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 Puisqu'à l'heure où l'on boit l'extase on sent la douleur déborder || Yuri

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→ ORDRE CLANIQUE : Ghostbusters
→ NUISANCE DEPUIS : 28 ans
→ SOUS L'EMPRISE DE : Mama Coca
→ ERRANCE : Au club et partout où ça craint
→ TROMPE L'ENNUI : Strip-teaseuse
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MessageSujet: Puisqu'à l'heure où l'on boit l'extase on sent la douleur déborder || Yuri   Sam 22 Juil 2017 - 18:19


 
— Puisqu'à l'heure où l'on boit l'extase on sent la douleur déborder —


 
Elle s’ennuyait, ce soir. Elle en avait terminé de ses passages sur la scène, ces moments qu’elle préférait parce qu’elle gagnait le plus d’argent et aussi parce qu’elle était seule, avec la musique, et que si elle voulait, elle pouvait s’échapper dans un monde qui n’était pas le sien. Non pas qu’elle haïssait son job, au contraire, elle en était fière, comme elle était fière de tout, fière par nature. Mais ce qu’elle préférait dans tout ça, c’était danser, même si d’autres n’auraient pas appelé ça de la danse. Et, oui, elle aimait avoir une audience, même s’il s’agissait de mâles en rut. Tout ça avait un goût de théâtre d’ombres chinoises, une existence dont elle pouvait rêver, elle, danseuse étoile devant mille invités en costumes et robes de soirée, sous les applaudissement et les lancés de rose… même si au final elle n’était jamais qu’en string sur deux mètres carrés d’une scène poisseuse à s’agiter devant des hommes à mille lieues du prince charmant, bruyants et au regard excité. Mais tout ça, pour ce soir, c’était terminé, et désormais, elle travaillait en salle, allait de client en client, effleurait les bras ou les nuques en esquivant elle-même les mains baladeuses avec l’agilité de l’habitude, même si aucune des filles ne pouvaient vraiment y couper. C’était un jeu que les clients adoraient, braver l’interdit, toucher, agripper, sans forcément se vanter de leur exploit. Tant qu’ils consommaient, tant qu’ils payaient, la maison fermait les yeux, et Cassie aussi, souvent. Parfois, elle ne supportait pas. Comme tout le monde, elle avait ses bons et mauvais jours.

Elle venait de passer dix minutes en compagnie de deux clients, deux amis d’une quarantaine d’années, clairement pas les plus riches du coin, encore vêtus de leur bleu de travail, les mains crasseuses, l’air hagard, les veines pleines d’alcool. En grande partie à cause d’elle, évidemment. Mobile, elle ne s’asseyait jamais à côté d’un client, rester statique cela voulait dire s’exposer à des conséquences peu agréables. Il ne fallait pas qu’ils pensent qu’elle était leur petite copine. Et, même si parfois les clients ne s’en rendaient pas compte, ils ne le souhaitaient pas non plus. La proximité, les sourires, les shows, tout ça, c’était du business, pas personnel. Il n’y avait aucun sentiment, ni d’un côté ni de l’autre, et c’était important de garder les choses en l’état. De toute façon, la majorité d’entre eux ne venaient pas pour faire la conversation. Avec ces deux types, elle avait dansé, bougé, les avait servis plus d’une fois, s’occupant de l’un puis de l’autre, refusant de leur accorder une séance privée parce qu’ils n’en avaient pas les moyens, jouant le jeu avec eux, oui, ils étaient ses clients préférés de la soirée, non, elle n’avait pas de petit-ami, oui, elle pourrait bien rentrer avec l’un ou l’autre et pourquoi pas vivre le rêve que, bien évidemment, dans leur tête de mecs, ils se faisaient tous, persuadés que les filles, ici, ne voulaient qu’une chose : un prince charmant façon Pretty Woman. Pouah !

Ils avaient fini par lever le camp, les poches délestées de leurs quelques dollars, et à partir de là, Cassie n’avait pas à perdre son temps avec eux. Fendant la faune nocturne sur ses talons aiguilles, les bras poignets et les chevilles cliquetant de bijoux en toc, sa robe courte et éthérée formant comme un voile sur les courbes de son corps, elle alla jusqu’au bar et, se hissant sur la pointe des pieds, se pencha par-dessus le comptoir. Neal, le bébé barman, lui adressa un sourire.

— Tu t’ennuies ?

Elle hocha la tête, attrapa une pistache qui traînait et la fourra dans sa bouche avec une moue boudeuse. La soirée n’avait pas été affolante, de toute façon. Elle avait faim, elle avait soif, elle avait envie de bouger et regarda avec envie Kennedy sur scène qui se déhanchait sous les hululements des quelques types collés au rebord. Cassie aimait bien Kennedy mais des fois, toutes les deux avaient un peu le même style, et ça l’ennuyait, l’idée de ne pas être unique. Neal posa un shot de vodka sur le comptoir et à son intention et Cassie le goba avant d’adresser un grand sourire au jeune homme.

— Tu prends toujours soin de moi.

— Prendre soin de vous, c’est aussi mon boulot.

Elle lui accorda un sourire un peu plus sage. Elle l’aimait bien, Neal. Ils jouaient souvent un petit jeu de séduction mais lui était toujours mesuré et souvent, la renvoyait directement dans les cordes, toujours d’un ton calme et plaisant. D’ordinaire, Cassie aurait été horriblement vexée par ce manque d’intérêt pour sa personne, mais avec lui, ça passait toujours. Elle s’accouda au comptoir, profitant de cette minute de répit avant que le responsable du club, Gary, ne se pointe pour la houspiller. Elle soupira de nouveau.

— Où est mon prince charmant, Neal ? Où est-il ?

Pour seule réponse, le barman émit un rire à peine moqueur, le rire parfait pour ramener le sourire sur les lèvres de l’Hérésie. Oui, c’était drôle. Peu de gens ici auraient pu comprendre pourquoi c’était drôle. Puis le jeune homme lui fouetta doucement le bras avec son torchon.

— Tiens, en voilà un, de tes princes charmants.

Cassie tourna son regard de glace vers l’entrée et se redressa comme mue par un courant électrique. Un prince, en effet, dans son allure, dans l’aura d’assurance tranquille qu’il dégageait, dans la façon dont il détonnait dans le paysage, au milieu des paysans crasseux et sans le sou. Et charmant, eh bien… Aux yeux de Cassie, tout le monde trouvait grâce, ou presque, mais lui était plus appréciable que beaucoup d’autres. D’un pas sautillant, elle se dirigea droit sur lui, comme s’il était son client privilégié, ce qui était, au fond, un peu le cas, non ? Naturellement, elle se disait qu’il était venu pour la voir, sans douter une seconde. Elle ne comprenait pas pourquoi il venait ici quand on savait que la clientèle, quoique éclectique, était tout de même, dans l’ensemble, assez bas de gamme, et elle faisait semblant de se dire que ce n’était pas pour elle qu’il venait, tout en savourant, de loin, avec une fausse modestie, cette éventualité.

— Yuri !

Deux syllabes, un Vampire, et les Vampires étaient censés être de mauvaises nouvelles, non ? Pourtant, dans cette Cour des miracles qu’était Bâton-Rouge, les Vampires étaient bien ceux qui fascinaient Cassie, qu’elle jalousait tout bas, qu’elle avait déjà laissés à maintes reprises dans sa vie lui faire du mal et se servir d’elle avec cette facilité qu’ils avaient de se détacher des choses dans le temps et l’espace. Mais elle y revenait toujours. En se disant toujours que cette fois, ça serait différent. Comme avec Yuri. Et même s’il mentait, même s’il avait des intentions cachées, la vérité, c’était qu’elle s’en fichait.

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Dernière édition par Cassie Clarke le Sam 30 Sep 2017 - 13:19, édité 1 fois
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→ ERRANCE : Le musée, l'Elysium, en ville, chez Andreas, à son loft, avec Ella
→ TROMPE L'ENNUI : Gardien de Nuit, Maitre de l'Essaim
→ PROFIL PSYCHOLOGIQUE : froid, neutre, stratège, fidèle, respectueux, discret, capable de sadisme au besoin, étrangement passionné par certaines choses/ personnes, intelligent, observateur, rancunier, charmeur, naïf quand cela touche les sentiments. .


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MessageSujet: Re: Puisqu'à l'heure où l'on boit l'extase on sent la douleur déborder || Yuri   Dim 24 Sep 2017 - 10:03


Puisqu’à l’heure où l’on boit l’extase on sent la douleur déborder
Cassie Clarke & Yuri Stakavold
Un club de strip-tease est sûrement le dernier endroit où beaucoup de monde imaginerait me rencontrer. Pourquoi y venir exactement ? Je n’ai aucune réaction face à ses corps dénudés aux formes parfaites, qui se déhanchent sur des scènes trop petites. Je pourrais même dire que l’air saturé en hormones sexuelles, en phéromones est entêtant, agaçant. C’est prenant, cela se mélange à l’odeur de sueur, d’alcool, de cigarette, de savon, de déodorant, de parfum, de maquillage et autre. Les villes puent. C’est un constat que j’ai fait à ma renaissance. L’odeur de la forêt, des plaines, de la montagne est aussi diversifié, mais ô combien plus agréable. Cependant, j’ai appris à vivre dans ce monde bourré d’odeurs naturelles et synthétiques. J’ai appris à bloquer mon odorat et ma respiration au besoin. Mais comme tout Canaïte rien ne m’échappe réellement. Le seul sens, qui semble ne pas fonctionner chez nous, est le goût.

Pourquoi venir ici ? Parce qu’ici je ne suis personne. Je ne suis qu’un client, poli et respectueux, qui paie pour des séances privées, gardant ses mains dans ses poches. Parce que les strip-teaseuses me rappellent les danseuses de Byzance, dévêtue et gracieuses, souples et félines. Le spectacle est à la hauteur du prix payé. Et on ne pose jamais de question. Ici je me plonge dans le monde de la nuit selon les Humains. Sexe et argent font toujours bon ménage. J’ai l’argent. Le sexe ne m’intéresse guère. Et je viens ici aussi pour rencontrer la petite fée joyeuse que tu es, débordante d’énergie et de vie. C’est un moyen comme un autre de me distraire, de zapper mon statut dans l’Essaim et de trouver un certain repos. Au moins ici, personne ne viendra m’ennuyer, ni me chercher.

Et toi, petite Hérésie, tu es une charmante distraction. Douée pour te mouvoir avec grâce et élégance, bonne chorégraphe, tu débordes d’énergie. Tu parles beaucoup. Tu t’extasies face à l’être immortel que je suis. Je connais les lois régissant les relations entre les miens et les Hérésies, rédigée par le Conclave. Si tu me connaissais vraiment, tu saurais que je suis très à cheval sur ces dernières. Vous Marquer est interdit. Votre sang est du poison. Mais on peut vous côtoyer et jouer avec, les surveiller. Surtout que vous êtes des armes pour les Sorciers. Et tu as ce côté enfantin, qui est plaisant. De nature froide et neutre, je m’entoure des créatures bruyantes et hyperactives en général. Cela comble le silence de mon esprit et le vide de mon âme. Peut-être que je t’apprécie malgré ta nature. En tout cas, venir te voir est simple. Tu n’attends rien de moi. Et je me contente de savourer ta voix mélodieuse et tes pitreries. Je ne te manipule pas. Je ne joue pas avec toi. Je profite juste de ton étrange joie de vivre et de ton art. Et je te paye pour cela avec de l’argent et des cadeaux, te traitant en princesse juste pour te voir t’extasier de bonheur, petite poupée de porcelaine.

D’ailleurs, je t’ai apporté un petit présent, qui repose dans un petit écrin de velours noir. Une paire de boucles d’oreilles aux pierres précieuses, qui sont arrivées au musée. Je ne peux pas vraiment les exposer. Alors j’ai décidé de te les offrir, pour me faire pardonner d’avoir disparu. Ce n’est pas une pièce historique après tout. Et puis je les ai achetées. Finalement, je pénètre dans le club. Et directement les bruits de musiques et conversations m’assaillent ainsi que le melting-pot de senteurs des lieux. Pourtant, je n’exprime aucun inconfort. Je me contente de scruter les lieux de mon regard glacé de prédateur. Je repère les différents groupes, et je capte ta présence, petit poupée de porcelaine perchée sur des talons hauts et en tenue moulante. Tu es toujours aussi jolie et délicate.

Le barman te signale de toute évidence ma présence. Il sait que je paie pour te voir toi, dans ce qu’on appelle ici une danse privée. J’ai un sourire, vaguement séducteur et légèrement doux. J’abandonne un instant ma neutralité légendaire pour paraître Humain, pourvu d’une vie que j’ai perdue il y a de nombreux siècles. Tu arrives en sautillant comme une gamine. Tu frappes presque dans tes mains de joie. Tu sais ce que je suis. Je sais ce que tu es. Un de nous connaît la limite de nos rencontres, l’autre savoure juste. Et tu es la première, qui ne semble pas avoir à me reprocher ma disparition soudaine. Probablement parce que dans ton monde cela est normal de disparaître. Ou bien parce que justement il n’y a aucun contrat tacite qui nous lie l’un à l’autre. Je viens quand bon me semble. Je pais tes services. Je t’offre un présent. Et toi, tu te contentes de danser et d’accepter mes cadeaux. C’est relativement simple comme amitié.

« Bonsoir Princesse. » Je réplique à ton joyeux salut. Je t’observe de mes yeux clairs approcher. Et je te chope au passage, t’offrant une brève étreinte. Tu sembles heureuse et tu es toujours aussi jolie. Ta peau est aussi pâle que la mienne, sauf que mes veines ne transparaissent gère. « Je suis désolé de ma longue absence. » J’ajoute en passant une main dans tes cheveux soyeux. Les excuses sont inutiles, mais elles sont un signe de politesse appréciables. « Et pour me faire pardonner, je t’ai amené un présent. » Je déclare avec un clin d’œil, alors que je te montre le petit écrin contenant les boucles d’oreilles. Peu importe ce qu’il renferme, tu seras heureuse comme une gamine ouvrant ses cadeaux de Noël. Et peut-être que je pourrais te demander une danse privée.

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MessageSujet: Re: Puisqu'à l'heure où l'on boit l'extase on sent la douleur déborder || Yuri   Sam 30 Sep 2017 - 13:50


 
— Puisqu'à l'heure où l'on boit l'extase on sent la douleur déborder —


 
Depuis combien de temps est-ce qu’elle ne l’avait pas vu ? Elle avait vaguement l’impression que cela faisait longtemps, mais elle qui vivait toujours dans l’instant présent avait beaucoup de mal à tenir le compte du temps qui passait, à marquer, dans la chronologie de sa propre existence, les endroits précis où les événements arrivaient. Était-ce une semaine, quinze jours, un mois auparavant ? Elle ne se posa pas la question bien longtemps, puisqu’il était là. Et puisqu’il était là, savoir quand est-ce qu’il était venu la dernière n’avait absolument aucune importance. En s’approchant de lui d’un pas dansant, elle observa son visage, comme celui d’une statue qui s’anime. Elle savait que ce n’était ni naturel ni spontané, qu’il faisait ça pour elle, et probablement pour d’autres. Elle avait croisé assez de Vampires dans sa vie pour reconnaître cette expression humaine un peu décalée qu’ils portaient tous comme un masque quand les circonstances l’exigeaient. Chez certains, elle trouvait ça flippant, chez d’autres, attendrissant, mais dans tous les cas, elle appréciait l’effort, quoi qu’elle n’aurait pas changé d’attitude vis-à-vis d’un Vampire ne faisant aucun effort pour paraître un peu vivant. Elle se disait simplement, en cette seconde, qu’elle ne savait pas vraiment qui était Yuri. Juste qu’il était Yuri. Cela lui suffisait. Là-dehors, hors des murs du club qui représentaient quatre-vingts pour cent du monde de Cassie, peut-être était-il quelqu’un de très mauvais, ou de très bon. Mais c’était dehors, un autre monde, qui ne la concernait guère. Elle avait cru comprendre des paroles souvent décousues d’Alessandro que Vampires et Hérésies ne faisaient pas bon ménage – tu parles d’un scoop ! Tout le monde traitait les Hérésies comme des abominations mais ils étaient nombreux à chercher leur compagnie malgré tout, souvent pour de mauvaises raisons. Est-ce que Yuri brisait une règle quelconque en venant la voir, une règle vampirique ? Cassie n’aimait pas les règles. C’était ennuyeux. Elle ne s’inquiétait pas non plus pour Yuri. S’il commettait un crime horrible en venant ici, eh bien, il en avait forcément conscience, non ?

Elle se laissa aller à son étreinte avec un couinement de joie, comparant forcément son accueil à celui de n’importe qui d’autres, de Shiloh la bête qui se contentait souvent de lui saigner dessus avec insultes et morve en option, aux clients du club qui lui criaient simplement d’enlever ses vêtements. Comme il s’excuser pour son absence, elle dodelina de la tête. Pas la peine de s’excuser. Apparemment, il avait vraiment été absent un moment, alors. Eh bien, c’était la vie, c’était comme ça ! Elle-même ne faisait de promesses à personne, c’était bien trop de poids sur ses épaules, bien trop de responsabilité à engager auprès des autres, alors elle n’attendait pas de ces autres qu’ils lui promettent quoi que ce soit. Cela ne l’empêchait pas d’être blessée à certaines occasions. Eh bien, elle n’était pas en pierre… Au final, elle n’exigeait rien et n’attendait rien, mais s’attachait en silence, à part elle. En l’occurrence, il n’y avait pas grand-chose qu’elle aimait plus que se faire appeler « princesse » – à part l’argent évidemment –, ça la changeait des autres sobriquets qu’elle entendait en général toute la soirée, bébé, garce, salope, chérie, etc.

Autant dire que quand Yuri fit apparaître comme par magie un petit écrin à bijoux entre ses mains, elle n’entendit plus vraiment ses paroles. Rien de mieux pour obtenir son attention que ce genre de petites attentions. Elle vit tout de suite à l’objet que le contenu devait être extrêmement précieux. Elle savait que Yuri avait de l’argent, d’ailleurs, le naturel et le professionnalisme n’étant jamais loin, elle n’hésitait jamais vraiment à lui demander de menus cadeaux, là encore sans vraiment s’attendre à ce qu’il les lui offre vraiment. Cette fois, le daddy long legs vampirique l’avait prise au dépourvu et elle s’empara de l’écrin pour le retourner en tout sens.

— Tu n’aurais pas dû !

Total automatisme de sa part parce qu’il aurait fallu une pince industrielle pour lui arracher la boîte des mains maintenant qu’elle la tenait. Elle ouvrit la boîte et y trouva, nichée comme un trésor de pirates, une paire de boucles d’oreilles. Cassie aimait les belles choses mais pouvait rarement se les offrir. Tout l’argent qu’elle gagnait, elle le dépensait sans attendre, en bijoux, vêtements, chaussures, qui ressemblaient aux belles choses dont elle rêvait, sans l’être vraiment – les bonnes contrefaçons coûtaient cher, après tout. Mais ça, ça ce n’était pas du toc, ni du faux. Elle poussa un cri de joie incongrue, là, au milieu des clients, au milieu d’un club de strip-tease, vêtue de ses quelques habits bas de gamme et vulgaires, ses talons trop hauts, son maquillage trop lourd pour que tout le monde le voient bien quand elle était sur scène, des bijoux qu’elle n’aurait jamais cru pouvoir tenir dans ses mains un jour entre ses doigts. Elle releva le visage vers Yuri, pensa, pendant une milliseconde : Pourquoi est-ce qu’il m’offre ça ? Est-ce qu’il va enfin m’avouer la raison de ses attentions pour moi ? Comme si le présent marquait la fin de quelque chose d’innocent et que le retour à la réalité s’annonçait difficile, puis tout ça fut balayé, comme d’habitude, parce que peu importait ! Elle referma la boîte et enroula les doigts autour du poignet de Yuri pour l’attirer à sa suite jusqu’à une des salles privées, que personne, ce soir, ne semblait pouvoir s’offrir. Là, il y avait un miroir, et elle se planta devant pour passer les boucles à ses oreilles. Elle n’en portait pas au travail, car les clients et leurs mains baladeuses pouvaient s’y agripper et personne portant une boucle d’oreille ne voulait vivre ce genre de truc, c’était en général douloureux et sanglant. Elle balança la tête devant le miroir avant de se retourner vers Yuri comme pour obtenir son avis.

— Merci Yuri ! C’est les plus belles qu’on m’ait jamais offertes ! Non, en fait, c’est la première fois qu’on m’en offre.

La vérité vraie. La porte de la salle s’ouvrir doucement et Neal déposa sur la petite table à cet effet une bouteille d’alcool et deux verres, avant de lui adresser un clin d’œil, puis de repartir aussi discrètement. Cassie, désormais reine d’Égypte, impératrice de Russie, princesse ottomane tout à la fois, poussa doucement Yuri dans un fauteuil et se planta devant lui.

— Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça ? C’est ta façon de me dire adieu ? Tu vas partir ? Tu vas mourir ?? Tu vas bien ?

Cassie la curieuse, Cassie l’affamée d’histoires de Vampire, qui trouvait souvent son compte avec Yuri. Il ne lui disait pas tout, ne lui disait probablement même pas grand-chose, mais malgré tout, elle apprenait, un peu, doucement, avec lui.

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