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 night chills. (shiloh)

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→ ORDRE CLANIQUE : La Horde.
→ NUISANCE DEPUIS : soixante-quatre années à parcourir le monde, voir la cruauté aussi bien que la générosité des âmes (34 ans en apparence).
→ SOUS L'EMPRISE DE : un espèce de gros chat (caracal), sous l'auspice du passeur.
→ ERRANCE : loin des foules et des lumières, bernard terrace ou brightside.
→ TROMPE L'ENNUI : militaire, pas par vocation, plutôt à défaut de mieux.
→ PROFIL PSYCHOLOGIQUE : une saloperie de félin.


→ AVATAR : golshifteh farahani.
→ CREDITS : exception.
→ MENSONGES : 78

†


MessageSujet: night chills. (shiloh)   Dim 8 Oct 2017 - 11:43


NIGHT CHILLS
/ CURIOSITY OFTEN LEADS TO TROUBLE \

La lune en confidente et le silence pour compagnie. Une faible respiration qui accompagne les battements d’un coeur. Ce palpitant qui pulse au ralenti. Et ces deux iris, scintillants, qui gardent la porte du bar, à l'affût, scrutant le moindre visage des clients qui défilent. Certains frôlent la silhouette, mais ne la remarquent pas. Ils laissent derrière eux une traînée d’alcool imprégner un air déjà nauséabond, tandis que leurs rires ne sont plus que lointains échos.
Pendules et montres sonnent minuit.
Des cafés se ferment le long des trottoirs et les rideaux tombent. Les rues se désengorgent de tout ce monde. Toujours rien. La ville se déserte petit à petit, seuls les néons des enseignes continuent de clignoter, mais le fauve, tapi quelque part, guette sa proie. Difficile de le discerner dans le noir. La bête se sert habilement de la nuit comme d'un manteau. Elle s'y terre. Véritable enfant de la lune, l'astre projette des ombres sur son visage basané. Le vent qui arrive dans son sens fait frémir son odorat des divers parfums refluant de la rue : essence, clope, vomi, poubelles éventrées. Le dégoût se lit par un froncement de sourcil.

Sahar attend. Sa patience est inépuisable lorsque la curiosité ravage sa raison. La pluie commence à tomber mais elle ne recule pas. L’enfant du désert supporte pourtant mal le froid, mais elle veut la voir, l’étrange créature à la demi-âme, le monstre de Frankenstein. Cette bizarrerie de la nature pour laquelle elle s’est pris d’une espèce de fascination. Le favori des âmes, lesquelles s’accrochent à lui comme la vermine. Esprit en perpétuelle contradiction, l’Iranienne a beau répugner les hérésies, elle est avide d’étrangeté. Et il est son premier. En plus de soixante-ans. Autant dire qu’elle savoure cette rencontre trop longtemps repoussée. Shiloh, c’est un petit plaisir parfaitement égoïste. Un divertissement entre ses griffes. Etudié à son insu, l’engeance de Dagda n’a certainement pas idée des questions qu’il soulève pour un esprit aussi retors que celui de Sahar. Elle le scrute. Passe au crible ses gestes et ses expressions comme si chacune de ses mimiques avaient un quelque chose d'extraordinaire. Sahar, elle le documente sans aucune honte. Elle ne voit pas le mal, trop intriguée par la créature qui s'agite sous ses prunelles, cet être qui jusqu'ici avait sous certains aspects un caractère légendaire.

Minuit trente-six.
Les gouttes luisent sur son visage. Un vent frais réveille un frisson le long de son échine. Si elle a la patience, elle aimerait quand même que l’hérésie ne se fasse pas trop longtemps désirer car le félin se lasse vite. Justement, la crinière blonde entre dans son champ de vision. Image qu’elle croyait presque perdue pour aujourd’hui. Ses pupilles se dilatent instinctivement en présence du gibier. Sa vision se précise dans l’obscurité. L’ombre du fauve glisse sur le bitume, sinistre présence qui rôde dans le sillage de l'hérésie. Espèce de chat de Cheshire qui poursuivrait la blonde Alice de son sourire malaisant. Les quelques faisceaux de lumières alentours accrochent la peau laiteuse de “l’homme”. Cette peau bien trop blanche, même pour un Irlandais. De loin pourtant, la bête n’a pas l’air si menaçante. La corpulence est certes impressionnante, mais l’attitude semble tout à fait commune, humaine. Il faut en vérité un peu de temps pour remarquer les premières caractéristiques de son altérité. Or, cela fait maintenant des jours qu’elle analyse sans se lasser l’animal. Son attitude, à Sahar, est purement prédatrice. Une espèce de curiosité maladive qui supplante le dégoût que l’Irlandais lui inspire par nature. Pour autant, elle ne s’approche jamais trop près, n’étant pas certaine de pouvoir supporter une telle proximité sans lui laisser la trace de ses ongles en travers du visage. L'aura de l'hérésie a sur elle une résonance plutôt négative, son anormalité agite le caracal, le rendant peureux, méfiant et facilement agressif. Elle préfère donc tourner autour de la cible, s’approcher un peu pour s’évaporer aussitôt qu'il tourne la tête, ne laissant de sa présence que son odeur en suspens. Elle se doute qu'il s’est senti épié au cours des derniers jours. Elle-même s'est approchée parfois assez près pour qu'il puisse sentir sa présence. Son talent est de jouer avec les nerfs. Aussi se croit-elle tenir les ficelles du jeu. Elle ne s'imagine pas Shiloh se retourner contre elle, faire un coup de poker, passer de proie à chasseur.

Cette nuit s’annonce sous les mêmes auspices. L’Iranienne s’apprête à répéter le curieux rituel auquel elle s’est habituée. Routine nocturne qui repousse le moment de rentrer chez elle. La pluie battante a beau lui poisser les cheveux et lui dégouliner sur l’arête du nez, Sahar se fiche que les odeurs soient démultipliées par l’humidité. Les hérésies ne doivent certainement pas avoir l’odorat sensible. Possible qu’ils n’aient pas non plus une ouïe très développée. En réalité, ses seules connaissances reposent sur des légendes urbaines contées parmi les villes d’Europe. Ce qui revient à dire que Sahar se base sur des "on-dit" et des préjugés. Elle ne sait véritablement rien de la proie sur laquelle elle s’est abattue, pas même son nom. A dire vrai, elle ne s’est même jamais posée la question de savoir s’il avait un prénom. Elle n’a jamais cherché à devenir en quoi que ce soit proche de l’objet de son étude. Elle ne le voit qu’à travers le prisme de sa race. Pour elle, ils ne sont non pas une femme et un homme mais une métamorphe et une hérésie.

L’Irlandais poursuit sa route. Nouvel itinéraire qui interroge. Sahar hésite pendant une fraction de seconde, puis marche dans ses pas avec prudence, le regard ancré à son dos. La traque débute, l'adrénaline commence à monter et sa morne existence devient soudain plus distrayante.
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Can you save, can you save my,
can you save my heavydirtysoul.

→ NUISANCE DEPUIS : 37 années.
→ SOUS L'EMPRISE DE : Dagda.
→ ERRANCE : à travers Bernard Terrace, la plupart du temps.
→ TROMPE L'ENNUI : Larbin au Cocodrie's Whisky.
→ PROFIL PSYCHOLOGIQUE : Une espèce de gros con.

→ AVATAR : Travis Fimmel
→ MENSONGES : 2132

†


MessageSujet: Re: night chills. (shiloh)   Lun 16 Oct 2017 - 17:12




∞ 'Cause you live in shades of cool ∞

Le service au Cocodrie's Whisky s'achève enfin. La nuit tombée et la lune gibbeuse suspendue à l'empyrée ; la bête en reflet d'homme, relâchée, zone à travers la cité sans plus mirer que l'extrémité de ses godasses, le bitume fracassé par les ans, par les rages et les ombres qui s'immiscent et se dissipent sous les lampadaires grésillants. Lueur pisseuse éclaboussant sa peau ordinairement tuméfiée. Les battoirs fourrés dans les poches du futal et la dégaine mal aisée, il est en lutte, Shiloh. Continuellement. Avec ce corps trop grand, cette masse trop lourde qu'il traîne : Gosse planqué sous la viande, sous l'entrelacs de nerfs tendus, tels des câbles. Prêts à claquer au moindre bruissement trop proche de son flanc, de sa gueule aux ridules renfrognées.
Un pas puis deux puis trois. Y a plus que le fracas de ses semelles sur l'asphalte qui sachent guider son essence, depuis des jours ou des semaines ; le mois passé en brouillard et mirage. La cervelle pulvérisée, la mémoire broyée et le cœur au poitrail pourtant continue de fracasser l'espoir qui s'y planque, comme par accident. Muscle cardiaque encagé et suppliant derrière ses barreaux ivoirins. Le bordel de l'existence en éternel recommencement. Et le cauchemar aux relents de merde, incrusté à l'encéphale. Il soupire.
Museau redressé et regard en fente, Shiloh s'arrête aussi subitement qu'il s'était élancé dans l'artère. La sensation tenace de nager dans sa solitude crasse, disparue depuis des éons lui paraît-il, tant la présence de l'Autre, sur laquelle les mots il ne peut les poser, s'affranchit des barrières et des murs érigés autour de son être à moitié crevé. La docilité, néanmoins, l'enjoint à la fermer et reprendre cette marche absurde vers un rien originel. La chute de l'esprit lové aux perceptions ; sa charogne s'émeut à travers l'espace, tranche la stratosphère hallucine-t-il. Son odeur et sa chaleur et sa presque-présence, son putain de double déformé qu'il donne à bouffer au néant ; qu'il suppose spectre vêtu de gris. Un gris de cendre, un gris de bois flambé et sec et poudreux après l'incendie de l'univers. L'apocalypse en délire et le sourire fauve scarifie sa face, soulève ses babines, creuse ses joues couvertes de poils ; car l'Autre est là, il le sait, le sent. Et l'Autre, ne lui échappera pas.
Le gibier en prédateur et le prédateur en prédateur qu'il sait ne pouvoir jamais tout à fait devenir gibier. Et du jeu qui s'amorce, il ignore si de perdant il y aura, quand de vainqueur il n'y aura définitivement pas.
Les habitudes sacrifiées sur l'autel de ses instincts ; ce soir, l'Autre sera écrasé sous ses poings, de cela, il est certain. Puisqu'il l'a silencieusement décidé. Puisque l'insupportable de la situation fait monter l'immémoriale colère nichant en son intime. Les doigts du pater pianotant sur les neurones et les démences qui malgré les angoisses et les hantises, malgré les souffrances éprouvées et les pertes endurées, ne saurait jamais vraiment libérer de sa sulfureuse emprise l'un de ses plus abominables rejetons.
Shiloh en esclave de ses pulsions.

C'est dans une miteuse supérette ouverte de jour comme de nuit, que l'hérésie échoue. Et il déambule et il tourne, de rayons en étales, l'attention se portant et déportant sans que l’intérêt – jamais – ne soit tout à fait attisé. Il n'y a qu'une préoccupation qui se coince à la première : Récupérer de quoi soigner les plaies qui suppurent sous les bandages qu'il doit changer, et la rencontre imminente de l'Autre et de Lui. Lui en entité à laquelle il ne se rattache que difficilement. Dont il s'écarte pour ne pas avoir à craindre les répercussions, les nouvelles blessures, les nouvelles entailles à la chair qui depuis des jours peine à se ressouder.
Les phalanges longent l'arête de l'étalage le plus proche. La paume de la main encore entière dévorant les centimètres et se souillant d'une fine pellicule de poussière. Il renifle, Shiloh, les prochaines secondes en prochain carnage. Et la tronche qu'il devrait avoir inerte, qu'il devrait avoir masque de plomb sans que les traits ne témoignent du plus petit émoi, s'anime irraisonnablement. Nulle excitation n'ébranle sa carcasse, c'est une tache sentimentale qui lui dégueulasse la conscience : l'anéantissement de quelque chose en euphorie renaissante. Au-dessous du bandage sale fourré dans la poche du jean, la pogne atrophiée se contracte. La paluche, égarée sur le métal froid, elle, continue son parcours sans que les épaules ne tressaillent. Et il avance et avance, ne ralentissant la cadence que pour happer une boîte de compresses, puis des rouleaux blancs. La dérive perdure et c'est au rayon des yaourts, ribambelles de formes et de goûts et de tailles et de couleurs, qu'il se stoppe et se penche. Au-dessus de mousse café, au-dessus de compotes et d'autres conneries dont il se fiche ; les orbes coulant à sa droite, c'est l'ombre qu'il entraperçoit au bout du rayonnage qui accroche sa pleine concentration, sa curiosité aux atours animale.
Un pas puis deux puis trois et l'hérésie se fond au décor, encore. Shiloh, il disparaît, purement et simplement. Pour repaître une dizaine d'expirations plus tard dans le dos de l'Ombre qui n'est plus ombre mais femelle chétive à l'aura qui, ondulant sous son nase, lui explose les rétines. La senestre capturant d'emblée la nuque fragile qu'il comprime avec la convoitise d'en briser les os, Shiloh cogne la brune contre un étalage de jambons de porc et de dinde et manque la faire chavirer au-dedans. La dextre aux phalanges amputées, à l'abri sous sa bande jaunâtre et humectée de rouge, agrippant par réflexe le bras maigrichon ; il fulmine, et feule, visage à proximité du sien, prunelles plantées aux siennes :
Qu'est-ce t'as à m'flairer l'cul toi.
Et sans lui laisser le temps d'une réplique, il la secoue, accentue son étreinte à faire mal, à faire gémir, à ravir ses tympans de la mélodie des suppliques ; sa race en poison. Shiloh baisse d'un ton, son accent charcutant les notes du langage. Il pense, par-delà l'agitation de la bousculade, de la musique débile crachée des enceintes, qu'il ne faut pas alarmer le commun. Ce commun qui se fout éperdument d'eux : la caissière assise et reluquant son magazine, depuis des heures, faisant éclater sa bulle de chewing-gum pourvue d'une régularité sans failles, à moins de dix mètres.  
C'quoi ton-ton putain d'problème...
Assène-t-il, bégaye-t-il, la paranoïa se frayant un passage entre synapses, quand lui s'acharne à mimer cette forme d'humanité truquée en grognant :
... putain d'pétasse.
Les questions larguées sans que les inflexions ne soient données, jamais. L'indifférence, son indifférence, même dans la rage.


_________________

    Il voyait le ciel nocturne se prolonger vers l’espace, et l’espace se prolonger jusqu’à l’infini, avec des myriades d’étoiles partout, disséminées dans le noir comme autant de diamants sur de la feutrine – et au sein de ce néant glacé, sans limites, il n’était qu’une mite. — Dennis Lehane
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