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 La gloire et la beauté || Amalia

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→ ORDRE CLANIQUE : Ghostbusters
→ NUISANCE DEPUIS : 28 ans
→ SOUS L'EMPRISE DE : Mama Coca
→ ERRANCE : Au club et partout où ça craint
→ TROMPE L'ENNUI : Strip-teaseuse
→ PROFIL PSYCHOLOGIQUE : Qui s'y frotte s'y frotte et s'y frotte (comme le hérisson dans la pub de l'éponge t'as vu)
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MessageSujet: La gloire et la beauté || Amalia   Mar 23 Jan - 20:01

La gloire et la beauté
La folie n'est plus folle, dès qu'elle est collective.

Certains jours, c’était plus facile de se prendre pour quelqu’un d’autre et de se croire ailleurs. Et d’autres jours, ça l’était moins, comme ce soir-là. Des fois, Cassie se voyait en top model déambulant sur un podium – alors que c’était juste une scène, et qu’elle ne portait pas de tenue haute couture. Sa performance dépendant forcément de son humeur et de son envie de s’abîmer dans ses rêveries ou au contraire, comme maintenant, de rester ancrée dans le présent, le concret, la réalité sale et puante telle qu’elle la connaissait. Heureusement que ça ne l’avait jamais dérangée. Heureusement que la saleté et la puanteur, et les pervers, les regards salaces, le mépris et le reste, avaient toujours fait partie de sa vie. C’était son monde et même si elle avait toujours rêvé de plus et de mieux, elle s’y sentait bien, elle s’y sentait reine. Reine des ordures, dans tous les sens du terme, présentement en train de s’enrouler autour d’une barre en métal tiède et collante de la sueur de toutes les autres filles passées avant elle ce soir. Il y avait les shows particuliers, et il y avait ces longues heures qu’il fallait remplir en occupant la scène à plusieurs et à gigoter pour quelques dollars froissés, ou errer dans la salle pour remplir les verres, se laisser tripoter un-peu-mais-pas-trop et délester de leurs derniers billets quelques pauvres types déjà pas bien riches. La salle était sombre, la musique trop forte, l’air conditionné cassé depuis des semaines. Au pied de son bout de podium attitré, quatre ou cinq mecs la regardaient, qui d’un œil terne et imbibé, qui d’un air beaucoup plus passionné. La plupart des clients avaient la même histoire, avec des variations possibles – célibataire/père de famille, ouvrier/chômeur, alcoolique/drogué, cinglé/pervers, et ainsi de suite. De façon générale, tous étaient de tristes personnes, quelques-uns étaient de gros connards, la plupart n’avaient aucun respect ni pour elle ni pour les femmes en général. Ses clients. Ses sujets. Elle les connaissait.

Il y avait des surprises, aussi. Comme cette femme qu’elle distinguait un peu plus loin. Elle l’avait tout de suite repérée à cause de son aura : les Vampires étaient rares dans le coin et les seuls qui venaient ici, à sa connaissance, étaient Yuri et parfois Alessandro quand il s’emmerdait vraiment beaucoup. Et puis, c’était une femme, et les femmes étaient rares dans les clubs de strip-tease en général, et dans celui-ci en particulier. Au gré d’une pirouette, Cassie ne cessait de poser son regard sur elle, qui semblait tout sauf dans son élément. Non pas qu’elle avait l’air mal à l’aise, loin de là. En fait, on aurait qu’une statue venait de pousser sur place tant elle resta immobile, ce genre d’immobilité surnaturelle et gênante pour tout le monde qu’adoptaient les Vampires sans s’en rendre compte – ou parce qu’ils n’en avaient rien à faire. Mais son apparence surtout, semblait indiquer qu’elle aurait pu fréquenter des établissements beaucoup plus hauts de gamme que celui-là. Et puis, alors qu’elle tournait sur elle-même une énième fois, Cassie vit que la Vampire avait disparu. En un clin d’œil, littéralement. Peut-être partie, peut-être dans les nombreuses ombres qu’offrait le club, elle n’en savait rien, et n’y pensa plus. Deux gamins d’une vingtaine d’années venaient de s’asseoir au bord de la scène, une pinte de mauvaise bière à la main, les yeux brillants, comme si c’était leur première fois. Agacée et attendrie à la fois, Cassie s’agenouilla à hauteur de leur visage, les laissa glisser deux billets dans sa jarretière. Elle n’aimait pas les enfants – ce qu’ils étaient à ses yeux. Surtout les enfants encore innocents. Ils ne connaissaient rien à rien, étaient encore plein d’illusions et refusaient d’ouvrir les yeux sur la sale réalité de la vie. Et c’étaient souvent de bien pire salopards que les clodos et autres ruines alcoolisées qui venaient s’écrouler régulièrement au comptoir du club.

Le temps se dilata et elle cessa de penser à quoi que ce soit jusqu’à ce qu’elle accroche le regard de Diaz, qui tenait le club ce soir-là. Elle en avait enfin fini pour ce tour. Ramassant les billets lancés sur la scène par les plus timides, elle salua sa maigre audience une dernière fois et descendit dans la salle. Non pas qu’elle avait fini son travail pour ce soir, mais le changement, c’était agréable. Elle alla jusqu’au comptoir pour tenter d’attirer l’attention de Neal, son barman préféré. Le jeune homme lui tendit un verre d’eau pétillante sans un mot et sans un regard, mais avec le sourire. Elle adorait Neal et sa façon de jouer avec les filles. Ce soir-là, il n’avait pas envie de la laisser l’envoûter. Elle but son verre d’une traite et passa rapidement dans la loge pour se rafraîchir un peu, changer de talons et alléger son maquillage avant de retourner dans la salle. Désormais, elle irait partout où on l’appellerait, qui pour être servi, qui pour régler la note, qui encore pour une danse privée. Tout l’art d’être serveuse dans un club de strip-tease consistait à se déplacer en évitant les mains baladeuses – une vraie forêt !

En passant devant une alcôve, elle distingua une silhouette familière, et toujours immobile. Comme si on avait rangé la statue ici pour ne pas qu’elle reste dans le chemin… Cassie s’approcha en voyant que la Vampire n’avait rien commandé.

— Est-ce que vous souhaitez boire quelque chose ?

Autant faire dans le sobre et n pas lui grimper dessus comme elle l’aurait fait avec un type, ne sachant pas ce que cette fille était venue chercher ici. Il y en avait toujours qui fréquentaient les lieux comme si c’était un bar normal, s’asseyaient, buvaient une bière et repartait en laissant un pourboire comme si de rien n’était et sans jamais vraiment prêter attention aux filles.

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that he ever cared about me.
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→ NUISANCE DEPUIS : Elle donne l'air d'avoir à peine 25 ans mais à déjà 119 ans au compteur.
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→ ERRANCE : Un cuillière de sang dans la bouche - Au QG de la Mani Rosse
→ TROMPE L'ENNUI : Sommelière vampirique - Elle déniche les meilleurs crus pour les vampires fortunés. Elle s'occupe en partie de la chaine de distribution de sang pour les Carleone ainsi que des relations clients
→ PROFIL PSYCHOLOGIQUE : Intelligente - Manipulatrice - Mélange parfait de douceur et de cruauté, de délicatesse et de bestialité - Rêveuse - Constamment insatisfaite - Parfois impassible - Parfois incohérente - Gracieuse - Joueuse, elle adore les énigmes et les charades - Colérique - Capricieuse - Fragile mentalement - Folle - Mélange du Chapelier Fou, de Lol. V Stein et d’Edward Nygma.
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MessageSujet: Re: La gloire et la beauté || Amalia   Dim 28 Jan - 14:38

La gloire et la beauté
"La fausse gloire est à bon marché, mais la véritable coûte cher."


Une cuillère à la bouche, la poupée griffonne rapidement quelques observations sur le raisiné qu’elle vient de goûter. En regardant les quelques informations attachées à la poche, elle sait qu’elle est en train de déguster un homme de 35 ans avec le groupe sanguin le plus répondu au monde : O positif. Pour le moment, c’est tout ce qu’elle a comme information sur le donneur. Elle a hâte que certaines idées se concrétisent afin de pouvoir mieux tracer les denrées alimentaires vampiriques. Beaucoup d’humaines se posent des questions sur les aliments qu’ils mettent dans leurs assiettes ces dernières années. Ils veulent savoir où sont produites leurs viandes, où sont pêchés leurs poissons, si des produits phytosanitaires ont été utilisés pour traiter leurs légumes et leurs fruits. Pourquoi les vampires auraient-ils moins le droit se poser ce type de questions sur ce qu’ils mangent ? Les filles et fils de Caïn n’en sont pas encore totalement à ce stade, mais Amalia le sait, ils y arriveront un jour. C’était sûr. Ils restent toujours des vieux vampires de craie enveloppée dans leur cape de mousseline ou de velours qui se complaisent à croire que leur mode de vie est aussi immuable que leur corps d’immortelle, mais la duchesse sait que d’autres Caïnites sont visionnaires, voire futuristes. Quand on la regarde, la poupée de porcelaine semble davantage faire partie du premier groupe. Elle aime s’entourer de vieux objets avec une histoire, un peu comme la chaise style Empire en palissandre verni au tampon, dont le tissu rouge sang brodé de couronne dorée contrastée avec sa robe de dentelle et de volants bleu lagon. Pour le reste, elle appartient au second groupe. Elle a des idées plein la tête et une envie irrépressible de faire prospérer son adorable petite famille de mafieux.

Malgré le manque d’information sur le « généreux » donneur de sang, la duchesse allemande peut compter sur son palais pour lui fournir d’autres informations. Alors qu’elle enfourne une nouvelle cuillerée dans sa bouche en fermant les yeux, elle voit se dessiner derrière le voile de ses paupières un humain à la beauté quelconque, mais en bonne santé, même pas une petite grippe hivernale passagère. Elle sent qu’il a un régime alimentaire plutôt équilibré. Elle a l’impression de pouvoir sentir de la soupe à la tomate dans sa bouche : l’acidité du fruit rouge ainsi que son petit goût sucré, le caramel des oignons confits dans du beurre, le goût caractéristique du céleri… En vrai, elle le sait, la majorité des vampires n’arrivent pas à sentir toutes ses choses et peut-être même qu’elle se les imagine ; un peu comme tous ces férus de vin qui reniflent leur verre en déclarant qu’ils y sentent intensément les fruits gorgés de soleil, un mélange de figue, de prune et de cassis violet, mais également du poivre afin d’épicé un peu le tout. Une fois en bouche on les entend encore dire que c’est un délice, que c’est salivant au possible, juteux et chaleureux, une vraie merveille pour le palais. Enfin, ils ferment les yeux pour savourer le moment où le liquide se met à couler dans leurs gorges. Encore un dernier commentaire : de la réglisse, du café, le mariage parfait entre le fruit et la puissance.

Elle rouvre les yeux et griffonne encore quelques mots avant de passer à la dégustation suivante.

Une heure après, toutes les poches de sang ou presque ont été goutées. Elle les répartit à vitesse vampirique dans des caisses en bois de chêne ; certaines vont à l’Essaim, les autres, les meilleurs sont vendus au plus offrant. Elle lorgne doucement vers les poches de sang des camés et des héroïnomanes. Elle ne touche jamais à celles-là, elle sait où ils vont, qui finit toujours par les acheter, qui finit par les boire. Sa journée de travail est terminée ou presque il ne manque qu’à les livrer. Le reste des employés mettent les caisses dans des camions, sauf une, et partent vers les lieux de livraison. Certains clients aiment avoir des contacts avec leurs fournisseurs, leur dire de vive voix ce qu’il aimait ou non. Elle s’occupe donc personnellement de ce genre d’affaires. C’est donc pour cette raison que la duchesse fait claquer ses talons aiguilles sur le pavé nauséabond d’une des rues de Bernard Terrace en plein milieu de la nuit. Elle n’y met pour ainsi dire jamais les pieds sauf quand il faut livrer ce client un peu spécial.

La rencontre est vite pliée. Le client lui passe simplement une autre commande et lui assure qu’il préfère quand c’est elle qui vient lui déposer la cargaison. La duchesse n’est pas dupe. Elle commence à comprendre que c’est moins les relations clients qu’il aime entretenir avec elle qu’une relation tout court. Allons bon, elle lui a souri puis s’est retirée prétextant qu’elle avait un autre client à voir ce soir. Alors qu’elle marche au bras de son marqué dans l’une des rues sombres du quartier, seulement éclairé par les néons fluo d’un club de strip-tease « bon marché », elle se fige. Le russe pose sur elle un regard inquiet. Lui aussi a senti qu’il y avait quelque chose d’étrange ici. Impossible de savoir si c’est dû à leur lien particulier ou si l’ancien agent du KGB commence également à avoir un sixième sens pour les choses surnaturelles.

La poupée se détache alors du bras de son marqué et se dirige vers le club de petite vertu en question. En passant la porte de l’établissement, elle est frappée par l’odeur de transpiration et d’alcool qui s’accumulent dans cet espace clos. Les miasmes qui flottent dans l’air, les hommes à moitié ou totalement éméchés et habillés avec des vêtements bon marché parfois tachés, la musique moderne jouée avec des instruments électroniques, tout lui indique qu’elle est vraiment dans un établissement d’un standing inférieur à celui de La Fleur blanche. Sans même s’en rendre compte, elle fronce le nez de dégoût, mais elle oublie rapidement la crasse réelle et imagée, car son attention se porte sur la magnifique créature rousse qui danse sur scène. Son corps s’enroule doucement autour de la barre de fer qui ondule grâce au balancier de son corps. Ce n’est pas tant le spectacle ni le corps presque nu de la jeune femme qui l’attire. Vampire presque asexuée, ce n’est pas la chaire ni le cruor de la rouquine qui l’hypnotise. Non. C’est cette aura étrange, car son vrai vice n’est pas en surface chez elle, il est enfoui à l’intérieur, compose chaque particule de sa moitié d’âme, chaque cellule de son sang démoniaque. Lucian et Pia lui ont parlé de ces créatures et l’avaient mis en garde. Les hérésies sont des poisons pour eux. Le sang le plus abject de la terre coule dans leurs veines, même le sang d’un toxico pourri de MST ne peut entrainer autant de dégâts que ceux de ces enfants de daïmons. Amalia n’était pas assez stupide pour tenter l’expérience. Elle se sait trop jeune. Quelques gouttes peuvent suffire à la rendre parfaitement malade voire là à tuer si elle ne se montre pas assez résistante.

Amalia l’observe pendant de longues secondes. Elle voit les yeux de la rouquine se poser une fois sur elle, une seconde fois ensuite. Elle l’a remarqué. La vampire rejoint alors son marqué resté non loin pour la surveiller. Après tout, il était également son garde du corps, une machine à tuer modelée par les services secrets russes au temps de la guerre froide. Elle se penche à son oreille et lui chuchote doucement quelque chose. Son regard est désapprobateur. La poupée fait la moue. Il lève les yeux aux ciels et abdique. Ils ont généralement besoin de peu de mots pour se comprendre. Le russe se dirige alors vers le bar, s’assoit et commande un verre de martini blanc. C’est généralement ce qui a de moins mauvais dans ce type d’endroit… Avant de s’éloigner de lui, elle dépose un baiser chaste sur sa joue bien rasée. Il tressaille de joie, mais aucune expression faciale ne trahit son contentement.

Assise sur le siège moite d’une des alcôves sombres du club, elle observe toujours l’hérésie. Elle finit sa danse puis disparait un moment. Durant ce temps la duchesse ne bouge pas d’un poil. Ses yeux cherchent partout, fouille dans les moindres recoins sombres du lieu. Elle sent toujours l’aura de la demi-Daïmon quelque part. Amalia sait donc qu’elle n’est pas partie. Elle sent le goût d’une gorgée de martini dans sa bouche grâce à sa marquée : sa façon à elle de boire de l’alcool, de sentir son véritable goût. La poupée s’anime un peu, sourit pour elle même puis se replonge dans son mutisme d’immortelle jusqu’à ce que l’objet de son désir revienne dans son champ de vision. Elle va au bar, bois, virevolte dans la salle entre ces hommes de petites vertus. Bientôt, l’hérésie est là face à elle. Si son coeur pouvait encore battre comme avant, il aurait fait plusieurs ratés. Quand la rouquine lui demande si elle veut boire quelque chose, un doux sourire d’enfant étire ses lèvres roses poudrées. « Pourquoi boire quand on ne connait pas l’ivresse ? Ne vous en faites pas, on s’occupe déjà de me procurer ce genre de service. » Comme pour lui donner raison, elle sentit de nouveau le goût du vermouth italien au note de vanille et d’épice dans bouche et le vapeur de l’alcool lui monter à la tête. « J’aimerais cependant que vous m’offrez une danse privée et si possible à l’abri des regards indiscrets. Combien pour une heure de votre temps ? »

Pourquoi passer par quatre chemin quand on peut aller droit au but ?



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Troublé de la voir assise si calme, de l’autre côté de la pièce illuminée, je posais le livre pour la regarder. Alors elle bougeait, comme une poupée s’éveillant à la vie, et disait de sa voix la plus douce que je devais lire encore un peu. - Anne Rice
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MessageSujet: Re: La gloire et la beauté || Amalia   Mer 31 Jan - 21:17

La gloire et la beauté
La folie n'est plus folle, dès qu'elle est collective.

Dans le bestiaire des créatures qui ne vous veulent que du mal, les vampires étaient probablement dans le top trois, les rois de la chaîne alimentaire. Encore que dans le classement personnel de Cassie, ils étaient coiffés au poteau par les sorciers. L'expérience faisait la différence. Si des vampires l'avaient déjà maltraitée dans sa vie, jamais ça n'avait atteint les sommets hauts perchés des sorciers noirs. D'autres auraient désapprouvé son point de vue, mais voilà : les vampires la fascinaient, les sorciers la dégoûtaient. Pourtant, les uns comme les autres s'en prenaient toujours indistinctement aux Hérésies, mais pour une Cassie dénuée d'instinct de préservation, l'immortalité des vampires pardonnait tout, alors que les sorciers n'avaient rien à lui offrir qui ne vaille pas autre chose qu'un coup de griffes dans le visage. Elle passait presque tout aux premiers et ne pardonnait rien aux seconds, et se défaisait avec facilité de tout sentiment de prudence ou même de concept de conséquences quand elle avait affaire aux immortels, alors qu'un sorcier, même de loin, au supermarché, en train d'acheter son PQ, lui filera la chair de poule. Pour l’heure, la façon dont l’inconnue la regardait était loin d’être innovante aux yeux de Cassie. La faim, c’était la faim, peu importait de quel genre de fringale on parlait. Et quoi de plus normal dans un club de strip-tease entre une cliente et une employée, entre une vampire et une hérésie. Encore que Cassie le savait, son sang n’intéressait pas les vampires, à part cet adorable masochiste d’Alessandro.

Elle ne fut pas surprise d’entendre l’inconnue décliner son offre. Il fallait bien qu’elle tente le coup, elle était là pour faire consommer les clients, peu importe quoi, boisson ou fille. Chacun venait ici pour l’un ou l’autre, souvent les deux, jamais aucun, ou bien ils se feraient sortir en quelques minutes. L’établissement se spécialisait dans le vidage de poches légal des pauvres et des salariés d’entreprise et bons pères de famille. Les videurs à l’entrée étaient là pour surveiller, empêcher les gens louches de venir, mais il n’y avait aucun filtrage de créatures surnaturelles, que ce soit parce que le club ne pouvait pas se permettre de faire la fine bouche ou se foutait tout simplement de qui venait. Aucun effort n’était fait en revanche pour adapter l’offre aux clients, disons, différents, et donc le bar ne contenait aucune boisson qui aurait convenu à cette femme. De toute façon, elle n’était pas venue pour boire. Cassie mourait d’envie de lui demander si elle parlait de la personne qui plusieurs fois, en dépit du bon sens compte tenu de sa nature, et l’avait toujours refusé de toute façon. Au lieu de quoi, l’inconnue demanda une danse privée et Cassie esquissa un sourire. Décidément, à tout point de vue, une rareté que cette cliente. Elle répondit dans un seul souffle, sans hésiter, alors même que le club n’avait pas de tarif fixe et autorisait les filles à fixer elles-mêmes les prix en fonction du feeling qu’elles avaient avec le client – et elles n’avaient pas leur pareil pour savoir si elles avaient affaire à quelqu’un ayant des moyens ou pas.

— Deux cent cinquante dollars, plus les consommations si vous changez d’avis.

Pour l’établissement, c’était carrément du vol. Tout ici était pourri, du sol au plafond, et les salles privées n’étaient pas mieux. Mais, au milieu de tout ça, il y avait Cassie, qui elle, les valait, du moins à ses yeux. Une gemme dans un étui de gadoue. Elle calculait déjà dans sa tête ce qu’elle garderait pour elle au prix d’un petit mensonge au manager. Toutes les filles le faisaient, de toute façon, et le patron les engueulait régulièrement à cause de cette démarque inconnue, mais il ne voudrait jamais se séparer de Cassie – du moins pour encore quelques années. L’hérésie n’était pas encore certaine de ce que voulait cette femme. Les gens la surprenaient, parfois. Dans la solitude d’une salle privée, à l’abri des regards, ils voulaient parfois seulement parler, pleurer sur ses genoux, jouer à un jeu de rôle bizarre ou simplement s’endormir, blotti contre elle. Cassie avait rarement refusé ces demandes bizarres. Tout lui convenait, tant qu’elle était payée, et ces gens-là en particuliers, ces abimés par la vie, ces laissés pour compte, elle les aimait d’une tendresse presque maternelle. En revanche, à l’inverse, elle avait eu des milliers de propositions de partie de jambes en l’air, de la part de ces hommes pour qui strip-teaseuse et prostituée était le même métier, et même, femme et prostituée. Plus d’une fois, un des videurs avait dû intervenir – les salles comportaient toutes une caméra de surveillance, pas question de laisser les filles enfermées toutes seules avec le client.

Sans savoir si la cliente voulait vraiment ce dont le club se vanter de pouvoir donner, elle décida de ne pas toucher l’inconnue, comme elle l’aurait fait tout de suite avec un client lambda à la langue pendante et aux yeux perdus dans son soutien-gorge. Au lieu de quoi, elle tendit la main, effleura une mèche de cheveux de la femme et replia le bras pour lui faire signe de la suivre, avant de tourner les talons pour se diriger avec langueur vers une des salles privatives. Elle ouvrit la porte, fit signe à l’inconnue d’entrer, captant au passage quelques regards envieux ou stupéfait. Une femme ! Eh oui, une femme, what’s new ? La pièce était petite, sombre, meublée d’un divan et d’une table basse, d’une enceinte dans un coin pour la musique, de quelques coussins. Il y faisait chaud, le divan affaissé sous les centaines de derrières qu’il avait connu, et tout l monde ici avait abandonné l’idée de chasser l’odeur poisseuse qui y régnait. L’hérésie se tourna vers la cliente, lui faisant signe de s’asseoir si elle le voulait.

— Je m’appelle Cassie. C’est mon vrai nom, pas un pseudonyme. Dites-moi ce que je peux faire pour vous.

Elle s’attendait à tout, et en même temps, elle savait que cette femme la surprendrait probablement. Cette vampire.

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MessageSujet: Re: La gloire et la beauté || Amalia   Dim 4 Fév - 21:09

La gloire et la beauté
"La fausse gloire est à bon marché, mais la véritable coûte cher."


La duchesse observe calmement les traits de l’hérésie. Elle l’aperçoit aussi nettement qu’en plein jour, même si cela fait bien des décennies qu’elle n’a vu l’astre solaire éclairer quoi que ce soit… La rouquine n’a pas l’air d’être surprise par la réponse de la vampire. Quelque chose lui dit que si elle est au courant qu’elle est une enfant de Daïmon, la strip-teaseuse sent qu’elle est une Caïnite. Que lui a raconté son Sire déjà concernant les relations entre ces deux races ? Elle se souvient qu’il avait pris un visage mi-fasciné, mi-contrit en lui expliquant ce qu’étaient ces créatures. Elle entend résonner ses mots dans sa tête : des êtres curieux, attirants, exotiques, pittoresques et magnétiques. Il ne faut pas s’en approcher avant de savoir contrôler sa soif, elles sont mortelles pour les nouveau-nés. Elle avait quelques siècles à peine et Lucian avait certainement peur qu’elle tente l’expérience, qu’elle se laisse aller à ses instincts d’enfant vampire et qu’elle trépasse à cause des nombreuses maladies dont étaient porteurs ces enfants démoniaques. Était-il plus effrayé pour elle ou pour Pia ? Comment la Marraine de la mafia aurait-elle vécu sa mort prématurée ? Afin de ne pas attrister ses Sires, elle est restée, mais elle a toujours rêvé d’avoir une hérésie rien qu’à elle. Tel un mouflet pourri et gâté par ses adorables parents mafieux, elle ne comprend pas l’incongruité de cette convoitise.

Amalia chasse ses souvenirs de son esprit et reprend son observation et ne cille pas lorsque la demoiselle lui demande deux cent cinquante dollars pour passer une heure avec elle. Elle ne met pas longtemps à répondre : « D’accord. » La Duchesse sait bien que rien dans ce taudis ne vaut pas ce prix, pas même l’hérésie. Elle n’est pas dupe. Ici, elle ressemble à une couronne sertie d’énormes pierres précieuses qu’on aurait abandonnées par mégarde dans une poubelle. Si elle avait des poches, on aurait déjà essayé de les lui faire.
En voyant la main de l’hérésie s’approcher de son visage, la poupée de porcelaine ne bouge pas, elle cesse même de respirer afin de ne pas sentir le sens particulier de son interlocutrice. Cette dernière lui fait un signe et elle sait qu’elle doit la suivre pour pouvoir avoir le moment d’intimité. Quand elle se lève, elle a la désagréable impression que sa robe est humide à cause des litres de sueurs qui ont dû être déversés sur les banquettes, et comme cette bauge est mal ventilée, ils de doivent presque jamais sécher. La duchesse sent les regards des autres clients faire des aller-retour entre la danseuse et ses courbes généreuses et sa propre silhouette gracile. Certains semblent surpris. Décidément, elle ne comprend plus jamais les mortels, et en particulier les hommes. Chez les vampires, il n’y a pas de différence entre les femelles et les mâles. Ils sont tous des Caïnites, des êtres démoniaques devant se nourrir de liquide écarlate pour survivre. Ils ont tous plus ou moins les mêmes capacités physiques, et seules leurs disciplines, octroyées par le sang de leur lignée, leur offrent des caractéristiques supplémentaires. Là encore, il n’y a pas de différence entre une vampire ou un vampire ayant la même discipline. Alors, quand elle voit le regard fébrile de ces hommes de peu de foi, elle ne sait si elle doit vomir ou immédiatement tous les massacrer pour espérer purger les humains de leurs gênes masochistes primitifs. Heureusement pour l’assistance, ses grands yeux bleus se posent sur le visage de son marqué : seul homme parmi tout ce tas de détritus qu’elle estime. Grâce à leur lien, elle arrive à lire dans ses pensées et ses paroles la calment. Il lève son verre vers elle et boit une gorgée de martini. Elle lui sourit une dernière fois avant de disparaitre dans le salon privé.

L’intérieur de cette nouvelle salle n’est pas différent du reste du club. Miteuse, le mobilier est rudimentaire : un canapé là, une table basse ici. La chaleur de la pièce faite accentue l’odeur amoniacale de transpiration et certainement aussi de foutre… L’hérésie lui fait signe de s’installer. La poupée hésite un moment. Par là, les effluves amers de vieilles bières sont plus présents. Quelqu’un a dû en renverser une il y a peu de temps. Amalia s’assoit cependant. Heureusement que son corps d’immortelle peut subir les pires tortures, car elle arrive à sentir les ressorts des coussins du divan. En entendant son prénom, la vampire sourit dévoilant des petites dents parfaitement humaines et blanches… « Amalia de Wurtemberg. » Se présent-elle à son tour. « Vous êtes là pour exaucer les fantasmes de vos clients, n'est ce pas ? Alors, exaucer le mien. Comment procédez-vous d’habitude ? Doit-on vous dire exactement ce qu’on veut ou savez-vous faire preuve d’imagination ? Savez-vous lire dans les envies de quelqu’un ? » L’entretien d’embauche commence, sans même que la jeune femme ne s’en rendent compte. D’ailleurs, l’hérésie est-elle au moins d’accord pour qu’on la débauche ? En réalité, Amalia fait fi des convenances sociales, voire professionnelles. Quand elle a une idée en tête, il est difficile de la faire changer d’avis. Or, elle a décidé qu’il lui fallait une hérésie pour La Fleur blanche, mais aussi pour elle, comme compagnie. Celle-là a l’air farouche, peut-être un peu trop à son goût, mais même les ladys les plus raffinées aiment parfois s’aventurer dans le désordre des jardins sauvages à l’anglaise.



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MessageSujet: Re: La gloire et la beauté || Amalia   Mar 13 Fév - 21:17

La gloire et la beauté
La folie n'est plus folle, dès qu'elle est collective.

Assurément, cette soirée ne serait pas banale. Le simple fait qu’une femme soit entrée dans le club constituait une petite originalité dans le long fleuve tranquille de sa vie professionnelle – autant dire sa vie tout court car elle passait la majorité de son temps au club, Cassie. Forcément, le fait que cette femme soit une vampire ajoutait au mystère. L’hérésie se demandait, et c’était bien normal vu son carnet d’adresses réduit en matière d’immortels, si cette femme connaissait Yuri, ou si Yuri connaissait cette femme, puisqu’il était l’autre vampire à venir dans ce bouge, sans que Cassie ne sache pourquoi. Alessandro ne venait jamais, et pourtant lui n’aurait probablement pas dépareillé ici. Mais Yuri et cette femme dégageaient la même hauteur hiératique, le même affect de ceux qui ne voulaient pas ou oubliaient tout simplement de faire l’effort de passer pour ce qu’ils n’étaient pas. Et en plus de tout ça, il semblait que cette femme était spéciale entre toutes. Cassie ne savait pas ce qu’elle voulait et elle n’essayait pas de le deviner. Il était de toute façon inutile d’essayer d’anticiper les désirs d’une vampire, ou d’essayer de lire ses envies sur son visage de marbre. Cassie s’attendait à moitié à ce que sa cliente lui dise tout de go ce qu’elle voulait, avec cet aplomb presque naïf des gens qui avaient oublié depuis longtemps ce que c’était de se comporter en société avec des gens qui s’attendaient plus ou moins à un type de comportement normé. Cassie n’était pas de ceux-là mais cette femme n’était pas forcée de le savoir.

Elle la regarda s’asseoir avec un soupçon d’amusement. Non, définitivement, cette femme n’avait pas sa place ici, et elle était bel et bien venu ici pour une raison précise. Pour Cassie ça pouvait être une bonne ou une mauvaise nouvelle, et dans tous les cas, l’assurance d’une soirée atypique. Impossible d’anticiper quoi que ce soit, surtout en voyant la femme sourire avec la soudaineté gênante de ceux qui ne sourient jamais. Beaucoup de gens auraient trouvé ça flippant. Cassie était déjà en train de tourner et retourner le nom bizarre de la vampire dans sa tête. Amalia. De quoi ? Est-ce qu’elle était une princesse européenne ou un truc comme ça ? Pendant quelques secondes, le cerveau quelque peu mouvant de l’hérésie l’emmena dans un fantasme de cour italienne à la renaissance, pleine de couleurs, de complots et d’enfants illégitimes conçus dans ombres des palais de grandes familles ennemies. Le bon temps, quoi. Que, peut-être, Amalia avait connu. Cassie savait qu’elle était une vampire, mais pas quel âge elle avait. En revanche, elle discernait aisément la dualité de cette âme damnée : innocence et vice, douceur et cruauté, une vie qui avait connu et fait couler le sang… L’hérésie cessa de sonder sa cliente pour revenir à des considérations plus terre à terre, car enfin, Amalia s’exprimait. Cassie interrompit la salve de questions par un petit rire fluté et s’agenouilla aux pieds de la vampire assise toute droite sur le divan. Elle leva ses yeux clairs vers elle.

— Je peux lire les envies à condition que vous m’aidiez. Vous n’êtes pas des plus faciles à interpréter, et j’ai dans l’idée que vous n’êtes pas là pour un simple truc pervers.

Et si elle pouvait anticiper éventuellement les désirs des gens, elle ne pouvait certes pas deviner ce qu’ils ne voulaient pas avant qu’ils ne l’aient montré ou exprimé. Elle avait déjà eu des clients qui ne supportaient pas d’être touchés, par exemple.

— Honnêtement, il est très rare que je me retrouve ici avec un vampire.

Elle se redressa lentement, se penchant au-dessus des jambes d’Amalia, approchant son visage du sien. Dans la semi-pénombre de la pièce, un humain n’aurait pas remarqué sa peau si pâle qu’elle laissait paraître les légère veinules de son visage, ses yeux qui abritaient des abysses insondables et ses petites dents pointues.

— Même les vampires ont des désirs inavouables, non ? J’ai cru comprendre que vos règles n’étaient pas drôles… De quoi est-ce que vous avez envie, Amalia ?

Inavouables au sens littéral du terme. Cassie savait bien que les vampires n'étaient pas censés fricoter avec les hérésies. Sa voix n’était plus qu’un murmure. Ses pensées déjà tournées vers ses deux cent cinquante dollars, il fallait bien le dire. Et quant à ce qu’elle savait des lois vampiriques et de leur manque de fun de façon générale, il lui suffisait de se laisser aller aux clichés du genre. Encore que le peu que lui en disaient Yuri et Alessandro suffisait à renforcer son opinion, même si tous deux, pour le coup, étaient des contre-exemples vivants. Et voilà qu’à présent un troisième vampire venait s’ajouter à la fête. Comment serait-elle, celle-ci ?

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MessageSujet: Re: La gloire et la beauté || Amalia   Mer 21 Fév - 16:57

La gloire et la beauté
"La fausse gloire est à bon marché, mais la véritable coûte cher."


Elle écoute attentivement la réponse de l’hérésie en hochant la tête comme l’aurait fait une poupée mécanique. La jeune femme voit juste. Amalia n’est pas dans un tel taudis pour un simple truc, comme elle dit. Ce qu’elle désire c’est elle, en entier ; de la racine de ses cheveux roux, jusqu’aux ongles de ses orteils. Elle la veut en tant que danseuse pour la Fleur blanche afin de pouvoir montrer à Lucian qu’elle peut être douée dans les affaires. Elle souhaite faire ses preuves. La poupée ne sait si elle va atteindre son but, mais elle se doit quand même d’essayer. De toute façon, son Sire ne pourra en être instruit sauf si elle lui en parle. Il remarquera certainement quelque chose, après tout, leur lien est encore puissant puisqu’elle n’a qu’une centaine d’années. Certains humains vivent presque jusqu’à son âge actuel… Elle ne lui mentira pas non plus. Elle serait incapable de le faire. Par contre, en bonne petite enfant de mafieux, elle peut éluder la question, raconter la vérité sans entrer dans les détails ; en bonne petite princesse ayant fréquenté les fourberies des cours allemandes, elle sait faire de la langue de bois. Si Amalia la veut, c’est aussi pour assouvir un caprice d’enfant : une distraction de plus, un jouet de plus. Encore un, pour tromper l’ennui et rendre plus trépidante l’éternité. « Je comprends pourquoi peu de vampires viennent ici. Les odeurs sont… particulières.» répond-elle alors d’une voix monocorde. 

Un simple constat. Une simple pensée qu’elle a. Elle se dit que même les suceurs de sang les moins délicats peuvent être gênés pour le gloubi-boulga de senteurs de ce lieu. Elle ne sait comment les lycans perçoivent les effluves des vampires, mais elle a entendu dire qu’ils ne l’aiment pas, que cela a tendance à les dégoûter. L’odorat et les sens de manière générale des Caïnites étant également surdéveloppés, il faudrait cesser des respirer pour ne pas être assailli de toute part par ce bouillon de culture aussi bien masculin que féminin. D’ailleurs, Amalia a cessé de respirer depuis un moment. En tant que sommelière vampirique, elle pense avoir un odorat encore plus développer que ceux de ses congénères. Elle ne sait pas vraiment, si c’est une véracité, où si c’est une vue de son esprit empreint d’une folie infantile, celle qui fait que les enfants se croient parfois les plus beaux, les plus forts, les plus aimés des parents : de vrais héros. 

Lorsque la rouquine se penche vers elle, la duchesse ne bouge pas d’un cheveu. Elle observe sa peau de lait striée par des veines bleutées. Elle entend le sang s’écouler dans ces veinules démoniaques. Elle se risque à respirer un moment, outre les effluves nauséabonds, elle arrive à sentir l’odeur délicatement sucrer du cruor de l’hérésie. Une vile tromperie qui tire un sourire énigmatique à la poupée de porcelaine. Qui de ces deux femmes sataniques avaient la peau la plus surnaturelle ? À part l’extrême blancheur des morts, les vampires étaient séduisants, ce qui n’était pas forcément toujours le cas des enfants de daïmon. Pourtant, celle-là, malgré ses petites dents pointues, n’est pas désagréable à regarder. Ses yeux auraient pu inspirer Baudelaire ; magnifique, clair-obscur, non pas physique, mais philosophique. Ces iris hyalins tranchent avec la noirceur de son être, jurent avec sa demi-âme. 


Les billes de verres de la poupée observent chaque courbe du minois de la rouquine tout en écoutant sa question. Comme une enfant devant un pot de miel interdit, elle aventure sa main droite vers le visage de Cassie. Elle ne sait pas si dans cet endroit, on a le droit de toucher les danseuses. Elle se dit que si la jeune femme n’en a pas envie, elle finira bien par s’éloigner. Elle pose alors ses longs bien adultes, malgré son comportement parfois enfantin, sur la joue de l’hérésie. À travers sa peau glacée, elle absorbe la chaleur de son interlocutrice. La duchesse dessine avec son index la pompette de demoiselle, parcours l’arête de son nez et descend jusqu’à ses lèvres. Elle les trace, gommant son doigt blanc avec le rouge de ses lèvres, fascinée par cette créature à la fois si proche et si différente d’elle ; démon sillonnant la terre en semant le chaos et la désolation, immondice que la nature n’aurait jamais du créer… Et pourtant, la rouquine se tient devant elle, plus vivante que jamais, aussi désirable qu’un humain lambda pour un Caïnite. Elle-même est assise sur ce canapé malodorant et inconfortable, faisant semblant de respirer alors qu’elle n’en a pas besoin pour pouvoir sentir la jeune femme. « Vous connaissez nos règles ? Vous êtes décidément plus que surprenante », répond la poupée dans un souffle. « On nous conseille… Non. On nous ordonne de rester loin de vous, et je comprends mieux pourquoi… » 

Elle cesse soudainement de toucher Cassie et ramène d’un geste las sa main sur ses genoux. « Vous aimez danser ? Vous agiter de manière lubrique sous le regard de ses hommes insignifiants qui n’ont ni intelligence, ni beauté, ni pouvoir ? Ou vous rêvez parfois d’une vie meilleure ? » Elle plonge sans aucune gêne ses grands yeux ronds dans ceux de la rouquine. « Puisque je suis si indescriptible, je vais donc vous dire ce que je veux. J’ai envie que vous dansiez. Faites-moi votre plus beau numéro. », Intime-t-elle d’une voix soudainement trop blanche. « Dansez, comme si c’était la dernière chose que vous alliez le faire dans votre vie, comme si demain n’existait pas. Dansez, lentement, plus vite, lascivement, langoureusement afin que je vous désire. Dansez, jusqu’à ce que j’oublie la bienséance et que je ressente l’envie bestiale de vous sauter dessus et d’écraser ma bouche sur la vôtre ; jusqu’à ce que je sois tenté de mordre la jugulaire grasse que je vois battre à votre coup, et que je sais pleine d’immondices. » Elle marque une courte pause, observant l’objet de ses dernières paroles s’agiter sous son regard. Amalia ne mord presque jamais, mais ça la jeune femme ne le sait pas. D’ailleurs, même prise de Frénésie, il ne lui viendrait jamais à l’idée de planter ses canines dans sa chair blanche. Elle préférerait encore se délecter de toutes les crapules dans la pièce d’à côté. « Tentez d’hypnotiser un vampire. » Conclut-elle enfin. « Si vous me plaisez, je vous donnerai bien plus que deux cent cinquante malheureux dollars. »

Elle désigne la table basse du menton, signe que la discussion est terminée pour le moment et que Cassie pouvait commencer son numéro. Ce qu’elle lui offrait c’était de gagner ces deux cents malheureux billets verts, à coup sûr, presque tous les soirs. Sytry était une des stars de la Fleur blanche. Cette vampire bestiale plaît peu à Amalia. Elle est trop bestiale. Il lui arrive même d’en avoir peur, se demandant pourquoi Lucian l’avait lié à lui. Bien sûr, elle comprenait l’utilité de cette vénéneuse plante pour les affaires ; elle était le dragon démoniaque qu’on envoyait aux ennemis. La poupée sait que la Caïnite possède une clientèle très particulière, mais Cassie pouvait peut-être devenir le vrai joyau, presque raffiné, de leur petit établissement. Sytry, la Fleur toxique. Cassie, la véritable Fleur Blanche ? Cela ne voulait pas dire qu’elle serait destinée à n’être qu’un lys insipide. D’ailleurs, en y réfléchissant bien, Amalia se rend compte qu’elle n’a jamais aimé les lys. Trop odorantes. Trop salissantes. Elle aime les roses. Une fleur classique, mais qui n’a jamais perdu en succès. Une fleur magnifique, qui d’une simple écorchure, pouvait, il y a fort longtemps, vous inoculer les pires maladies. Un peu comme cette ravissante hérésie.  


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MessageSujet: Re: La gloire et la beauté || Amalia   Lun 5 Mar - 19:41

La gloire et la beauté
La folie n'est plus folle, dès qu'elle est collective.

Les odeurs… Cassie ne pouvait qu’imaginer le calvaire d’une créature aux sens surdéveloppés en entrant ici. Ça valait probablement pour pas mal de CESS. Elle-même n’y faisait plus attention depuis très longtemps, à ce remugle de bière, de transpiration, de saleté, de cigarette et d’autres choses moins avouables. Elle n’y avait même probablement jamais prêté attention. Elle avait vécu dans la rue, avait fouillé les poubelles, s’était blottie contre d’autres sans-abri à l’odeur de pisse les nuits d’hiver pour se tenir chaud, et ces derniers temps, elle se collait régulièrement à Shiloh, qui était le type le plus « odorant » qu’elle avait rencontré depuis longtemps, à tous les niveaux. Mais même les simples humains fronçaient le nez en entrant dans ce club. Les autres vampires qui étaient venus la voir n’avaient jamais fait la moindre remarque, ni même la moindre grimace, un peu à l’instar de celle qui se tenait devant elle présentement. Mais Cassie savait très bien où elle travaillait, et l’assumait totalement. Elle se demanda vaguement si elle-même avait une odeur, ou si la vampire pouvait sentir l’odeur des autres sur elle. L’odeur d’un vampire, notamment. Ce serait peut-être un peu embêtant. Mais ce n’était pas comme si elle pouvait y faire quoi que ce soit.

Amalia approchait lentement ses mains du visage de l’hérésie et celle-ci la laissa faire. La cliente était reine, et en termes de contacts physiques, elle avait connu bien pire. Elle se retint de sourire pendant l’exploration somme toute intime à laquelle elle était soumise. Aucune expression ne traversait les traits d’Amalia, quand ceux de Cassie étaient comme un film. Elle ne cachait rien, disait toujours ce qu’elle pensait, extériorisait la moindre de ses petites fausses émotions, toujours dans l’extrême. Elle était comme une coquille vide d’émotions mais avait soif de ressentir quelque chose et avait pris l’habitude depuis longtemps d’en faire trop, de faire semblant, jusqu’à s’en convaincre elle-même. Et parfois ça fonctionnait. Surtout si en face, la personne réagissait à ses pitreries. A priori, ce n’était pas gagné avec Amalia, mais Cassie était bien trop fascinée pour en être gênée. Elle se contenta de hocher légèrement le visage quand la vampire lui fit remarquer qu’elle connaissait les règles. Eh bien, pas vraiment, en vérité. Quelques miettes qu’elle glanait auprès de Yuri quand il avait envie de lui en parler. Quelques vérités ou mensonges hurlés par Alessandro quand il partait dans ses envolées, qu’elle oubliait dans la seconde, n’en gardant que des dénominations et les impressions qui allaient avec, totalement acquise à la cause alessandresque, évidemment. En revanche, elle savait bien que son sang était infect pour les vampires et que, peut-être était-ce lié, les vampires méprisaient les hérésies au point d’en faire des interdits sociaux. De sorte qu’Amalia, présentement, brisait elle ne savait quel tabou, à son tour.

Et puis, le charme fut rompu quand enfin Amalia exprima ce qu’elle désirait. Et, aussi étonnant que cela soit, c’était la voir danser. Cela paraissait trop étrange à Cassie pour qu’elle prenne cela comme la véritable raison de la présence de la vampire ici. Elle aurait pu aller n’importe où ailleurs pour voir une fille se trémousser, et elle avait choisi le pire endroit. Mais Cassie, qui vivait dans l’instant, s’en fichait. Le avant et le après ne comptait pas, Amalia voulait la voir danser, elle danserait. Elle esquissa un petit sourire pointu.

— Je danse pour tout le monde. C’est ainsi que j’aime ma vie. Si je jugeais mes clients, peut-être que je ne danserais pas aujourd’hui.

Cassie les aimait trop, ses paumés, pour ne pas prendre leur défense. Elle se releva agilement et alla en trois pas bondissant lancer la musique générique et sans âme prévue pour être jouée dans chaque salle privée. Elle avait dans l’idée que cela importerait peu à Amalia. D’ailleurs, un tas d’autres choses importaient peu, Cassie le sentait, et pour commencer, l’apparat. Lunatique, la vampire s’était posée à l’inverse de ses clients « lubriques », mais sa demande, finalement, n’était pas différente des autres. Et pourtant, la finalité ne pouvait pas être que cela. De sorte que sans hésiter, l’hérésie ôta ses talons-aiguilles et c’est pieds-nus, vêtue d’un ensemble de lingerie noir et simple et d’une petite veste noire transparente, qu’elle se mit à danser. Amalia lui avait demandé de danser comme si c’était la dernière fois, et de danser jusqu’à échauffer ses sens à elle, une vampire. Cassie savait bien que cette demande avait tout d’irréalisable et pourtant cela l’amusait. Mais entre ses deux exigences elle devait choisir. Danser pour exciter la cliente, c’était utiliser tous les artifices habituels de la strip-teaseuse, chaque partie du corps censée donner la trique aux hommes et le reste aux femmes. C’était occuper l’espace, puis le réduire petit à petit à Amalia elle-même, jusqu’à l’effleurer, de sa peau, de ses cheveux, du bout des doigts, jusqu’à lui offrir ce qu’elle voulait prendre, et c’est qu’elle fit, au début.

Mais que danser comme si c’était la dernière fois de sa vie, c’était danser pour elle et elle seule. C’était s’abandonner non pas à la musique mais au rythme invisible dans sa tête, se transporter ailleurs, dans ses fantaisies de petite princesse frustrée, en des temps révolus où l’on dansait pour les dieux, sous les yeux d’une cour bariolée, de gens masqués aux sourires immenses, dans d’immenses salles aux arcades de pierre donnant sur un désert infini où se perdait chaque petite brise que ses mouvements généraient. Un autre temps, un temps qui n’avait jamais existé ailleurs que dans son imagination mais auquel elle pouvait s’abandonner sans peine, corps et esprit, à en effacer la pièce, la vampire et l’odeur, à en effacer sa propre vie et sa propre personne, à ne plus ressentir son propre corps mais seulement le mouvement, les arrondis, les arabesques et les bonds. Dans cet état, elle aurait pu danser des heures, jusqu’à en tomber d’épuisement. Puis la musique cessa, et Cassie rouvrit les yeux, instantanément ramenée à la réalité. Elle s’était éloignée d’Amalia pendant sa transe ; n’avait plus dansé que pour elle et non pas pour la cliente. C’était bien peu professionnel. Une fine pellicule de sueur couvrait sa peau et son souffle était court. Elle posa les deux mains sur son cou.

— Ne me mordez pas. Vous feriez rappliquer la sécurité.

Si ça, ça ne brisait pas le charme. Mais ça venait de traverser l’esprit de Cassie, et il fallait donc que ça sorte.

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Dernière édition par Cassie Clarke le Lun 16 Avr - 21:42, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: La gloire et la beauté || Amalia   Mer 4 Avr - 19:03

La gloire et la beauté
"La fausse gloire est à bon marché, mais la véritable coûte cher."


Danser pour tout le monde ? C’est une bonne chose, se dit la poupée. Ne pas juger ses clients ? Elle a du mal à le croire. Tout le monde juge toutes les choses qui l’entourent : les gens, les objets, les bâtiments, les odeurs, comme elle à l’instant. Qui ne s’est jamais baladé en une ville en se disant que telle église est belle, que tel immeuble est laid ? Ce n’est pas le propre de l’être humain, puisqu’elle-même, jeune vampire, se laisse aller à ce genre d’exercice. C’est certainement le propre des créatures possédant une conscience, une créature qui arrive à se détacher de ses plus bas instincts liés à la nourriture, la boisson et le sexe. Amalia se demande alors si le fait de ne juger personne est lié à la condition d’hérésie de la strip-teaseuse. Est-ce une des conséquences de n’avoir qu’un morceau d’âme ? De toute évidence, la poupée n’aura pas sa réponse maintenant. Et puis, elle est plus intéressée par le talent de danseuse de Cassie pour l’interrompre avant son spectacle.

Voilà qu’elle se lance, s’éloignant pour allumer la musique. Son corps se met à onduler. La poupée s’attend à voir plus ou moins le même spectacle que tout à l’heure, mais rapidement elle comprend que c’est autre chose. Ses mouvements sont moins calés sur les rythmes de la chanson qui résonne dans la pièce que sur un air dans sa tête. Amalia suit tous ses mouvements, jouant dans sa propre petite caboche une mélodie envoutante et sensuelle. L’hérésie donne maintenant l’impression qu’elle est seule au monde, voire qu’elle n’habite plus cette planète. Elle a l’air d’avoir été téléportée dans un autre monde, le sien, loin de cet endroit mal fagoté. Elle s’éloigne de sa cliente, comme emportée par un courant invisible, imperceptible par son auditoire. La poupée voit se former rapidement de la sueur sur sa peau blanche ; témoins silencieux de l’effort qu’elle produit. Amalia se concentre alors sur le souffle de la jeune femme. Il est irrégulier, saccadé, parfois court, parfois plus bruyant. Sa danse est celle de la vie, celle d’une créature existe alors que tout le monde voudrait la voir mourir.

La duchesse, ne sait pas trop combien de temps s’est écoulé, combien de temps Cassie c’est donné ainsi en spectacle. Elle se fige timidement, prenant son cou dans ses mains. Sa réplique tire alors un sourire à la Caïnite. « En faite, je suis une vampire un peu étrange. Je ne mords presque jamais. Et puis, je loin de craindre la sécurité, j’ai surtout peur de connaitre la vraie mort. » Amalia n’aimait pas parler de cette caractéristique un peu spéciale. Elle renchérit : « Mais vous avez presque réussi à me donner envie. Vous êtes douées. » Rapidement, la vampire reprit la notion du temps : il lui restait encore pas mal de temps à passer avec la jeune femme. Elle tapota alors doucement sur le siège à côté d’elle, invitant ainsi l’hérésie à venir s’assoir près d’elle. « L’heure n’est pas terminée, venait donc vous assoir pour me parler un peu de vous. Je suis curieuse de connaitre votre parcours. Bien sûr, je ne vous oblige à rien. J’imagine cependant que vous le saviez déjà, je ne suis ici que pour la danse. Alors je vous propose un deal. Quand je vous pose une question, vous y répondez le plus sincèrement possible. Vous aurez alors droit de me poser en retour une question sur ce qui m’amène réellement ici où même sur ma personne si cela vous intéresse, quoique ma personne est certainement moins intéressante que les raisons qui m’amènent. »



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Troublé de la voir assise si calme, de l’autre côté de la pièce illuminée, je posais le livre pour la regarder. Alors elle bougeait, comme une poupée s’éveillant à la vie, et disait de sa voix la plus douce que je devais lire encore un peu. - Anne Rice
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MessageSujet: Re: La gloire et la beauté || Amalia   Lun 16 Avr - 22:15

La gloire et la beauté
La folie n'est plus folle, dès qu'elle est collective.

À bien y réfléchir, cela avait quelque chose de triste, l’idée qu’elle aurait pu danser pour la dernière fois. Cassie était pratiquement certaine de ne pas pouvoir survivre si on l’empêchait de danser, même si au quotidien, cela voulait dire remuer du popotin devant des anonymes. Dans sa courte existence jalonnée d’échecs et de situations pathétiques, elle avait trouvé cela. Même si elle avait été enfantée par un démon, avait déchiré le corps de sa mère en naissant, avait grandi avec un père alcoolique et avait fini dans la rue à fouiller les poubelles, elle s’était découvert cela. Une passion, et quelque chose à quoi elle était douée. Qui l’habitait littéralement, plus que sa propre âme, toujours incomplète. Ne plus pouvoir danser, c’était inimaginable pour Cassie, et probablement qu’elle dansait en fait toujours comme si c’était la dernière fois. Elle savait aussi que jamais elle ne comprendrait la demande d’Amalia, ce qui l’avait motivée. Et de façon plus générale, elle ne pouvait comprendre ce que la vampire avait dans la tête. Qu’elle soit étrange, Cassie voulait bien le croire ! Et quand Amalia lui dit qu’elle ne mordait jamais personne ou presque, l’Hérésie brûla de lui demandait pourquoi, et comment elle faisait pour se nourrir. Peut-être des poches de sang, comme à la télé ! De tous les vampires que Cassie avait rencontrés, aucun ne s’était montré timide pour planter ses crocs dans de la chair et du sang humains. Cependant, le spectacle semblait avoir été au goût de la cliente. Qu’elle envisage sans problème passer outre la sécurité du club aurait pu être un peu inquiétant, surtout qu’en vérité, même si certains employés n’étaient pas humains, l’endroit n’était pas du tout adapté aux CESS et surtout pas aux vampires. Parce qu’aucun vampire n’y venait habituellement, c’était bien trop bas de gamme. Ici, le client de base, c’était l’humain lambda, classe très moyenne.

Le compliment était de taille : avait-elle réussi à toucher la vampire, à atteindre ce qui restait peut-être de ses émotions, vestiges en ruines de l’humaine qu’elle avait été un jour ? Mais cela comptait peu à côté de la remarque sur la mort d’Amalia, qui traversa Cassie comme un courant électrique. Elle fixa sa cliente d’un regard presque fiévreux. Elle avait du mal à croire qu’une vampire puisse avoir peur de la mort, eux qui étaient la définition même de l’immortalité. Cassie, terrifiée par sa propre fin et par l’enfer qui l’attendait, damnée dès la naissance qu’elle était, avait toujours été fascinée par les vampires pour cette seule capacité qu’ils avaient à ne pas mourir. Et tout en craignant d’être un jour immortelle, elle leur enviait également cet état de fait.

— Moi aussi, ça me fait peur, souffla-t-elle.

Un détail. Mais la plupart des gens se fichaient de la mort, jusqu’aux dernières années, quand elle devenait une réalité. On se moquait d’elle quand elle parlait de cette phobie. Si ce n’est les autres Hérésies. Il n’y avait qu’eux qui pouvaient comprendre, eux dont l’âme était une porte sur la mort et sur l’abîme. Elle se raccrocha aux paroles de la vampire, comme pour s’arracher à ces pensées susceptibles de la faire mourir là, sur place – pensée infantile, tel une enfant qui croit qu’en ne parlant pas de quelque chose, le quelque chose allait disparaître. Surtout que ce que lui proposait Amalia était alléchant. En fait, c’était exactement le genre de chose que Cassie adorait. Elle avait là une occasion en or de satisfaire sa curiosité, et de façon ludique qui plus est. Et avait-elle déjà évoqué le fait que terminer une heure en salle privée sans subir la lubricité du client ne lui arrivait que rarement ? Elle rejoignit donc le canapé d’un pas bondissant, s’emparant de la bouteille de champagne au passage et buvant au goulot, sachant que la vampire n’y toucherait pas. Elle se rinçait aux frais de la cliente, pour le coup, et la première chose qu’elle aurait dû avouer à Amalia, si elle ne s’en était pas encore rendu compte, c’était qu’elle ne se laissait pas étouffer par la morale. Ce monde était trop difficile à vivre pour être sympa.

— J’accepte le deal. Pour moi, vous êtes bien plus passionnante que n’importe qui dans ce club. Allez-y, demandez-moi ce que vous voulez !

Elle ne promit pas de dire la vérité. Elle le faisait, souvent, mais savait aussi mentir quand il le fallait. Mais quand elle mentait, c’était avec des intentions, pour faire mal ou se moquer. Mentir à propos d’elle-même, elle n’en voyait pas l’intérêt.

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