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 A l'orée des bois

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MessageSujet: A l'orée des bois   Sam 4 Aoû 2018 - 23:46

White
Victorine

Dragović
Aleksandar

「 A l'orée des bois 」


Chaud, voilà bien le premier mot qui venait en tête du mercenaire. Un soupir, puis un deuxième avant de se retourner, il était allongé sur son lit, en caleçon, fixant le plafond alors que la nuit battait son plein, cherchant le sommeil mais quelque chose perturbait ses plans. La chaleur. Lui qui venait de Croatie, il avait l'habitude des climats de montagne, de la douceur de l'hiver à l'été reposant. Pas à cette chaleur suffocante, cela lui rappelait la Syrie et ce n'était pas vraiment un compliment au vu de l'état actuel du pays.
Un grognement à présent quitta ses lippes. Non, il ne pouvait pas rester là, c'était trop, déjà deux douches froides n'avaient pas suffit alors autant trouver refuge dehors, certes la chaleur était la même, mais au moins dehors il y avait du vent et puis ce n'était pas comme il y avait une grande activité dans son appartement, n'ayant ni télé, ni téléphone américain, c'était un peu compliqué de passer le temps sans dormir.
C'est donc avec cette nouvelle résolution que le jeune homme quitta son lit pour enfiler un bête jean, un t-shirt gris maussade, une veste rouge discrète mais qui laissait assez de place pour y cacher son holster et son glock 21 à l'intérieur, car oui, Dragović ne sortait jamais sans protection. Certes ce n'était pas la même que beaucoup de gens de son âge, mais c'était tout aussi protecteur.
Une fois ses lunettes de soleil enfilée, il se dirigea vers la sorti, refermant derrière lui les deux verrous de sa porte -on n'est jamais trop prudent- et fini par quitter l'immeuble, marchant à nouveau comme un automate, se fondant dans la foule avec brio, déambulant dans les rues de la ville sans trop savoir où il allait, car sortir, c'était une chose, mais pour aller où ? Cela en était une autre, qu'il aurait peut-être du réfléchir avant de quitter son appartement. Un énième soupir quitta ses lèvres, exaspéré par sa stupidité sur le coup, subissant la chaleur de plein fouet malgré la nuit, il se laissa aller à quelques insultes croates dans sa barbe avant de s'arrêter brutalement, jetant un bref regard à sa droite où s'étendait un parc, un énorme parc visiblement, mais plus que cela, il pouvait entendre l'eau d'une rivière couler dans celui-ci, signe d'une fraicheur perdu, son objectif fut alors tout trouvé.

Après quelques minutes de marche sur le chemin en pavé qui circulait à l'intérieur du parc, il fit une pause au snack du coin pour prendre de quoi se désaltéré. Une bouteille d'eau ainsi qu'une petite bouteille de rhum pour agrémenter son insolation, reprenant par la suite sa route, passant alors non loin d'un banc, ralentissant pour évaluer son possible quais mais cette décision fut très vite annulé de par l'occupation de ce dernier. Effectivement, une fausse blonde -ce n'est que spéculation-, écouteur aux oreilles, occupé déjà les lieux et malgré l'excentricité apparente de la jeune femme qui l'intriguée, il préféra s'éloigner pour s'échouer en face, à seulement quelques mètres, sous l'ombre d'un Saule pleureur, soupirant alors lourdement en s'allongeant contre son écorce, ses iris rivés sur la punk en dégoupillant sa bouteille.
Aleksandar savait très bien que cela ne se faisait pas de fixer une personne, mais il n'était toujours pas habitué à ça. Ça ? Oui, ça. Ces tenues là, ce genre de liberté, il n'avait vu ça qu'aux États-Unis. Il faut dire qu'il avait vécu dans une Croatie ruinée et en guerre dans les années 90 puis dans une Russie profonde perdu encore dans les vestiges de l'URSS. Et ses voyages en Géorgie ainsi qu'en Ukraine n'avaient pas vraiment embelli le tableau. C'était presque comme découvrir un monument. Voir que finalement, à l'autre bout du monde, des gens avaient le choix de se vêtir et avaient une imagination sans borne. Ce n'était pas pour lui déplaire, même si pour le coup, il n'avait pas vraiment d'avis sur la mode, gardant ses vêtements militaires ou alors la bonne vielle logique de "Tant que c'est utile, ça se met."
Et c'est ainsi que l'on trouvait un croate, perdu dans ses pensées, buvant au goulot d'une bouteille de rhum, un glock 21 caché sous sa veste, fixant une nana qui avait une bonne tête de junkie... cela faisait presque le départ d'une mauvaise blague.  



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Dernière édition par Aleksandar Dragović le Dim 12 Aoû 2018 - 19:19, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: A l'orée des bois   Dim 5 Aoû 2018 - 15:07


 
Vic.andar
A l'orée des boise
Une soirée comme une autre dans la vie de la jeune punk mais une soirée qui intègre une nouvelle habitude pour elle : se poser un peu dans un parc histoire de reprendre l'habitude de sortir et de "vivre" au milieu des humains même si elle se coupe encore pas mal du monde avec de la musique bien forte et une grosse concentration sur ses carnets, son pc portable ou bien son téléphone. Habillée comme à son habitude dans un style punk destroy avec ses grandes dreads blondes et roses décolorées, de grandes chaussettes rayées, un short, un débardeur trop grand qui dévoile son soutient gorge en dessous et des bracelets plastiques de toutes les couleurs aux poignets, masquant à moitié toutes les cicatrices qu'elle porte sur ses veines, signe de toutes les mutilations qu'elle a pu se faire avant de devenir vampire puisqu'aujourd'hui elle ne marque plus. Elle voit bien le regard des gens sur elle quand ils passent mais elle n'y fait guère attention, Vic a pris l'habitude depuis très longtemps de se moquer totalement du regard des autres, elle est ainsi, elle assume et ce n'est pas dans son éternité qu'elle changera désormais. Ni physiquement puisqu'elle est figée ainsi, ni dans sa mentalité parce qu'elle a toujours été ainsi et il y a d'autres choses qu'elle aimerait changer à ce niveau la : son auto destruction, ses souvenirs si douloureux de sa transformation mais le temps met du temps à effacer les blessures, il ne les efface rarement d'ailleurs, il se contente de les atténuer légèrement pour essayer de les rendre plus supportables.

Son gros casque rose sur les oreilles, lié en bluetooth à son téléphone qu'elle a dans son sac, elle s'est mise en tailleur et est en train de relire les notes que ses anciens camarades d'université lui ont donné la veille et essaie de comprendre tout ce qu'il y a marqué. La reprise des études est quelque chose qu'elle privilégie depuis une année même si cela reste une source d'incompréhension entre son sire et elle mais qu'est ce qui ne l'est pas de toute façon ? Les notes sur les nouvelles techniques de restauration de l'acier sont très intéressantes pour elle qui travaille sur d'anciennes épées depuis quelques semaines et elle se plonge dedans, se disant qu'elle en parlera le lendemain au restaurateur en chef du musée car elle n'est pas sure qu'il ait choisi cette méthode là mais elle aimerait bien tester clairement. Elle est dans ses lectures depuis une bonne heure maintenant et les gens se font de plus en plus rares autour d'elle, c'est la pleine heure de sortie, les gens sont dans les bars ou et les boites et repasseront bien plus tard pour pouvoir rentrer chez eux. Ce sont quelques moments de tranquillité pour la jeune vampire qui bougera un peu après.

C'est à ce moment là qu'elle remarque un jeune homme qui passe devant elle en la regardant avec insistance avant d'aller se poser un peu plus loin. L'odeur du rhum lui vient rapidement au nez alors qu'elle est en train de prendre des notes dans un de ses nombreux carnets et elle bouge légèrement le nez, appréciant l'odeur d'un alcool qu'elle ne peut plus boire. Son regard se lève donc de ses papiers pour se poser sur la bouteille de rhum avant de regarder le jeune homme aux affaires militaires. Forcément elle qui a le style punk, un style bien souvent -et a raison- considéré comme celui des anarchiques il semble y avoir un gouffre entre les deux jeunes gens. Mais cela l'amuse plutôt qu'autre chose et elle finit par descendre son casque le long de son cou, repoussant ses dreads en arrière comme ils ne sont plus maintenus. La chaleur ne la touche plus donc c'est plus pour ne pas être gêné qu'à cause d'autre chose. Elle a la furieuse intuition qu'il la regarde plus comme une "excentrique" que comme quelqu'un qu'on reconnait mais dont on se souvient plus du nom donc elle élimine tout de suite la question basique "on se connait?" et demande plutôt « Tu veux me dire quelque chose ? » Parce que vaut mieux dire ce qu'on a en tête que de rester à dévisager les gens comme ça. Enfin Vic est une adapte de la vérité absolue même si cela peut piquer donc elle préfère qu'il lui dise clairement ce qu'il pense, ça pourrait amener à discuter. Ou s'engueuler aussi mais tant qu'il l'énerve pas trop... Le jeune homme sent la transpiration, l'alcool, la fatigue et le sang bien entendu mais ça elle préfère se concentrer sur l'odeur du rhum pour ne pas y penser. Par contre elle serait prêt à parier qu'il n'est pas du coin. « T'es pas d'ici non ?" »

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MessageSujet: Re: A l'orée des bois   Dim 5 Aoû 2018 - 18:21

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Victorine

Dragović
Aleksandar

「 A l'orée des bois 」


« Tu veux me dire quelque chose ? »

Cette phrase fut prise comme un véritable coup de fouet pour l'homme qui était encore dans ses songes, clignant brièvement des yeux, se redressant un peu plus contre le tronc de l'arbre, il remarqua enfin que la jeune femme lui rendait son regard, il faut dire qu'il n'avait pas vraiment était discret mais contrairement à la majorité des gens d'ici, au lieu d'ignorer ou de partir, elle l'avait confronté et ça c'était une chose à souligner. Mais face à cette question, il du se rendre à compte de la réalité, c'est vrai ça. Qu'est-ce qu'il lui voulait ? Il l'avait fixer en se faisant un propre bilan de ce qu'il avait pu voir dans sa propre vie, il n'attendait pas vraiment un retour sur ses propres réflexions mais ne rien répondre l'aurait peut-être foutu mal. Il faut dire qu'un mec qui te fixe durant une dizaine de minutes, la nuit dans un parc cela pourrait amener à confusion sur ses intentions, il ne manquerait plus qu'elle appelle le flic.
A cette pensée, il se tendit légèrement avant de grogner faiblement, refermant alors la bouteille de rhum pour la déposer entre ses jambes, il valait mieux calmer le jeu sur l'alcool durant la conversation, attirer l'attention ce n'était clairement pas le but, cela faisait tout juste un mois qu'il était en Louisiane, il n'était pas encore prêt à repartir en cavale. C'est alors dans cet esprit qu'il entre ouvra ses lippes, laissant sa voix s'échapper. Celle-ci se voulait assez forte pour qu'elle puisse l'entendre malgré la distance, en partant du postulat qu'elle était une semblable, son fort accent slave le trahissant à chaque mots anglais :

"Pas spécialement, il est juste rare de voir quelqu'un se poser dans le coin la nuit. Généralement vous êtes toujours bon à détaler pour rentrer au plus vite chez soi."


Sans s'en rendre compte, Aleksandar l'avait classé dans la catégorie qu'il avait nommé "Locaux", pour lui les américains étaient étranges. Une vie excentrique mêlée à des grandes gueules mais qui une fois face à des situations plus obscures, ils devenaient de véritable lâche. Combien de fois il avait pu voir ici même les dits locaux rire aux aboies jusqu'à devoir traverser le parc seul la nuit ? Comme si il y avait forcément un serial killer dans le coin qui voulait leurs têtes, à croire que la culture populaire entrée dans la réalité des habitants du coin.

« T'es pas d'ici non ? »

Ah.
A nouveau, elle le ramena à la réalité, cette gamine avait le don pour l'interrompre dans ses pensées. Gamine ? Oui, c'est vrai quoi. Elle devait avoir quoi ? Vingt-et-un ans ? Un peu plus ? C'était jeune pour le croate, certes pas vraiment de grand chose mais au vu de ce qu'il avait pu connaitre, il en tirait la conclusion très égocentrique qu'il pouvait la juger comme gamine face à lui.Mais plus important, c'était marqué sur ta trogne qu'il n'était pas du coin ? On pouvait lire "Etranger" sur son front ? Bon, il est vrai qu'au vu de sa dégaine et de son attitude, la culture américaine n'avait pas encore fait évangile auprès du mercenaire, mais tout de même, il avait pensé réussit à s'être intégré dans le moule de l'indifférence du peuple américain, belle désillusion que voilà; et son accent qui n'aidait en rien. Il poussa à nouveau un grognement, sa dextre s'élevant pour venir lui masser la nuque, I sranje.
D'un geste calme, il vint croiser les bras en acquiesçant brièvement pour éviter de rester trop longtemps sans réponse, s'offrant encore quelques secondes pour construire son argumentaire, à croire qu'il passait un véritable interrogatoire alors que finalement, la jeune femme face à lui était tout ce qui avait de plus naturelle :

" Pas faux, je ne suis pas du coin. Ce qui n'a pas l'air d'être ton cas.Tu es un peu comme un phare dans la nuit, avec tout ça." D'un geste de la main, il désigna ce qu'elle portait, "Et ta musique. Ca fait un peu le cliché qu'on retient de l'américain par chez moi. Quand il arrive, on l'entend."

Il gratifia ses dernières paroles d'un très mince sourire, cherchant à faire comprendre la note d'humour qu'il avait tenter de lamentablement faire passer. Il n'était pas vraiment un spécialiste du dialogue, déjà en Croatie il parlait peu, mais quand tu deviens mercenaire pour un groupe privée, tu parles d'autant moins. Ce qui avait fini par rendre l'homme quasiment asocial, ne l'aidant guère dans sa démarche. Mais ce soir, l'homme de guerre n'avait pas envie de lever les armes, profitant sans doute de l'obscurité de la nuit et la douceur de Séléné, il pouvait bien se permettre une seconde de répit dans son océan de chaos. Après une poignée de secondes, il s'aventura alors à reprendre la parole, avançant en terrain miné :

"Et donc, fille de la nuit. Ca t'arrive souvent d'aller contre la norme du coin et de t'adresser à des inconnus ?"

Sérieusement, Aleksandar avait un réel problème avec le fait de dialoguer avec autrui. Il n'était pas doué pour ça, même quand il cherchait à faire un effort, ces phrases donnaient une étrange idée.
 

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Poupée punk

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MessageSujet: Re: A l'orée des bois   Lun 13 Aoû 2018 - 19:35


 
Vic.andar
A l'orée des boise
Un sourire en coin se dessine sur les lèvres de Vic à la première phrase du jeune homme. Ah la la, les généralités sur les gens… C’est tellement beau d’en avoir autant, elle sent que ce n’est pas la dernière qu’elle va entendre mais cela la fait sourire car, a vrai dire, elle s’en moque. De plus il n’a pas tort en lui disant que les gens rentrent très très vite chez eux au milieu de la nuit mais la vie n’est pas la même à Bâton Rouge que dans les autres villes. Il y a le peuple du jour et le peuple de la nuit. Elle a toujours été un oiseau de nuit quand elle était plus jeune et plus en vie et elle savait très bien à quoi s’attendre mais elle se moquait de la mort. Et puis elle ne craignait pas grand-chose dans ce monde obscur au bras d’Alessandro. Erreur en effet mais c’est ainsi, a trop se frotter à l’autre monde on finit par y être attiré et ne plus vraiment revenir vers celui du jour. « Les gens se sentent plus en sécurité chez eux, autant leur laisser cette illusion » fait Vic avec simplicité. Elle a su rapidement l’existence du monde surnaturel mais elle ne souhaite à personne de le savoir trop vite ou bien d’y être plonger comme elle donc si les gens ont peur et se sentent mieux chez eux, autant leur laisser leur illusion. Car elle sait bien que c’est faux, on est en sécurité nulle part à partir du moment où une créature a décidé de s’en prendre à vous, une porte ne bloquera ni un garou ni un vampire, l’hypnose aidant particulièrement bien les gens à faire rentrer le loup dans la bergerie… Mais ce n’est pas à elle d’expliquer aux gens comment vivre, elle a largement assez à faire avec sa propre vie alors elle se contente, comme le jeune homme, de les regarder passer, sans avoir peur de rester la nuit dans le parc. Après tout si quelqu’un a l’idée étrange de l’attaquer, tant pis pour lui.

Elle se met à rire en écoutant la réflexion sur elle. « Tu n’es pas ici depuis longtemps pour t’arrêter sur ma façon de m’habiller car je t’assure qu’il y a largement pire que moi même si, en effet, je suis visible. » Non elle n’est pas contrariée, elle est punk, elle aime ce qui choque, ce qui est visible, elle se moque du regard des autres et encore plus de ce qu’on peut penser d’elle donc la réflexion du jeune homme est loin de la contrarier, au contraire. Sa musique est forte aussi en effet, elle aime ça. « C’est du punk. Si ça te tente je te fais écouter. » va-t-elle faire, pas très inquiète et pas du tout sur la réserve alors qu’elle laisse sa musique emplir le parc d’un son rapide et fort. Un couple passe devant eux en lui jetant un petit regard de travers avant de presser le pas finalement en voyant Aleksandar et cela la fait plus rire qu’autre chose. « Fille de la nuit ? Ça m’va. Sinon je m’appelle Victorine, tu peux m’appeler Vic » fait le jeune punk avec simplicité avant d’hausser les épaules. « Les règles ou les normes c’est pas trop mon truc au cas où tu l’aurais pas remarqué » Elle se montre comme il la fait quelques instants plus tôt. On ne peut pas vraiment dire qu’elle a les normes du coin même s’il y a bien pire qu’elle dans le monde de la nuit et elle adore ça d’ailleurs. La punk qu’elle est ne respecte rien sauf les règles de l’Essaim parce que ce sont des règles indispensables pour la survie de sa famille de cœur, une famille qu’elle n’avait pas avant et qu’elle ne compte pas perdre maintenant qu’elle a rencontré des gens auxquels elle tient et qui tiennent à elle.

« J’aime bien vivre de nuit. C’est une autre façon de regarder le monde et d’ouvrir les yeux. Vaut mieux connaitre tout ce qui nous entoure pour mieux l’appréhender plutôt que de se mettre des œillères et la nuit me plait. Toi aussi apparemment. » Fait-elle car ça parait évident. Ou alors il a des soucis pour dormir, ce qui arrive souvent aux gens. Ou alors il a des cauchemars qu’il veut oublier car il semble avoir la bouche pâteuse, être plutôt sur la défensive et vu la bouteille de rhum qu’il était en train de boire ça fait plutôt nuit à oublier. Mais bon ils ne se connaissent pas donc elle ne se voit pas lui poser des questions trop indiscrètes. « Si tu veux t’asseoir sur le banc j’peux te faire une place. Promis ma tenue et ma musique ne sont pas contagieuses » fait elle avec malice en le regardant et en se poussant s’il désire s’installer autrement que par terre car cela semblait être sa première idée avant de voir que le banc était pris. A lui de voir.

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MessageSujet: Re: A l'orée des bois   Mer 15 Aoû 2018 - 16:47

White
Victorine

Dragović
Aleksandar

「 A l'orée des bois 」


« Tu n’es pas ici depuis longtemps pour t’arrêter sur ma façon de m’habiller car je t’assure qu’il y a largement pire que moi même si, en effet, je suis visible. »

Ca, pour sûr, elle ne pouvait pas se tromper. Avec sa gueule et ses façons de se comporter, il faisait plus type paumé qu'américain connaissant le coin et pourtant cela faisait tout de même un mois qu'il vivait dans cette ville, il aurait dû s'adapter. Mais après avoir passer toute une vie sous les bombes et avoir commis des actes qui vaudraient la peine de mort à tous soldats du coin, comment réussir à s'adapter à une vie civile dans un pays et une culture aussi étrangère de la sienne ? Il suffisait de voir lorsqu'il parlait sa langue natale, une grande partie des américains l'ayant entendu parlé croate pensait qu'il était russe. Sans aucun doute la grande majorité de ces habitants auraient été incapable de situer correctement la Croatie sur une carte, en espérant au moins qu'ils sachent que ce pays existe... Et à nouveau, Aleksandar s'était laissé porté dans ses pensées, se coupant une nouvelle fois à la réalité dont la demoiselle le ramena rapidement sur terre en reprenant à nouveau la parole :

« C’est du punk. Si ça te tente je te fais écouter. »

Rien que de là où il était, il pouvait déjà entendre la batterie du groupe de musique de son casque hurler. Ca ne lui déplaisait pas en vrai, il aimait ce côté vindicatif qu'il pouvait entendre d'aussi loin, cette puissance et cette adrénaline canaliser dans un chant qui brisait le silence de la nuit. Un sourire ne put être contenu avant qu'il ne débouche sa bouteille pour boire une bonne gorgée, celle-ci s'empressant de venir lui brûler le gosier. Un soulagement qui faisait étrangement du bien, une douleur agréable pour ceux qui la connaissait. Il referma la bouteille d'un geste et revint à elle, prêt à lui parler, la demoiselle avait l'air d'être quelqu'un d'ouverte et assez so...

« Fille de la nuit ? Ça m’va. Sinon je m’appelle Victorine, tu peux m’appeler Vic » ... « Les règles ou les normes c’est pas trop mon truc au cas où tu l’aurais pas remarqué »  

Voilà, sociable, donc. Cette Victorine ne manquait pas d'aplomb ni d'air, elle semblait savoir ce qu'elle voulait et faisait, c'était presque une sorte de contradiction avec le mercenaire. Elle représentait la lune espiègle, la liberté de l'obscurité loin des regards accusateurs de la lumière du soleil, celle de s'habiller comme elle l'entendait et de dire ce qu'elle voulait tandis que lui, représentait l'autre face de la nuit, celle que le monde ne veut pas voir, celle à l'odeur acre du sang. Et pourtant, voilà les deux aspects réunis, les deux facettes marginales de ce monde. Si certains des plus puristes de ce pays voient dans ce tableau deux monstres, Aleksandar y voyait une femme accrochée à la liberté de ces choix et un monstre, mais ça, elle n'était pas forcé de le savoir, enfin, pouvait elle au moins connaitre son prénom, elle ne semblait pas suspecte et il y avait peu de chance pour que les services secrets ukrainiens paient une fille du coin pour le traquer. D'une voix plus lente, sans doute légèrement réticent, il prononça alors quelques mots :

"Moi c'est Aleksandar, tu peux raccourcir à Alek' vous avez toujours du mal avec la suite."


A nouveau, un rictus prit vie sur les lèvres du croate, c'est qu'il en devenait presque mesquin avec ces préjugés, mais il fallait dire qu'avec une propriétaire raciste et l'humour américain qu'il subissait presque tout les jours, il commençait à avoir l'habitude qu'on se foute de la gueule de son accent ou des stéréotypes comme quoi il ferait parti de la mafia russe, à croire que les gens n'avaient que ça à foutre. Pour un pays aussi jeune que les états-Unis, c'était un comble de ne pas connaitre le sien, millénaire. Mais bon, il avait pris l'habitude, comme on s'habitue à la vue du sang ou au bruit des obus. Bordel ! Alek' ! Peux-tu arrêter une seconde de tout ramener à la guerre ? Comment veux-tu avoir une conversation correct avec une personne si tu passes ton temps à ruminer ton passé et à tout ramener à ça ! C'est une gamine "punk" ! Pas une espion du NKVD ! Il était temps de sortir un peu de cette mélancolie et de cette vie de chienne pour sortir la tête et rencontrer des personnes !
D'un grognement, l'homme reprit sa bouteille, venant noyer le sursaut de raison qui s'était à l'instant emparé de lui tandis que Vic' reprit la parole :


« J’aime bien vivre de nuit. C’est une autre façon de regarder le monde et d’ouvrir les yeux. Vaut mieux connaitre tout ce qui nous entoure pour mieux l’appréhender plutôt que de se mettre des œillères et la nuit me plait. Toi aussi apparemment. »


Tient, elle n'avait pas tort la demoiselle, lui aussi aimait la nuit, c'était plus calme, plus libre que la journée. Le monde s'offrait à soi au lieu d'être dirigé par les autres, la voute céleste était bien plus belle. Oui, il aimait lui aussi la nuit, ça il ne pouvait le nier. Et puis dans la journée, ils ne se seraient pas adressé la parole. Il se serait étalé comme un clochard sous son arbre, elle aurait continué à écouter sa musique et ça se serait arrêté là. La nuit avait ce pouvoir, cet effet.
Il haussa un sourcil en la voyant ce décaler pour lui céder de la place, c'était bien la première fois qu'une américaine se montrait aussi familière avec lui. Généralement, on l'évitait ou l'ignorait avec sa gueule de mec fatiguait, c'était assez troublant de voir quelqu'un passer au delà de ça. Sans un mot, il se releva en s'appuyant contre le tronc de l'arbre, les effets de l'alcool commençant à l'envahir, il prit son temps, venant tapoter sa veste et son pantalon avant de prendre le chemin pour s'approcher, jusqu'à finalement s'assoir à côté d'elle, se rassurant d'une chose, débile, certes, mais tout de même. Il était plus grand qu'elle. Une petite victoire que personne ne pouvait comprendre, en dehors de lui sans doute. Son dos venant s'affaler contre le dossier du banc, il poussa un léger soupire d'aise, alors qu'il s'écrasait légèrement de son côté, lui laissant ainsi une distance de sécurité, refermant correctement sa veste, inutile qu'elle voit son arme.
Enfin installé, il pouvait entendre la musique plus distinctement et cela ne faisait que confirmer ses pensées, oui, il aimait bien ce style. C'était pas mal du tout même :

"Je doute que ta tenue m'aille de toute façon. Pour ce qui est de la nuit, disons que c'est plus calme, tu peux profiter de la douceur des températures sans te faire emmerder par toutes les voitures ou les passants. Pour ce qui est de ta musique, c'est pas mal, ça n'existe pas chez moi. Ça envoi bien, tu composes ou t'écoutes juste ? "


Cela devait faire combien de temps ? ... Plus de trois mois qu'il n'avait pas échanger autant de mots avec une personne ? En comptant les hôtesses de l'air. Plus d'un an si on ne prend que les civiles. Un an sans avoir une conversation banale et c'était tout ce qu'il pouvait sortir, ce n'était clairement pas beau à voir. Le mercenaire se tenait là, assis sur son banc, dans un coin de celui-ci, une bouteille de rhum dans les bras, tendu et méfiant, à côté d'une demoiselle qui était tout le contraire, tranquille et sûr d'elle, non mais vraiment, c'était pas beau à voir. D'un éclair de raison, alors que le silence venait de s'installer, il fit un geste légèrement trop brusque, faisant sans doute comprendre que ça venait tout juste de lui arriver au cerveau, en lui tendant alors sa bouteille. Le partage, c'était un bon début pour débuter une conversation.
Mais malgré cette attitude introverti et cette maladresse, sans se l'avouer, cette rencontre lui avait permis au moins durant un temps, d'oublier ses démons.

 

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MessageSujet: Re: A l'orée des bois   Lun 20 Aoû 2018 - 19:03


 
Vic.andar
A l'orée des boise

« C’est noté Alek ! » fait Victorine avant de répéter « Aleksandar... » avec son bon accent américain. « C’est vrai que ça doit t’écorcher les oreilles la façon dont je le dis. Répète un peu que j’essaie ! Enfin si tu n’as pas peur de perdre patience ». Elle est plutôt curieuse des autres nationalités et va mettre de la bonne volonté a essayer de le répéter correctement. Plutôt douée pour apprendre elle va finir par le dire de façon pas trop moche pour le jeune homme et se marrer. « C’est quelle origine ? Attends y’a un ancien groupe rock punk qui avait ce prénom. Aleksandar Makedonski si je me souviens bien, le groupe était de Macédoine si j’ai bonne mémoire. » Mais elle a une très bonne mémoire c’est juste une façon de parler. « Mais ça peut être aussi de Serbie ou... Croatie ? » Elle se souvient avoir travaillé avec un conservateur qui a un prénom dans ce genre et qui est croate mais bon c’est peut être totalement autre chose mais son accent y ressemble pas mal. Elle n’est pas linguiste mais à force d’étudier les pays avec leur passé elle finit par en connaitre un peu quand même et elle est plutôt de nature curieuse au cas où le jeune homme ne l’ait pas encore remarqué... En tout cas elle est réellement intéressée, curieuse de ce qu’il peut lui apprendre.

Elle le laisse s’installer à côté d’elle, pas vraiment inquiète pour elle. A vrai dire c’est surtout lui qui risque quelque chose car il a beau être armé il ne peut pas faire grand chose face à un vampire mais elle ne lui veut pas de mal et elle se concentre sur l’odeur du rhum plutôt que celui de son sang pour être sûre que tout aille bien. Après il laisse une bonne distance entre eux et elle apprécie, posant son casque entre eux pour que la musique soit partagée comme il le fait quelques instants plus tard d’ailleurs en lui tendant la bouteille d’alcool. « Merci mais je ne bois plus. » fait elle avec franchise en lui adressant un petit sourire. « J’ai un peu trop abusé et on vient de me donner l’occasion de reprendre ma vie alors j’essaie de ne pas faire de conneries. » A vrai dire elle ne peut plus boire d’alcool aujourd’hui mais elle ne peut pas lui expliquer la raison complète aussi elle fait une semi vérité. Quoiqu’elle n’a pas menti, elle a une seconde chance elle ne veut pas la gâcher. Le fait de ne pas pouvoir boire de toute façon l’aide beaucoup, c’est clair. Elle posa ses notes sur ses genoux, n’ayant pas changé de position, toujours en tailleur. Quand on est petite on ne touche jamais le sol donc c’est chiant d’avoir les jambes qui battent dans le vide, elle est donc toujours ainsi.


« J’écoute juste, je n’ai absolument aucun talent pour la musique ». Elle ne joue d’aucun instrument et autant dire que c’est un massacre si jamais elle se met à chanter donc elle préfère écouter la musique que d’essayer d’en faire. « A vrai dire je n’ai aucun talent artistique. Enfin je dessine un peu car je fais des croquis pour le travail mais ça ne va pas plus loin » Elle fait souvent des croquis des objets qu’elle restaure au musée mais cela est surtout du recopiage, parfois quelques inspirations mais c’est vraiment rare. Elle ne se songe pas artiste pour deux sous. Après elle travaille en effet sur des statues, armes, etc. mais elle se contente de les restaurer donc il n’y a pas forcément besoin d’un fort talent artistique mais juste d’une bonne connaissance de son sujet. « Tu joues de la musique toi ? » demande t’elle curieuse en regroupant ses notes pour éviter de les abîmer et elle les coince dans un petit carnet d’où dépassent des tonnes de notes, papiers et post-it en vrac. Elle a encore pas mal de choses à lire mais rien de pressé car elle tuait juste son temps libre comme elle ne sait pas encore quoi faire de ses nuits. Elle n’a pas énormément d’amis et les plus proches sont humains donc pas vraiment disponibles à cette heure ci. Quant aux immortels, ils travaillent pour la plupart. « La vie ici te convient alors ou tu as du mal avec l’excentricité des américains ? » Elle ne sait pas pourquoi il est là et se demande si la question se pose vraiment vu la tête du jeune homme... Il semble avoir vu beaucoup de choses, trop peut être mais elle ne sait pas quoi, elle n’est pas devin et n’est pas totalement indiscrète. Elle même en a vu beaucoup et les gens n’ont pas forcément envie d’en parler.

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MessageSujet: Re: A l'orée des bois   Jeu 13 Sep 2018 - 13:35

White
Victorine

Dragović
Aleksandar

「 A l'orée des bois 」


« C’est vrai que ça doit t’écorcher les oreilles la façon dont je le dis. Répète un peu que j’essaie ! Enfin si tu n’as pas peur de perdre patience ».

Décidément, elle n'avait peur de rien cette Yankee et étrangement ce n'était pas pour déplaire au slave, il voyait cette femme comme un ovni, quelque chose de totalement marginal à son concept de la vie américaine pour le coup. Même si ce côté déluré était une marque assumée de ce pays, Alek n'en n'avait jamais eu encore la version visuelle et quel choc. Il se retrouvait de nuit, assis sur un banc, avec un casque audio crachant ses percutions en guise de rideau dont de l'autre côté se trouvait une femme visiblement plus jeune que lui, à l'allure atypique, c'est clair qu'il n'aurait jamais vu ça en Croatie. Du moins, quand il y était encore, il parait que ces dernières années la vie là-bas avait énormément changé, qui sait. Le pire dans tout ça, c'est qu'à force d'essayer, elle fini par réussir à prononcer son prénom de façon plutôt correct pour une anglo-saxonne, chapeau bas, enfin, mentalement, car Alek était toujours assis sur son coin de banc, la regardant, les bras croisés, toujours à l'affût, il ne pouvait pas s'autoriser un minute de réalité, il devait toujours rester aux aguets , être prêt le moment venu. A quoi ? Allait savoir, dans tout les cas, après tout ce qu'il a pu voir et subir, il ne voulait pas mourir, c'était encore trop tôt. Et puis, il ne connaissait pas cette femme, c'était peut-être un piège ? Bon, même si pour le coup, il ne voyait pas vraiment comment et pourquoi une telle idée serait venu à la tête des républicains ukrainiens ou des extrémistes religieux, mais sait on jamais.

« C’est quelle origine ? Attends y’a un ancien groupe rock punk qui avait ce prénom. Aleksandar Makedonski si je me souviens bien, le groupe était de Macédoine si j’ai bonne mémoire. »
à ces mots, Aleksandar ne put retenir un sourcil se lever, « Mais ça peut être aussi de Serbie ou... Croatie ? »

Était-ce vraiment par le groupe de musique inconnu qu'elle avait trouvé l'idée ou finalement était-elle vraiment lié à ceux qui le recherchaient ? Le doute s'installa tout à coup dans l'esprit de l'ancien mercenaire, son cœur s'accéléra, il se tendit face à elle, même si à l'extérieur, rien n'avait évolué, maitre de ses émotions, en lui, il bouillonnait, son cerveau fonctionnait à pleine capacité, cherchant où était la faille, comment et pourquoi. Elle voulait le faire parler, donner des informations pour confirmer que c'était bien lui ? Réfléchit, réfléchit.... Bordel ! Un léger soupire s'échappe de ses lèvres, faisant tomber la pression, ce n'était pas en paniquant qu'il découvrirait la vérité, si il devait la découvrir, il allait devoir jouer. Il fit alors une très légère moue avant de prononcer :

«Effectivement, tu as plutôt bien situé, Aleksandar, c'est slave, mais je viens de Croatie, plus précisément. Pas mal pour une américaine, montre moi où se trouve la Croatie sur une carte et là, je t'applaudirais.»

C'était un bon début, pour le coup, malgré le très léger sarcasme, il avait tenter l'humour, un humour un peu taquin, mais son humour, autant rester naturel, en espérant que celle-ci le voit aussi comme tel.
Elle refusa par la suite sa proposition et ramena la bouteille vers lui, finalement cette fille qu'il prenait pour une junkie venu se défoncer dans le parc la nuit se révélait être une demoiselle ayant réussi à s'en sortir, il fallait en avoir pour se sortir de là, même si à première pensée, Dragovic l'aurait cru carrément plongé dans la drogue, un bon stéréotype, certes, mais il avait appris qu'aux USA, les stéréotypes étaient souvent la réalité. Elle avait gratté quelques points dans l'estime du jeune homme, il détestait la drogue, il s'était toujours refusé à en prendre, même en Géorgie quand il avait trouvé trois champs de cannabis et que durant deux mois ses collègues ne fumaient plus que ça, il avait toujours refusé,il ne voulait pas devenir comme sa mère. Une ombre passa dans son regard à cette idée, mais il n'en fit aucun commentaire, inclinant simplement la tête pour la jeune femme avant de brouiller ses pensées par une longue gorgée de ce rhum.

« A vrai dire je n’ai aucun talent artistique. Enfin je dessine un peu car je fais des croquis pour le travail mais ça ne va pas plus loin »

A nouveau, elle vint étayer la curiosité du croate, décidément, ce petit bout de femme, malgré son air jeune fille déluré avait une situation bien plus enviable que la sienne. Il pencha légèrement la tête sur le côté, ne pouvant s'empêcher de poser la question qui lui brûlait la langue :

«Hm ? Tu dessines pour ton travail, ce qui veut dire que tu fais quoi comme boulot pour devoir faire des croquis ? Dans la conception de quelque chose ?"

Malgré le doute et la méfiance qu'il avait pour cette femme, il ne pouvait s'empêcher d'être curieux, c'était la première femme de ce genre qu'il voyait depuis son arrivé aux états-unis et en plus, c'était la première qui ne l'ignorait pas ou bien qui ne le prenait pas pour un sociopathe, car il faut dire que les américains vivaient un peu trop leurs films d'horreur et c'étaient mit en tête que tout homme étranger devenait tout à coup un serial killer la nuit une fois qu'il avait partagé une moitié de rue avec eux :

« Tu joues de la musique toi ? »


Pouvait-elle seulement cesser de le prendre de court ? Le slave fronça légèrement les sourcils, atteint en plein dans sa vie privée à présent. Le mercenariat lui avait pris beaucoup de chose, enfin, avait demandé beaucoup de sacrifice surtout. Interdiction d'avoir un réel chez soi, interdiction d'avoir une femme, des enfants, une véritable vie en dehors du travail. Du coup, les occupations ou les passes temps du croate étaient devenus ses seuls refuges. Il acquiesça alors légèrement, comme si cet aveu lui en coutait. Donner pareil information à une inconnue avait du mal à passer, mais pour le coup, il accepta :

« Plus ou moins. Je joue de temps à autres. Mais c'est un instrument que tu ne dois pas beaucoup entendre, dans tes musiques en tout cas ! »


Il referma ses lèvres, scellant ainsi une part de la vérité avec, inutile d'en dire plus, elle n'a pas besoin de savoir la suite. Du moins, tant qu'il n'était pas sûr de son identité ou des raisons de pourquoi elle s'autorisait à lui parler. On n'était jamais assez sûr :

« La vie ici te convient alors ou tu as du mal avec l’excentricité des américains ? »

Il vint déposer sa bouteille de rhum bouchée au centre du casque audio de Victorine avant de croiser les bras, songeur, réfléchissant à cette question, réellement. Oui, clairement, la vie ici était difficile pour lui, il avait du mal à comprendre la logique américaine, mais de façon plus globale, il avait l'impression qu'il ne comprenait plus ce monde. Pas simplement l'Amérique, mais le reste du monde. La guerre lui avait pris beaucoup, sans doute c'était ça le réel prix à payer, celui de donner son âme, mais dans une contradiction étrange, la guerre avait été aussi sa vie. C'est elle qui l'avait finalement élevée, qui l'avait forgé et créé. Pouvait-il alors lui en vouloir ? Il connaissait déjà la réponse à cette question. Après une légère expiration, il reprit la parole :

«Et bien... je pense que ce pays a un sacré potentiel et tout n'est pas à jeter, vraiment. Mais la vision américaine de ce qu'elle a est étrange pour moi. Vous prenez tout ça pour acquis et beaucoup y voit une normalité dans les privilèges que vous possédez. C'est étrange. Mais je commence à m'y faire. Après, m'y adapter... Je suppose que je vais finir comme ces vieux cons nostalgique.»

Enfin, il laissa un réel léger sourire s'échapper de son armure, il avait parlé avec sincérité, cela n'était pas chose aisé pour lui, mais cette conversation surréaliste à ses yeux, lui apportait quelque chose qu'il ne pouvait pas décrire, alors...Pourquoi ne pas continuer encore un peu ? ...



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MessageSujet: Re: A l'orée des bois   Jeu 20 Sep 2018 - 11:13


 
Vic.andar
A l'orée des boise
Vic est nature tout simplement et extrêmement curieuse. Elle avait enfouie ce trait de caractère pendant pas mal d’années parce qu’on n’est plus vraiment capable de penser quand on prend autant de choses qu’elle le faisait mais c’était aussi pour ça qu’elle avait commencé à en prendre : curiosité et envie de briser les interdits. Ca l’avait mené à tout tester, tout obtenir, tout réaliser et puis à la mort. Et ce n’est pas même pas l’alcool ou la drogue qui l’avait tué finalement même si peut être tout était lié d’une certaine façon. Est-ce qu’elle aurait vraiment fréquenté ce genre d’endroits si elle avait été clean ? Est-ce qu’elle aurait rencontré Alessandro ? Difficile à savoir mais Vic n’est pas trop du genre à se poser des questions longtemps parce que ça ne sert à rien, c’est fait c’est fait. En tout cas elle est curieuse du jeune homme, elle le sent sur ses gardes légèrement mais n’y fait pas trop attention, se disant qu’il se barrera si elle l’emmerde avec ses questions. Cela fait quelque temps qu’elle s’est retirée de la vie parce qu’elle n’est pas toujours capable de se contrôler alors ses nouvelles pauses au milieu de la nuit lui permettent parfois de faire des rencontres comme ce soir et franchement il ne lui fait pas peur, il est juste un mec un peu paumé au milieu d’un parc. Ne l’est elle pas elle-même ? Elle essaie donc de répéter son prénom avant de lui demander d’où cela vient et se met à rire quand il lui demande de le placer sur une carte. Elle prend son téléphone, lance google maps et fait bouger la carte jusqu’à mettre le doigt dessus. « C’est là monsieur le sceptique » fait elle en s’approchant de lui pour lui montrer avant de lui faire un clin d’œil « Je travaille avec quelqu’un qui vient de Croatie c’est facile. Et puis j’ai du étudier tous les pays pour mon boulot, ne sois pas si surpris. Je peux être punk et travailler ! » Fait-elle en rigolant.

Elle secoue la tête de droite à gauche quand il lui demande si elle fait de la conception « Non je suis restauratrice d’antiquité au musée, c’est pour ça que je connais aussi ton pays. » fait elle avec honnêteté parce qu’elle n’a rien à cacher. Elle ne se rend pas vraiment compte de sa tension même si elle la ressent légèrement mais reste tout à fait calme, particulièrement simple et sans chichis. A vrai dire elle est encore en étude parce qu’elle a repris depuis seulement quelques mois mais avec ses nouvelles capacités elle apprend plutôt vite et elle a la chance de pouvoir travailler de nuit au musée, ce qui lui permet d’avancer très vite sur ce qu’elle sait faire, appréciant de pouvoir discuter avec les conservateurs, pas vraiment sauvage vis-à-vis des autres même si elle reste sur ses gardes souvent, ne sachant pas trop ce qui peut se passer si jamais la situation lui échappe. Elle éteint l’écran de son téléphone qu’elle pose de nouveau sur ses jambes comme elle a tendance à être toujours connectée et qu’elle aime pouvoir répondre à ses sms tout de suite. « Y’a plein d’instruments qu’on n’entend pas dans ma musique. C’est quoi ? Enfin t’as le droit de pas répondre hein ! » Ca change pas grand-chose qu’elle le dise ou pas parce qu’elle se doute qu’il fait bien ce qu’il veut mais bon elle a tendance à poser beaucoup de questions donc qu’il se tranquillise si jamais elle le saoule.

Son regard se pose un court instant sur la bouteille, se rendant compte que ça lui manque de ne plus pouvoir boire et elle se souvient des propositions d’Amalia de lui filer du sang alcoolisé mais elle se dit qu’elle a l’occasion de faire autre chose de sa vie alors est ce que vraiment elle a envie de retomber dans cette dépendance ? Elle sait que des vampires comme Alessandro en consomment mais elle n’a pas envie. Déjà parce qu’il le fait LUI mais aussi parce qu’elle a envie d’être clean maintenant qu’on lui donne la possibilité de refaire sa vie correctement. Vic ne sait pas faire les choses normalement, elle les fait à l’excès et pour une ancienne alcoolique et droguée elle doute d’être capable de boire raisonnablement. Autant tout arrêter. « Hum… C’est vrai. Les gens ont tendance à apprécier ce qu’ils ont oubliant comment ils l’ont eu et que tout peut se perdre demain mais je suis pas sure que ce soit vraiment américain ça, je pense que c’est juste l’être humain. » L’être humain oublie tellement vite tous les combats, toutes les guerres, tout ce que les autres vivent tant qu’il est dans son petit monde. C’est humain en effet et c’est ce qu’on dit pour tout justifier. Vic s’est toujours battue contre les règles, contre les limites, contre tout, défiant le système parce qu’elle ne le trouve pas juste alors elle en est consciente. Elle se met à rire à sa dernière remarque « Tu as de la marge avant d’être vieux… Con nostalgique ça… Y’a pas d’âge pour le devenir » répond t’elle, taquine.

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