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 Do not go gentle into that good night — Camille

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→ ORDRE CLANIQUE : La Horde ; Apache
→ NUISANCE DEPUIS : 80 ans
→ SOUS L'EMPRISE DE : Raccoon-Garou — Un optimisme à toute épreuve.
→ ERRANCE : Au volant de son pick-up, à faire des allers-retours entre les jardins de ses clients et la pépinière.
→ TROMPE L'ENNUI : Architecte-paysagiste
→ PROFIL PSYCHOLOGIQUE : Optimiste. Intense. Passionnée. Généreuse. Gourmande. Malicieuse. Sarcastique. Séductrice. Ecolo. Impulsive. Protectrice. Sincère. Candide. Romantique. Honnête.


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MessageSujet: Do not go gentle into that good night — Camille   Sam 1 Sep 2018 - 22:13

Camille  
&
Jeanne
Do not go gentle into that good night.

La forêt n’est pas silencieuse, autour d’elle, mais ce sont des bruits qu’elle connaît bien, qu’elle préfère même à ceux de la ville. Elle entend les arbres grincer sous le vent, et les branches plisser sous les écureuils. Ca fait plus d’une semaine qu’elle est là — elle a perdu le compte des jours — et elle ne se lasse pas d’entendre la vie autour d’elle. C’est reposant, et ça la calme juste assez pour ne pas céder à la tentation de fuir à nouveau. Si elle le pouvait, elle continuerait sa perpétuelle course en avant. Pourtant, elle sait qu’elle n’a plus ce luxe. Une partie d’elle n’a plus envie. Elle est fatiguée, à vrai dire, et il y a cette part qui grandit de jour en jour qui n’a qu’un désir, celui de retrouver sa famille. Camille, d’abord, dont l’absence avait été une autre empreinte sur son âme dont elle ne s’était même pas aperçu, puis ses parents, son clan, plus tard. Mais elle ne s’est toujours pas pardonnée ; elle en est bien incapable, et elle doute pouvoir un jour les affronter. Rien que d’y penser, elle a la nausée. Ils méritent tellement mieux qu’elle, tous autant qu’ils sont. Ce n’est pas que sa famille, c’est Lysander aussi, et si elle a fait de son mieux pour ne pas penser à elle, la sorcière n’est jamais loin de ses pensées. Elle ne ressent plus la nécessité biologique de penser à elle mais elle en a toujours le besoin. C’est assez pour qu’elle se fasse un peu à l’idée de l’avoir à ses côtés pour le reste de sa vie.

Elle a les yeux grands ouverts, et elle fixe le ciel à travers les branches. Le soleil s’est couché depuis peu, mais ce sont les étoiles qui l’intéressent, et elle contemple avec satisfaction la voie lactée, d’ordinaire bien invisible, même pour ses sens plus développés. Elle a à moitié envie de rester ici, ou tout du moins de venir dans une zone moins peuplée. Ca lui a manqué, se rend-elle compte, ce contact direct avec la nature. Elle aime la sensation de la terre contre sa peau, elle aime l’odeur de la végétation, et le bruit de la forêt. C’est là qu’elle appartient, et son garou le lui fait bien comprendre. Mais elle a l’impression qu’il est fâché, et elle ne sait que trop bien pourquoi, même si elle ne veut pas y penser. Endormir son lien lui facilite la tâche mais ce n’est pas sans conséquence, et elle ressent cette absence comme un vide qui la déséquilibre. Ca lui rappelle ses premières années, alors que l’animal lui était encore peu familier, et qu’elle s’était demandé s’il n’était pas plus mal d’être humain. Esther avait été là, cette fois-ci, mais aujourd’hui elle est seule avec ses pensées. Seule à se demander s’il est bien juste de se faire manipuler ainsi par le destin. Et elle se sent égoïste, parce qu’elle pense à tous ces garous qui ne rencontrent jamais leur âme-sœur — elle se demande si sa famille aurait honte de voir qu’elle refuse la sienne, et elle sait que ce serait probablement le cas.

Elle n’en est pas fière, mais elle passe la moitié de ses nuits dans un état de transe. La méditation ne lui vient pas facilement, depuis peu, et elle est prête à tout pour se remettre en contact avec l’animal. Elle sait ce qui la bloque, bien sûr, mais elle se persuade assez facilement qu’une bonne dose de plantes magiques devraient lui permettre de contourner le vide qui remplit son âme ; ce n’est pas le cas. Elle a les yeux écarquillés, et après quelques longues minutes, ce n’est plus le ciel qu’elle voit. Ca a beau être la dixième fois qu’elle se retrouve dans cet état, ça reste l’expérience la plus fascinante qu’elle n’ait jamais eue. Ses sens sont de plus en plus troublés, et elle s’endort sans même s’en apercevoir. C’est le but, bien sûr. Elle veut déclencher ses rêves, et ce n’est pas forcément la meilleure idée — comme pourrait le lui affirmer son grand-père — mais ça fonctionne. Elle se perd dans ses prophéties, et elle sait bien ce qu’il lui reste à faire, elle sait ce que son cœur demande. Elle sait ce qui va arriver. Mais elle n’est pas encore prête, alors, le matin venu, elle prévoit déjà de recommencer.  

Son carnet est rempli de poésies. Elle garde les nouvelles dans ses songes, n’ayant plus la place de les mettre sur papier. Mais elle sait. C’est presque suffisant. Elle comprend ce qu’il s’est passé, huit ans auparavant, même si elle n’arrive pas encore à l’accepter. Elle sait qu’elle est à court de temps, cependant, et que la réalité finira bien par la rattraper. Elle à moitié endormie quand elle entend un moteur de voiture se rapprocher. Le bruit étranger la réveille en sursaut, et elle grince des dents, le mal de tête déjà présent. Ses sens sont toujours un peu déformés, et elle se relève lentement du sol. L’aube se lève, et elle enlève une feuille de ses cheveux alors qu’elle se cache entre les arbres, les sourcils froncés. Elle ne reconnaît pas la voiture mais son nez identifie instantanément la personne qui en sort. Elle n’est pas prête, mais il semblerait que le destin ne lui laisse pas le choix. Elle se frotte les yeux et elle titube jusqu’à la clairière où s’est garée sa sœur. Elle s’appuie sur l’un des derniers arbres, et elle fixe, le regard un peu flou, la silhouette de Camille. « How did you find me ? » Demande-elle à voix basse, les mots rauques. Elle se racle la gorge, et grimace un peu, consciente qu’elle n’a pas parlé depuis plus d’une semaine. Elle regarde sa sœur approcher, et si elle doute soudainement de sa capacité à l’affronter, elle reste vissée sur place. En silence, elle déglutit.
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MessageSujet: Re: Do not go gentle into that good night — Camille   Jeu 6 Sep 2018 - 23:53

Do not go gentle into that good night
Jeanne & Camille

Elle a entamée une véritable chasse à l’homme, à moins que ça ne soit une sorte d’Escape Game grandeur nature où Camille glane les indices, lieux par lieux, personnes par personnes. Il a tout d’abord fallu demander l’adresse du domicile de Jeanne, à Lysander avec qui elle a passé un long moment à discuter, à vider son sac aussi. Elle se sent soulagée d’un poids, faisant désormais face à l’évidence, même si Camille n’a toujours pas réellement fait son deuil. Mais elle ne peut décemment pas faire l’impasse sur son autre sœur, l’oublier, l’ignorer, la bouder éternellement même si la rancune reste tenace. Jeanne est son ancrage, son fil rouge dans ce monde et elle ne peut clairement pas jouer les « mauvaises têtes » en vue de leur relation.
Adresse en poche, elle s’est glissée derrière le volant de sa voiture – écologique – pour trouver le domicile de Jeanne… sans Jeanne à l’intérieur. Forcément. Elle aurait dû se douter que quitte à fuir, elle a dû aller elle ne sait où. C’est donc ce type ultra bizarre qu’elle a trouvé à la place de sa sœur et son flair n’a pas tardé de repérer la nature de l’homme qui n’en était pas vraiment un. Un hérétique. Ça lui a collé des frissons dans le dos avant de bien vite oublier cette contre-nature d’avoir créer un être qui n’est que la moitié de lui-même, comme si la nature avait échoué dans sa conception, au profit d’un agacement qu’elle voulait contrôler, qu’elle a ravalée. Parce que putain, elle en a mis du temps à obtenir la position plus ou moins exacte de son ainée.

- Where is Jeanne ?
- Not here.

Ouais, super, merci Captain Obvious.

- I know she’s not here. I’m trying to find out where is she.

Silence, observation de la tête aux pieds, à certainement se demander ce que cette blonde voulait à la propriétaire des lieux. Tandis que Camille se demande ce que fait l’hérésie chez sa sœur. Jeanne est frileuse des vampires mais pas de ceux qui n’ont qu’une moitié d’âme ?

- I’m her little sister, Camille. Please, I really need to know where is she. It’s important.

Parce que cette chasse, cette quête, aurait pu être presque excitante si l’enjeu n’était pas si sombre.
Esther est catégorique à ce sujet : Jeanne se meurt, en silence. Peut-être pas au sens propre du terme mais ça fait 8 ans qu’elle ne vit que dans cette douleur, cette culpabilité qui lui bouffe l’existence comme un insecte que l’on ne réussit pas à déloger. Huit années qu’elle prend des décisions parfois sans aucun sens, pas dangereuse pour sa vie mais peut-être plus irréfléchies. Autant d’années qu’elle fuit, en plein déni, à pleurer la mort d’Esther.
Alors c’est au volant de sa bagnole qu’elle parcoure les kilomètres, gorge nouée. La peur est là, rôde autour d’elle malgré ses multiples tentatives pour la chasser. Elle ne veut pas se mettre en tête des images qui n’ont certainement aucun sens mais elle ne peut s’empêcher de se demander si Jeanne serait capable de la plus extrême des décisions, aveuglé par la douleur d’être responsable de la mort d’une sœur.

Le regard de Camille se perd un instant dans le rétroviseur, ses cheveux blonds dégageant ses cheveux. Les deux marques sont toujours là, vestige d’une nuit – plusieurs – animée, bestiale, hors du temps. Sa rencontre atypique avec Silje lui reste encore en mémoire et quand bien même elle ne réussit à pas faire complètement disparaitre cette chevelure rousse obsédante, elle lui a permis de décrocher un instant, de penser pour elle et seulement pour elle. Elle ne sait pas ce qu’en penserait Jeanne et pour être honnête, c’est le cadet de ses soucis aujourd’hui. Si elle était honnête avec elle-même, Camille souhaiterait presque retourner chez la vampire pour de nouveau décrocher de toute réalité et fuir ce qui l’oppresse ainsi.
Mais la fuite ne peut plus durer, celle de Jeanne en particulier. Elle a des choses à lui dire et même si sa sœur aînée n’est pas prête alors tant pis. Camille a toujours su la secouer un peu et Esther n’est plus là pour les guider, pour assumer ce rôle qu’elle tenait si bien de son vivant.

De son vivant

Ca lui creuse la poitrine de douleur, elle pourrait en crever si Jeanne n’était pas là. La garou se mord la lèvre et se concentre sur la route, bien déterminée à retrouver celle qui est à l’origine de ce fil rouge qui entoure aujourd’hui son poignet.
Il lui semble qu’elle arrive à destination, reconnaissant l’endroit que lui a décrit l’hérésie. L’aube se lève, offrant une magnifique palette de couleurs dorés sur un ciel presque parfaitement dégagé, illuminant les feuillages qui entourent la petite habitation en marge de la société, de la ville et de la pollution. La jeune femme se demande si elle aussi ne devrait pas faire une petite retraite de ce genre pour renouer avec la naturelle qu’elle chérit tant.
Elle gare sa voiture, en sort et ne peut s’empêcher d’inspirer à plein poumons l’air frais, ses sens s’ouvrant aussitôt à la communion, accueillant de plein fouet les odeurs apaisantes de l’herbe, du pin, le bruissement d’ailes d’un oiseau et les gazouillis harmonisant tout le reste.
Et parmi toutes ces odeurs, une en particulier se détache et attire son attention. Des bruits de pas l’accompagnent, presque mal assuré et lorsqu’elle détourne son regard vers sa gauche, la silhouette de sa sœur se détache pour venir s’appuyer contre un arbre.

Comme la première fois, son cœur loupe un battement mais la colère n’est plus ou en tout cas, plus si incontrôlable qu’elle ne l’a été il y a quelques jours. Les mots d’Esther l’ont aidé à accepter certaines choses, à en comprendre d’autres mais c’est surtout de revoir Jeanne qui la perturbe, qui lui agrandit le cœur de douleur et de joie mélangées. Elle a du mal à le reconnaitre pourtant … Comme abattue, vide d’énergie et si la garou peut au moins être soulagée de la voir en vie, elle s’inquiète malgré tout de l’état de sa sœur. Les quelques mots rauques lui parviennent bien que murmurés, Camille esquisse un mince sourire.

- I will always find you, remember ?

Elle désigne son poignet, là où se trouve cet éternel fil. Une croyance de Camille, comme quoi les âmes – au-delà des âmes sœurs – peuvent être reliés par ce qu’ils appellent le fil rouge. Deux âmes destinées, qu’elles soient sœurs, meilleures amies ou tout autre lien. Elle était gamine lorsqu’elle a promis à Jeanne que si un jour elle disparaissait, partirait, elle la retrouverait puisqu’il ne lui resterait plus qu’à suivre le fil pour remonter jusqu’à son cœur. Des paroles d’enfants qui, pourtant, se cristallisent avec le temps.

Camille s’approche de sa sœur qui reste plantée là, entre les arbres.
Elle lui a manquée, à en crever et maintenant que la colère s’est tassée, elle prend conscience à quel point.

- It’s your weird guest who told me where you are.
Elle marque une pause, légère, courte. You can’t run anymore.

La garou se glisse jusqu’à elle, ses pas pourtant légers faisant craquer quelques brindilles sous son poids. Face à sa sœur, Camille ne tremble pas, contient malgré elle toutes ces émotions qui ne demandent qu’à sortir, faisant palpiter son cœur. La voir dans cet état lui massacre le cœur. Cernes sous les yeux, épaules affaissées, voire peut-être un poil amaigri, la jeune femme se demande ce qu’il se serait passé si elle avait bêtement joué les fières pour la laisser crever ici sous le coup de l’amertume.

- You have to come back now. Sa voix et ses mots se font plus doux que la première fois et elle lutte pour ne pas se jeter à son cou, la garder contre elle et chialer dans ses bras. Personne ne peut imaginer à quel point Jeanne lui à manquer. You can’t continue hiding here forever, there are some people who needs you.

C’est peut-être abrupt de commencer à la raisonner tout de suite mais elle n’est pas genre à tourner autour du pot, à faire durer le suspense. Mais ça ne change rien à la difficulté de la situation. Elle a mal au ventre, mal au cœur, sent déjà les larmes pointées sans pour l’instant la trahir mais Camille est consciente qu’il ne lui faudra pas grand-chose pour pleurer. Elle est arrivée ici, persuadée de conserver toute l’assurance cumulée ces derniers jours… Mais en cette seconde, l’incertitude – bien qu’invisible – pèse sur ses épaules.

- I need you. So much. I have already lost one sister. I will not stand to loose you Jeanne.



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MessageSujet: Re: Do not go gentle into that good night — Camille   Ven 5 Oct 2018 - 12:40


Camille
&
Jeanne
Do not go gentle into that good night.

Je te trouverai toujours, lui dit-elle, et elle en rirait presque. Ce souvenir d’enfance est charmant, et s’il n’était pas teinté par la lâcheté de Jeanne, elle ne se sentirait pas coupable d’être touchée. Parce que pendant huit ans Camille a été bien incapable de la trouver, après tout ; c’est bien un jeu cruel du hasard qui l’a remise sur sa route. Aujourd’hui, elle n’est pas sûre de vouloir l’appeler cruel. C’est peut-être exactement ce qu’il lui faut. Car si Jeanne survit encore elle ne vit pas vraiment, ou alors sous des faux-semblants et une couche de remords qui menace de la noyer de plus en plus à chaque année qui passe. Elle se tuait à petit feu. Et elle le sait, mais pendant longtemps elle a refusé d’ouvrir les yeux, refusé de voir que son attitude ne l’aidait pas. Elle n’en est pas au point de s’auto-détruire — quoiqu’elle doute qu’un psychologue soit d’accord avec elle — mais elle n’en est plus à sa première décision irréfléchie. Et elle qui a longtemps vécu avec une certaine dose d’adrénaline constamment présente, ses jours « tranquilles » à Bâton-Rouge sont autant de détails auxquels elle doit également s’adapter.

Mais elle est bien là, devant elle, et Jeanne est curieuse de sa capacité à la traquer. Cela ne fait que huit ans mais elle a l’impression que Camille a bien grandi depuis la dernière fois qu’elle l’a vue. C’est comme si elle avait pris vingt ans d’un seul coup, et c’est une pensée ridicule, mais elle a l’impression d’avoir raté la moitié de la vie de sa petite-sœur. Elle regrette, une fois de plus, avoir laissé sa détresse, sa honte, la tirer vers le fond, loin de la lumière de sa sœur. Ces quelques jours passés dans la forêt lui ont ouvert les yeux, et elle sait que si elle avait choisi différemment, elle ne serait pas dans l’état où elle est aujourd’hui. Elles se seraient aidées mutuellement, deux sœurs dans la tourmente, et peut-être que Jeanne ne ressentirait pas à présent le besoin de rester le plus loin possible de son âme-sœur, malgré le déséquilibre que ça lui cause. Jeanne ne bouge pas alors que Camille avance vers elle, les bras croisés autour de son ventre. Elle arrange légèrement son débardeur contre son ventre, camouflant la peau un peu trop pâle. Elle hésite à faire un geste vers sa sœur, mais elle a peur de sa réaction, alors elle reste contre son arbre. Le contact la calme.

Et lorsque le mystère est éclairci, elle ne peut s’empêcher de sourire un peu. Elle est contente de savoir qu’Amadeo est resté chez elle en son absence, et elle espère simplement que le frigo était assez plein pour contenir ses appétits — quoiqu’elle ne doute pas de sa capacité à trouver de quoi manger. Mais la deuxième partie des mots de Camille lui fait froncer les sourcils, et elle détourne le regard, gênée. Elle le sait, même si elle a encore du mal à l’avouer à voix haute. C’est peine perdue que de continuer à courir, à fuir, parce que son cœur finira par la rattraper, tandis que ses démons ne la quittent finalement jamais. Alors, presque trop distraitement, elle hoche la tête. Elle resserre ses bras autour de son ventre, comme pour se protéger d’une discussion qui lui fait mal, et elle s’écrase juste un peu plus contre le tronc d’arbre. « I know. » Dit-elle finalement, dans un souffle, et son aveu la surprend presque. Mais elle est prête à assumer, au moins juste un peu. Partir à nouveau la rendrait simplement cruelle et elle ne souhaite pas faire cela à sa sœur, et elle ne souhaite pas non le faire à Lysander. Si elles décident qu’elles veulent Jeanne autour d’elle, même si le garou n’y croit pas, alors elle restera.

Elle relève finalement la tête et elle sourit, quoique tristement, vers Camille. Avec les yeux un peu plissés, elle se déplie, et fait un pas hésitant vers sa sœur. Ses sens sont toujours un peu modifiés et le sol semble bouger sous ses orteils, et elle se rend soudainement compte qu’elle a froid. Son derme est hérissé de frissons ; cela a du sens, elle est pied-nus et son jean est humide de la nuit et de la terre. « I need you too. » Avoue-t-elle finalement, faisant un dernier pas et embrassant Camille dans une étreinte. Elle presse un baiser contre la tempe du jeune garou et elle caresse ses cheveux avec une main, profitant presque égoïstement de cette étreinte qu’elle n’est pas sûre de mériter. « I’m glad you found me. » Lâche-t-elle au creux de son oreille, déposant un nouveau baiser sur sa peau avant de s’écarter. Il y a une odeur qui lui titille le nez et elle ne sait pas si elle est due à ses sens encore déformés ou si elle vient de Camille. Mais elle ne dit rien, souriant un peu avant d’attraper la main de sa sœur. « Come on. »

D’un pas assez lent elle la ramène à travers les arbres vers son petit camp de fortune. Elle la relâche pour rallumer les braises de son feu, restant au plus près des flammes lorsque ces dernières reprennent pour se réchauffer. Elle invite Camille à s’asseoir d’un geste de la main, et après avoir hésité un instant, elle lui tend son carnet de poésies.  « I want you to have this. It’s … Every time I dream a prophecy, I write it down. » Elle reste hésitante et elle détourne le regard, enroulant à nouveau ses bras autour de son ventre. « Not everything will make sense to you but … I dreamed of you quite a lot, during those years. I guess I always knew this day would come. » Recroquevillée sur elle-même, elle ramène ses genoux sur sa poitrine et pose son menton dessus, jetant finalement un œil vers sa sœur. « I can’t believe I let myself become so blind. God, grandpa would be ashamed of me. » Elle se mord la lèvre alors et cligne des yeux pour repousser les larmes, déglutissant. « Why are you here Camille ? Why now ? » Elle n’a pas raté les cernes sous les yeux de sa sœur, pas plus qu’elle n’a raté son expression, cette certitude qu’elle peut voir dans son regard. Ca l’inquiète. Elle a l’impression que Camille cherche à lui épargner une vérité douloureuse, et elle craint ce que ça peut être — elle craint de ne pas mériter une telle clémence.
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MessageSujet: Re: Do not go gentle into that good night — Camille   Mar 30 Oct 2018 - 12:36

Do not go gentle into that good night
Jeanne & Camille

La rancœur se dissipe au profit du soulagement de revoir Jeanne entière, saine et sauve. De la revoir tout court. Elle lui a manquée, horriblement et il serait peut-être temps de mettre un terme à toute cette souffrance et horreur. Mais tout cela prendra fin lorsque Jeanne acceptera certaines choses, en écoutera d’autres. Camille sait toutes les difficultés qui les attendent mais peu importe, elle saura y faire face. Se tenir droite. Maintenir Jeanne debout, quoi qu’il arrive. Car c’est aussi son rôle, bien que cadette de la fratrie éclatée. Ce n’est pas parce qu’elle est la plus jeune, qu’elle n’a pas pour devoir d’aider son aînée.

Jeanne esquisse un mouvement, puis plusieurs pas et la jeune femme ne bouge pas. Cependant, elle ne peut retenir un soupire de soulagement lorsque sa grande sœur l’enveloppe de ses bras froids et humides. Elle ferme les yeux, inspire son parfum boisé, l’odeur de mousse et de terre trainant sur sa peau fraiche. Comme prévu, les larmes se pointent, ruissèlent en silence de retrouver cette sœur tant manquée. Huit ans qu’elle attend ça, plusieurs jours qu’elle souhaite que cette tempête se taise pour qu’elles puissent ENFIN se retrouver sans se hurler dessus, sans chialer, sans cracher cette rancune comme Camille a pu le faire.
Les baisers sont apaisants, tout comme ce murmure qu’elle lui glisse à l’oreille. Elle aussi est heureuse de l’avoir trouvée, de ne pas avoir écouter son égo et d’avoir céder à ce manque atroce de sa famille.

- Come on.

Camille s’écarte difficilement de l’étreinte si reposante et si chaude de sa propre sœur mais elle ne bronche pas, essuyant discrètement les larmes qui tracent des sillons sur ses joues roses. Elle aurait pu passer des heures ainsi, retournant à l’âge de 5 ans, rassurer par la voix douce de Jeanne sur ses cauchemars ou ses peurs d’enfants. Mais cette fois, c’est à elle d’être la protectrice, d’être la sœur présente et solide. Alors, la jeune femme se reprend, se redresse.
Reste droite. Un bloc.
Elle ne l’a pas vu sourire depuis des années et c’est comme un cadeau. Camille serre sa main entre ses doigts et la suit, aveuglément. Elles sillonnent les arbres, la jeune femme s’enivre de cette pleine nature, de toutes ces odeurs qui lui gonflent le cœur de joie, de plénitude. Une véritable communion s’opère alors qu’elle effleure les écorces de sa main libre, la mousse du bout des doigts. Elles débouchent finalement sur un petit campement de fortune et Camille comprend que sa sœur a passé ces quelques jours ici. A la belle étoile, perdue au milieu de nulle part.
Sous l’invitation de sa sœur, elle finit par s’assoir et attendre, silencieusement.

-  I want you to have this. It’s … Every time I dream a prophecy, I write it down. Not everything will make sense to you but … I dreamed of you quite a lot, during those years. I guess I always knew this day would come.

Camille a les yeux rivés sur ce carnet qu’elle réceptionne comme un cadeau, l’ouvrant avec grande précaution. Elle peut y voir les pages noircies d’écriture tantôt pressé, tantôt calme et posée. Elle capte quelques phrases à droite à gauche, certaines font sens, d’autres semble être un enchainement brouillon de mots, de phrases qu’elle ne saurait déchiffrer. Mais l’attention la touche profondément, lui tirant un sourire en coin tandis qu’elle caresse du bout de doigts. Presque rassurer de savoir qu’elle n’était pas tout à fait oubliée du côté de Jeanne durant toutes ces années.
Elle n’oublie pas la raison de sa venue ici. La première étant bien évidemment de retrouver sa sœur mais aussi parce qu’Esther était intervenu après 8 années de silence, pour l’avertir de l’état catastrophique de Jeanne. Mais pour l’instant, elle laisse sa sœur aînée parler, sans oser l’interrompre.

- I can’t believe I let myself become so blind. God, grandpa would be ashamed of me.

Et malheureusement, elle n’a probablement pas tort.
Leur grand-père était un personnage particulier, imposant et surtout très à cheval sur le concept de famille. S’il avait su que Jeanne avait durant tout ce temps volontairement ignorer Camille mais surtout les visions que Mère Nature lui offrait… il serait entrée dans une colère noire.

- Why are you here Camille ? Why now ?

La jeune femme lève les yeux du carnet pour les poser sur sa sœur.
L’heure fatidique est arrivée, Camille n’ayant pas oublier tout ce qu’elle doit lui dire, parler, avouer.  Si elle est venue ici pour lui faire entendre raison, la jeune femme est également venue pour lui apporter quelques mots, quelques paroles qu’Esther lui a confiées. Vu la souffrance de sa sœur, Camille se demande de quelle façon elle va aborder ce sujet si épineux qui ne fera que remuer le couteau dans la plaie. Une douleur pour un apaisement.

Main posée sur la couverture du carnet usé et légèrement sali par la terre humide, la garou pousse un léger soupire avant de redresser son regard dans celui de sa sœur.

- You told me you come back, I wanted leave time to you. And I needed come to terms with that. Ester’s death, our reunion, lies… Anyway.

Elle balaie ses mots d’un geste de la main, inutile de s’épancher un peu plus sur tout ce qu’il s’est passé. Elle n’est pas là pour accabler sa sœur mais pour lui faire comprendre que la fuite n’est pas une solution à long terme et qu’il va bien falloir qu’elle se reprenne, un jour ou l’autre.

- I’me here to get you back, Jeanne. You don’t stay here eternity, once again. I know, you need time for overcome all this, but it’s not by fleeing you will make to face up.  

Camille emploi la douleur, de toute façon elle n’a plus la force de crier, de faire violence. Ce qu’elle veut, c’est retrouver ce lien qui l’unissait à Jeanne, cette puissante fraternité qui lui donnait la sensation que rien ne pourrait les atteindre. Sa sœur lui manque, encore une fois. Elle ne se le répètera jamais assez.
La garou prend son temps, articule ses mots et cette fois, marque une pause. La suite sera bien plus douloureuse que Jeanne ne pourrait l’imaginer, à moins que ses rêves ne lui aient déjà traduit la raison de sa venue…

- I’ve a message for you. From our sister.  

La première grenade est lancée, Camille lui laisse quelques secondes pour assimiler ce qu’elle vient de lui dire, sans la quitter des yeux.  

- A medium friend came to visit to me, to tell me somoene want talk with me. Elle porte une main au collier qu’elle se résout à détacher, sentant presque aussitôt une légère brise fraiche sur sa peau, comme un manque. Pourtant, c’est sans regret qu’elle tend l’objet à sa sœur ainée. Since all this time, she’s here Jeanne. Around you. Attached to this jewel.

Elle a tant de choses à lui dire mais Camille essaie de ne pas aller trop vite, bien consciente de l’esprit fragilisé de Jeanne qui doit déjà encaisser, tout comme elle, qu’Esther n’a pas trouvé la paix depuis tout ce temps, contrairement à ce qu’elles auraient pu croire. Qu’elle était là, à veiller sur Jeanne, certainement consciente de la douleur qui l’habite depuis.

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Do not go gentle into that good night — Camille

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