu’elle se retrouve enfermée dans un cachot vampirique ou allez savoir quoi. Encore une question qu’elle mourait d’envie de poser à Yuri : est-ce que les vampires avaient leur propre système judiciaire ? Est-ce que les criminels, s’ils s’en prenaient aux affaires des vampires, disparaissaient des radars humains pour se retrouver dans des prisons vampiriques ? Elle effleura une des boucles d’oreilles du bout de l’index en murmurant :

— Tu n’as pas la sensation que le monde est encore plus bizarre que d’habitude, ces derniers temps ?…

Comme un avant-goût de la fin. La fin de quelque chose, du moins. Elle voyait mal la fin tout court arriver, ne serait-ce que parce qu’elle savait qu’il y aurait toujours des humains pour survivre à n’importe quelle apocalypse.

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Dernière édition par Cassie Clarke le Jeu 11 Jan 2018 - 22:17, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Puisqu'à l'heure où l'on boit l'extase on sent la douleur déborder || Yuri   Ven 5 Jan 2018 - 16:59


Puisqu’à l’heure où l’on boit l’extase on sent la douleur déborder
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Par jeu, pour imiter les Humains qui hantent ces lieux, je prends la flûte de champagne, que tu me tends. Mais je la dépose bien vite sur la table près du divan, alors que tu goûtes le breuvage. Je ne bois pas. Les Vampires ne boivent pas. Hormis le sang, mais on en sert rarement dans ce genre de bar. Enfin si, à la Tombe, night-club vampirique, on peut en commander. Il est même fournir par les Moissonneurs de l’Essaim. Cela dit comme nous sommes seuls, je n’ai pas envie de jouer au Mortel. Après tout, tu sais ce que je suis. Ta remarque sur le fait que rien n’est gratuit me fait vaguement froncer des sourcils. « Alors il n’y a qu’avec l’immortalité qu’on apprend la vraie valeur de chaque chose et geste. », je commente lentement en haussant des sourcils cette fois. Je n’ai pas d’intention cachée. Je ne cherche rien en cet instant. Mais je ne mentirais pas. Il m’arrive d’user de cela pour manipuler mon monde, pour fidéliser mes Vampires par des récompenses. Mais je sais aussi donner gratuitement. Et c’est les présents gratuits, qui ont le plus de valeur. Mais je ne vais pas en discourir avec toi. Je ne suis pas très porté sur les conversations philosophiques.

« Mon mode de vie ? », je répète avec un froncement de sourcils. « Et qu’entends-tu par mode de vie ? » Je suis curieux de comprendre le sens de ta remarque. Parce que quel mode de vie peut donc avoir un Canaïte selon toi ? Qu’imagines-tu que je suis ? Un être raffiné de l’aristocratie ? Oh je peux être bien des choses. J’ai parcouru bien des citées, errant dans les ruelles des bas fonds autant qu’à la cour des Rois et Empereurs. Un Vampire sait se déplacer avec aisance, imiter n’importe quel comportement humain. Mais nous ne sommes pas aussi stéréotypés que les Humains. Nous nageons dans diverses eaux, nous adaptant aux autres autour de nous… Et j’ai toujours été assez bon à cela. Sinon je n’aurais guère vécu aussi longtemps. Tu poursuis déjà à mille lieux de ta première question. « Un braquage de banque ? », je répète vaguement interrogatif. Peut-être raconteras-tu, peut-être pas…

Tu poursuis et à ta question, je devine de quoi tu parles. Tu y étais donc… « Non, je ne suis pas propriétaire de banque. Mais elle appartient à mon clan. Je sais donc de quoi tu parles. », je réponds lentement. Je ne te dirais pas que j’ai géré l’affaire, répondu au Coven… J’ai d’ailleurs offert la banque à Ania et imposé qu’on rapatrie les objets magiques à l’Elysium. Mais tout cela, tu n’as aucunement besoin de le savoir. « En fait, nous travaillons. Cela fait passer le temps. Je suis gardien de nuit dans le musé que je possède… Parfois, je travaille pour mon clan. », je t’informe vaguement. Je fais toujours attention à ce que je te donne comme informations au sujet des miens. J’ignore à qui tu es susceptible de les répéter après tout. Ta question est surprenante. Mais je ne compte pas m’étendre sur le sujet. Après tout, personne à l’Essaim n’avait connaissance de la présence de ce grimoire dans la banque. Et les conséquences ne regardent que mon clan, surtout que ta question me rend soupçonneux.

Et ta dernière remarque me fait soupirer. Même si cela demande que je pense à faire fonctionner mes poumons. « Ce qui se tapit dans les ténèbres, sortira tôt ou tard. », je murmure lentement, le regard perdu sur les décorations du mur. « Mais oui, plus de chose étranges se passent en ville. C’est devenu plus sombre et dangereux… Pourtant, personne ne semble savoir la source de tous ces nouveaux problèmes. » Que pourrais-je ajouter ? Sur ce point, je n’en sais guère plus que les autres. Je ne peux que constater les faits surnaturels se passant en ville, les conséquences que cela a. Et il en faut de la diplomatie pour éviter qu’une guerre éclate entre les clans. Peut-être que c’est le but au fond de tout cela : la guerre.

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MessageSujet: Re: Puisqu'à l'heure où l'on boit l'extase on sent la douleur déborder || Yuri   Jeu 11 Jan 2018 - 22:43


 
— Puisqu'à l'heure où l'on boit l'extase on sent la douleur déborder —


 
Est-ce que c’était mal pour elle de se sentir en sécurité alors qu’elle était toute seule enfermée dans une pièce avec un Vampire ? Probablement, mais ce n’était pas elle qui en aurait pris conscience. Cassie avait diverses expériences de relations avec les Vampires. Du pire au meilleur. Actuellement, elle n’en fréquentait réellement que deux, et ils étaient comme le jour et la nuit. Elle se sentait plus à l’aise avec Alessandro, plus à même de lâcher prise, d’être elle-même, sans peur de faire un faux pas, de le vexer ou de le blesser. Mais elle savait aussi qu’il était dangereux, pour lui et donc pour elle, et qu’un jour, probablement, il la ferait tuer, même sans faire exprès, et même si elle le laisserait faire. Yuri était l’inverse d’Alessandro, calme, pas du tout dans la démesure, dans le show, l’expression de ses sentiments, même factices. Elle essayait de bien se tenir avec lui, comme si elle avait peur qu’il la juge, parce qu’elle le respectait, respectait surtout sa façon d’être, en fait, vu qu’elle ne le connaissait pas tant que ça. Mais il ne criait pas, ne s’énervait pas, semblait avoir une réserve de patience infinie et la forçait, même contre son gré, à grandir, à mûrir, le temps d’une conversation avec lui. Et elle n’avait pas l’impression qu’il représentait un danger. Dans l’absolu, il était forcément dangereux, tous les Vampires l’étaient potentiellement pour quelqu’un comme elle. Mais ça, ce n’était qu’un constat général, qui ne se semblait pas s’appliquer à lui en particulier. Alors oui, elle se sentait en sécurité avec lui, ne se crispait pas dès qu’il faisait un geste et se permettait même de lui parler avec familiarité. Bien sûr qu’il n’était pas d’accord avec elle. Pour lui, l’immortalité semblait avoir été source de sagesse, quand Cassie n’y voyait que l’aggravation de la folie. Un prix bien maigre à payer pour ne pas mourir, à ses yeux de mortelle. Elle sourit en voyant l’expression du Vampire.

— Je t’imagine riche, mais peut-être que j’ai tort ? Et l’argent, pour moi, c’est un mode de vie en soi. C’est tout !

Elle se savait difficile à suivre parfois et la plupart du temps s’en fichait complètement, mais là encore, elle voulait faire des efforts pour Yuri. Pour elle, c’était mathématique : plus on avait d’années de vie pour travailler et plus on pouvait amasser de l’argent. Et le mettre dans une banque… Cassie se raidit un peu quand Yuri lui dit que la Royal Bank appartenait à son clan. Elle ne savait pas trop ce que ça voulait dire. Si un clan de Vampires, c’était comme un clan dans Les Sopranos, genre à la vie à la mort. Et si du coup, Yuri allait se sentir concerné par cette histoire. Autant le dire, elle ne faisait pas la fière, et ne fit aucun effort pour cacher son soulagement quand il changea de sujet pour répondre à sa question. Bien sûr, elle se doutait bien que ce qu’elle avait dit n’était pas tombé dans l’oreille d’un sourd… Et elle s’inquiétait pour ses comparses de braquage, qui après tout n’avaient, comme elle, pas eu le choix dans l’histoire. Mais comment ne pas s’inquiéter non plus en songeant à cette chose qu’ils avaient été forcés de voler ? Et pourtant, tout aussi inquiète qu’elle soit, Cassie ne put s’empêcher de laisser ses pensées partir en vacances vers des contrées fantasmagoriques où Yuri était gardien de nuit dans un musée. Un musée !! Jamais elle ne l’aurait deviné, même si pour lui, ça semblait être plus un hobby qu’un véritable job alimentaire.

— C’est drôle que tu y travailles alors que tu en es propriétaire… Tu pourrais te contenter de ne rien faire. Mais tu t’ennuierais vite, probablement. Un musée, c’est chouette. Même si ça doit être bizarre pour toi comme concept, parce que les choses qu’il y a dans ce musée, tu les as peut-être vues et utilisées en vrai à leur époque.

Ou comment dire à un Vampire droit dans la face qu’il était un vieux truc. Bon, évidemment, Cassie ne l’entendait pas comme ça, mais c’était trop tard, c’était dit. Elle remarqua bien qu’il ignora sa question sur le grimoire et décida sagement, une fois n’était pas coutume, qu’elle était allée au bout de ce qu’elle pouvait faire concernant la conversation sur ce sujet précis. Le voir soupirer la fit presque sursauter. Ses manifestations « humaines » étaient assez aléatoires et Cassie oubliait toujours qu’il faisait ça jusqu’à ce que lui-même semble se rappeler de faire semblant de respirer ou de cligner des yeux de temps en temps. Son discours, cependant, n’était pas très rassurant.

— La source, c’est peut-être juste nous. Peut-être que c’est nous qui sommes de plus en plus mauvais. La vie n’est jamais vraiment belle, de toute façon.

Elle alla se servir une autre flûte de champagne et se rapprocha de lui. Elle savait qu’il aurait très bien pu rester assis là à ne rien faire, ne rien dire, sans bouger, pendant des heures, s’il l’avait voulu. Et que peut-être, à ses yeux, elle n’était pas plus différente que le sofa ou la table basse qui meublaient la pièce.

— Est-ce que je peux te demander ton âge ? Ou bien ça ne se fait pas, chez les Vampires ?

La vraie question, qu’elle n’osait pas poser, c’était en vérité de savoir d’où il venait, quelle vie il avait vécue avant d’être un Vampire et quel croisement de l’existence il avait emprunté pour se retrouver transformé en Vampire. Mais autant dire qu’elle comptait d’abord tâter le terrain avant de laisser libre court à sa curiosité.

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MessageSujet: Re: Puisqu'à l'heure où l'on boit l'extase on sent la douleur déborder || Yuri   Jeu 25 Jan 2018 - 16:08


Puisqu’à l’heure où l’on boit l’extase on sent la douleur déborder
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 J’ai un rire amusé à ta réponse. « Riche ? », je répète en penchant la tête. « C’est quelque chose que je ne comprends pas dans cette époque, la vision romantique que les gens ont des Vampires. Ils nous imaginent beau, possédant la jeunesse éternelle, galant, riche et raffiné… De vrais aristocrates en fait, des êtres parfaits capables d’aimer inconditionnellement pour l’éternité. », j’ajoute en roulant de yeux. Je bascule la tête en arrière pour observer le plafond. Il y a sûrement une part de vrai dans ce mythe moderne du Canaïte. Mais il y a aussi beaucoup de gros clichés. « Après je suppose que tout dépend de ce que tu entends par riche. Mais le clan pourvoit de base à beaucoup de choses. », je ne vais pas m’étendre sur cela plus que nécessaire, mais l’Essaim fourni tout ce qu’il faut à ses membres. Tout comme on peut priver un Vampire de toute possession et privilège en sanction d’une faute. « Cela dit j’ai un loft, un musée privé et un autre bâtiment. Je suppose que d’un point de vue humain, je suis riche. Mais ce n’est pas l’argent qui nous importe à nous. » J’ignore si cela répond à ta question, mais je pense que notre manière de percevoir l’argent est fortement différente.

Et quand tu évoques le braquage de la banque, je dévie du sujet habilement. Je ne suis pas doué pour la conversation, mais je sais quand il le faut la dévier pour éviter les sujets fâcheux. De toute manière, tu sembles plus que soulagée que je ne désire point en savoir plus. Et je doute sincèrement que tu puisses m’apprendre grand-chose sur le sujet. En tout cas rien qui ne ferait avancer l’enquête, qui piétine, alors que les clans se regardent en chiens de faïence, et que les miens courbent l’échine pour éviter un conflit ouvert, où nous serions isolés. Alors, je réponds à ta question. Je parle vaguement de mon travail, qui semble t’intéresser au plus au point. « Il faut bien occuper ses nuits. Puis c’est clame, la nuit. », j’explique avec un léger sourire et un haussement de sourcils. C’est un peu ma tanière, l’endroit où je vais pour être au calme et zen. « Eh bien, ma foi, ce sont comme des photographies pour certains objets. Un peu comme feuilleter un album photo souvenirs, et se remémorer le bon vieux temps. » Ou pas, parce que l’Histoire est tout sauf un long fleuve tranquille.

Je ne me formalise pas au sous-entendu. Je suis vieux, digne d’une antiquité. Cela dit je n’ai rien à envier à Ziba, Taranis ou même mon Sire, tous des Canaïtes bien plus ancestraux que moi. Pourtant, je suis déjà un Ancien, un de ceux ayant connu l’avant Inquisition. Et tout cela nous amène à ce qui se tapit dans les ténèbres, jouant avec les nerfs de tous les clans, créant des tensions. « Crois-tu ? Nous avons toujours existé. La seule différence n’a jamais été que la perception du surnaturel par les Humains, et la manière dont ils nous percevaient nous. Mais ils ont perdu il y a longtemps ce savoir » Triste constat, qui pourrait leur coûtait bien cher, quand ce qui se prépare explosera. Cela dit, j’ai conscience qu’ils nous extermineront tous cette fois-ci. Ils en ont aujourd’hui les moyens techniques, qu’ils n’avaient pas il y a huit siècles.

Je me laisse glisser plus confortable dans le divan, pendant que tu te sers une flûte de champagne. Puis tu reviens près de moi. La tête penchée en arrière, j’observe les zébrures du plafond, l’esprit vide de toute réflexion. J’ai un sourire. « À peu près 993 ans… Enfin plus très loin du millénaire. Le calendrier a tellement souvent changé, que je peux me tromper légèrement. Cela dit je ne suis plus à quelques années près. » Ce qui représente une quantité négligeable pour un être immortel ayant une vie aussi longue que la mienne. Pourtant, je ne sens pas le poids des siècles sur mes épaules. « Cela se fait. Nous nous situons par rapport à notre lignée et notre âge. Plus tu es vieux, plus tu es respecté, puissant et … rare. Il y a peu de Vampire de mon âge ou plus vieux que moi, qui parcourent encore le monde aujourd’hui. » Merci la Sainte Inquisition et les Sorciers, d’avoir mis au bord de l’extinction notre espèce ancestrale.

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MessageSujet: Re: Puisqu'à l'heure où l'on boit l'extase on sent la douleur déborder || Yuri   Lun 29 Jan 2018 - 21:33


 
— Puisqu'à l'heure où l'on boit l'extase on sent la douleur déborder —


 
Que Yuri détruise en une phrase les éventuels fantasmes de Cassie sur la condition vampirique aurait pu être une sérieuse possibilité. Si ce n’était que la véritable raison de sa fascination pour les Vampires était leur immortalité. Bon, okay, et leur argent. Cela porta certes un petit coup au cœur de Cassie. Il faut dire que tous les Vampires qu’elle avait fréquentés semblaient toujours être plein aux as ou du moins ne se soucier aucunement de leurs dépenses, ce qui pour elle revenait au même. Enfin, il fallait bien qu’Alessandro ait des fonds illimités pour qu’il mette la main sur autant de drogue ! Et Yuri qui lui offraient des diamants ! En fait, la réflexion de la jeune femme était très simple : quand on avait des siècles pour épargner ses économies, on finissait forcément par être assis sur un petit pactole. Pour le reste, Cassie pouvait témoigner de première main que les Vampires étaient loin d’être tous galants, riches et raffinés… Quelques-uns de ses pires souvenirs, elle les devait à des Vampires. Non, à la limite, cette description romancée correspondait bien à Yuri lui-même, ce qui était amusant quand on l’écoutait parler, et Cassie ne put s’empêcher d’esquisser un sourire malicieux.

— L’amour n’est pas éternel de toute façon. Et pour le reste, c’est probablement juste de la jalousie…

Oui, comme elle en ressentait parfois vis-à-vis d’eux. Pour le reste, eh bien, c’était probablement effectivement une question de point de vue. Qui avait son importance, évidemment. Yuri ne semblait pas s’émouvoir de posséder un loft, un musée, même un « autre bâtiment » – et là, l’imagination fertile de Cassie s’évada vers des concepts du genre un hôpital (pour le sang), un restaurant de luxe ou encore un abattoir. Mais pour Cassie, qui avait vécu dans la rue et ne terminait pas un seul mois avec plus de dix dollars dans la poche, bien sûr qu’il était riche. Et bien sûr que l’argent lui importait. Cela dit, même si elle était milliardaire, l’argent lui importerait encore. Et cependant, l’ironie de la chose ne lui échappait pas, et n’était pas nouvelle. Ceux pour qui l’argent n’était pas un problème ne comprenaient pas l’intérêt des autres pour l’argent, de base, alors les Vampires, qui par nature se désintéressaient de tous… Elle haussa les sourcils en entendant le mot « Essaim », qui n’était pas nouveau pour elle. Récemment, elle avait discuté avec Cillian, qui lui avait parlé de la Meute. Décidément, qu’il était bon de faire partie d’un groupe, d’un tout, d’un genre de famille… Mais elle avait dans l’idée que les modes de fonctionnement étaient différents. Elle faillit demander à Yuri si dans l’Essaim aussi, on se réveillait souvent entouré d’hommes nus, mais on ne pouvait pas parler de tout avec tout le monde ou en tout cas avec Yuri, aux yeux de Cassie.

Est-ce que c’était bizarre, qu’elle sonne plus pessimiste que lui, alors que cela ne faisait que vingt-huit années qu’elle foulait cette planète ? Impossible pour elle en tout cas de voir les choses avec autant de recul. Mais peut-être que parce qu’il avait vu le pire, Yuri n’était pas enclin à voir en les gens en général une cause perdue. Neuf cent quatre-vingt-treize ans… Le nombre donnait le vertige à l’Hérésie. Elle s’assit sur le divan à côté de Yuri en buvant ses paroles plus que sa flute de champagne. Elle n’était même pas foutue de savoir à quoi ressemblait le monde mille ans auparavant.

— Si vous êtes peu, alors toi-même tu dois être puissant et respecté. J’ai entendu des histoires sur les très vieux Vampires. Ils finissent par devenir fous. Est-ce que ça va t’arriver ?

Autant dire que la perspective n’était pas très réjouissante. Collée à lui désormais, elle détaillait les traits de Yuri en songeant qu’il n’y avait aucune chance qu’il devienne fou. Ce serait trop injuste. Une perte sans prix, comme une pièce de musée cassée. Sa voix se fit murmure.

— À quoi est-ce que ta vie ressemblait il y a mille ans ? Est-ce que tu as changé, ou est-ce que tu as l’impression qu’une partie de la personne que tu étais a survécu à ta nature de Vampire ?

Peut-être que se raccrocher à ça pouvait aider à vieillir, après tout.

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MessageSujet: Re: Puisqu'à l'heure où l'on boit l'extase on sent la douleur déborder || Yuri   Jeu 1 Mar 2018 - 14:24


Puisqu’à l’heure où l’on boit l’extase on sent la douleur déborder
Cassie Clarke & Yuri Stakavold
Expliquer le concept d’âmes sœurs et d’amour éternel semble bien dérisoire face à une Hérésie. Vous ne pouvez pas éprouver de sentiments, ni d’émotions. Cela restera donc éternellement inaccessible à votre esprit. « Chez les Canaïtes, il l’est. », je finis néanmoins par déclarer. « C’est ce qu’on appelle les âmes-sœurs. Les Lycanthropes et les Garous en ont une aussi. » Mais je ne vais pas m’étendre sur le sujet. Comme pour l’argent, notre conception sera forcément diamétralement opposée. Tout comme je sais que tu ne comprends pas, quand je dis que l’argent n’a aucune importance pour nous. Et cela n’est pas dû au fait qu’on a beaucoup d’argent, même si certains Canaïtes sont riches. Mais parce qu’on a une autre vision des choses. Et c’est toujours compliqué de les expliciter aux autres, qui pensent autrement. Je doute qu’un Canaïte puisse comprendre ce besoin d’argent des autres Créatures.

Et je ne suis même pas étonné, quand tu me demandes mon âge, te livrant l’information de bonne foi. Après tout, cela n’est guère un secret. La Guilde et le Consortium doivent avoir ce genre d’informations en réserve sur les miens. Cela dit, même si je n’ai pas l’impression d’être vieux, me sentant encore bien jeune à côté de Taranis ou Marnée, je sais que ce chiffre doit donner le tournis aux autres Créatures, beaucoup plus mortelles que moi. « Si on veut. », je réplique. Puissant je le suis de par ma place dans ma lignée, mon âge et mon statut de Maître Vampire. Je suis peut-être vaguement respecté parce que je suis Prince. Mais beaucoup aimeraient sûrement se débarrasser de moi pour prendre ma place. La seconde partie de ta phrase me fait plisser du nez. « Si je devais devenir fou à cause de l’immortalité, ce serait déjà fait. », je commente lentement. « Plus les siècles passent, plus on se détache de l’humanité et plus nous sommes froids et neutres, voire calculateurs… Mais on ne devient pas fou avec l’âge. Il y a juste des Vampires, qui ne supportant pas l’immortalité, de perdre tout… Et qui après un siècle ou deux deviennent fous. À moins qu’ils ne l’étaient déjà de leur vivant… »

J’ai toujours la tête penchée en arrière à observer le plafond défraîchi. Et je te sens te coller à moi tout en discutant, ta peau chaude tranchant avec la mienne tiède. Ta question est complexe. « Il y a mille ans, j’étais un paysan devenu soldat pour rapporter des écus à sa famille, pour les nourrir… Un soldat à peine formé, qui a combattu pendant dix longues années pour une guerre qui lui importait peu … Et qui est mort en se vidant de son sang sur un champ de bataille. » Voilà ce qu’était ma vie la nuit où Ardashir, mon Sire, m’a proposé une autre vie. « On ne reste pas celui qu’on était avant de mourir. Vivre aussi longtemps, se nourrir de sang, implique forcément des changements dans ta personnalité » D’autant plus que mon Sire m’a modelé selon ce qu’il désirait comme Infant.

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MessageSujet: Re: Puisqu'à l'heure où l'on boit l'extase on sent la douleur déborder || Yuri   Mer 7 Mar 2018 - 21:31


 
— Puisqu'à l'heure où l'on boit l'extase on sent la douleur déborder —


 
Les âmes sœurs, pour Cassie, c’était un truc de conte de fées, ou de séries télé. Ca ne l’empêchait pas d’en rêver depuis toute petite, paradoxe vivant de celle qui n’avait jamais été par personne, à commencer par son propre père, et dont le cœur avait toujours été négligé au profit du corps, ascendance démoniaque oblige. C’était son don, mais c’était aussi un mode de vie dont elle s’était emparé, qu’elle avait fait sien et qu’elle assumait. Elle considérait comme normal, compte tenu de son métier, que les hommes ne s’intéressent jamais à elle, mais seulement à ce qu’elle était, une femme qui se déshabillait pour leur bon plaisir – et aussi contre leur argent, histoire de rétablir un peu l’équilibre. Tout cela elle le savait, elle en avait conscience. Mais cela ne l’empêchait pas de sans cesse rêver à ce que les autres avaient, ceux qu’elle voyait dans la rue marcher main dans la main ou un enfant sur les épaules. Alors qu’elle détestait les enfants. Mais elle était le produit d’une enfance malmenée et passée dans la rue, d’une vie faite de privation et de mépris, et, de façon pragmatique et quelque peu bas de gamme, ce qui la faisait rêver n’était rien d’autre que les clichés habituels de la société. L’amour, l’argent. Ah, et la vie éternelle. Cela, elle en avait eu envie au contact de créatures comme Yuri. Mille ans ! Mille longues années ! Et le pire, c’était qu’il serait encore là, sur cette terre, mille ans après qu’elle-même aurait disparu. Il l’oublierait, forcément. Elle n’était pas grand-chose – personne n’était grand-chose, pour lui, alors. Voilà bien quelque chose qu’elle ne lui enviait pas. Oh, comme elle haïssait la solitude !

Comme à son habitude, Yuri se montrait très bref sur certains sujets – par exemple, la question du pouvoir… Mais, sur d’autres, il parlait plus volontiers. Elle buvait ses paroles, essayait de s’imaginer elle-même à la place de Yuri. Se détacher ? C’était probablement la seule solution pour ne pas devenir effectivement cinglé. Si on s’attachait à tout et à tout le monde alors que tout et tout le monde autour de soi était destiné à disparaître encore et encore et encore dans un cycle infini, oui, il y avait de quoi devenir dingue. Mais aurait-elle su se détacher, elle ? Probablement jamais. Elle aurait fait parti de ce maigre pourcentage de fous, elle en était sûre. D’ailleurs, elle l’était déjà pas mal dans cette vie.

— Mais c’est triste, Yuri. Si tu es vraiment détaché de tout alors tu ne verras probablement même pas les choses comme moi, mais pour quoi est-ce que tu vis si c’est seulement pour attendre que le temps passe ?

Sans rien ressentir, sans rien expérimenter, sans accorder d’importance à rien… Il s’agissait juste d’instinct de survie, d’être là et de vivre, pour ne pas mourir. Sans rien d’autre. Puis elle songea à Alessandro, l’opposé total de Yuri, qui semblait, lui, vouloir vivre à fond, qui était toujours dans l’extrême, cherchait à ressentir jusqu’à se rendre malade… Eh bien, Alessandro était probablement un peu taré, effectivement. Alors que Yuri semblait implacablement sain d’esprit. Et pourtant elle ressentait plus de mélancolie pour ce dernier que pour l’autre cinglé.

Elle buvait les paroles de Yuri, désormais, tentait de se figurer le monde mille ans auparavant, sans villes, sans immeubles, sans béton, sans technologie. Le résumé de l’existence du vampire aurait pu paraître banal et pourtant, il ne cadrait tellement pas avec le Yuri qu’elle avait sous les yeux que son imagination fit le reste. Le paysan – non !! Lui ?? Le soldat, anonyme, mort parmi d’autres anonymes, voilà qui n’avait pas changé par rapport à aujourd’hui. Elle voulait lui demander s’il regrettait sa vie d’avant mais il était évident que ce n’était pas le cas. Le pouvait-il seulement, de toute façon ? Avait-il le choix ?

— C’est fou qu’on se soit rencontrés quand on y pense. Et c’est fou de penser qu’il y a des gens, dans mille ans, qui te rencontreront. Même si pour toi ça a probablement peu d’importance. Est-ce que tu as créé des vampires ? Tu peux traverser cette vie accompagné de quelqu’un qui te comprend, en faisant ça.

C’était une idée un peu rassurante. C’était même une idée qui faisait rêver. Une telle osmose, un être né de soi-même, mille fois mieux qu’un enfant…

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