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 Nur für eine Nacht in Berlin [Mickael & Maximilian]

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MessageSujet: Nur für eine Nacht in Berlin [Mickael & Maximilian]   Mar 10 Juil 2018 - 2:31

Nur für eine Nacht in Berlin
Mickael & Maximilian


La saveur du lâcher prise n’avait nul pareil. Elle détenait le secret de la naissance de cette électricité dans les veines et prolongeait son goût sur les lèvres jusqu’au bout de la nuit. Les fêtards connaissaient bien cette sensation de flottement qui accompagnait les plus belles virées nocturnes, celles dont le son se répercutait sur les parois noires des boîtes de nuit et vous faisait tourner la tête au-delà de toute espérance. A Berlin, la vie des noctambules était en effervescence. Les clubs battaient leur plein. La musique s’échappait sous leurs portes closes qui affichaient leur succès à grand renfort de limitation aux entrées et de gorilles prêts à vous expédier sur le trottoir à la moindre incartade. Toute la débauche du monde était permise, tant qu’elle restait légale et si cela m’aurait gêné à une époque, je n’en avais absolument rien à cirer aujourd’hui.

Au sein de la salle où régnait en maître un des DJ les plus en vogue, les lumières stroboscopiques rebondissaient sur ma peau tandis que je me déhanchai à m’en cramer la carcasse. Après des mois et des années même à subir les coups et les blessures, pouvoir ressentir une telle euphorie était plus que grisant. C’était transcendant. Peut-être était-ce déjà l’effet de l’alcool… Mais je m’en foutais. Maintenant que la formation était derrière moi, je pouvais m’offrir quelques soirées de plaisir coupable dans une ambiance d’une chaleur étouffante. J’en avais gagné le droit, cela ne faisait pas de moi un sale type : juste un homme libre qui savait exactement qui il était à présent. Cela aurait été me mentir que de continuer à donner le change dans une sobriété chaste de moine, un écart de ce genre aidait à se sentir en vie. A mon sens, c’était ce qu’il fallait pour trouver mon équilibre entre une droiture à vous briser la colonne et une dépravation délinquante sans possibilité de retour en arrière. Un exutoire à tout ce que je verrai dans leurs regards, un exutoire à la mort que je donnerai du bout de mes lames… Tellement profond comme pensées !

Je lâchai un éclat de rire en attirant la fille contre moi. Elle était belle avec ses boucles et ses taches de rousseur. Elles lui donnaient cet air innocent qui me faisait craquer, cette fragilité artificielle dont elle jouait pour se coller à moi et caresser mes épaules dans cette foule d’inconnus qui continuaient à vibrer au rythme des battements de la sono. Plus les décibels augmentaient, plus l’intensité devenait telle que je me laissais aller à frôler sa bouche d’un doigt tandis qu’elle faisait mine de trouver ma chemise trop fermée et d’être vexée ne pouvoir poser ses mains sur mon torse. Vilaine joueuse, elle voulait plus et si on n’avait pas été encore un peu trop tôt dans la soirée, je lui aurais donné ce qu’elle voulait : parce qu’au final, je nourrissais les mêmes désirs impurs et j’avais choisi cette soirée pour les assouvir maintenant que j’en avais la permission.

Les lumières changeantes rendaient ce retour à la vie moderne plus éblouissant encore que je n’aurais pu l’imaginer. Anonyme parmi les anonymes, je n’oubliais pas pour autant ce que serait désormais ma mission, mon objectif permanent. La protection du Secret devrait être ma priorité mais j’avais besoin de cette évasion et j’en aurais besoin de beaucoup d’autres pour ne pas sombrer à force de prodiguer l’ultime châtiment. Mon côté sombre devrait toujours rester sous contrôle, ma soif de justice aussi. Alors pour faire taire toutes ces idées, je flirtai quelques minutes de plus avant de l’embrasser fougueusement et de poursuivre ma soirée plus loin. L’abandonnant aux bras d’autres mecs qui la feraient vibrer sur le parquet où ses hanches fines continueraient à exhiber leurs courbes sensuelles. Parfums de sueur des danseurs, d’alcool des fêtards et de sucré des demoiselles se mêlaient pour former un tout dont je m’enivrais à l’extrême. Une nana de plus dansa avec moi. Brune cette fois, jolie mais pas inoubliable. Aucune de l’avait jamais été jusqu’à maintenant.

La musique s’était faite plus dynamique, plus pressante et tapante. Ses basses lourdes faisaient sonner mes côtes et je sentis bientôt la soif me tirailler le gosier. J’abandonnai la belle brunette sans le moindre état d’âme, elle ne cilla même pas : elle connaissait visiblement les règles de ces rencontres fortuites qui pouvaient en rester à un frottement complice et je l’en remerciai d’une main douce caressant sa joue avant de m’éclipser vers le bar. Rejetant ma tête en arrière, j’aperçus la boule à facettes qui faisait tâche dans ce décor résolument moderne. Dans un des squats où j’avais vécu quelques mois avant de comprendre l’ampleur de l’héritage de ma lignée, de mon héritage, un tel vestige avait dû être accroché depuis des années si on en croyait l’état délabré des miroirs ébréchés qui servaient de facettes. J’adorai mater les reflets qu’il projetait sur les murs, pendant que mon corps se camouflait sous une couverture de fortune posée à même le sol au milieu d’autres drogués et fugueurs…

Un instant, les secondes passèrent hors du temps. Le visage levé vers la sphère, insensible à tout ce qui pouvait se passer alentours, je la contemplai pendant que tous les autres s’amusaient avec désinvolture. Je revis l’image de cet ado paumé que j’étais alors, rempli d’incertitudes et de colère. Il était loin. Très loin. Et j’étais fier de ce que j’étais devenu depuis.

La musique se coupa, silence éphémère suivi immédiatement des sifflets du public qui allait pouvoir s’extasier sur un nouveau son d’ici peu. Un sourire déchira ma mine, cela faisait si longtemps que je n’avais pas souri autant à de telles conneries « normales ».

Je crois bien que c’est là que je perçus sa plainte ou était-ce son foutu accent ? A moins de deux mètres, accoudé au comptoir, un type débitait des paroles dans un allemand qui aurait fait pesté mon paternel tant sa prononciation était à couper au couteau ! Mieux valait la fermer que de massacrer toute une culture linguistique ainsi qu’il aurait dit ! Je fis quelques pas vers le bar et je devais bien avouer que c’était vraiment aussi moche que ça en avait l’air…Même avec le potin de la salle, j’arrivais à peine à comprendre que c’était bel et bien de l’allemand qu’il tentait en vain d’utiliser pour commander un verre, du moins probablement si on se fiait aux deux ou trois termes à peu près corrects qu’il parvenait à cracher. Sérieux, pourquoi les étrangers se sentaient-ils toujours obligés d’aboyer dans notre langue ?

Le barman l’envoya finalement paître, il avait mieux à faire que de ne rien percuter aux paroles d’un type de la vingtaine incapable d’aligner deux mots compréhensibles ! Entre soupirs et rires moqueurs des alcoolisés, sa posture accoudée sur le plateau du bar me fit un peu pitié. Et puis merde, c’était soirée de fête et il était hors de question que je laisse ce qui était visiblement un touriste se noyer dans un verre sec ! Les fêtes berlinoises devaient laisser un souvenir inoubliable à ceux qui osaient en franchir les portes… Ou alors autorisation à un blackout le lendemain uniquement s’ils gardaient un souvenir tellement mémorable de leur réveil que cela pouvait expliquer que la fête en elle-même soit passée à la trappe ! On pouvait facilement y remédier… Après tout son aura était plutôt pas mal, médiumnique certes mais d’une clarté qui prouvait qu’il n’avait rien sur la conscience qui vaille que je lui pourrisse son voyage, au contraire.

▬ Hé mec ? Besoin d’un coup de main ? lançai-je en m’accoudant à sa droite en débarquant au comptoir.

Mon ton se voulait radicalement différent de l’intonation fermée et sèche qui caractérisait ma voix depuis que j’étais rentré dans les rangs et j’en fus le premier surpris. Instinctivement, je lui souris attendant de voir s’il répondrait à ma proposition ou jouerait les blondes effarouchées : trop fier pour profiter de l’aide d’un local pour s’en sortir dans une ville dont je maîtrisais les codes et que je pouvais lui faire découvrir à travers ce qui pourrait bien être la plus chouette soirée de ses vacances s’il acceptait ma main tendue.






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MessageSujet: Re: Nur für eine Nacht in Berlin [Mickael & Maximilian]   Dim 15 Juil 2018 - 0:40

Ca fait deux semaines que Abraham et lui ont poser bagages à Berlin après une longue retraite en Afrique du Sud. Le climat n'avait pas trop convenu à son alligator de frère, bizarrement. Pas assez de marécage ? Pas assez de plan d'eau infesté de moustiques au goût de l'aîné. Bon, évidement s'est faux, Abe ne s'est jamais plein du climat, ce n'est pas son genre. Ils en avaient juste eu marre tout les deux. Alors l'Europe leur avait tendu les bras, une opportunité sans pareil pour le médium, une chance inouïe de se former. Les langues avaient toujours fasciné Mickael et sa cécité lui offrait en contre partie un apprentissage rapide et efficace. Les pouvoir de l'ouïe. Aujourd'hui, après avoir traîné dans des cafés, des bars et prit quelques cours, il pouvait tenir un conversation simple et se faire aider dans la rue. Bon, bien évidement il fait encore beaucoup de fautes, la conjugaison surtout. Et son accent écorche ses propres oreilles. Mais il fait de son mieux et il sait qu'il s'améliorera rapidement, il n'a aucun doute. Tant qu'on ne lui hurle pas dessus qu'il est en train de tuer une langue, tout ira bien. Lui-même ne supporte pas qu'on maltraite quelque chose d'aussi beau et culturel qu'un langage, quel qu'il soit, le langage parlé, le langage des signe, le braille, rien n'est à détruire parce que, du point de vu de l'aveugle, c'est culturelle, c'est une richesse.

Ce soir, Mike se retrouve dans une boite de nuit, tout du moins ca y ressemble. Il se demande comment est ce qu'il a pu finir là, accoudé à ce qui semble être un bar dans une ambiance aussi violente. Les personnes qui l'avaient renseignés s'était soit moqués de lui soit n'avaient rien comprit. Un savoureux mélange des deux d'après le médium. Il soupir. Il a besoin de boire. C'est la pleine Lune, Abe a disparu pour faire ce qu'il avait à faire et Mike doit impérativement s'occuper l'esprit. Il espérait pouvoir boire et rencontrer des gens ce soir, cette nuit mais non. Là, coincé près de ce bar au milieu de sons qui lui sont presque étrangers tellement ils sont fort. L'Electro n'est pas sa musique de prédilection, loin de là. Il se demande s'il ne devrait pas partir mais au senti de l'heure sur sa montre, plus rien ne serait ouvert et il a se besoin irrépressible de boire un verre, un verre d'alcool.

Il voit l'aura de son interlocuteur, une couleur dont il ne connaît pas le nom s'avancer vers lui et lui parler. L'aveugle n'entend rien la première fois et lui demande de répéter, ce que le barman fait. Et Mike ne pige rien, on va dire que ce ne sont pas les noms des alcools trouvables en boîte de nuit qu'il apprend en premier. Il entend finalement un « parle plus fort » des moins amicales et le medium s’exécute, il hurle presque sa demande et, à son grand damne, la musique s'arrête. Le rouge au joue du haut de ses vingts ans, il entend les rires des bourrés et les soupirs des autres. Il a envie de disparaître et le barman s'éloigne, il laisse tomber. Mickael se sent abattu et humilié, son envie de disparaître est flagrante. Mais on ne le laisse pas tranquille, une aura s'approche et lui parle en un allemand de natif. Sa compréhension de la langue est bonne mais son retour manque de confiance. Pourtant le ton d'en face est presque chaleureux. Mike a bien envie d'un coup de main oui.

-Je aimerais bien boire un peu alcool mais compréhension problème.

Il essaye et laisse un micro blanc avant de se rendre compte de toutes ses fautes. Il se reprend.

-J'aimerais bien commander de l'alcool mais la... communication est … Difficile.

Il cherche ses mots, il est un petit peu lent, son accent américain est prononcé mais sa voix est calme malgré tout. Il espère que son interlocuteur est assez près de lui pour ne pas avoir à hurler une nouvelle fois.

Il ne sait pas si l'homme en face de lui lui a tendu la main ou sourit et à cet âge là, le jeune adulte y est encore sensible, chose qui changera par la suite mais pour l'instant, il est loin d'être à l'aise avec sa cécité.

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MessageSujet: Re: Nur für eine Nacht in Berlin [Mickael & Maximilian]   Dim 15 Juil 2018 - 16:24

Nur für eine Nacht in Berlin
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Alors que les stroboscopes recommençaient leur danse incessante sur une nouvelle musique tout droit venue de l’enfer avec ses battements à vous vriller les tympans, je contemplai la silhouette déchue de ce touriste totalement paumé. Dans n’importe quelle autre circonstance, je serais sans doute passé à côté de lui sans m’en faire, le laissant à sa solitude d’étranger. Peut-être même que j’aurais ri tiens ! En même temps, qui ne s’est jamais amusé d’un voyageur semblant incapable de se dépatouiller dans le pays qu’il visitait. Moqueur ou moqué, on avait tous joué les deux rôles au moins une fois dans notre existence. Cependant, ce soir, je n’avais pas envie d’être ce connard de natif : ce soir, j’avais envie de m’évader moi aussi et un peu d’exotisme avec un tel accent ne me ferait pas de mal.

S’il avait l’air honteux, son dos courbé projetant l’ombre de son torse sur le comptoir, les reflets des néons qui couraient entre les étagères du bar attiraient l’œil sur les bouteilles qui y étaient alignées si bien que j’avais du mal à comprendre qu’il n’en ait pas désigné une du doigt pour se faire servir au lieu de s’acharner à demander de vive voix. Encore un type qui voulait se la jouer polyglotte, pensai-je avec un soupçon d’amusement, l’alcool me rendant déjà moins cynique que je ne l’aurais été habituellement. Son visage s’était tourné vers moi, pourtant quelque chose dans le contact clochait sans que je n’arrive à mettre le doigt dessus.

Après une seconde de silence, premier essai. Echec. Le style syntaxique à la Tarzan ne lui allait pas : pas assez farouche et sauvage, ne pus-je m’empêcher de songer en écoutant sa tentative hésitante. Impossible de ne pas deviner son manque de confiance qui l’avait conduit à ce massacre langagier. Cela m’avait valu de ne pas réussir à cacher un petit froncement de sourcils désabusé tandis que je cherchais encore qu’est-ce qui me paraissait bizarre chez lui. Deuxième essai. Allez mec tu vas y arriver, l’encourageai-je mentalement avec humour. Les mots sortirent enfin correctement, même si son accent foutrement distinctif venait parasiter l’ensemble.

▬ Ja, ich sah das [Ouais, j'ai vu ça] !

Ma voix s'était voulue suffisamment forte pour qu’il la perçoive par-delà les vibrations terribles qu’envoyaient sans cesse les baffles adossées à la scène, plus loin dans la salle.

▬ Bist du Amerikaner ? lançai-je bêtement simultanément à un sursaut du DJ qui s’était senti obligé d’augmenter les trebles, créant des distorsions aigues dans le son qui s’échappait des enceintes. Réalisant qu’il n’avait sans doute rien compris entre langue étrangère et musique forte, je décidais de m’adapter directement à ce que j’avais cru reconnaître de sa nationalité en optant pour l'anglais : Tu es américain ?

Ma question était plus rhétorique qu'autre chose. En réalité, peu m'importait qu'il soit russe, chinois ou canadien... Il voulait boire un verre d'alcool et cela suffisait à le rendre de bonne compagnie vu mes projets de lâcher prise.

▬ Tu sais ce que tu veux ? Je peux traduire.

Autour de nous, ceux qui avaient ri de la situation n’accordaient déjà plus la moindre importance à mon interlocuteur, trop occupés à vider leur verre ou à emballer une fille facile qui leur distillait ses clins d’œil coquins à l’autre bout du bar. Je tournai la tête un instant, laissai mon regard balayer la foule dans mon dos, comme si je voulais m’assurer que mes compagnes de fête s’amusaient toujours autant, bien que notre aventure s’était arrêtée aussi vite qu’elle avait débuté. Le temps d’une chanson, voilà à quoi se résumait une relation au cours de ces soirées et cela m’allait bien. La foule épaisse donnait l’impression d’une masse informe, marée humaine qui déferlait sur la piste. Dans mon dos, une goutte de sueur me prouva que le bar était l’option rêvée avant de reprendre le chemin de la débauche.

▬ Personne ne devrait manquer de boisson dans une telle soirée ! finis-je par annoncer avec sympathie en tendant ma main vers ma béatitude de la nuit. Maximilian, mais tu peux m’appeler Max.

L’impression d’étrangeté ne m’avait pas quittée. Laissant le poids de mon corps choir sur mon coude, je reportai mon attention sur le touriste dont le regard perdu à l’horizon m’apparut soudain comme la source de mon malaise. Il paraissait si loin avec ce vide dans les yeux…






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MessageSujet: Re: Nur für eine Nacht in Berlin [Mickael & Maximilian]   Dim 15 Juil 2018 - 21:32


Pauvre de lui, la musique à reprit et il a toujours la gorge sèche et pas l'ombre d'un verre dans les mains mais au moins il n'est plus seul... Tout du moins pour les trente secondes qui suivent... Il espère. Ne pas passer cette nuit de pleine Lune en solitaire et même si c'est avec un natif qui vient pour se foutre de sa gueule, il n'est pas seul. Et sans mentir, il en a besoin.

Il ne sait pas trop comment réagir, est ce que l'autre a rester malgré son vocabulaire pauvre et surtout son accent à faire fuir un sourd. Il se promet de travailler dessus, juste pour se faire un petit peu moins remarquer la prochaine fois.

Il baisse d'ailleurs un petit peu plus la tête, complètement honteux, quand son interlocuteur à la couleur différente lui confirme son incompétence. C'est lamentable, il n'aura jamais dû sortir en fait. Mais pourtant, l'interlocuteur ne part pas pour autant, il continu même de lui parler. Mike relève même la tête quand il lui demande s'il est américain d'abord en allemand, il a même comprit, mais quand il lui redemande en anglais, un sourire reconnaissant s'étale sur ses lèvres. Il peut communiquer en anglais... Quel soulagement.

Il fait un petit signe de tête positif pour répondre à la question de l'autre et se met de nouveau à réfléchir quand l'alcool redevient le sujet principal.

-Hm... Merci beaucoup.

Ne pas lui dire qu'il ne voit pas les différents alcools proposés, ne pas lui dire que s'il y a une carte, impossible pour lui de la lire. Ne rien laisser au hasard.

-J'ai entendu parler du Eckes Edelkirsch mais vu que je suis là que depuis quinze jours, je n'ai pas eu les temps de tester grand chose... Il y a quelque chose que  tu conseillerais à un touriste ?


Bel essaie, à voir si ca passe auprès de l'autre. La carte du touriste, ca passe en général, enfin … Il pense. Il a même un petit rire quand l'homme annonce que personne, en gros, de doit rester sobre dans une soirée pareille avant de se présenter.

-Ha ! D'accord, bah moi c'est Mike … Mickael … Comme tu veux.

Mike tend enfin la main en se disant que c'est le signal. Ah, faites que Maximilian ne l'ai pas fait avant … Il aurait l'air con et surtout, il serait complètement grillé. Il fait en sorte de garder son air à peu près assuré, en tout cas, pas aussi désespéré qu'il ne l'est réellement.

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MessageSujet: Re: Nur für eine Nacht in Berlin [Mickael & Maximilian]   Mar 17 Juil 2018 - 1:52

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C’était beau, cet instant de délivrance que ses traits soudainement décrispés avaient laissé transparaître en écho à mes paroles dans un anglais presque impeccable. Je ne m’étais pas planté sur sa nationalité, son signe de tête timide me l’assurait. Voilà une première bonne nouvelle qui signifiait sans le moindre doute que le taux d’alcool qui coulait dans mes veines n’était pas encore suffisamment élevé pour la nuit que je m’étais promis de passer. Il était encore tôt pour songer à cela, le reste de la soirée suffirait à m’emporter dans de meilleures dispositions, à lâcher prise encore davantage pour céder à tous les caprices auxquels mon esprit et mon corps contraints avaient besoin de s’adonner après tant d’années de formation intensive.

Dans nos dos, les danseurs avaient repris leurs mouvements fous, désarticulés, sur un son tout bonnement épique. Je m’en enivrai presque pendant qu’il me remerciait d’abord, hésitait ensuite. Pas étonnant qu’il ait à ce point du mal à se faire comprendre s’il n’était pas capable de dire ce qu’il voulait, même dans sa langue maternelle ! Il était aisé de rentrer au Trésor, peu de sélection à l’entrée pour ne pas dire aucune, et une ambiance techno-électro si connue qu’elle en faisait un lieu où toutes les nationalités pouvaient se mêler : natifs, touristes… Nous étions tous les bienvenus tant que nous souhaitions vibrer dans les ruines d’une ancienne usine. C’est cette ambiance si particulière qui me poussait toujours à revenir ici, alors que j’aurais pu sans problème me déhancher dans un club nettement plus sélect comme le Berghain. Un petit sourire en coin soutînt sa réplique. Il voulait sérieusement déguster de la liqueur à une telle soirée ? Pourquoi pas, quoique peut-être un peu trop « précieux » comme choix…

▬ Pas mal pour un touriste, commentai-je avec un sourire qu’on percevait dans mon intonation malgré la musique et les clameurs de la foule qui étouffaient mes paroles. Goûter du Eckes Edelkirsch peut être une expérience mais chez nous, c’est la bière qui est reine. Si tu es partant pour les fortes, teste la Eisbock ! Ou alors une Beck’s si tu veux pas chauffer trop vite !

Au fil de la conversation, la tension se dissipait de plus en plus. Il rit même alors que son regard était toujours aussi lointain, frôlant ma silhouette sans jamais s’y accrocher. Déstabilisant, clairement et simplement déstabilisant cette manie de ne pas être foutu de regarder les gens dans les yeux ! Mon père m’avait toujours enseigné que faire face était aussi un signe de respect : cela expliquait certainement pourquoi être obligé de supporter ce regard fuyant vers le vide me déplaisait. Et puis merde qu’importe ! Je n’étais pas là pour me prendre la tête. Ce soir, rien n’avait vraiment d’importance.

C’est ainsi que je me retrouvais à me présenter, à lui tendre une main même pendant qu’il en faisait de même avec un prénom à bonne consonance américaine : bien comme il faut en somme. Bien stéréotypé également si on y réfléchissait bien avec son archétype d’étranger paumé au bar d’une boîte dont j’avais le sentiment qu’il ne connaissait rien avant d’y avoir fichu les pieds ! C’était peut-être vrai, peut-être pas. Toutefois, cela avait quelque chose d’amusant qui me permettait d’oublier la sensation de malaise que son regard perdu quelque part dans la foule, au-dessus de mon épaule gauche, faisait planer sur moi.

Et là, sa main se tendit à son tour. Je pensais en toute logique qu’il allait s’emparer de la mienne, déjà prête à accueillir sa poigne, au lieu de quoi il la dirigea dans le vide, complètement à l’opposé de l’endroit où ma main plus solitaire que jamais face à ce raté se serra et se relâcha dans le vide par réflexe.  

▬ Hum… T’es sûr que tu n’as pas déjà bu pas mal de verres ? fis-je d’une voix dans laquelle on percevait mon ton rieur. Parce que soit t’es complètement bourré, soit t’as besoin de lunettes Mike !

Je lâchai un petit rire, amusé de la situation plus que moqueur, tout en claquant ma main dans la sienne que je serrai avec mon habituelle force. Une poignée de main en disait long sur notre interlocuteur et la mienne était remplie de cette puissance à vif qui me caractérisait, de cette passion pleine de détermination violente que je mettais dans chacun de mes actes. Cette nuit pourtant le masque était prêt à tomber pour quelques heures, quelques heures de débauche bien méritées. Avec ou sans compagnie, cela était l’unique donnée qui restait à voir…






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Nur für eine Nacht in Berlin [Mickael & Maximilian]

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