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 so, we meet again ø silje

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→ ORDRE CLANIQUE : Coven
→ NUISANCE DEPUIS : 28 ans
→ SOUS L'EMPRISE DE : Tisserande — Voie de l'esprit ; illusions, cartomancie; invocations daïmoniques
→ ERRANCE : Dans les clubs de Bâton Rouge et au Coven
→ TROMPE L'ENNUI : Héritière ; mannequin ; muse ; future PDG de la Mayfair corp
→ PROFIL PSYCHOLOGIQUE : Capricieuse ; Emportée ; Méfiante ; Manipulatrice ; Narcissique ; Inflexible ; Rancunière ; Curieuse ; Hédoniste ; Désarmante ; Sensuelle ; Bornée ; Indolente ; Sournoise ; Maligne ; Calculatrice et stratège ; Théâtrale ; Sans scrupules ; Tendances cleptomanes ; Sans limites ; Indépendante ; Insolente, refus d'autorité


→ AVATAR : Krysten Ritter
→ CREDITS : me ; weheartit
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MessageSujet: so, we meet again ø silje   Dim 12 Aoû 2018 - 12:47



so, we meet again

« Ou vous avez un rival ou vous n'en n'avez pas. Si vous en avez un, il faut plaire pour lui être préféré (…). »





« I… don’t want to be late.
— You also want to have me right here, right now. I can see it, you know ? » Que l’être humain est faible, réduit à obéir à ses plus bas instincts. Primaires. Quoi qu’ils fassent, ils sont incapables de s’élever, ne voient pas plus loin que le bout de leur nez. C’est pourquoi il est si facile pour Isobel de charmer l’artiste en mal d’affection. Il n’y a même pas besoin pour elle d’exercer sa magie, la main qu’elle pose sur sa joue, dans son cou, ne laisse même pas s’échapper ne serait-ce qu’un filament de ses nobles capacités. L’homme se laisse avoir, glisse et s’installe confortablement dans la toile de la brune sans émettre de résistance. C’est presque ennuyeux pour elle qui s’attend à quelque chose de plus intéressant, mais chaque fois qu’elle imagine le visage de la vieille vampire se tordre d’agacement, la flamme qui l’agite et la motive se remet à flamber derrière son regard vert. Oh, comme elle va être furieuse ! Isobel a hâte de lui raconter ses multiples manières d’accaparer le temps et l’inspiration de son poulain, en long en large et aussi en travers. Et lui préciser qu’il n’a pas fallu une seule petite manipulation magique. Par la force de se cils courbés et de ses lèvres charnues, il n’est pas compliqué d’atterrir dans le cœur de cet homme.

« Well, you’re not wrong… » Le regard vert appuyé dans celui de l’artiste, Isobel se retient de lever les yeux au ciel. Evidemment qu’elle a raison, ce n’est pas comme si c’était étonnant. Le corps serpent, la brune se rapproche du peintre assis contre la tête du lit défait. Elle défait un pan de tissu pour découvrir ses épaules alors qu’elle s’installe à califourchon sur sa proie.

« She’ll be mad.
— Give me a call when she’s not.
— You know her ?
— A bit. » Isobel n’a pas envie de parler de Silje. Pas maintenant alors que son appétit s’ouvre. L’artiste n’est pas mal construit, les traits de son visage sont agréables et sa musculature suffisante pour en profiter quelques temps. Elle s’est entichée de lui, ou en tout cas paraît l’être, et lui ne se lasse pas de l’avoir pour lui. Fille inaccessible, particulière, il pense avoir gagné ce qu’elle a simplement provoqué. Une rencontre « au hasard » au plein cœur d’un musée qu’elle ne « connaissait pas ». L’abruti n’y voit que du feu, se laisse rouler par la sensualité chaude avec laquelle Isobel teinte sa voix et ses regards. Il la dessine sous toutes les couleurs, fabrique sur papier la peau qu’elle se plait à lui laisser toucher. La sorcière est dans sa tête, dans sa peau. Pauvre petite créature, qui pleurera bien plus qu’elle lorsque le moment viendra de le laisser tomber, il n’est qu’un instrument de plaisir pour elle et de torture pour la vampire, foutue connasse.

Son regard tombe sur un dessin au fusain, c’est elle et son visage posé dans une main qu’il a esquissé rapidement. Ses doigts passent sur la texture irrégulière de la branche carbonisée sur le papier kraft alors que l’homme lui s’amuse à goûter celle de sa peau. Elle est belle, là, sage. Il a réussi à capter la lueur de malice qui caractérise son regard de biche, c’est rare. Elle doit le reconnaître, Ødegård est un bon mécène. La vampire a les tripes pour trouver les talents cachés, elle le sait. Ça l’énerve un peu mais elle lui est reconnaissante aussi. L’art tel qu’il est aujourd’hui la fait friser, au moins la vieille musicienne essaie de relever un peu le niveau. Et il faut dire qu’elle rend un grand service à Isobel qui peut alors se permettre de s’observer sous toutes les coutures, dessinées par les mains les plus talentueuses, ce qui a l’effet immédiat de raviver son excitation. Merci Silje !

ø

« Say it again.
Je t’adore.
— It’s cute, I like your accent.
— Everybody does.
— I like your arrogance.
— That’s where you’re unique. » Les deux amants laissent échapper un rire en cœur alors qu’ils se dirigent vers la voiture d’Isobel, un des derniers modèles de Ford, teintée d’un noir brillant. Sous le capot une machinerie incroyable qui la fait frissonner rien qu’à penser la vitesse à laquelle elle pourrait aller. « Don’t even think about it, honey. » Isobel dépasse l’artiste en route pour se poser derrière le volant. Hors de question que quelqu’un d’autre qu’elle touche le cuir de sa voiture. Il risquerait de tout détruire, surement pas habitué à la conduite manuelle.

C’est donc avec deux heures de retard que les deux arrivent au vernissage de la vampire. Lorsqu’Isobel sort de la voiture, elle est resplendissante. Ce n’est même pas la robe Saint Laurent, noire et coupée à ses exactes mesures, qui rehausse son humeur mais bel et bien la perspective de débarquer au bras de l’artiste sujet de l’exposition. Elle est la cause de son retard et ne tardera pas à s’en vanter auprès de l’autre narcisse.

« Give me your arm, bella. »

La brune lui adresse un large sourire alors qu’elle replace la fourrure sur son épaule, replace la frange qui couvre son front et pare ses lèvres rouges, charnues d’un sourire charmant. Belladonna, comme elle aime se faire appeler, récupère le bras tendu et ensemble ils font leur entrée.

Le héros de la soirée est accueilli comme il se doit et la jeune muse, mannequin, habituée des cercles luxueux et mondains répond un sourire aux visages connus et ignore le reste plutôt accaparé par l’artiste. Il ne lui faut que quelques instants pour trouver l’objet de son désir, pas bien loin. Sa main parfaitement manucurée s’élève dans l’air pour envoyer à Silje un premier geste amical, un salut éloigné, puis un baiser soufflé. Son petit protégé n’est pas accessible, accaparé par les griffes de la brune et celles des invités.

Avant que l’ennui ne la rattrape, Isobel se détache de l’artiste après avoir glissé un mot à son oreille, récupérant au passage un sourire brûlant de sa part. Sous le nez de sa mécène, la brune flirte. Elle se retrouve donc seule, une coupe de champagne en main et deux idées en tête. D’abord faire le tour des œuvres puis trouver Silje. Elle laisse le temps s’écouler sans se fier à son impatience qui lui ferait tout gâcher, et lorsqu’enfin elle retrouve la vampire, l’air de rien, le doigt glissé sur le bord de la flûte transparente.

« I have to admit you have good taste. Your puppy is a great artist. He really knows how to use his brush. » Le regard qu’elle avait placé au centre de la pièce, plongé dans un tableau se relève sous les cils courbés pour venir rencontrer celui de Silje, un éclair de malice teinte à la fois le vert vert profond et le rouge de ses lèvres. « How are you tonight, darling ? »


© TITANIA

_________________
BELLADONNA ♤ la liaison dangereuse
and he said ;

“she was a catch, we were a match
I was the match,
that would fire up her snatch, but there was a catch,
I was no match
I was fired from her crotch
now I sit around and watch
the mermaids sun themselves,
out on the rocks
they are beyond our touch,
I watch and watch
them wave at me, they wave and slip
back into the sea“
c) nick cave
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→ ORDRE CLANIQUE : L'Essaim, fidèle à la Mascarade depuis qu'elle existe, et bourreau de l'ombre du Prince.
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→ ERRANCE : Elle se trouve généralement chez elle, sauf lorsqu'il lui faut être à l'Elysium, qu'elle a d'ordinaire l'habitude d'éviter.
→ TROMPE L'ENNUI : Directrice de l'Orchestre Symphonique de Bâton-Rouge, elle partage son temps entre les galas de donations et les cours aux jeunes prodiges.
→ PROFIL PSYCHOLOGIQUE : Passionnée. Talentueuse. Inapprochable. Elégante. Droite. Fière. Excessive. Généreuse. Parfois cruelle. Emotionnellement inaccessible. Effrayée par la solitude. Mentalement instable. Bienveillante envers ses protégés. Obsessionnelle. Loyale. Romantique. S’attache facilement. N’a plus qu’un seul grand amour dans sa vie, la musique « classique ».


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MessageSujet: Re: so, we meet again ø silje   Lun 13 Aoû 2018 - 22:42

Isobel
&
Silje
Into the jaws of Death,
Into the mouth of hell,
Rode the six hundred.

Elle contemple les tableaux accrochés avec une pointe d’irritation qu’elle essaie désespérément d’étouffer. Elle a bien vu, çà et là, des silhouettes qui correspondent à la sorcière qu’elle aime bien haïr, et elle a bien peur de ce que cela veut dire. Bien sûr, le trait de son peintre est toujours impeccable. C’est rare, aujourd’hui, de trouver des artistes qui manient aussi bien les courbes de la renaissance, surtout à Bâton-Rouge. Elle avait mis du temps à le dénicher, dans le fond de son atelier miteux, à moitié à la rue. Mais il avait le talent nécessaire pour la satisfaire — tant intellectuellement que culinairement. Elle ne s’aventurait pas souvent à goûter le sang d’humains qu’elle cherche à sponsoriser, mais cet homme était malheureusement bien trop facilement manipulable, et sa mémoire facilement influencée. Elle voit que ses craintes sont encore vraies aujourd’hui. Derrière cette silhouette à moitié dénudée se cache autre chose, cette faiblesse humaine qui n’a de cesse de la répugner. C’est bien simple de savoir ce qu’un homme tel que Giovanni recherche, au-delà des toiles et des pinceaux. C’en serait presque même charmant, si cette apparente naïveté ne menait pas aux plus bas instincts de l’Homme. Elle a croisé plusieurs fois le regard lubrique du garçon, et si ça ne l’indifférait pas autant, elle en aurait presque été flattée.

Il faut avouer qu’il est bel homme, cet artiste. Même elle sait apprécier l’esthétique humaine, et il en est un spécimen particulièrement fringuant. Il a de l’esprit, aussi, et globalement, ce serait bien dur de lui trouver des défauts — hormis cette tendance phallique un peu trop prononcée. Bien sûr, ce n’est rien dire sur la compagnie qu’il aime tenir, comme le prouvent les tableaux qu’elle contemple. Bien que son visage reste impassible, elle fronce les sourcils intérieurement. Cette sorcière est une flèche dans le flan depuis bien trop longtemps. Elle déteste l’avoir dans les pattes, et pourtant, elle ne peut nier qu’il y a une certaine montée d’adrénaline lorsqu’elle s’oppose à elle. C’est différent de ce qu’elle a l’habitude de connaître, et la Mayfair lui rappelle ses anciennes batailles d’esprit tenues avec les Medicis. Evidemment, à l’époque, il y avait presque assez de talents pour contenter tout le monde — cependant, Silje n’était guère encline à l’idée de les laisser glisser entre ses doigts. Isobel n’est pas vraiment à la hauteur des Medicis, et l’histoire est plus une affaire d’égos que de culture, mais c’est presque rassurant dans son habitude.

Elle n’a pas besoin de regarder sa montre pour savoir que Giovanni est en retard. Cela importe peu, au début. Toutes les œuvres sont exposées, sauf une, encore cachée sous un épais linge. Elle ne sait pas quelle est la pièce maîtresse, mais en voyant le reste des tableaux, elle a une vague idée de ce qu’il s’y cache. C’est assez pour lui faire légèrement pincer les lèvres. Ce n’est que sa petite affaire de rivalité qui parle, bien sûr. Elle n’apprécie pas de voir le visage d’Isobel exposé ainsi, par jalousie peut-être. Ce n’est pas qu’elle a envie de se voir exposée aux yeux de tous de cette façon — ses préférences de portraits ne sont pas aussi détaillés — c’est surtout qu’elle n’en a pas la possibilité. Elle sera encore là dans deux cent ans, et il sera difficile d’expliquer comment ces tableaux ont été peints à l’époque — l’excuse de l’ancêtre tient à peine debout. Elle sent une présence à ses côtés, et elle détourne à peine le regard pour voir le directeur artistique du LSU Museum of Art contempler également la toile. Elle distingue le sourire sur ses lèvres et elle lui rend alors qu’il se tourne vers elle à son tour. « You do know how to find them. » Elle incline légèrement la tête en réponse, lissant distraitement son tailleur chanel. « Brian. I’m glad you could come. » Il va pour attraper sa main et elle lui laisse, restant de marbre face à ce charme sudiste américain. « Always. And where is that artist of yours ? » A cela, elle ne peut retenir un roulement d’œil, et elle récupère sa main après qu’il ait fini de la baiser. « Late, you know how they are. » Il rit et elle sourit en réponse. « That I do. »

Brian la retrouve peut-être une demi-heure plus tard, deux coupes de champagne en main. Elle en prend une avec un sourire et ils restent silencieux, à contempler le plus grand des tableaux. Un quatuor à cordes joue de la musique baroque dans le coin de la pièce — exception faite de Vivaldi —, et Silje sait d’un regard que les convives apprécient la qualité des tableaux. Malheureusement, ils commencent aussi à s’impatienter. La ponctualité n’est pas vraiment nécessaire dans de tels évènements, mais elle dépasse rarement l’heure de retard. Silje elle-même commence à perdre patience avec Giovanni, et c’est dire. Elle se tend à mesure que les minutes passent, jusqu’à sentir la main de Brian contre son épaule. Elle se tourne vers lui, coupe toujours pleine, et il la fixe avec un sourire connaisseur — depuis le temps qu’ils se connaissent, il sait parfaitement ce qui la fait tiquer. « Why don’t you play us something ? » Ses yeux brillent avec malice et Silje se fige un instant, les sourcils délicatement froncés. Les quelques personnes qui les entourent se sont retournées à ces mots, et la fixent à leur tour avec curiosité. « Brian … » Dit-elle à voix basse, peu convaincue. Le quatuor termine son morceau et eux-aussi la regardent, les traîtres. « I didn’t bring my violin. » Annonce-t-elle finalement, et elle observe avec appréhension le violoniste engagé de son propre Orchestre, se lever pour lui proposer le sien. Mise sur le fait accompli, elle ne peut rien faire d’autre qu’accepter.

Elle attrape le violon qu’on lui tend, et elle ne peut s’empêcher de le comparer au sien à peine entre ses doigts. Bien sûr, peu d’instruments peuvent se mesure à la qualité du sien. Elle en retire le coussin, qu’elle tend au violoniste, avant de glisser l’instrument contre son épaule. Elle récupère l’archer à son tour, et joue quelques notes, le temps de s’habituer au son. Ca fera l’affaire, faute de mieux. Elle se tourne vers le violoncelliste, encore assis, et lui lance un sourire. « Passacaglia ? » Il hoche la tête en retour, et elle accorde alors son instrument avec lui. Une inspiration, et elle repose l’archer sur les cordes. Ses yeux se ferment et la foule disparaît, alors qu’ils rentrent tout deux dans ce langage si particulier. Il est juste assez talentueux pour la suivre, alors que ses doigts s’envolent sur ce manche étranger, dans un morceau qu’elle connaît par cœur. Ce n’est même pas ce violon qu’elle entend, c’est le sien ; et le violoncelliste est tout autre, est aussi talentueux qu’elle. Il était russe, musicien au Bolchoï, et il avait été le souvenir parfait de Baptiste, si bien qu’elle avait même hésité lui demander de se joindre à elle. Mais il était injuste de le comparer à un fantôme, alors elle était partie sans lui. Aujourd’hui encore, elle se souvient de cet arrangement norvégien, qu’elle avait joué avec plaisir, à défaut de pouvoir le partager avec son Marqué.
 
Lorsque le morceau se complique, elle rouvre les yeux, et les fixe sur ce musicien qui la regarde avec un air concentré. Elle peut voir qu’il n’est pas parfaitement dans son élément, qu’il joue scolairement, bien incapable de la passion qu’il faut pour faire vibrer les cordes ; qu’importe, elle en a assez pour deux. L’archer glisse sans effort et si elle était méchante, elle le challengerait à aller plus vite, à la rattraper — elle ne le fait pas. Le morceau s’achève dans un silence de cathédrale et elle s’ose à un sourire, relâchant un souffle qu’elle ne pensait pas retenir. Les applaudissements explosent d’un seul coup, comme stupéfaits, et elle incline légèrement la tête, avant de rendre son violon au musicien. Elle s’éclipse alors discrètement, et sort de la galerie, profitant de l’air frais pour s’allumer une cigarette. C’est Brian qui la rejoint, et elle lui lance un regard. « Proud of yourself, are you ? » Il rit un peu, a la décence de se montrer gêné, alors qu’il lui demande sa cigarette. Elle lui tend après un instant d’hésitation. « It worked though. You’re not tense anymore. I’ll be honest, I was worrying for your teeth, with you clenching them that hard. » Elle roule des yeux, alors, et récupère sa cigarette du bout des doigts. Elle en prend une timide bouffée, puis une plus profonde lorsque le goût de la nicotine surpasse celle de l’homme.  « It’s been almost two hours. » Dit-elle alors, presque inutilement. Brian acquiesce en silence, et lorsqu’elle le voit grimacer, elle ne peut s’empêcher de froncer les sourcils. « You have to go, don’t you. » Il hoche la tête, frottant l’arrière de sa nuque, et elle se retient de soupirer. « The wife, you know how it is. » Elle ne sait pas, mais elle sourit en réponse tout de même. « Go, don’t worry about it. » Il s’éclipse avec un sourire, et elle retient un grognement alors qu’elle jette presque rageusement son mégot par terre. Il lui prend, sans surprise, l’envie de faire de même.

Elle est près du quatuor lorsque les gens commencent à applaudir, et elle se tourne, contemplant l’arrivée de Giovanni et de sa muse sans sourciller. Evidemment, la présence de la sorcière explique tout — du retard aux joues encore rosies du jeune homme. L’implication fait grimacer Silje, et elle fait de son mieux pour rester loin de lui le plus longtemps possible. Elle ne veut pas sentir l’odeur de cette femme sur son protégé, pas plus qu’elle ne veut des preuves des activités primales qui les ont retardés. Elle évite aussi l’homme pour ne pas s’énerver contre lui — pour cette opportunité qu’il a ratée, et pour la mauvaise image qu’il lui a donnée. Et Isobel, garce, qui s’ose à la saluer ; elle ne détourne pas les yeux, et la fixe d’un regard indifférent, avant de se reconcentrer sur cette coupe de champagne qu’elle tient depuis peut-être trente minutes. Giovanni fait le tour des convives, évitant peut-être instinctivement Silje — et c’est aussi bien. C’est la sorcière qui finit par la trouver alors qu’elle contemple une nouvelle fois l’une des pièces maîtresses, et elle réprime à peine une grimace à son approche. « Must you be so crass ? » Lui répond-elle, peu impressionnée par sa tentative de provocation. Elle lui jette à peine un regard, arrangeant d’une main distraite l’une de ses boucles d’oreille. « Better, now that Giovanni is here. Did you have to rob him of an opportunity ? » Elle se tourne vers elle alors, les sourcils froncés en une expression de mécontentement. « The Director of the LSU Museum of Art was here tonight. » Rajoute-elle avec un soupir. « If you’ve only come to stare at your own face, you’re welcome to do just that. Now if you’ll excuse me. » Elle esquisse un sourire sans chaleur et s’efface silencieusement, vers Giovanni qui est enfin seul. Elle ne lui rend pas son sourire, et accepte froidement la bise qu’il place contre sa joue.

L’odeur de la sorcière est assez forte pour la faire plisser du nez. « I heard you played tonight, I can’t believe I missed that. » Il se croit charmant, avec ce sourire blanc et cette peau bronzée, il ne lui fait ni chaud ni froid. Ce sont les musiciens, qui lui réchauffent le cœur. Elle détourne le regard. « It’s not the only thing you missed. » Murmure-t-elle en réponse, se glissant à ses côtés pour observer la même toile que lui. Leur dos est tourné à la foule, et c’est tout aussi bien. « Brian was here. » Explique-t-elle alors, et elle n’a pas besoin de se tourner vers Giovanni pour voir la déception sur son visage. « Oh. Look, Silje, I’m sorry — » Elle l’interrompt d’une main, et lui jette un regard. « I don’t want to hear it. Hopefully you’ll know better next time. If not, well, I’m sure I can find someone who wants this more than you do. » Elle se tourne alors, la menace proférée, et elle le quitte en quelques pas, bien sourde à ses tentatives de l’en empêcher. C’est presque inconsciemment qu’elle retrouve Isobel devant l’une des toiles, et elle ne peut empêcher la soudaine mesquinerie. « Ah, so it is true. One of your breast is bigger than the other. » Elle ne regarde pas la sorcière, bien contentée de cette version d’elle bien imparfaite. « Giovanni really has an eye for these things, does he not ? »  
 
CODAGE PAR AMIANTE

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I keep a memory of your face, and I only pull it out when I long for your embrace. Deep within the corners of my mind, I'm haunted by your smile as it promises me joy like a journey to a tropic isle. It's not hard to see what you do to me is like a page right out of Ernest Hemingway ; though I try to fight, all the words you write leave me standing in the starring role in some tragic lover's play.
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MessageSujet: Re: so, we meet again ø silje   Mer 15 Aoû 2018 - 13:56



so, we meet again

« Ou vous avez un rival ou vous n'en n'avez pas. Si vous en avez un, il faut plaire pour lui être préféré (…). »





« Must you be so crass ? »

Isobel jubile. Si la vampire s’attache à ne pas lui jeter un seul regard au risque très certainement de tomber amoureuse de ses yeux de biches à l’air malin (oui oui), la sorcière elle ne manque pas une miette du spectacle qui se joue sur le beau profil. Silje arrange sa boucle d’oreille et Isobel laisse glisser ses yeux verts au creux de l’œil, sur le front, autour de la bouche. Ça lui donne envie de rire, cet effort particulier pour ne pas avoir l’air tout à fait contrariée. Ça va qu’Isobel n’est pas stupide et apprécie lire dans le regard qui lui est désormais adressé un agacement certain. Parfait. Ça lui convient et ne réprime pas le sourire de satisfaction qui apparaît ici et là depuis qu’elle est entrée dans l’exposition.

« Better, now that Giovanni is here. Did you have to rob him of an opportunity ? » La vampire répond enfin à son interrogation et Isobel ne peut s’empêcher d’afficher un air intéressé, se tourne légèrement vers la mécène qui continue son petit discours. La présence du directeur du Musée ? Elle a vraiment du monde dans la poche celle-là, se dit la Mayfair, pleine de surprise. En même temps, quelque part, ça ne l’étonne pas. Silje doit hypnotiser à peu près tout ce qui ressemble à un petit lutin de l’art. L’idée la fait sourire, Dracula comme un petit élément de cartoon qui saute partout, s’efforce de faire la moue aux artistes pour les amadouer, les petits bras tout agités et la gueule froncée lorsque quelque chose ne se déroule pas comme il lui plait. Quelque part les deux se ressemblent. Bien que ça lui déplaise, Isobel le sait bien. Bah, entre gens talentueux, il y a toujours quelque chose. Chacune de leur côté ont le sens des affaires, Isobel devra peut-être un jour reprendre la tête de la compagnie familiale et Silje et bien,… Silje continuera à faire ses petites magouilles ici.

Alors que celle-ci finit par s’en aller, la sorcière se laisse aller à un léger rire. Elle secoue la tête. Rien ne lui importe plus que son bon plaisir et peu importe si Giovanni ou Silje sont insatisfaits de cette soirée, pour l’instant, tout roule pour elle et c’est parfait. Elle observe les regards qui varient des tableaux à sa silhouette, de ses joues rosies par le blush, ses grands yeux et sa bouche peinte aux teintes franches apposées sur les toiles. Giovanni est très doué, il n’y a pas à dire. Il manie les courbes renaissantes, les codes strictes sans tomber dans l’académisme froid. Il redonne au paysage artistique un plus, un mieux, un quelque chose de divin au milieu des « installations contemporaines ». Tss.

Alors qu’Isobel se retrouve seule, elle passe tout son temps à admirer les peintures exposées, s’entiche particulièrement de celles qui la représente et s’admire plus encore sous la touche de Giovanni. Les cheveux longs et noirs descendus en cascade, le regard clair et lumineux, les lèvres pèche : toutes ces tâches de couleurs contrastent avec la blancheur exquise de sa peau. Sous les draps aux multiples motifs, couleur sang, bleu profond, violet royal, jaune divin : elle rayonne. Ça lui plait, lui file des frissons. Elle est bien heureuse d’être un unique exemplaire en ce bas monde mais s’avoue avec un plaisir non-dissimulé qu’elle passerait bien une ou plusieurs nuits avec la créature qu’elle voit alanguie dans ce tableau. Un soupir s’échappe de ses lèvres, elle penche la tête sur le côté, tout à fait satisfaite. Coupable du péché d’orgueil sans même se cacher, Isobel se dit qu’il lui faudra faire plus attention que Narcisse lui-même.

Le temps passe et elle ne fait rien d’autre qu’évoluer entre les convives, ne s’arrête pas pour le commun des mortels mais simplement pour passer du temps à observer les œuvres. Elle a capté le regard attristé de son amant, il n’est pas aussi content qu’il devrait l’être ce soir. Bien. Ça la fait sourire, à l’intérieur, se moque de cet état d’âme. Ne dit-on pas que les artistes sont plus performants sous la douleur, sujets au désespoir ? A-t-on déjà entendu parler d’un artiste heureux ? Isobel en doute largement. Mais elle s’est contentée de lui adresser une moue désolée en retour, lui promettant d’un regard de « rattraper son erreur », profiter de tout ce talent confiné dans ce corps divin ne lui sera pas un problème. Sa tristesse nourrit l’appétit de la sorcière.

« Ah, so it is true. One of your breast is bigger than the other. » La Mayfair ne l’a pas entendue arriver. Le pic lui fait lever un sourcil dédaigneux en direction de la vampire qui ne s’autorise pas à la regarder. « Giovanni really has an eye for these things, does he not ?
— I didn’t know you were thinking about my breast, Silje, that’s a surprise. A little bit pervert, I love it, just like your pup. I live not so far away from here if you want to see the difference by yourself. Le ton que la sorcière emploie est plat, à peine relevé par l’excitation de cette rivalité qui a démarré autour d’un tableau… Un tableau que Silje a remporté. Rien que de se rappeler cette querelle, Isobel a le sang qui bout. La vampire a eu l’ascendant sur elle plusieurs fois depuis leur rencontre, et ça a le don de la rendre dingue. Ce qu’elle cache derrière un visage indifférent à l’exception du même sourire presque narquois qu’elle se traine sans arrêt. Sortie de la vente aux enchères sans rien entre les mains, Isobel est rentrée ce jour-là faire un scandale aux pieds de son père. Lui qui importe et exporte ce type de produits n’a pas su trouver chaussure au pied de sa très chère fille. Une double-défaite pour Isobel qui ne cesse aujourd’hui de chercher à se venger. Son regard se porte par réflexe sur la vampire puis sur le grand tableau encore caché sous le drap.
— Yes, he has. But he must have made a mistake here, maybe you’re not pushing him hard enough. I can take the lead after tonight if you’re not feeling it on this one. After all, I gave him inspiration. I made him work these past weeks. In fact, I am currently the centre of his universe. Look, he’s made tons of beautiful sketches today. En parlant, la brune ouvre sa petite pochette pour lui montrer l’épaisseur conséquente de la liasse de kraft sans lui donner à voir les dessins. He drew you too, by the way, between our « sessions ». Elle referme sa pochette et glisse le champagne entre ses lèvres, termine le peu qu’il reste d’un geste gracile, attend que le serveur passe pour y déposer le cristal vide et récupérer une autre flûte. Is he sad ? About the director, I mean. La brune pause dans sa phrase, tourne son visage vers Giovanni qui discute plus loin avec des habituées du milieu. Il les charme à sa manière, il sait y faire. I like him sad, you know. He’s better when he’s desperate. »


© TITANIA

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and he said ;

“she was a catch, we were a match
I was the match,
that would fire up her snatch, but there was a catch,
I was no match
I was fired from her crotch
now I sit around and watch
the mermaids sun themselves,
out on the rocks
they are beyond our touch,
I watch and watch
them wave at me, they wave and slip
back into the sea“
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→ ERRANCE : Elle se trouve généralement chez elle, sauf lorsqu'il lui faut être à l'Elysium, qu'elle a d'ordinaire l'habitude d'éviter.
→ TROMPE L'ENNUI : Directrice de l'Orchestre Symphonique de Bâton-Rouge, elle partage son temps entre les galas de donations et les cours aux jeunes prodiges.
→ PROFIL PSYCHOLOGIQUE : Passionnée. Talentueuse. Inapprochable. Elégante. Droite. Fière. Excessive. Généreuse. Parfois cruelle. Emotionnellement inaccessible. Effrayée par la solitude. Mentalement instable. Bienveillante envers ses protégés. Obsessionnelle. Loyale. Romantique. S’attache facilement. N’a plus qu’un seul grand amour dans sa vie, la musique « classique ».


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MessageSujet: Re: so, we meet again ø silje   Aujourd'hui à 17:57

Isobel
&
Silje
Into the jaws of Death,
Into the mouth of hell,
Rode the six hundred.

Elle ne peut s’empêcher de trouver un certain charme à cette toile. Ca l’embête bien, parce que le sujet principal est cette femme qui se tient à ses côtés, et qu’elle préfèrerait la voir brûler plutôt que d’être ainsi exposée. Mais si elle est honnête, la forme de la sorcière se mêle parfaitement aux tons du tableau. C’est surtout dû au talent du peintre, bien sûr, mais elle doute que le résultat puisse être le même s’il avait peint, disons, l’une de ces blondes sans intérêt qui se pavanent à présent autour de lui. Bien sûr, elle aurait aimé le voir repartir avec l’une de ces idiotes sans talent et sans saveur plutôt qu’avec la vipère qui se tient à ses côtés. Elle sait que ce ne sera pas le cas. Elle se demande d’ailleurs si la Mayfair sera positive pour sa carrière — elle en doute. Peut-être stimule-t-elle sa créativité à l’instant présent, mais elle sait déjà que lorsque la sorcière sera lassée, Giovanni se retrouvera alors seul. Les chagrins d’amour peuvent être bénéfiques à l’art, mais Silje a pu constater que ce n’était que rarement le cas. Elle se prépare déjà à la période basse qu’il va connaître, et elle se demande déjà quelle femme elle va pouvoir lui mettre dans les pattes pour le distraire — saletés d’humains avec leurs envies de luxure.

La réplique de la sorcière lui arrache un sourire, bien à contrecœur. Elle n’est pas bernée par le ton qu’emploie sa compagnie, et elle doit se faire violence pour ne pas lui jeter un regard. Elle n’a pas besoin de voir son visage pour deviner son irritation, elle peut la sentir exulter par tous les pores de la brune à ses côtés. C’est bien plus enivrant que la tristesse et la déception qui émanait de Giovanni, quelques instants plus tôt. « Giovanni talks about them enough. » Répond-elle, presque distraitement. Elle-aussi adopte un ton faussement détaché. « And here I thought someone such as you would enjoy exposing herself. Why not take your clothes off here, where everybody can appreciate the lack of symetry of your body ? » A ces mots, elle se tourne enfin vers la sorcière, et elle lui lance un sourire parfaitement dénué de chaleur. Elle ne peut retenir le regard dédaigneux qui parcourt la silhouette de la brune, et elle note sans pouvoir s’en empêcher le designer de sa robe. C’est d’autant plus énervant qu’Isobel a relativement bon goût — peut-être qu’elle n’a pas le choix, finalement, il lui faut bien contrebalancer ses nombres imperfections.  

Elle ne peut que sourire aux mots de la jeune femme, d’un air un peu condescendant. C’est adorable de penser que cette enfant puisse s’imaginer faire ce que Silje fait depuis presque sept siècles. Elle incline un peu la tête alors qu’elle regarde, bonne joueuse, les liasses de papier maltraitées et à l’étroit au fond de ce sac. Ca la rendrait presque triste d’entendre Isobel parler de cette façon. Les priorités de la sorcière sont tellement mal placées que s’en est navrant. Elle ne semble capable que de se voir, sans comprendre ce qui est véritablement important dans l’exposition de ces œuvres. Tant pis, Silje n’a pas d’intérêt à l’attendre. Il faudrait plus d’années qu’Isobel n’en a pour lui apprendre son insignifiance face à l’art qui les entoure. Il est immortel, bien plus encore que Silje. Mais évidemment, elle ne peut pas vraiment blâmer la sorcière pour son manque de sagesse — elle n’a vécue que quelques décennies misérables, après tout. « Oh, darling. You’re like a toddler, basking in your parents’ attention and throwing a tantrum when it is lost. » Elle se redresse légèrement, le dos aussi droit que possible, alors que ses lèvres se meuvent en moue désolée, et juste un brin moqueuse. « You’re far too selfish to take care of anyone. »

Elle ne devrait peut-être pas être aussi provocante — elle peut lire en Isobel en feu qui n’attend que de s’échapper — mais elle ne peut pas s’en empêcher. Penser que la jeune femme s’imagine à sa hauteur est bien trop amusant pour qu’elle ne résiste. Ca l’attriste presque, ce besoin compétition que semble ressentir la sorcière. Ce serait mentir de dire qu’elle n’a pas la même envie, mais elle a des siècles d’avance sur leur petite guerre ; Isobel est bien naïve si elle s’imagine capable de la rattraper, pire encore, de la dépasser. « It’s good to know that I made a lasting enough impression to allow him to draw me from memory. Seeing his current company I was afraid he had lost his mind. » Et finalement, c’est peut-être un peu cruel d’utiliser Giovanni comme un pion dans leur guerre. Mais pense-t-elle de façon un peu enfantine, c’est bien Isobel qui a commencé, et Silje ne risque pas de la laisser faire sans montrer un semblant de résistance. « Although I am not sure why you would brag about him being sick enough of seeing your body to desire drawing mine. » Pas que le garçon ait eu l’honneur de la voir nue, mais ça ne l’empêche pas d’imaginer, suppose-t-elle.    

Lorsque l’attention de la sorcière se détourne vers Giovanni, Silje la suit du regard, avant de le fixer à son tour. Il est dans son élément, c’est clair, et c’est le charme italien qu’elle connaît bien qu’il met à l’œuvre. C’est assez pour ceux qui l’entourent, mais elle sait que fût-il né des siècles auparavant, il se serait fait manger tout cru par les foules. « He’s disappointed, as he should be. » Répond-elle alors, ignorant pour l’instant la seconde partie des mots de la jeune femme. Elle roule des yeux intérieurement, parce qu’elle ne doute pas de la capacité d’Isobel à le désespérer juste pour son amusement. Elle sait qu’elle a tort, d’ailleurs, car connaissant Giovanni depuis près de cinq ans, elle sait que le jeune homme peint les tableaux les plus intéressants lorsqu’il est heureux. « He won’t be for long. » Annonce-t-elle finalement, mystérieusement. Cela fait bien longtemps qu’elle n’a pas utilisé ses dons sur le jeune homme mais elle compte bien faire en sorte dès ce soir-là de supprimer totalement le désir qu’il ressent pour cette femme. Ca lui épargnera bien des migraines, et elle aura le plaisir de le voir rejeter les attentions de cette narcissique.  
 
Elle se détourne finalement du jeune garçon qui rit sous les attentions d’une quadragénaire, et elle pose un regard indifférent sur la sorcière qui se tient à ses côtés. « You should enjoy being the center of the attention while it lasts. » Lui dit-elle avec un sourire qu’elle ne pense pas, déposant sa coupe encore pleine sur un plateau qui passe non loin d’elle. Elle recentre sa veste de tailleur, arrangeant le bouton d’une main délicate. « God knows that in two centuries, those paintings will be lost in someone’s attic, and you along with them. » Elle ne veut pas être pessimiste, mais malgré son talent, Giovanni ne percera jamais. Peut-être dans un millénaire. Pourquoi voudrait-on acheter des toiles de la renaissance peintes au XXIème siècle, sauf si l’on n’a pas les moyens de se procurer des véritables. Giovanni ne sera jamais exposé dans un musée. Cela n’importe peu à Silje, ce n’est pas la renommée de ses artistes qu’elle attend — mais elle sait que ça importera à Isobel. Son sourire devient cruel un instant, alors qu’elle plonge ses yeux dans ceux de la sorcière. « You missed your window, child. You’re three centuries late. »  

 
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MessageSujet: Re: so, we meet again ø silje   Aujourd'hui à 21:36



so, we meet again

« Ou vous avez un rival ou vous n'en n'avez pas. Si vous en avez un, il faut plaire pour lui être préféré (…). »





« You’re far too selfish to take care of anyone. » Isobel lui adresse un regard sans équivoque : elle hausse les épaules, affiche une moue convaincue par les mots de la vampire. Pour une fois qu’elles sont d’accord… Isobel ne va pas renier sa nature. Seule sa petite personne l’intéresse et puis, le seul qui sache lui tirer une expression humaine : Eamon Mayfair. Penser à son père lui tire une grimace, qu’on pourrait confondre avec de l’irritation. Elle fait tomber son regard au sol puis le rattrape à la volée pour se poser en plein cœur du tableau. Elle ne veut pas y penser, ça lui serre le cœur. Parfois, elle se demande si c’est ce que cela fait, d’avoir le cœur brisé. La sorcière se demande si c’est ce que ressentent ses amants, lorsqu’elle s’en va, avouant le mensonge ou la lassitude en fonction. Ou alors… est-ce pire ?

Heureusement, Silje revient à la charge, critiquant la sorcière à travers les choix de Giovanni ; et la distrait ainsi du sort de son père. S’il est heureux à son bras, elle ne peut pas en dire autant. Elle est déjà ennuyée, à dire vrai. Mais le peintre lui permet de passer le temps et il est bon amant. Elle trouverait cela dommage de gâcher ce corps de dieu, cet esprit enjoué et l’occasion de venir marcher sur les platebandes de la vampire. Alors elle s’accroche au bras de l’italien.

« Although I am not sure why you would brag about him being sick enough of seeing your body to desire drawing mine.
— Oh, he is not. » Ses mots sont vagues, son regard tout autant ; malgré cela un léger sourire perce son visage pâle qui se tourne en direction de Giovanni. Il sait y faire, il n’y a pas à dire là-dessus, il capture son audience, laisse son charme opérer. Néanmoins, il est heureux, et Isobel le préfère triste. Lorsqu’il pleure sur ses genoux, lorsqu’il donne à peu près tout pour rattraper l’erreur qui lui vaut les reproches de la sorcière. Elle préfère le voir à ses pieds — quoi que réflexion faite, elle n’a pas besoin pour cela qu’il soit désespéré. La Mayfair se demande ce qu’il adviendra de lui quand elle partira ; elle n’est pas l’amour de sa vie, c’est certain et heureusement pour lui, se dit-elle, néanmoins son impression sera aussi fugace qu’intense. C’est presque purement marketing. Peut-être se servira-t-il de son désespoir pour plonger dans les ténèbres de son talent d’artiste ? Ou alors arrêtera-t-il l’art pour un temps ? Isobel s’avoue ne pas être sure du destin de Giovanni à ce niveau très précis. Après tout, ça n’est pas parce qu’il est meilleur sexuellement après une “dispute“ que son talent suivra.

« He’s disappointed, as he should be.
— Hm. Les deux regardent dans la direction de l’italien, un vague sourire reste toujours en place sur les lèvres de la brune.
— He won’t be for long. » Les mots, mystérieux, attisent sa curiosité et elle fait un effort particulier pour ne pas jeter un regard en ce sens à la vampire. Il ne manquerait plus que ça. Non, lorsqu’elle est avec Silje, elle doit se contrôler car Isobel sait que la mécène est extrêmement attentive à tous les détails. Rien ne lui échappe.
« You should enjoy being the center of the attention while it lasts. » Son regard passe de Giovanni à la vampire, un air amusé se pose sur les traits de son visage tandis qu’elle se redresse, baisse les yeux pour atteindre celui de Silje. Son attitude fait rire la sorcière, Isobel voit bien que la mécène prend goût à leur petit jeu enfantin, deux créatures purement magiques se marchent dessus et Giovanni se trouve au centre. Silje a beau faire « l’adulte », la sage, celle qui a plusieurs décennies d’avance mais Isobel n’en a que faire à cet instant alors qu’elle ne montre pas plus de maturité qu’elle-même. C’est pourquoi elle ne prend pas le pic de la vampire trop à cœur, pas celui-là. Parce qu’elle ne s’attend pas à ce que cela dure, jamais. Pourquoi s’attacher à ces petites créatures inoffensives, des marionnettes sans réelles ambitions, des morceaux de chaire qu’il faut pousser ou écraser. Giovanni parti, ce sera ensuite quelqu’un d’autre, puis un autre. Et quand elle aura assez des petits talents, Isobel se tournera vers l’un de ses créateurs fétiches, un photographe, peu lui importe. Ça n’est qu’un passe-temps qui la délivre au milieu de son travail.

« God knows that in two centuries, those paintings will be lost in someone’s attic, and you along with them.
— And I am the bad one, here ? L’exclamation est lancée à la volée, un petit rire s’est échappé de ses lèvres. Isobel s’amuse. Son sourire en est la preuve, celui qu’elle laisse flotter alors que la vampire lui accorde enfin un vrai regard, tournée vers elle. D’ailleurs, quelque chose change dans son expression, le sourire devient presque carnassier et Isobel se surprend à trouver la vieille matronne exaspérée plus charmante encore. Alors elle l’observe vraiment, comme elle le ferait d’une œuvre d’art, avec l’application réservée aux amateurs d’art, que dit-elle… aux esprits dignes de recevoir cet art.

« You missed your window, child. You’re three centuries late. » L’expression ravie de la sorcière s’agrandit, encore un peu. Elle adore cette manière qu’à la vampire de la sous-estimer, “child“. C’est si facile après tout, Isobel s’attache à ne pas montrer son potentiel, cache du regard étranger l’étendue de ses capacités. L’enfant capricieuse. “Child“.

« And I think you’re too many centuries old, just to be, but here you are. Enjoying it. And you know what ? Just right now, I like you. » Le regard de la sorcière devient malicieux alors qu’elle se rapproche un peu plus d’elle, réduit la distance, pointe la courbe de ses lèvres de son index manucuré. « Aren’t we just the same somewhere ? Look a you, this smile, I do love it. It gives you a lil something… less frigid, I’d say. You love playing this little game of ours, don’t you ? Le sourire de la sorcière se teinte de sensualité, elle lui adresse un de ses regards particuliers qu’elle ne conserve que pour quelques âmes choisies. It’s a shame you can’t feel anything, my dear, ‘cause you've successfully turned me on. » L’être sensuel hausse un sourcil comme pour appuyer l’énoncé qu’elle lui glisse sur le ton de la confidence. Ceci fait, Isobel recule d’un pas en arrière, percevant la présence de Giovanni, pas loin. La sorcière lui adresse un signe de main, toujours postée aux côtés de la sponsor, ce à quoi l’italien répond par un large sourire.

« Hm, by the way, I didn’t even have to use anything to have him. He’s pretty weak before a pair of big blue eyes, isn’t he ? Please give me a call when you fix this problem, because I know you’ll have to do your thing to get rid of me, am I right ? »

© TITANIA

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