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 Will dance for money. Or sing. Or jump. Or cry. Or scream. Or beg. Or ... [Mss. Clarke]

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MessageSujet: Will dance for money. Or sing. Or jump. Or cry. Or scream. Or beg. Or ... [Mss. Clarke]   Mer 23 Aoû 2017 - 8:34

    Même pas de retour depuis vingt-quatre petites heures, qu'on se trimballe déjà la même rengaine. ON. Voyez-vous ça, je commence à parler de moi à la troisième personne. Est-ce grave docteur ? Probablement vu que je vous imagine en cet instant bien précis, pas très grand, un peu trop maigre, un peu trop stressé et – histoire de peaufiner le mythe, ou au contraire lui tirer une balle en argent dans ce qui lui sert de réceptacle – à grignoter nonchalamment une carotte orange pétant. Ah que voulez-vous, certaines images restent à jamais gravées dans notre rétine. Accessoirement la mienne. Celle qui a conclu un pacte avec ce diablotin de cerveau qui est le mien. Toujours à carburer à du trois cents à l'heure. Jamais un moment de répit. Même pas une pichenette à me mettre sous la dent. Quelque chose pour me rassurer. Pour me donner espoir. Pour décompresser. Ou plutôt, mot fétichiste des toubibs en tout genre oblige : à RE-LA-TI-VI-SER. Amen !
    Ceci étant, ce n'est clairement pas mon cas. Ni dans mes aspirations quelconques d'ailleurs. On pourrait croire qu'on finit par s'y faire – à ce mode de réflexion tellement déluré. Eh bien, news flash !, nope. Nada. Que dalle ! Ça vous bouffe le peu d'énergie qui vous reste. A croire que c'est doté d'un radar pour la dénicher même. L'énergie je parle. Non-renouvelable s'il vous plaît bien. Et ça ne m'arrange toujours pas plus. Pourquoi je ne passe pas tout simplement à autre-chose ? Pourquoi je continue à alimenter le débat ? Pourquoi si, pourquoi ça ? Mais mon cher public, si je pouvais m'abstenir de tenir de tels propos envers moi-même, ne croyez-vous point que j'en serais la première avisée ? Vous croyez que je n'ai pas essayé au quoi ? A me bourrer de somnifères. A me taper la tête dans le mur. J'ai même tenté de m'électrocuter le ciboulot un jour. Résultat des courses : des rêves à la six-quat'-deux, une migraine atroce et aller-retour aux urgences avec la coupe de cheveux de Albert Einstein. M'est avis que ce cher scientifique a dû camper avec des problèmes similaires fut un temps. Mais bon, lui au moins il avait le prétexte de révolutionner le monde par la même occasion.

    Bon, on en était où déjà ? Oui, parce qu'à force de philosopher toute seule dans un coin avec pour thème principal une allée sans issue ; ça n'arrange pas mon business. Ouh le joli jeu de mots ! Car c'est bien là toute l'histoire. A peine rentrée au bercail, faut déjà s'atteler à la tâche. Et comme au beau vieux temps (façon de parler hein, ça fait à peine six mois en tout et pour tout, sans compter les week-ends et les jours fériés), je me relance dans la tâche fastidieuse de me dénicher un taf'.
    Mouais, à force de ne pas me pointer en classe et d'omettre l'envoi d'un certificat en bonne et due forme ... eh bien on finit par récolter ce qu'on sème. Du vent. Pas que mon job m'emballait au point d'aller supplier le dirlo de me reprendre même avec une réduction de salaire, en déduisant les avantages fiscaux (les quoi?), en sucrant ma prime de bilinguisme (ce qu'il ne faut pas entendre de nos jours), en doublant mes heures sup' (ça c'était quand même le pompon!) ... bref ! Tout ça pour dire que non, non et encore NON ! Mieux vaut la mort que le déshonneur ! Ce job j'essayais de m'en débarrasser depuis belle lurette, alors autant en profiter tant que l'opportunité se présente à nous ! Et ça n'a rien à avoir avec le fait que c'est encore plus difficile de se faire réembaucher dans une école quand on a été « remercié » (joli le verbe, vous ne trouvez pas?) pour faute grave. Grave, grave, je vais leur en foutre du grave moi, ils en auront pour leur argent !

    Argent qui, de fait, me fait cruellement défaut pour le moment. What's new, me direz-vous. Et vous n'auriez pas tort. Sauf qu'à l'époque (écoutez-moi donc cette expression, j'me prends quatorze ans dans la poire là ...), à l'époque donc j'avais au moins un revenu de base assuré. De quoi subvenir aux dépenses (oui oui vous avez bien lu) de base : le loyer, l'eau courante, l'électricité et les croquettes de chien. Non-négligeable à en croire certains protagonistes. Mais passons. Après faut encore bouffer (« se nourrir » aurait été plus diplomatiquement correct, mais au vu du menu permettez-moi le doute raisonnable), s'habiller, s'assurer ... et une multitude d'autres choses en -er. Facile avec un p'ti taf' par-ci, une petite infraction par-là. Une fois tous les x mois une nuit à décuver en taule et un petit déjeuner offert par l'état le lendemain matin. Sauf que là ... j'envisage sérieusement de commettre un acte passable d'une peine plus lourde, histoire de m'assurer d'avoir le confort strict minimum pour les semaines (si pas mois) à venir.

    J'ai beau dévaler les rues et me présenter à chaque endroit susceptible de m'embaucher (vente, restauration, carwash ...) faut croire que je n'ai pas le bon profil. A moins que j'ai la vérité tatouée en encre invisible sur le front. Ou peut-être tout simplement une enseigne lumineuse qui clignote en vert néon au-dessus de la caboche. Ça doit dire quelque chose du genre « aimant à emmerdes », ou encore « poisseuse née », ou pourquoi pas « à l'étude auprès du juge d'instruction ». Au moins ça m'arrange un semblant de sourire. Pathétique n'est-ce pas ? Même dans la restauration rapide (pour ne pas citer de nom) on m'a gentiment montré la porte. J'aurais peut-être dû m'abstenir de dire à voix haute ce que tout le monde pense à voix basse. Ou du moins attendre jusqu'à la signature de mon contrat, soit-il à durée déterminée, avant de foutre une gifle au recruteur. Et encore, quand je dis GIFLE ... M'fin, vous voyez quoi. Pas besoin de vous faire un p'ti dessin. Non, non, non, n'y pensez même pas ! C'est la rhétorique pure cette phrase ! Bande de pervers va !

    Me voilà donc toujours à flâner en ville. A m'enfoncer de plus en plus profondément dans les entrailles de cette dame capricieuse. Prétendre qu'elle m'a manqué relèverait carrément du mensonge. Et je ne joue pas dans cette catégorie. Pourtant je dois bien avouer que certains endroits me rendent disons ... nostalgiques. C'est presque naturellement que mes pas me mènent vers ce lieu bien précis. Là encore je sens le coin de mes lèvres s'ourler quelque peu. Ce n'est pas pour autant que je m'y attarde. Vu la file d'attente pour entrer et le nouveau bôgosse qui fait le guet, même pas en rêve que j'arriverai à passer la première étape. Dommage. Et absolument pas en même temps. Je n'ai jamais été fan de la bonne convention. Tout comme j'ai toujours eu un peu (*hum) de mal à suivre les règles à la lettre. Perso je suis plutôt du genre impro de dernière minute. De fait, je continue sur ma lancée. Tout en prenant soin de reluquer la marchandise. A comprendre, l'attroupement de perdus d'la vie qui tentent désespérément de pénétrer dans l'antre du démon. C'est ce que c'est. C'est juste que la plupart ne s'en est pas (encore) rendu compte.

    Je continue donc. Je dépasse la foule relativement patiente pour un vendredi soir. Cela devrait m'étonner. Et pas du tout à la fois. Ils ne méritent clairement pas l'entrée vu leur faible motivation. Moi j'aurais depuis longtemps déjà roué dans les brancards jusqu'à plus soif. Mais ça doit être mon tempérament de tête brûlée qui parle. Puis aussi mon faible degré de coopération. L'esprit de contradiction qu'on dit. De combativité aussi. Bref, un joli petit cocktail Molotov à partager avec les mecs en costard. Mais pas ce soir. Du moins ... à fortiori.

    Je prends la première à droite sans un regard vers l'arrière. Je connais l'endroit comme le fond de ma poche. Les vieilles habitudes ont la vie dure. Malgré le temps qui passe, certaines choses restent immuables. J'emprunte une petite ruelle à peine dissimulée, du moins pour l’œil aguerri, et débarque dans une petite cour qui donne accès à la sortie de secours de la boite. Un sorteur y est également planté tel un suricate en alerte. Il hausse un sourcil en me voyant débarquer, mais s'abstient bien d'exprimer à voix audible le fin fond de sa pensée. Brave toutou. De toute évidence, je n'avais pas l'intention d'entrer. J'ai beau être prédateur, je sais me montrer fin stratège quand je veux. Puis la Bible (Elle-même oui!) ne dit-elle pas que la montagne viendra vers nous si seulement on lui fait comprendre ce qu'on attend d'elle ? Ah non ? Vous en êtes certain ?

    Je hausse mentalement les épaules et décide de me lancer à l'eau. Ais-je précisé que la patience et moi on ne fait pas nécessairement bon ménage?


>> N'auriez pas une clope?

    Lau' et toute la subtilité dans l'art de la diplomatie. Then again, pourquoi tourner autour du pot ? J'ai arrêté depuis quoi, huit mois ? Et ce n'était pas par choix mais bien par obligation financière. Ce soir encore, je suis fauchée. Mais ça ne veut pas dire que lui il l'est.
    Puis il faut bien s'occuper en attendant que le spectacle prenne fin.

    Alors dites-moi Miss Clarke ... allez-vous me faire languir encore longtemps?


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MessageSujet: Re: Will dance for money. Or sing. Or jump. Or cry. Or scream. Or beg. Or ... [Mss. Clarke]   Mar 29 Aoû 2017 - 21:29

— Putain, j’ai grossi !

Que ce soit bien clair, Cassie ne le pensait pas une seule seconde. Elle avait juste besoin de sa dose de compliments, vu que la clientèle de ce soir était amorphe au possible, et radine, par-dessus le marché. Il y avait des jours, comme ça. Et les jours comme ça, Cassie passait son temps libre à ennuyer Neal le bébé-barman, mais ce soir, parce que les clients étaient plus occupés à picoler qu’à mater les filles, il était débordé. Elle avait bien essayé de passer deux fois derrière le comptoir pour lui toucher les fesses, mais il n’était pas d’humeur à jouer et le lui avait fait comprendre par un de ses célèbres regards noirs. Du coup, elle s’était rabattu sur son second passe-temps préféré : discuter avec les types de la sécurité. En l’occurrence, elle venait de coller ses fesses à Kiwi, le plus petit et le moins costaud des videurs, qui culminait quand même à plus d’un mètre quatre-vingt-dix, pour lui demander son avis. Qu’elle ait grossi ou pas, peu lui importait. D’ailleurs, s’il y avait bien une critique qu’elle entendait souvent sur son physique, c’était la petite taille de ses seins. Vu qu’elle mangeait de façon irrégulière, ce qu’elle attrapait comme kilos un jour, elle finissait toujours par les perdre un autre jour. Là, tout de suite, elle pouvait toujours accuser les quantités industrielles de Miel Pops qu’elle avait gobées toutes les fois où elle avait squatté chez Shiloh, avec sa permission ou pas. En parlant de la bête, Kiwi, récemment passé à tabac par cette dernière, s’était complètement remis. Et en plus, il n’en voulait pas à Cassie. Il faut dire que la colère qu’elle avait piqué après le départ de l’animal avait suffit à faire comprendre à tout le monde que Shiloh n’était pas son ami. Ce qui tombait bien parce que c’était exactement ce qu’il n’était pas : son ami. Contrairement à Kiwi. Enfin c’était ce qu’elle aimait à croire.

D’ailleurs là tout de suite, son regard fixe et son visage neutre hurlaient l’amitié à plein nez. Elle le tira par le bras, tentant de l’arracher à sa concentration toute professionnelle. Jamais elle n’avait vu un des employés du club, des videurs au type du ménage, mater les filles. Ils n’étaient pas clients, après tout.

— Allez, Kiwi, dis-moi la vérité ! Tu trouves que j’ai grossi ?

Planté devant la porte de service, de sous laquelle émanait la bonne odeur des cigarettes de Bryce, un des autres videurs présentement en pause en train de cloper à l’extérieur, Kiwi baissa enfin les yeux sur elle. Ce fut la seule animation sur son visage. On aurait dit un type pris au piège dans une statue. Il souffla doucement par le nez et consentit enfin à lui donner une réponse :

— Peut-être.

Cassie s’affala contre le mur, enroulée dans un énorme manteau en fausse fourrure, à côté de Kiwi, qui la suivit des yeux, pas le moins du monde amusé par son manège, comme toujours, mais pas agacé non plus. Ce qu’elle s’ennuyait ! Mais si elle rentrait chez elle, elle s’ennuierait tout autant, et en plus, elle serait seule, et il y aurait le silence, tout ce qu’elle détestait. Ces derniers temps, quand elle se sentait comme ça, elle allait emmerder son nouveau souffre-douleur préféré, mais elle lui faisait la gueule. Ce qui commençait à la pénaliser elle plutôt que lui, qui n’en avait probablement rien à foutre, vu qu’elle ne l’avait pas vu depuis des jours. Connard. Elle se redressa d’un bond, se tournant vers Kiwi de nouveau.

— Tu fais la fermeture tout à l’heure, hein ? Tu ne voudrais pas qu’on sorte, après ? Boire un verre, se détendre, finir la nuit en beauté !

Elle se fichait bien de comment il interpréterait sa proposition. Elle le laisserait décider de comment se passerait le reste de la nuit. Le videur resta silencieux un moment, puis reporta son regard vers la foule.

— Non.

Elle soupira, démoralisée, en tapotant l’épaule du géant. Ce n’était pas sa faute s’il n’était pas drôle. Elle l’aimait quand même beaucoup. Mais elle s’ennuyait toujours. Puis Kiwi bougea enfin, comme agité par l’onde de choc d’un séisme intérieur. Il se décolla de la porte et tourna la tête. Cassie l’entendit aussi, la voix. Il y avait quelqu’un derrière cette porte et Cassie savait exactement qui. Elle poussa un cri et voulut ouvrir la porte mais Kiwi la devança, se penchant à l’extérieur pour demander à Bryce si tout allait bien. Cassie se glissa entre le torse massif et le chambranle de la porte, passant sous le bras de Kiwi. Avisant Laughlin, son visage s’éclaira.

— T’es là ! Où t’étais passée ?

En le disant, Cassie se rendit compte que cela faisait longtemps qu’elle n’avait pas vu la sorcière. Elle n’avait pas vraiment la notion du temps qui passait et n’était pas foutue de dire à quand remontait leur dernière virée, mais c’était il y a un moment. Elle agita la main vers son amie, sous le nez de Bryce.

— Viens, entre ! Ou dis-moi de sortir, peu importe, mais on a du temps à rattraper toi et moi.

Sans un mot, Kiwi rentra de nouveau à l’intérieur, et Bryce haussa les épaules. Voilà, c’était aussi pour ça qu’elle les adorait, ces mecs-là.

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MessageSujet: Re: Will dance for money. Or sing. Or jump. Or cry. Or scream. Or beg. Or ... [Mss. Clarke]   Ven 1 Sep 2017 - 8:18

    Le videur et moi on se connaît. Enfin « connaître » est peut-être un bien grand mot, mais on n'est pas des inconnus non plus. On s'est déjà croisés à de multiples reprises. Il m'a déjà foutu dehors plus d'une fois. Au moins à autant de reprises que j'ai réussi à court-circuiter sa vigilance et pénétrer quand même son fichu sanctuaire. Là encore, ce n'est que façon de parler. Je ne lui en tiens aucunement rigueur. C'est son taf'. Il est payé pour. Espèce de veinard.

    Il me regarde. Je le regarde. On se reluque mutuellement sans un mot. Oui il a des clopes en stock. Non il ne va pas m'en passer une. Oui je le dérange. Non il ne sera pas assez con pour l'exprimer à voix haute. Il se demande probablement ce que je fiche là. Pourquoi je ne passe pas par l'entrée principale. En fait pas vraiment, il le sait parfaitement. Tout comme il ne doit pas avoir le moindre doute quant à l'identité de ma proie. Si je vous assure, elle l'est. À cette différence prêt, qu'il y a du consentement pur et dur à la clé.
    La prévision de notre future entrevue m'aide à relativiser la situation. Ah vous voyez bien qu'on va réussir à nous se le procurer ce vilain verbe de pacotille !
    Entre-temps le temps passe. Tic-tac. Tic-tac. En règle générale je suis bien plus patiente que ça, mais là j'en ai marre. Ras la casquette ! Ça fait des semaines et de semaines, si pas des mois, que j'ai été enfermée, que j'ai été baladé comme de la chair à canon, que j'ai été pliée et dépliée pour rentrer dans une boite trop petite pour ma corpulence, que ... 'fin, vous voyez le topo. J'ai besoin de bouger. J'ai besoin de me vider la tête. J'ai besoin de me remplir le corps. D'alcool, de drogue, de shit ... bref, tout est bon à prendre !
    C'est aussi pour ça que je suis ici. Si je n'ai pas la thune pour me payer un aller-simple vers l'Enfer, je connais personnellement une des sirènes qui tient les rênes de Cerbère. Et je l'entends qui approche. Je le sens dans tout mon être. Il se crispe. Il se tord. Normalement il n'y a que les êtres dotés de pouvoirs magiques qui ont cet effet dévastateur pour moi. Oui ... NORMALEMENT.

    Ni une ni deux une porte qui grince. Ça manque de me crever un tympan. De m'arracher une grimace. Il n'en est rien. Je suis au moins aussi impatiente qu'elle de fêter ses joyeuses retrouvailles. Sauf que moi ça passe inaperçu niveau expression corporelle. Cassie, quant à elle, se prête au jeu pour deux. Limite pas qu'elle pousse le gorille qui lui sert de bouche-trou pour passer en première. Elle me hurle une question à laquelle je n'ai aucunement envie de répondre. Oh non pas que je ne veux pas partager mes si palpitants souvenirs avec elle, c'est juste que je n'ai pas envie de l’entraîner dans mon merdier. Je sais bien qu'elle ne s'y opposerait en rien, mais je préfère éviter. Tôt ou tard ça va forcément me retomber dessus. Puis je l'apprécie trop la jolie donzelle que pour permettre à mon geôlier d'abuser de cet aveu coupable. Je ne suis pas du genre possessive, mais là pour le coup il y a un point à marquer.

    Bon, c'est pas tout ça, mais on m'appelle. Je dépasse Bryce en lui balançant un petit signe du menton en mode « tu aurais vraiment dû profiter de l'occasion pour me faire dégager mec ». Mais il est trop tard désormais, j'ai déjà réussi à me glisser par l'interstice de la porte semi-ouverte. Eh oui, à force de perdre du poids (à lire, de la masse musculaire, note à moi-même : reprendre le sport) c'est fou le peu d'espace requis pour se faufiler là où il n'y a lieu d'être. Je devrais peut-être mettre cette nouvelle acquisition à profit ? Un petit braquage à l'italienne, ça vous tente Miss Clarke ?
    Je rejoins donc facilement une Cassie emmitouflée dans un manteau trois fois au-dessus de sa taille. Je hausse un sourcil en la reluquant ainsi fringuée.


>> Ça va là-dedans, tu n'as pas peur de te perdre?

    Ça ne la met clairement pas en valeur. On voit à peine la tête qui dépasse à travers un strass de paillettes et de pétales.


>> On dirait un tournesol passé à l'eau de javel.

    En plus avec la crinière rousse, j'vous dis pas l'effet psychédélique. Là encore, c'est du Cassie tout crachée. Ça lui va comme un gant, il n'y a pas à dire. Mais moi j'ai toujours préféré le naturel. La chair. Les formes. Même si pour le coup je n'ai pas à me plaindre. Ça fait tellement longtemps que je n'ai pas fait dans le contact humain que ça m'arrange de ne pas pouvoir la toucher. Ne serait-ce que l'effleurer risque de me foutre une fameuse décharge électrique.


>> Tu m'offres le premier verre?

    Inutile de faire dans la dentelle ou les faux-semblants. Je ne suis pas ici pour faire la causette ou jouer une partie de scrabble. Je le sais. Elle le sait. À quoi bon tourner autour du pot ? J'ai envie d'action. Elle en éprouve un besoin viscéral. Quelque chose me dit qu'on devrait pouvoir s'en tirer à bon compte toutes les deux moyennant un minimum de préparation. Et encore, vraiment le minimum minimorum.

    Je la suis dans le dédale de couloirs. Sans un mot pour les autres occupants des lieux. Sans un regard plein de sous-entendu pour les danseuses. Ce n'est pas dans mes habitudes. Je le sais. Elle aussi. Je n'ai pas envie d'en parler. Elle peut comprendre ça non ? Cette constatation me rend un peu plus maussade. Ça me fout un coup là où ça fait mal. Je décide de ravaler. De prendre sur moi. Je classe dans un petit tiroir de mon subconscient. Une chose à la fois. Ça peut attendre un moment plus opportun pour éclater.
    On fait un stop au bar, histoire de passer commande. Comme le serveur semble débordé par la tâche (quel amateur!), on s'y adosse et j'en profite pour balayer la foule du regard.


>> Tu m'as manqué.

    Malgré toutes les précautions prises, ça m'a échappé. Je me maudis intérieurement. Ce genre de mélodrame poisseux n'a rien à faire ici. N'a rien à faire entre nous. Et même si je n'ai pas menti en m'exprimant de la sorte, j'aurais préféré garder ça pour moi. Ça prouve bien à quel point je suis sur le déclin. Fait chier.
    Je me retourne et braque toute mon attention sur elle. Mes yeux plantés dans les siens. Ce qui est dit, est dit. Tant pis. Passons à autre-chose, veux-tu.


>> J'ai besoin de thunes.

    Autant aller directement là où on veut arriver. Pas besoin de belles fioritures. Pas besoin de discours à rallonge. Et certainement pas besoin de lui lécher les pompes pour l'attirer dans mon sillage. Elle n'y a jamais été. Nous sommes égaux à ce niveau-là. Côte à côte. Regardant peut-être en direction opposée, mais avançant résolument d'un même pas vers la déchéance. Ou la démence. Tout dépend des enjeux.


>> Ça m'étonnerait qu'on m'engage ici.

    Ce serait mauvais pour le business. Tout le monde ici-présent qui a déjà eu à faire à moi ne peut qu'en attester. Je ne suis pas genre à nier l'évidence.


>> Ça te dit de m’accompagner dans des endroits glauques en vue de décrocher un job miteux ?

    J'en ai un peu (doux euphémisme) marre de me faire remballer pour un oui pour un non. Au moins à deux on pourra se marrer comme des baleines à chaque refus. Ou menacer le tenancier. Ou foutre le feu à la baraque. Ou faire scandale. Ou plus si affinités.


>> Ou on peut aussi tout simplement braquer une banque.

    Je dis ça d'un ton naturel. Amusé. Je lui accorde un sourire en coin. Duo parfait avec le clin d’œil que je lui décoche par la même occasion. C’est le moment que choisit le barman pour nous déposer deux verres à cocktail au contenu sensiblement pareil.
    J’attrape le mien et y dépose mes lèvres. Histoire de faire durer le plaisir. Et ne pas finir sous la table avant l’heure. Petit effet secondaire d’un sevrage forcé sur base non-volontaire.


>> T’aurais pas grossi un peu toi ?

    Tricheuse.


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Dernière édition par Laughlin S. Valentine le Mer 6 Sep 2017 - 8:16, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Will dance for money. Or sing. Or jump. Or cry. Or scream. Or beg. Or ... [Mss. Clarke]   Mar 5 Sep 2017 - 21:43


Entre ou sort, mais ne laisse pas la porte ouverte, tu vas laisser passer les esprits. C’était un des trucs flippants qu’Aquene lui disait, parfois, quand Cassie avait le malheur de rester plantée sur le pas d’une porte. Même si des portes, elles n’en avaient pas beaucoup connues à l’époque, vu qu’elles vivaient à la rue. Mais parfois le destin était clément et parfois elles se trouvaient une place dans un squat. Et Aquene, la vieille sorcière, n’aimait pas qu’on laisse une porte ouverte. En cette seconde, Cassie trépignait exactement comme la vieille à l’époque, même si ça n’avait rien à voir avec la superstition. Elle était juste trop excitée de voir redébarquer Laughlin dans sa vie comme si de rien n’était alors que tout ce temps avait passé. Comme si de rien n’était ! Elle était un peu plus maigre, un peu plus pâlichonne, mais avait toujours cet air agressif avec lequel elle devait se lever le matin et les yeux plein d’une envie de cogner un mur, ou un type, qu’elle se traînait au milieu de la figure depuis le premier jour où Cassie l’avait rencontrée. Enfin, son amie se décida à se glisser à l’intérieur, sous les regards désormais amorphes de Bryce et Kiwi, lequel devait en fait être ravi d’être enfin débarrassé d’elle. Cassie allait pouvoir ennuyer quelqu’un d’autre, voilà ce qu’il devait penser. Il n’y avait pas de danger, donc il n’y avait pas de raison que Bryce et lui endosse leur air de bouledogue. Encore qu’ils étaient bien sympathiques. Le dernier morpion que Cassie avait fait entrer dans le club en usant de son influence, c’était cet espèce de gros con de Shiloh Buchanan, et on savait très bien comment ça s’était fini – Kiwi plus que n’importe qui.

Histoire de fêter leurs retrouvailles, Laughlin se moqua de son manteau, ce à quoi Cassie répondit par un reniflement méprisant et en serrant un peu plus les pans de son monstrueux manteau contre elle. Elle haussa un sourcil hautain, le roi des sourcils bitch, et lança un regard bref, des pieds à la tête, à son amie, qui signifiait « qu’est-ce que tu connais à la mode, toi, d’abord », ce qui n’était pas peu faire passer, comme message. Cassie était sûre que Lau était du genre à acheter cinq fois le même jean ou le même cuir si elle en trouvait un qui lui plaisait.

— La bave du crapaud n’atteint pas la blanche colombe.

Et oui, dans l’histoire, c’était elle, Cassie, la colombe. Une fois leurs retrouvailles ainsi bénies, elle hocha vigoureusement la tête en réponse à la question de Laughlin. Bien sûr qu’elle lui offrait un verre. Sur son ardoise, quoi. Vu la soirée qu’il passait, même pas en rêve Neal se laisserait attendrir par les yeux ronds de Cassie. Elle pouvait bien dépenser son argent pour des amis de temps en temps, non ? Une fois de retour dans la sale principale, elles durent faire comme tout le monde, attendre leur tour au comptoir. En attendant, Cassie leva les yeux sur le visage fermé de son amie. Elle n’avait pas envie de parler, elle avait envie de boire, et pas qu’une fois – « le premier verre », avait-elle dit. Tout ça était bel et bon mais Cassie ne vivait pas dans un monde où on pouvait l’abandonner sans rendre des comptes, et c’était exactement ce que Laughlin avait fait et semblait vouloir faire : l’abandonner et ne pas lui donner d’explication. Mais ses questions invasives furent remises à plus tard par les propos décousus de son amie. D’abord, elle lui avait manqué. Cassie vit la gêne dans le regard de la Sorcière, haussa les épaules, haussa les sourcils, une manière de dire : « Pas toi, enfin si, mais on va faire comme si ce moment n’existait pas. » Non pas que Cassie aimait les plan culcul, elle adorait ça, même, mais elle connaissait la propension de Laughlin à ne surtout pas étaler ses sentiments. Et puis, sans transition, le besoin de fric.

— J’en déduis que tu t’es fait virer ? Tant mieux, on sauvera peut-être la prochaine génération. Mais t’as raison, tu te feras jamais embaucher ici à moins de prendre au moins vingt kilos.

Regard accusateur avec ça. Sérieusement, Laughlin n’avait jamais été épaisse, mais alors là, c’était le pompon. Cassie réussit enfin à attirer l’attention de Neal et à obtenir plus de deux secondes d’attention de sa part pour commander. Elle n’eut pas le temps de lui dire quoi, cependant. Finalement, deux verres apparurent devant elle. Cassie s’empara du sien sans chercher à savoir ce qu’il contenait, elle s’en fichait. Là-dessus, Laughlin lui dit exactement ce qu’elle voulait que Kiwi lui dise, mais là, en fait, c’était pas pareil. Elle termina son verre en deux grosses lampées avant de se saisir des pans de son manteau et de les écarter comme un pervers devant les portes d’une école primaire, affichant son corps à peine vêtu de sous-vêtements affriolants.

— Je suis parfaite. Et comparé à toi, n’importe qui aurait l’air gros.

Elle se décolla du bar et lui fit signe de l’attendre.

— Je vais l’habiller et je te suis. J’espère que tu as déjà des idées. Mais je ne braquerai pas de banque, j’ai déjà fait ça le mois dernier et c’était beaucoup moins drôle que ce que je croyais.

Et sur un dernier signe à son amie, elle retourna dans les coulisses pour enfiler de vrais vêtements, des talons à peine moins hauts et refaire son maquillage, beaucoup plus discret. Une fois prête, elle renfila son énorme manteau. Elle l’aimait bien, ce manteau. Désormais, ce serait le sien. Et elle repartit trouver Laughlin, prête à écumer la nuit.

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MessageSujet: Re: Will dance for money. Or sing. Or jump. Or cry. Or scream. Or beg. Or ... [Mss. Clarke]   Mer 6 Sep 2017 - 10:30

    C'est peut-être vrai, le fait qu'elle ait grossi, mais on s'en fiche un peu non ? De toute évidence, avec cet ours polaire qui semble l'avoir avalée toute crue, on n'y voit que du feu. Ou plutôt, que du poil. Je l'ai joué purement au bluff. Et elle a marché dedans. Les deux pieds joints. La tête basse. Ses cornes de taureau de compétition prêtes à m'embrocher. C'est assez imagé. Ce n'est pas pour autant moins vrai.

    Je reste muette. Elle parle pour deux. Ça m'arrange plutôt bien.
    Elle vide son verre en l'espace de deux goulées. Soit elle avait soif (ce qui m'étonnerait), soit elle en a déjà marre d'attendre. Il faut dire que la patience n'a jamais été son alliée préférée. C'est pourtant une vertu comme une autre. Assez efficace la plupart du temps. Capricieuse outre mesure. Une femme comme on les aime.

    Et en parlant du loup. Celle-là même qui me fait face ne peut s'empêcher de joindre l'utile à l'agréable. Elle m'offre un ersatz de strip privé à se dévêtir ainsi et me prouver par A+B l'aberration même de mes derniers propos. Il n'y a pas à dire, le temps à beau passer et tout écraser sur son passage, certaines choses restent immuables. Et certaines divinités, intouchables.
    Je ne vais pas m'en plaindre. J'aurais pu profiter du spectacle. Me rincer l’œil. Observer gratuitement ce pour quoi tous ces autres morfals ici douillent leur race. J'aurais même pu pousser le vice par-delà le diplomatiquement correcte en lui foutant un doigt entre deux côtes. Ou en effleurant sa taille du bout des phalanges. Histoire de tester sa résistance aux chatouilles. Autrefois je ne me serais pas gênée pour le faire. Mais ça, c'était avant.
    Là je me contente de garder la tête haute, du moins façon de parler. De soutenir son regard meurtrier. Non seulement j'ai volontairement incendié son joli manteau, qui plus est je me permets de critiquer un fait aussi secondaire que ses mensurations. Cassie n'a jamais été du genre à se morfondre sur de telles préoccupations humaines. De fait, cela ne rend la scène que plus absurde. Mais ça me va.

    Un dernier petit signe de la main et voilà qu'elle quitte déjà l'avant de la scène. Il n'aurait plus manqué que le bisou-papillon envoyé du bout des lèvres en effleurant la paume de la main et on aurait eu droit au remake d'un classique américain. Je me contente de la suivre du regard. Depuis les quelques bribes de conscience qu'il me reste. Trop de bruit. Trop de couleurs. Trop de monde. Je n'ai plus l'habitude. Je me sens lentement suffoquer. Comme si les murs, pourtant radicalement opposés à ma maigre petite personne (inutile de le préciser), me fixaient de toute leur splendeur tout en se léchant ces babines de brique à la prévision de m'avaler.
    Je ferme les yeux un instant. Je prends sur moi. Je déglutis un peu difficilement. Je me retourne vers le bar. Vers mon verre toujours aussi rempli. Je reviens à la réalité comme pour m'en assurer. Comme pour m'y confronter. J'aurais fichtrement aimé pour l'avaler cul-sec. Je déglutis une nouvelle fois. Mes phalanges se crispent autour du verre. C'est le seul moyen pour arrêter les tremblements. Ou plutôt, pour les cacher.

    Je décide de passer outre. De me faire violence pour me ramener dans le ici et le maintenant. Je file mon cocktail à une jolie inconnue. « Offert par la maison » que je lui balance avant de me retourner une nouvelle fois direction foule opulente. Elle me répond quelque chose. Je n'y prête pas attention. Il y avait clairement moyen d'aller plus loin. Je m'en fous comme de l'An quarante. Ce n'est pas pour cette raison-là que je suis ici ce soir. Mais si j'aurais aimé. Enfin, je crois.
    Je scrute les corps en mouvement. Je balade mon attention de part et d'autre de la pièce. Certains stéréotypes sortent du lot à tel point qu'on pourrait croire à une bonne grosse mascarade. Le PDG incognito. Le mec qui ne fait que regarder sous prétexte que ça n'équivaut pas à tromper sa femme. Le groupe de potes en mode brûlage de culotte. Quelques serveuses. Quelques danseuses. Probablement d'autres choses à picorer également. Je n'ai pas la tête à ça. Je suis fatiguée. Claquée. Exténuée.

    Je finis par me lever. Assez péniblement, je dois bien l'avouer. Heureusement personne n'est là pour me faire la morale. Tous ont d'autres chats à fouetter. Dans tous les sens du terme. Je me mets en route vers la porte au panneau d'accès interdit. Celle qui donne sur les coulisses. Celle que j'ai empruntée plus que de raison par le passé. Mais pas aujourd'hui. Pas ce soir. Je finis par l'atteindre après ce qui me semble être une éternité. Pourtant Cassie n'est toujours pas ressortie. Non mais elle fout quoi au juste là-dedans ? A moins que ce soit ma vision du temps qui ait été quelque peu détériorée ? Ce serait peu dire ...
    Je m'adosse contre un mur à proximité et décide d'attendre. Trois minutes. Cent-quatre-vingt hippopotames. Ou Mississipi si elle préfère. Pas une de plus. C'est un délai amplement suffisant pour se glisser dans quelques vêtements et tuer un nouvel animal à empailler.

    La porte s'ouvre à la volée. Je hausse un sourcil plus par habitude que par réelle surprise. Miss Clarke a toujours aimé faire dans le showbiz'. Pas étonnant qu'elle en ait fait son gagne-pain. Des paumes des mains je me repousse de mon mur porteur et lui attrape un coude – profondément emmitouflé dans cette hermine géante. J'aurais dû m'en douter qu'elle allait prendre la mouche. J'aurais dû prendre les paris. Elle va attirer l'attention à des kilomètres à la ronde. Parfait pour filer sous couverture. Ça reste dommage pour le braquage de banque, ça promettait un peu d'action. Elle a probablement dû tenter l'expérience avec la mauvaise personne. Avec quelqu'un comme moi (pour ne pas dire « moi » tout court) à ses côtés, elle aurait carrément pris son pied et elle aurait commandé la même chose pour le week-end prochain. Je hausse mentalement les épaules. Tant pis, on trouvera bien autre chose à se mettre sous la dent.


>> Alors la parfaite petite colombe, elle a déjà décidé sur qui elle avait envie d’aller chier déverser son royal crottin?

    Comme à notre habitude, c'est moi qui mène la danse. Je l'attire dans mon sillage. Je zigzague entre une vingtaine, si pas plus, d'inconnus. Certains me basculent. Certains jouent des coudes. Je les évite pour la plupart de justesse. Mon boulet n'a pas trop en s'en faire, rembourrée comme elle est par son garde du corps de l'ère glaciaire. Je ne me laisse pas pour autant détrôner. À un moment donné j'en ai juste marre. Un mec s'évertue à ne pas comprendre. Alors je vais l'aider un peu. Mon pied par vers l'avant. Lui aussi. Manque de bol pour lui, dans la même direction. Il essaie de se rattraper à moi. Il me supplie du regard. Je m'arrête sec en le soutenant. Le regard je parle. Il se vautre lamentablement au sol. Il va pour parler. Je n'ai ni l'envie ni le temps d'écouter ses jérémiades. Je continue sur ma lancée, lui marchant dessus au passage. Ce n'est jamais qu'un cafard parmi tant d'autres.

    Là encore, toute une éternité semble s'être déversée avant qu'on ne se retrouve à l'air libre. Je relâche mon emprise sur ma partenaire de crime et inspire un grand coup. Ce n'était pas l'idée du siècle dans une ville qui empeste à ce point la pollution facile. Mais peu importe, on est à l'extérieur. Ici les murs ne peuvent plus rien me faire si ce n'est me fusiller du regard en espérant atteindre mon cœur. Wishful thinking. Même Clark Kent n'arrivera pas à atteindre de telles prouesses. Tiens ma jolie petite hérésie, c'est une coïncidence tu penses, ce prénom ? Ou simplement la providence?


>> C’est moi qui t’ai laissé en plan, donc c’est à toi de choisir.

    Ce n’est jamais qu’une excuse comme une autre. Je n’ai pas d’idée précise en tête. Et mille et une possibilités qui s’offrent à nous. Toutes plus déjantées les unes que les autres. J’ai envie qu’elle se fasse plaisir. Qu’elle se laisse aller sans penser aux conséquences de demain. Ce qui n’est généralement pas le cas hein, comprenons-nous bien. Je suis prête à assumer les conneries de ses actes à elle. Je lui dois bien ça, à défaut de pouvoir me justifier autrement.


>> Démentiel. Démence. Concupiscence. Abus. Interdit. Tabou. Sans même réfléchir, quelle est la première chose qui te vient à l’esprit là tout de suite maintenant ?

    Il faut battre le fer tant qu’il est chaud. Tant qu’il est bouillant. Laisse donc le volcan exploser et autorise-moi à assister, si pas participer, à sa combustion spontanée.


>> Your wish is my command.

    Et je rajoute la petite révérence à l’attention de sa Majesté la Reine des pigeons.

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MessageSujet: Re: Will dance for money. Or sing. Or jump. Or cry. Or scream. Or beg. Or ... [Mss. Clarke]   Lun 11 Sep 2017 - 21:33


Ce soir, Cassie ne saurait dire si Laughlin est venue pour s'amuser ou pour tuer quelqu'un. Et vu la tête qu'elle tire, même tuer quelqu'un ne l'amuserait probablement pas. Pourtant, elle n'était pas venue ici par hasard. Soit elle voulait se changer les idées, soit elle avait une idée précise en tête, mais quoi qu'il en soit, elle cherchait quelque chose que Cassie pouvait lui donner, ou pas. L'Hérésie n'était pas créature à se laisser influencer par les nuages extérieurs quand il s'agissait de s'amuser. En fait, même des funérailles l'amuseraient, et ce n'était pas la mauvaise mine de Laughlin qui allait la freiner. Égoïste jusqu'au bout des ongles, total manque d'empathie, et en échange de ces mauvais traits de caractère, une franchise en béton, sans filtre, qui ferait qu'à un moment, Cassie lui demanderait cash, sans détour, ce qu'elle avait, et que Laughlin réponse ou pas était l'affaire de cette dernière. En attendant, Cassie était prête à partir, à sortir, à se changer les idée et pourquoi pas même à s'amuser.

Laughlin aussi était prête. Ou alors, juste pressée de partir, mais peu importait. Cassie se laissa entraîner dans la foule, ondulant entre les clients avec l'agilité de l'habitude, effleurant ici, titillant là, sans même sans rendre compte, pendant que son amie avançait en mode bulldozer. Elle envoya même bouler un type, que Cassie reconnut comme un client régulier. Elle lui adressa un petit signe désolé, un baiser soufflé depuis la paume de sa main, et la foule l'engloutit. Et puis, tout aussi soudainement, la liberté de nouveau, non seulement de ses mouvements, mais aussi de choisir, tout simplement. Au moins reconnaissait-elle qu'elle l'avait "laissée en plan"... Cassie n'était pas sûre que le terme soit réellement adéquat, mais peu importait, non ? Elle écouta, bonne élève, la petite liste déroulée par la maîtresse, l'ex-maîtresse, du moins. Cela aurait pu être difficile de choisir, mais bien sûr, ce ne le fut pas.

— Interdit.

L'évidence même. La démence, la concupiscence et tous les tabous qui allaient avec, elle donnait déjà toutes les nuits depuis des années, c'était l'histoire de sa vie, un mardi soir ordinaire, etc. Et par nature, tout ce qui sera interdit sera forcément démentiel, du moins selon la conception de l'interdit de Cassie. Même si elle avait de plus en plus de mal à s'amuser de l'interdit tant l'interdit se faisait rare. Elle en avait franchies, des limites, et brisées, des lois, comme tout le monde dans cette ville de fous, ce quartier de cas sociaux.

— Si on finit cette nuit en cellule au poste, je te préviens, je ne sortirai pas sur caution, j'ai déjà épuisé cette carte trop de fois.

Pourtant, ce n'était pas faute de prendre soin de ses relations avec les représentants des forces de l'ordre qui, comme tout le monde, fréquentaient son club. Cassie avait très tôt découvert qu'avoir un flic ou deux dans la poche pouvait être utile, et jouait souvent les indics en plus d'être la gardienne des secrets de certains d'entre eux - dirty, les secrets. Même si elle les avait toujours considérés comme une menace enfant et adolescente, elle avait appris qu'ils étaient aussi manipulables, sinon plus, que le commun des mortels.

— Tiens, ça ne te dirait pas d'être flic ? Je pense que l'uniforme t'irait bien, et en plus, t'aurais une arme, et le droit de t'en servir pour tout et n'importe quoi sans en subir les conséquences...

Permis de tuer 2.0. De quoi redonner le sourire et la sorcière triste, non ?

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MessageSujet: Re: Will dance for money. Or sing. Or jump. Or cry. Or scream. Or beg. Or ... [Mss. Clarke]   Ven 15 Sep 2017 - 8:28

    « Interdit » qu'elle me balance. J'ignore s'il convient de rire ou de soupirer. Elle n'a clairement pas compris ma question. Then again, je n'ai peut-être pas été assez précise. À moins que ce soit la force du destin. Le manque de se côtoyer. Du coup on a oublié comment se parler. Comment se comprendre aussi. Le dictionnaire universel qui flanche. Paix à son âme. RIP pauvre paperasse rendue inutile et obsolète de par le temps qui passe. Regardez-moi ça, j'en deviendrais presque nostalgique. Presque. Ce n'est pas dans mes cordes. Pas plus que dans mon vocabulaire. Et quitte à jeter tout le superflu par la fenêtre, pourquoi ne pas emporter le gosse dans l'eau du bain ?
    Amen.

    Interdit donc. On devrait bien pouvoir trouver quelque chose pour satisfaire la miss. Même si les paillettes dans le fin fond de ses yeux semblent clairement me mettre au défi de la surprendre. Je ne suis pas la dernière des idiotes. Je sais ce qu'elle pense. Je sais ce qu'elle vaut. Et parfois il m'arrive même de savoir ce qu'elle veut. Des interdits, elle en a déjà bravé pas mal. Certains avec moi. D'autres, plus encore, avec des inconnus donc je n'ai fichtrement rien à battre. Je ne suis pas de nature jalouse. Pas plus que obsessivement possessive. N'en déplaise à certain(e)s de le croire. Mais Cassie c'est différent. Je ne pourrais l'expliquer. Je n'en ressens ni l'envie ni le besoin d'ailleurs. Je veux juste marquer le coup. Je veux lui sortir un truc inédit. Inoubliable. Probablement un effet secondaire d'une séquestration à long terme. J'ai réussi à manquer à mon coloc, mais était-ce seulement pour les bonnes raisons ? Si on avait pris soin d'embarquer toutes mes affaires au lieu de les laisser pourrir (lire : prendre la poussière) dans mon appart, en aurait-il été de même ? Se serait-il seulement rendu compte de mon absence prolongée ? Je ne devrais pas m'en faire pour si peu. Je ne suis rien dans ce bas-monde. Comme nous tous au final. Alors pourquoi prendre la peine de laisser une trace ? Pourquoi tenter de marquer des gens si ce n'est dans l'espoir absurde que les souvenirs transgressent l'âge et le temps ? Rien que des foutaises. Des contes pour enfant. L'antithèse de la Mort. Suis-je donc vraiment tombée aussi bas dans la pyramide ?

    Mon interlocutrice m'oblige à sortir de mes tristes lamentations sur mon tout-aussi-si-pas-plus triste sort. Elle a de l'énergie à revendre pour deux. À se demander si elle n'est pas vampire dans l'âme. À cette différence près qu'elle se nourrit du malheur des autres. Une hérésie dans toute sa splendeur. Une sangsue de plus qui a trouvé le calice par excellence. Un trou dans le marché ! Une aubaine de jouvence, à défaut de pouvoir mimer la corne. Et en parlant du loup, accessoirement les parasites ambulantes qui se font passer pour:


>> Arrête tes conneries. J'ai testé l'uniforme. Ça prend des plombes à enfiler et plus encore à retirer.

    Surtout quand on est en charmante compagnie. C'est certain que ça fait son petit effet. Sauf qu'une fois les préliminaires engagés, ça se complique pas mal. Tu t'es déjà retrouvée menottée à quelque chose qui n'est pas censé servir à ce genre de cabrioles ? Non, non, inutile de répondre. Garde les vilains petits secrets de tes vilains petits canards pour une autre de tes connaissances. L'ignorance peut parfois être bénéfique. Surtout si un jour je veux retrouver le sommeil. Mais passons et revenons-en à nos moutons noirs.


>> Il parait que ce liquide infecte qui coule entre tes veines a certaines ... Je marque une pause. Me mordille doucement la lèvre inférieure tandis que je choisis le terme le plus adéquat pour la situation. Il n'y en a pas vraiment. Tout peut faire l'affaire. Mais il y a toujours des oreilles ingrates qui traînent dans le coin. Alors autant ne pas attirer la convoitise du Diable. Même si l'une comme l'autre on l'a déjà dans le corps. vertus curatives dans son arsenal.

    Je braque mes prunelles dans les siennes. Je devine plus que je n'y vois briller les flammes de ma propre incandescence. Tu vois ce dont je parle non ? Mythe ou réalité ? Top ou flop ? Pour ou contre ? Allez ma jolie, tu me dois bien ça non ? Tu sais ce que je vaux en tant que sorcière. Tu connais le goût infâme et morne qui se dispute mon propre organisme. Tu connais la couleur de ma magie. Tu connais ses limites. Ses faiblesses. Son infertilité aussi. Il n'y a jamais que l'invocation que l'on n'a jamais tentée ensemble. Ça te dit de jouer mon focus ? Ça te dit un petit aller-retour en Enfer tout en m'embarquant dans tes jupons ?
    Je sens l'excitation se vouloir plus contagieuse. Plus impatiente aussi. Le fardeau sur mes épaules semble se désépaissir quelque peu. M'offrir un instant de répit. Un ersatz de contrôle. Tout ceci est faux. Factice. Douce illusion d'une liberté qui ne m'appartient désormais plus. Je le sais. Je me suis faite à l'idée. Mais si sur ma route vers le purgatoire, je peux emporter quelques âmes maudites ... qui êtes-vous, sombres crétins, pour m'en empêcher?


>> Et j'ai bien envie de les tester.

    Pour le coup, et je crois bien que c'est la première fois entre nous, je ne lui demande pas son avis. Je clame mon opinion. Mon obsession. Je veux qu'ils paient. Je veux qu'ils douillent tous. Pour ce que cette enflure m'a fait subir. Pour ce qu'il continue à m'imposer. Encore et encore. Nuit et jour. Sans relâche. Sans la moindre once de répit. Ils ont voulu jouer au chat et à la souris ? Qu'il en soit ainsi fait. Mais qu'ils n'oublient l'identité de l'animal totem de notre ancestrale lignée.

    Je m'approche d'un pas. Plonge mon regard affamé dans le sien. Abyssal. Indéfini. Le néant à portée de vue.


>> Et si je t'offrais l'immortalité?

-.-

    Nous avons emprunté diverses ruelles. Nous nous sommes enfoncées de plus en plus profondément dans les Ténèbres de cette chère malédiction. Elle a peut-être parlé. Je ne sais pas. Je ne sais plus. Moi en tout cas, je n'ai plus rien dit par la suite. Je me suis contentée de jouer au guide. De tracer le chemin de notre future perdition. Aucun regard vers l'arrière. Aucune hésitation. Je pars du principe qu'elle me suit. Que l'idée, à défaut de lui plaire, au moins l'intrigue. Curiosité mal placée. Besoin irrépressible de se mêler des questions théologiques de ce monde. Fouteuse de merde. Enquiquineuse. Proie de choix. Déesse qui s'ignore.

    J'ignore pendant combien de temps. Je ne réponds toujours pas aux questions qu'elle pourrait me poser. Ou pas. Vous vous rappelez, je ne l'écoute pas. Je suis l'instrument de mon don. Le pantin désarticulé et ô combien docile d'une force intérieure. Il n'y a pas, ou du moins plus, que la magie qui hante mes pensées. Qui fait souffrir mes addictions. Tu l'as voulu Ducon ? Eh bien tu l'auras !

    On finit par prendre halte. Dans la lumière vacillante d'un réverbère bancale. On n'est clairement pas dans les grandes rues. Dans les carrefours commerciaux. Dans la zone de confort habituelle dans laquelle j'ai pris l'habitude de t'emmener. Dis, est-ce que tu m'en veux vraiment ?
    Je me retourne enfin.
    Pose à nouveau mon attention sur elle. Toujours elle. Poison toxique. Poupée des Enfers.


>> Tu préfères mordre ou être mordue?

    Dis-moi princesse, la peste ou le choléra ?
    Lequel espères-tu secrètement leur injecter?

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MessageSujet: Re: Will dance for money. Or sing. Or jump. Or cry. Or scream. Or beg. Or ... [Mss. Clarke]   Dim 17 Sep 2017 - 14:58

Flic, alors, apparemment, c’était non. Pourtant, personne ne résistait à l’uniforme, à ce qui se disait. Littéralement parlant, quand il s’agissait des policiers. Il suffisait de les regarder de travers pour se prendre un coup de bottes, non ? Ça lui était déjà arrivée, en tout cas, quand enfant, elle leur tournait autour en se disant qu’ils lui donneraient à manger ou une pièce – n’étaient-ils pas censés protéger la population, et plus encore les faibles ? Et puis franchement, maintenant qu’elle avait évoqué l’idée, elle ne pouvait s’imaginer d’imaginer Lau’ en uniforme bien cintré. Ou alors, son imagination galopante allait trop loin, comme d’habitude. Il faut dire que des uniformes, Cassie en avait enfilé plein, dans sa carrière, c’était un truc vieux comme le monde qui ne se démodait jamais et avait toujours du succès auprès de sa clientèle. Elle jeta un regard en coin à son amie, le coin de sa bouche se souleva en un rictus amusé.

— Ah bon. On ne doit pas utiliser les mêmes, moi j’ai toujours pu les enlever en un tour de main.

If you know what I mean… Mais a priori, c’était un non ferme et définitif. Dommage. On pouvait aussi exclure pompier crade et sexy et infirmière salope, alors. Pas d’uniforme. Pas grave, il y avait plein de métiers à exercer dans ce monde qui ne nécessitait pas d’autre uniforme que la propre peau qu’on portait et une bonne dose d’hypocrisie sur le visage. Mais bon, elles étaient loin de parler boulot, là, tout de suite. Les paroles de Laughlin lui valurent de la part de Cassie un regard au vitriol. Elle n’y pouvait rien, c’était un réflexe. Des conversations qui avaient commencé comme ça, elle en avait vécu plein, et ça s’était toujours fini de la même façon pour l’Hérésie, surtout quand en face, elle avait affaire à un Sorcier. Attachée, battue, des seringues dans le bras, un sort sur la figure pour l’empêcher de remuer et tout le reste, et tout ça pour quoi ? Elle imaginait mal son amie en venir là mais si elle en venait là, Cassie n’hésiterait pas à se défendre. Mais c’était un réflexe. Un réflexe né de mauvaises expériences, d’une habitude infernale, d’une histoire qui ne cessait de se répéter, et Lau’, elle ne savait pas, elle ne savait pas, n’est-ce pas ? Que ce qu’elle disait, ce qu’elle proposait, c’était d’enfoncer un couteau dans sa chair, le retourner dans la plaie, rallumer des flammes jamais vraiment éteintes, réveiller d’anciens cauchemars, prendre la suite d’une longue série de Sorciers, suivre une tradition infâme sans même qu’elle en ait conscience. Parce qu’elle ne savait pas. Elle ne pouvait pas savoir, ou elle ne dirait pas ça.

Ou alors, elle savait. Elle savait le mensonge, et il y avait plus, derrière cette question, que cette seule intention idiote. Mais elle ne disait rien, parlait par rime, repartait sans un mot, sans même que Cassie ait pu briser sa soif, son rêve, son obsession du moment, lui dire que son sang, c’était juste de la merde liquide, voilà, ça ne guérissait rien, c’était l’inverse et puis c’est tout. Alors elle ne dit rien, adoptant les codes imposés par Lau’. Est-ce que ce soit, elles allaient s’amuser ou juste se rétamer la gueule sur le bitume de la ville ? Ne pas savoir où elle serait, ce qu’elle serait demain, elle s’en fichait. Mais venant de Laughlin, ça l’ennuyait, ça l’agaçait, ça lui donnait envie de taper du pied, de se figer sur place, d’exiger plus que des regards vides et de vagues instructions. Elle sentait comme une laisse se refermer autour de son cou. Mais putain, tu veux quoi ? Elle n’avait jamais su. Même avant. Encore moins maintenant. Mais avant, au moins, elle s’en amusait, elles s’en amusaient toutes deux. Et puis c’était quoi, selon elle, l’immortalité ? Elle avait envie de lui dire, quoi, t’es une Vampire, ça y est ? Pour Cassie, ça ne changeait rien, et elle pouvait attendre, attendre l’éternité, du moins jusqu’à ce qu’elle en meure, de l’éternité, elle, la mortelle. Mais aujourd’hui, Lau’ n’était jamais que la quatrième personne à lui faire cette offre, comme ça, juste comme ça, comme si c’était une blague. C’était une blague pour tout le monde sauf pour elle. Elle n’était pas sûre de vouloir quoi que ce soit de son amie ce soir, voilà la seule certitude qu’elle possédait.

Sachant cela, elle ne se figea pas, continua de la suivre. Bien sûr, qu’elle la suivit. Il fallait bien qu’elle sache, non ? D’abord, les faits, ensuite, les décisions, la réflexion. Comme toujours. Au bout d’un moment, Laughlin s’arrêta, alors Cassie s’arrêta aussi. Ben oui. En regard, le premier depuis un bon moment. Comme si elle se souvenait seulement maintenant qu’elle était là, l’Hérésie.

— Tu veux quoi, toi ?

Il allait bien falloir qu’elle le lui dise, non ? Les décisions à l’aveugle, c’était bon quand la confiance était là. Mais les mots, ce soir, étaient trop cryptique.

— Et tu es qui ?

Si elle n’était plus la prof, si elle n’était plus Laughlin, si elle n’était plus sa sorcière perso, sa brute rachitique, alors elle était qui, quoi ?

— Et moi, qu’est-ce que tu crois que je peux te donner ?

Qu’est-ce qu’elle croyait que c’était, finalement, une Cassie ? Cassie savait, c’était la seule chose qu’elle savait, elle.

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MessageSujet: Re: Will dance for money. Or sing. Or jump. Or cry. Or scream. Or beg. Or ... [Mss. Clarke]   Mer 27 Sep 2017 - 8:30

    Je ne pense plus. Du moins, pas de façon rationnelle. Je le sais. J'en suis fichtrement consciente. Mais je n'en ai rien à battre. Pas plus que de ce qui se trame en cet instant bien précis dans cette petite caboche qui me fait face. Je vois bien que ça le démange. Je vois bien qu'il y a quelque chose qui cloche. Je le sens. Je le perçois aussi nettement que sa propre silhouette. Je le devine dans ses moindres mouvements. Dans le battement de son cœur. Dans la saccade de sa respiration. C'est là. C'est partout. Ça m'agresse. Ça me hurle dessus. Ça me crache à la gueule. Elle a envie de me sauter à la gorge. De me griffer le faciès. De m'arracher les globes oculaires. Ma magie est au diapason. Elle pompe dans mes veines. Elle agresse mes tempes au moins autant que mes tympans. Bientôt tout va exploser. Les images accourent. Je suis comme un gigantesque trou noir qui aspire tout dans les environs. Le décor. Les paroles. Les non-dits. Son expression. Sa crispation. Même si je n'ai pas envie d'être ainsi, c'est plus fort que moi. Ça grogne de l'intérieur. Ça gronde. Après toutes ces semaines à subir, ça vient de trouver une porte de sortie. Ou plutôt, une crevasse banale dans un mur porteur qui tient lieu d'illusion. Mon corps tout entier réagit à l'appel de l'esprit. Cela faisait bien longtemps déjà que ces deux-là n'avaient plus été sur la même longueur d'onde. J'en attraperais presque le vertige. Presque. C'est tellement enivrant. On ne peut plus excitant. Je suis un pantin shooté à l'endorphine. Un sac dos qui ne tient debout qu'à travers l'adrénaline qui lui déchiquette les sens.

    Je vois. J'entends. Je sens. Mais tout ça n'a plus aucune importance. Nous sommes ici. Nous sommes maintenant. Et si pour arriver à mes fins, je dois lui plonger une dague en pleine rate – eh bien qu'il en soit ainsi fait !
    Vous remarquerez que j'ai évité le cœur. Cela implique qu'il y a encore un minimum de rationalité dans tout ce schmilblick. Que malgré toutes les prouesses, je ne suis pas insensible à son désarroi. Elle se crispe. Elle se tend. Elle se tord. Le temps joue de mes intuitions. J'ai envie de la gifler. De la ramener sur terre. De l'attraper par les épaules et de la secouer. Qu'elle ouvre une fois pour toute ses yeux. Qu'elle retire ses œillères. Qu'elle voit à travers mes iris. Qu'elle goutte à travers mon palet.

    J'ignore pour ma part ce qu'elle a vécu. Elle n'a jamais voulu en parler. Je n'ai jamais cherché à lui arracher la moindre confession intime. Les choses sont ainsi faites entre nous. Nous n'avons pas besoin de savoir pour comprendre. Alors pourquoi, pour une fois, ça ne peut pas aller en sens inverse ? J'ai beau ne pas y avoir assisté, je sais ce que mes ancêtres ont pu lui infliger. Je connais l'homme. Je connais son état d'esprit. Je connais ses états d'âmes. Je sais son hypocrisie et son nazisme à toute épreuve. L'homme ne peut accepter ce qu'il ne peut comprendre. Ce qu'il ne peut disséquer. Ce dont il ne peut tirer profit à titre personnel. Alors il prend. Alors il coupe. Alors il expérimente. L'homme, de toutes les races que doit supporter notre chère Terre, est le pire fléau qui ait jamais existé. Un virus infecte aux armées indestructibles. Aucun anticorps ne peut le vaincre. Si ce n'est sa date d'expiration. Et voilà qu'il a trouvé un remède à cette ultime éradication. On ne viendra jamais à bout de la connerie humaine. Et tu sais pourquoi ? Car un jour un Con a décidé que le cannibalisme, au final, ce n'était pas si mauvais que ça.

    Alors je la regarde. Alors je l'observe. J'encaisse les coups. J'absorbe la rage. Elle ne fait que me conforter dans mes croyances. Elle ne fait qu'apporter davantage d'eau à mon édifice. Moi aussi j'ai envie de crier. De hurler. De gueuler. Et, plus encore, de dégueuler. Toute cette merde qui me gangrène les entrailles. Toute cette daube qui me vrille les neurones. Toute cette impuissance qui ne fait que me rappeler qu'à aucun moment je ne pourrai leur échapper. LUI échapper. Et cette pensée m'obsède. Cette pensée me ronge. Me grignote. Me bouffe vivante. Je ne dors plus. Je ne mange plus. Je ne vies plus.
    Je SUR-VIES.

    De tous, Cassie Clarke, je pensais que tu serais la plus à même de me comprendre ...
    J'ai sûrement dû me tromper.

    Alors je prends sur moi. J'accepte les reproches. Je laisse couler. J'encaisse le pus qui lui sort de la bouche. Je me forge une barrière qui ne sera jamais plus qu'un château de cartes en pleine tempête tropicale. Je ne peux pas l'obliger à me suivre. Je ne suis pas celle qui guidera ses pas. Nous souffrons toutes les deux. Peut-être, si pas probablement, du même mal. Mais nous ne le gérons pas de la même manière. Elle a appris à vivre avec. À contourner le problème. À l'enjoliver. Ce qu'elle semble oublier, c'est qu'il résiste et persiste malgré tout dans l'ombre. Qui continue à l'observer. À la décortiquer. Il est là. Il scrute. Il jauge. Il attend. Il ricane. Un jour viendra où elle le négligera. Où elle laissera la porte ouverte dans son sillage.
    Je serai là pour la ramasser.
    Ou pas.
    Ça ne dépend clairement plus de moi.


>> Tu as raison Cassie, je ne peux pas te demander ça.

    Mon ton est neutre. Presque lasse. Je le suis. De tout. De rien. De cette vie. De cette réalité. Il paraît que c'est beau de rêver. Que l'espoir fait vivre. Ce qu'on oublie trop souvent de mentionner, c'est que l'attente fait mourir.


>> Avant je n'étais déjà pas grand-chose. Une quantité négligeable. Un pion parmi tant d'autre, sur cette gigantesque farce de dindon de Thanksgiving qu'est la vie.

    J'ai envie d'une clope.
    Une petite dernière pour la route.
    Dommage que je n'ai pas prévu en conséquence.


>> Et même ça ils ont réussi à me le dérober.

    A défaut d'avoir quelque chose à me griller, je plonge mes mains dans mes poches en quête de mon Zippo. Je le trouve rapidement. Les phalanges de ma main droite s'y agrippent à la force du désespoir. J'ouvre le fermoir. Je le referme. Un petit bruit si singulier pour briser le silence qui s'invite entre nous.


>> Je ne peux pas te forcer à participer.

    Je sors mon fidèle compagnon de sa cellule de tissu tout en continuant de l'asticoter. Clic-clac. Clic-clac. Comme les aiguilles d'une montre. Comme le temps qui continue à se faire engloutir. Rattraper. Mais pas pour eux. Plus pour eux. Ils ont trouvé le moyen de l'outrepasser. De contrecarrer à jamais les plans de Mère Nature. Rien que pour ça ... ils méritent tous de crever.


>> Tu peux partir si tu veux. Ou rester en tant que spectateur si tu préfères.

    Je m'en fous un peu. J'aurais aimé que tu participes. J'aurais aimé que tu comprennes. Le pourquoi. Le comment. Sans avoir à mettre des mots dessus. Sans chercher à comprendre ce qui m'anime. Pour toi, je l'aurais fait. Sans demander des comptes à la fin de la note. Sans exiger de pourboire. Je t'aurais même offert un tour sur les chevaux en bois du carrousel. Tu vois, au final, c'est moi qui me trompais.
    Toi et moi, on ne se ressemble pas.


>> Avec ou sans toi, ils vont payer pour ce qu'ils ont fait de moi.

    Je me retourne et commence à m'éloigner en direction d'un immeuble qui semble comme abandonné.
    Les apparences font toujours de très belles chansons.
    Mais peut-être que toi tu ne les entends pas ...

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MessageSujet: Re: Will dance for money. Or sing. Or jump. Or cry. Or scream. Or beg. Or ... [Mss. Clarke]   Sam 30 Sep 2017 - 14:15

La colère, c’était bien, aussi. Cela faisait longtemps que Cassie ne l’avait pas ressentie. Les autres, tout ce qu’ils étaient, ce qu’ils faisaient, ce qu’ils lui faisaient, et le monde, tous les jours et toutes les nuits qui passaient et les images qui en restaient, et les conséquences des actes, et les violences, la connerie, les désirs excessifs, bref, la colère du monde qui palpitait au même rythme que son noyau, rebondissait sur Cassie. La plupart du temps, elle était là, passive, agressive, mais pas en colère, plutôt en demande de plus, toujours plus, absorbant comme un succube le trop-plein de tout. Le trop-plein de Lau’, il était vraiment plein. Ce soir, son amie n’était pas vraiment là. Elle avait changé, quelque chose avait changé, cassé, et cela, Cassie pouvait le comprendre et l’accepter, elle pouvait même ne pas lui demander ce qui s’était passé puisqu’elle ne voulait pas en parler. Elle pouvait se jouer de ses réponses incompréhensibles, lui renvoyer les mêmes dans un genre de ballet de deux personnes extrêmement toxiques, à part elles et l’une pour l’autre. Et pour Lau’, ce soir, comme à chaque fois, Cassie voulait bien faire n’importe quoi, le mal, le bien, rire ou pleurer, aimer ou tuer. Mais pas mourir. Non, pas mourir, jamais. Il n’y avait pas une personne en ce monde pour laquelle Cassie était prête à mourir, elle n’en avait jamais rencontrée. Et en cette seconde, elle avait l’impression d’avoir la Mort en face d’elle et pas Laughlin. Elle lui tendait la main, lui proposait une danse, et soudain, Cassie n’avait plus envie de danser. Grain de sable dans la machine d’une amitié dysfonctionnelle dès le départ. Et alors, la colère. Pas du genre à câliner, à tenir la main, à tendre des mouchoirs ou à emmener l’autre se changer les idées à la pâtisserie pour se bourrer de sucre. Non, tout de suite, la colère, froide et flamboyante, brutale et pure, comme un bien fou qui décapait l’intérieur de sa moitié d’âme. La colère, c’était bien. Ça faisait du bien, soudain. Pourquoi est-ce qu’elle ne se mettait pas plus en colère ? Pourquoi elle n’arrivait pas à s’énerver plus souvent ? Rien ne comptait, voilà pourquoi. Au final, rien ne comptait. Mais voilà que soudain, quelque chose comptait. Lau’, et sa folie des grandeurs.

La Mort parla soudain. Enfin, des mots que Cassie pouvait comprendre, ou alors, c’était parce que soudain, elle avait la tête plus claire. Elle sut enfin d’où venait sa colère et pourquoi cela lui arrivait si peu souvent. Ce n’était pas vraiment pour elle, la colère. C’était pour Lau’. C’était à sa place. C’était en son nom. Que Cassie en ait le droit où non. Quantité négligeable. Pion. Dérober. Cassie avait eu envie de prononcer ces mots plus d’une fois sans y parvenir. C’était normal, d’être rien. De crever dans la rue sous le regard indifférent des gens. D’être utilisée puis jetée au bord d’une route depuis une voiture qui ne prenait même pas la peine de s’arrêter. D’être dépecée en des milliers de morceaux pour que chacun ait sa part. C’était normal. Ou pas. Ce soir, ça ne l’était pas, pas pour Lau’, en tout cas. Ce soir, ça ne l’était plus. Ces choses que son amie exprimait et qui pesait sans vouloir sortir chez Cassie. La Mort soudain laissa retomber son capuchon, dévoilant le visage de son amie. La mort, oui, mais pas la sienne. Ou du moins, pas la sienne seule. Cassie posa la main sur le bras de Laughlin alors qu’elle se détournait d’elle. La mort, elle en avait peur. Les morts en sursis, ça la mettait hors d'elle.

— Arrête les grands discours. Si tu me demandes d’entrer là-dedans et de mettre le feu à tous ceux qui s’y trouvent, je le ferai. J’ai déjà fait pire, avec toi.

Pas pour elle. Avec elle. Elle n’était pas naïve. Mais ce qu’elle avait pu faire ou dire en compagnie de Laughlin, cette dernière était bien placée pour le savoir, alors pas de ça avec elle.

— Mais je n’y vais pas pour y crever. Ou te voir crever. Si c’est ça que tu cherches, crever, alors oui, tu t’es trompée de personne. Moi, je ne te regarde pas crever. Je te regarde mettre le feu, je te regarde tout transformer en cendres, le monde entier s’il le faut. Mais pas ça.

Pas ça, la mort. Alors, Sorcière, c’est quoi, le deal ? Cassie sortit une cigarette de sous la bretelle de son soutif et l’agita soudain le nez de Laughlin. Tu ne le sais pas, qu’on est comme le jour et la nuit ? Ou plutôt, la nuit sur deux planète différentes. On croyait rêver… Cassie n’aimait pas les prises de tête. Elle attendit que Lau’ utilise son briquet, allume la cigarette, comme pour sceller un pacte. Pas de foutage de gueule, merci bien. Sinon, oui, Cassie tournait les talons. Parce que oui, elles étaient différentes. Parce que Cassie ne voulait pas mourir, parce qu’elle était faite de milliers de morceaux recollés des milliers de fois, parce que c’était ça, son deal, sa condition sine qua non.

— Alors, on y va ?

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MessageSujet: Re: Will dance for money. Or sing. Or jump. Or cry. Or scream. Or beg. Or ... [Mss. Clarke]   Mar 31 Oct 2017 - 19:44

    Je me retourne. D’elle. De nous. Du ici. Du maintenant. Du présent. Du passé. De l’avenir. Je me détourne de tout. Je ne dis au revoir à rien. Car c’est ainsi que les choses sont faites pour nous, risibles petites miettes éparses d’une réalité exponentiellement grandissante. Dans l’entité du néant, il n’y a pas de place pour des consciences telles les nôtres. Il n’y a de place pour aucun. Et pour tous à la fois. Car au final, qui en a vraiment quelque chose à battre ? Tu nais, tu meurs. Tu ris, tu pleures. Tu chiales parfois. On vient t’essuyer les larmes. Ou tout simplement te tendre un mouchoir. Tu expulses ta tristesse. Tu exprimes tes peurs. Tu apprends à vivre avec. Ou à contourner le problème. Mais pas la colère. Elle gronde dans le fin fond profond de ton dedans. Elle s’auto-alimente. Elle prend. Elle absorbe. Elle encaisse. Elle entasse. Et puis un jour, le vase déborde. L’écume des vagues régurgitée sur une plage de sable blanc et de tonnes de plastic non-recyclé. Est-ce donc à cela que notre futile existence se résume ?
    Ô assurément.

    Il serait mensonge de prétendre que je n’ai jamais eu des idées suicidaires. Dans ce siècle de modernité qui est le nôtre, qui n’en a jamais eu ? Même les nouveau-nés rêvent secrètement de retourner dans les entrailles de leur génitrice. On ne leur blâme pas pour autant. C’est une pensée raisonnable autant que déraisonnable. Elle fait de nous ce que nous sommes. Elle nous oblige à faire le point. A dresser une liste non-exhaustive du avant et du après. Pour faire le compte. Ou la comparaison. Tout dépend du point de vue. Pour retrouver le point d’équilibre. Ou celui du non-retour. Alors oui, je fais partie de la caste moyenne. De la racaille millénaire. Je regroupe mes moindres faits et gestes dans la balance universelle. Je pèse le pour et le contre. J’enlève un peu à gauche. Je rajoute un peu à droite. Ça chancelle vaguement. Ça tangue au rythme des vagues précédemment énumérées. Ça file la nausée. Ça rend le voyage digne d’être vécu. Si tout était continuellement au statut quo, croyez bien qu’il y aurait vachement plus de péquenauds qui passeraient à l’acte.

    Tout ça pour dire que, non je n’en ai marre de vivre. Non ceci n’était pas censé être le jour, accessoirement la nuit, de la grande délivrance. Du jugement suprême. Aujourd’hui on était juste censées s’enflammer un peu. Brûler les bribes du passé. Se rejouer un Sabbat improvisé rien qu’à deux. Ou moi toute seule. Il ne faut pas grand-chose pour honorer les anciennes divinités. Crois-moi, de nos jours elles se sentent tellement négligées qu’une minuscule offrande sous forme de caramel fondu ferait l’affaire. Même qu’on pourrait faire la Une des journaux. En plus de l’Essaim on aurait carrément le Coven tout entier à nos trousses. Déjà que je suis étonnée de leur absence à tous les deux en cet instant bien précis d’une fatalité non-feinte. Non mais tu le crois toi ? Même pas qu’on nous considère comme une menace potentielle. Séparément on est toutes les deux à prendre avec des pincettes. L’une plus que l’autre, mais je n’en dévoilerai guère plus afin de ne vexer aucun des deux égos ci-présent. Ensemble on est capable de refaire le portrait du monde. Pourtant, regarde. Constate par toi-même les faits d’une telle aberration : rien, que dalle, personne, nada. Même pas un minuscule comité d’accueil pour nous sommer de fiche le camp sous peine de poursuites judiciaires. Non mais franchement, on aurait mieux fait de se pointer dans un gang de maffieux, au moins on en aurait eu pour notre fric. Ah mais c’est vrai, je suis fauchée. Pas étonnant qu’on récolte ce que l’on sème. Rien que pour un tel manque à l’étiquette, j’estime que je suis en droit de faire ce qui me traverse par la tête. Même quand tu poses ta main parfaitement manucurée sur mon bras. Même quand j’accepte de faire abstraction de mon but premier en reportant mon attention sur toi. Même quand je te laisse parler sans jamais t’interrompre.

    J’observe ton visage tandis que tes lèvres miment des mots. Qui a paré de crever bichette ? Tu crois vraiment que je me contenterais d’une telle bassesse. Tu crois franchement que ma vie, aussi pathétique et pitoyable soit-elle, ne vaut pas plus qu’un aller simple vers le crématorium ? On m’a volé quelque chose Cassie … et tu sais quel était jadis le châtiment pour un tel crime ? Oh t’inquiète, je ne compte pas signer l’arrêt de mort de ton si joli petit minous. Ce serait du pur gâchis. Nous avons encore bien d’autres exploits à attenter. Ceci n’est que la mise en bouche. Ceci n’est jamais que la déclaration précurseure de la grande Chasse à venir.
    D’ailleurs je sens poindre un début de sourire au coin de mes lèvres tandis que la flammèche vient embrasser ton bâtonnet cancérigène. Tu sais que c’est très impoli de ta part de ne pas me proposer de tirer une taffe sur ton calumet de la paix. Provocation ? Ou simple revers de la médaille ?

    Tu te retournes. Tu t’éloignes. Je reluque autant tes fesses que ta démarche de Diva capricieuse. Ce rôle te colle tellement bien à la peau. Alors ainsi accoutrée, je te dis pas l’effet que ça fait. Que ça ME fait.
    Mon rictus ne s’en veut que plus prononcé.


>> Juste le temps de lancer le compte à rebours et j’arrive.

    Moi aussi je me retourne de toi. Chacune son tour de faire languir l’autre. Ligne droite. Tête baissée. Tête brûlée. Que veux-tu, on ne se refait pas.
    J’entonne du bout des lèvres une petite incantation maison. Jamais testé auparavant. Pur fruit d’une improvisation de longue date. Cela fait bien longtemps que je refoule au fin fond de mon être l’essence même de ce dont il est constitué. Il est peut-être temps de faire sauter un verrou ou deux. Je m’arrête à distance raisonnable de la porte d’entrée. Facile six ou sept mètres. Je reporte mon regard vers une fenêtre entrouverte. Franchement les gars, vous me facilitez bien trop la tâche …


>> tempus.

    Le dernier mot résonne à même la pulpe ensanglantée de ma lèvre inférieure. Il faut bien signer mon œuvre si je veux que le message arrive jusqu’à son destinataire. La flamme de mon zippo prend un teint verdâtre, presque fluorescent. Je me suis inspirée d’une certaine série télé. Il n’y a pas de mal à évoluer avec son époque. Je balance mon cocktail Molotov.
    Je n’attends pas son impact. Déjà je retourne sur mes pas. Mes mains enfouies dans mes poches. Ma démarche habituelle. Même si je sens que dans mon regard se reflète des bribes de l’effet escompté. Lorsque j’arrive à hauteur de mon amie, pour autant que l’on puisse qualifier notre relation de telle, je glisse mon bras gauche dans le sien et l’entraîne à ma suite.
    Dans notre sillage, une explosion digne de ce nom retentit. Ainsi que les cris ô combien caractéristiques des occupants.


>> Tiens, je ne t’ai pas dit ? Un élémentaire feu a eu la curieuse envie de croiser ma route.

    Il m’a inspiré bien malgré lui. Je suis certaine qu’il appréciera ma dédicace. Ou pas. Tu vois, il y a toujours un yin pour contrecarrer le yang. Le sien, c’est qu’il est flic. Chacun ses merdes à porter hein.


>> Et depuis quand t’es devenue rapia avec les clopes toi ?

    De ma main libre je lui chope l’objet en question et glisse son embout désormais teinté de rouge à lèvres entre mes propres lippes.
    Entre-temps on continue à l’éloigner dans une nuit étrangement éclairée. Des bruits de sirènes vont sous peu venir nous vriller les neurones. Et vu le peu de sucre qui se trimballe actuellement dans mon système nerveux, je préfère éviter notre collision.


>> T’inquiète pour les poursuites judiciaires, j’ai pris mes précautions. Tu n’as pas vu l’avis d’expulsion collé contre la porte pour suspicion de fuite de gaz ?

    Certes, rien de plus qu’un leurre visuel pour la plèvre de ce monde, mais qui suis-je censée en savoir après tout ? Personne n’habite un taudis pareil de nos jours ? N’est-ce pas ?
    Mon humeur semble aller crescendo au fur et à mesure qu’on prend de la distance. Pour un peu je me sentirais presque apte au combat.


>> Alors ma chérie, tu aimerais que je t’offre quoi pour me faire pardonner ?

    Les gosses et les princesses, tous les mêmes.
    L’usure par le caprice.

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I have kissed honey lips, Felt the healing finger tips. It burn like a fire, This burning desire. I have spoke with tongue of angels, I have held the hand of the devil. It was warm in the night, I was cold as a stone. But I still haven't found what I'm looking for


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MessageSujet: Re: Will dance for money. Or sing. Or jump. Or cry. Or scream. Or beg. Or ... [Mss. Clarke]   Ven 3 Nov 2017 - 20:32

Impossible à prévoir, celle-là, impossible d’anticiper ses paroles ou ses gestes. Pire que la météo. Il n’était pas encore née, celui qui saurait déchiffrer le crypto-langage de Laughlin. Les mots étaient clairs et les paroles concises, mais le sens faisait défaut, toujours. Deux, trois, dix niveaux de sens, quatre double-lecture, et un doctorat en Laughlinitude, au moins, voilà ce qu’il fallait pour décoder la vile sorcière. Aucun mot n’était utilisé dans son sens premier, rose voulait dire bleu, oui voulait dire jamais, chemin voulait dire stop, etc. Aucun sens. La frustration de son amie, Cassie la connaissait, et avec le temps, avait appris à ne plus s’en faire. Il fallait surfer sur la vague, se laisser porter. Parfois, la vague vous déposait quelque part, ailleurs, et continuait sa route sans vous – et alors ? Tirant sur sa clope, Cassie s’était éloignée. L’instinct, mâtinée de l’habitude, et d’un peu de chance. Toujours, le facteur chance, ou simplement hasard. D’un œil attentif et gourmand, elle observa, admira la sorcière dans ses œuvres. Elle n’aimait pas ça, Cassie, la magie. Mais l’autre, là-bas, qui murmurait à l’oreille de son zippo, ne s’en était jamais servie contre elle. Une tentation, pourtant, l’Hérésie le savait, pour en avoir fait les frais avec d’autres. Cela pouvait encore arriver, arriverait forcément un jour. On verrait bien. Elle pinça les lèvres autour de sa cigarette, émit un petit bruit ravi en suivant la courbe du briquet lancé sur la porte par Laughlin.

Elle aurait voulu rester, se rapprocher, même. Sentir le souffle de l’explosion sur sa peau, la chaleur sur ses joues, dans ses cheveux. Entraînée à l’écart par son amie, elle se tordit le cou pour regarder. Boum… Fascination totale. Comme se perdre dans l’observation d’un feu de cheminée et oublier que le temps passe – et ce n’était pas les hurlements sourds qui sourdaient du bâtiment qui auraient pu la tirer de sa transe. La mention d’un élémentaire de feu, en revanche, l’arracha à sa rêverie. Elle n’en avait jamais vu, elle, d’élémentaire de feu ! Pourquoi est-ce que les choses intéressantes arrivaient toujours aux autres ? Elle contempla encore les flammes derrière elles.

— Est-ce qu’il a su allumer la flamme entre vous ? C’est lui qui t’a tant inspirée ce soir ?

Ou bien Laughlin avait-elle éteint cet élémentaire comme on souffle sur la flammèche d’une bougie ? Tout de même, elle pourrait lui présenter ses amis… et ses ennemis aussi, d’ailleurs. Cassie n’était pas difficile. Elle laissa la sorcière lui piquer sa cigarette, de toute façon elle était plantée là, rêveuse, la bouche entrouverte. Ces types présentement en train de passer au barbecue, elle n’avait aucune idée de qui ils étaient. Elle savait juste qu’ils avaient fait du mal à Laughlin, et elle trouvait tout à fait normal qu’elle leur en fasse à son tour, même si Cassie elle-même ne fonctionnait pas selon cette logique. Jamais, elle ne s’était vengée. Rarement, elle se défendait. Un peu maso sur les bords, la poupée cassée. Elle haussa les épaules, fit apparaître une seconde cigarette entre ses doigts, qu’elle colla à celle que la sorcière avait désormais entre les lèvres pour l’allumer – la cigarette.

— Peu importe. La justice n’existe pas, de toute façon.

Ce n’était pas comme si elle craignait quoi que ce soit. Ou comme si, ce que Laughlin venait de faire, c’était de la justice. Mascarade bon teint pour petites gens naïfs, la justice. Elle souffla un fin filet de fumée blanche dans la nuit, qui se mêlait à la vapeur s’échappant de ses lèvres à cause du froid. Il lui manquait, ce brasier. Sa chaleur. Cette impression de vie qui s’en dégageait. Elle croisa les bras, les serra contre elle.

— J’ai faim.

Ça ne répondait pas vraiment à la dernière question de la sorcière, mais enfin, c’était un début. Se figeant sur place, l’Hérésie fixa son attention sur un coin de rue, où une petite silhouette dansait d’un pied sur l’autre. Petite chose affamée sans parents ni amis. Comme elle. Cassie lui fit signe, et l’enfant traversa la rue en courant pour les rejoindre.

— Qu’est-ce que tu as ?

L’enfant leva une main, quatre doigts, petit sourire en coin. Elle ne lui demandait pas si la vie était belle, évidemment. Elle glissa les doigts contre les siens, récupéra le petit sachet de cachetons anonymes qu’il vendait ce soir-là, sans même savoir de quoi il s’agissait. Lui tendit un billet en retour, puis se baissa et l’engloutit dans une étreinte pleine de tendresse. Il gloussa en même temps qu’elle – peut-être la connaissait-il, de nom, de visage, de réputation. Cassie avait toujours de l’amour disponible pour les rebuts. Elle le repoussa, il partit en courant se fondre dans les ombres.

— J’ai faim ! répéta-t-elle, plus fort, avec plus de conviction.

Que Lau lui parle ou pas, qu'elle lui récite des poèmes en prose ou les tables de multiplication, peu importait. Elles avaient toute la nuit pour s'amuser.

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so much fun. And I don't feel a
thing cause I got so numb. I lean
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hurt. And what is god if there's
no one there. And there's no proof
that he ever cared about me.
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