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 We already met. / Valentin

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Caroline Balatta
→ SOUS L'EMPRISE DE : 138 ans
→ ERRANCE : Vampirique(s)
→ TROMPE L'ENNUI : Centre ville
→ PROFIL PSYCHOLOGIQUE : Artiste du spectacle vivant

→ AVATAR : Naomi Watts
→ CREDITS : Pinterest et moi
→ MENSONGES : 212

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MessageSujet: We already met. / Valentin    Ven 14 Sep 2018 - 2:31

AMBIANCE MUSICALE.
— We already met.  —


De touts les Arts des mortels, il y en avait un qui fascinait énormément Caroline. C'était le théâtre. En tant qu'humaine, elle avait adoré se faufiler dans les théâtres, pour aller voir jouer les troupes. Le plaisir était devenu encore plus fort en tant que Vampire. Observer ces êtres de chairs, de sang, incarner la passion... cela avec quelque-chose s’hypnotisant. Elle les trouvait beaux dans toute leur vulnérabilité. Alors, même si elle n'avait toujours pas l'argent pour s'acheter une place la belle continuait d'aller voir des pièces.

Ce serait sa première représentation ici à Bâton-Rouge. Elle avait repéré les lieux et surtout la sortie arrière. Pendant que le public allait s'installer en salle, Caro s'était incrustée, comme une ombre dans le bâtiment. Elle sentait et elle entendait la foule entre les murs, sans se faire repérer. Son agilité vampirique l'y avait aidée. Elle avait été, de la plus grande des discrétions, espérant ne croiser aucun de son espèce. Il aurait été ennuyeux d'avoir à s'expliquer de sa fraude à un membre de l'Essaim. Elle ne voulait pas avoir d'ennuis.

Avec les années, la Balatta s'était familiarisée avec l'agencement des théâtres. Elle pouvait s'y déplacer sans trop se perdre. D'autant qu'à présent l'internet fournissait même des plans. La belle y voyait une véritable mine d'or. Même si elle avait encore beaucoup d'affection pour les enquêtes sur le terrain. Caroline savait donc à peu près comment se déplacer, évitant les zones occupées, comme si elle faisait une partie de cache-cache avec le personnel.

Une fois sur les coursives, il ne lui restait plus qu'à choisir sa place. Ses talons dorés déposés prés d'elle, elle s'installait en faisant attention à ne pas abîmer sa robe de soirée. La seule qui lui restait qui soit encore à peu prés en bonne état. Elle avait perdu une grande partie de sa garde-robe avant d'arriver en Louisiane. Mais, bientôt s'était-elle jurée, elle trouverait un travail respectable. Elle gagnerait de l'argent comme une honnête Vampire. Ce qui ne l'empêcherait pas de profiter d'une belle soirée en catimini.

C'était une pièce du répertoire classique. Un Vaudeville Américain que Caro avait déjà vu au moins trois fois. Ce qui ne voulait pas dire grand chose au théâtre. Cet art vivant était une source infinie des possibles. C'était d'ailleurs, sûrement l'une de ses caractéristiques qui plaisaient tellement à la belle. L'éternité était un concept étrange à appréhender. Il fallait rapidement trouver  des repères. Caroline en avait trouvé dans la créativité des Hommes et des Femmes. Ce soir-là l'adaptation était plutôt désopilante avec un vrai travail sur les costumes et en particulier les perruques. Le rire de la Balatta avait été difficile à étouffer.

Pour être sûre de ne pas se faire prendre, cette dernière s'était levé au début de la dernière scène. Comme durant l'allée elle s'était glissée dans les coins et les recoins pour demeurer invisible. Sa célérité la protégeait un peu plus du regard des techniciens. Elle s'amusait même de jouer avec eux à leurs dépends. Elle cherchait sans doute à se faire peur aussi. Cela ne pouvait que la distraire, elle qui adorait jouer. A hauteur de la porte de sortie Caroline avait suspendu sa main un court instant et s'était retournée. Une étrange sensation de picotement à la nuque réveillait ses instincts primaux. L'obscurité tait pourtant vide.

Elle se dépêchait d'enfiler ses chaussures, et sortait l'air de rien, alors que les applaudissements se mettaient à tonner de l'autre côté. Elle écoutait d'une oreille l'ovation, tout en enfilant un gilet blanc sur ses épaules. Bien sûr, l'air du froid ne lui faisait aucun effet. C'était par habitude que Caro singeait ainsi les mortels. Une façon de se fondre dans la masse, ou en tous les cas, de ne pas trop attirer les regards sur sa silhouette de marbre doré. Elle allait passer l'angle de la rue, mais son regard panoramique identifiait un troublant élément dans le décorum.

- « Valentin ? » Le prénom appartenait à une très vieille rencontre. Pourtant Caroline avait un souvenir assez précis d'un séjour à Paris, où se trouvait aussi ce dandy. Nouveau-né alors, elle avait beaucoup aimé le côtoyer, pour tout ce jeu de charme, auquel il avait si bien joué avec elle. « Ça par exemple ! » Le rire de la Gitane était frais et léger. L'heureux hasard que lui apportait la nuit Un ravissement, pour cette créature mutine et toujours prête à se distraire. Bălan était inchangé physiquement du moins, beau et torturé. « Te souviens-tu ? Paris... juste après la grande guerre... »  Déjà, en 1920, la Balatta avait été déçue que son Sire leur fasse si vite quitter la Capitale. A présent, le pauvre Germain ne pouvait plus arrêter sa pupille.


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Les feux de la fête étaient devenus son soleil. Et les étoiles les lanternes de cette nuit infinie.
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Valentin A. Bălan

CAUCHEMAR AMBULANT

→ ORDRE CLANIQUE : Coven même s'il lorgne sur le clan de la vaudou queen autant que sur les gitans, ses premières origines.
→ NUISANCE DEPUIS : 137 maudites années
→ SOUS L'EMPRISE DE : l'art délicat et vénéneux de la nécromancie ; naviguer parmi les morts durant son sommeil ; un certain savoir en rituels interdits ; une soif incommensurable de magie et de vie
→ ERRANCE : cimetière, caves sinistres, bibliothèque, salons cosy, théâtre, opéra, catacombes (ah non, y'en a pas).
→ TROMPE L'ENNUI : restaure les grimoires du Songe-Malice
→ PROFIL PSYCHOLOGIQUE : Orgueilleux, dandy, esthète, cultivé, intelligent, immoral, efféminé, survivant, sans limite, opportuniste, manipulateur, égocentré, torturé, lâche, paniqué, phobique, cauchemar ambulant.


→ AVATAR : Matthew Goode
→ CREDITS : Eden Memories
→ MENSONGES : 884

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MessageSujet: Re: We already met. / Valentin    Mer 24 Oct 2018 - 22:31

Cette pièce n’était pas du Shakespeare ni du Molière, Valentin avait un goût prononcé pour les pièces de théâtre classique et plus de mal avec celles modernes et souvent absurdes, mais cela avait la saveur rafraichissante des attractions populaires. Il se souvenait des vaudevilles à Paris, des pièces sanglantes des boulevards, et des effets spéciaux bricolés sur scène propulsant des acteurs dans les airs au dessus du public. Il arrivait qu’il y ai un accident, parfois mortel, et aussitôt, Vassily se précipitait faisant mine de vouloir aider le pauvre acteur alors qu’il raccourcissait son existence, abrégeant disait-il ses souffrances. La liche se souvenait parfaitement de ce que c’était, ces années là, de l’effervescence du public, de la créativité d’alors, de la passion qui l’animait alors que le sang chaud coulait dans ses veines, un sang chaud que Vassily aimait boire directement à la source. Valentin se perdait dans les souvenirs du passé, dans les émotions qu’il ressentait encore, comme des échos lointains, à la saveur si fade en comparaison de ce qu’il avait pu ressentir à l’époque, fade et pourtant, si forts pour une liche. Ressentir encore des émotions, il lui fallait se battre désormais pour cela. Son humanité perdue, il courait après. Souvent, il n’en conservait qu’un vague souvenir. Comme de son amour perdu, de Vassily, de la Russie, et de tout ce qu’il avait laissé derrière lui.

Un frisson le saisit alors qu’une ombre le frôlait. Il sentit sa présence, une présence. Il n’était plus un marqué, en mesure de comprendre immédiatement à qui il avait affaire. Mais il l’avait été suffisamment longtemps, il était un nécromancien suffisamment puissant pour savoir, ce que c’était une vampire. Que c’était une femme, c’était son parfum qui l’en avait averti. Et le puissant sentiment de familiarité qui toutefois ne s’accompagnait pas forcément d’un désir. Valentin était attiré plus par les hommes que les femmes, cela faisait de lui un véritable détecteur à beaux garçons comme aurait dit Vassily à l’époque. Quoi qu’il en soit, il senti une présence, immortelle, féminine, qui visiblement s’enfuyait avant que la pièce ne soit terminée. Qui venait ici pour ne pas assister à la fin ? C’était l’attitude d’un voleur, d’un pick pocket faisait les poches des spectateurs ! Valentin était curieux de savoir quel genre de vampire agissait ainsi. Cela ressemblait si peu aux vampires modernes. Tous étaient désormais si intangible dans leurs tours d’ivoire à n’en plus bouger, à feindre trop l’humanité pour garder encore leur part de mystère.

S’il n’était qu’une liche, il parvient néanmoins à la rattraper. La vampire ne cherchait pas réellement à s’enfuir sinon elle aurait déjà disparue. Peut-être ne s’était-elle rendu compte qu’il la suivait. Une liche n’a pas l’aura d’un mortel, encore moins un cœur battant comme un vivant. Il était quelque part plus proche d’elle que des vivants. Une sorte de vampire de magie cherchant à voler ce qu’il pouvait de la magie des autres. Il s’approcha de la jeune femme, et à mesure que les pas réduisait la distance, il comprenait le sentiment de familiarité, reconnaissant la petite vampire blonde qu’il avait croisé un siècle auparavant, dans la cité des lumières. « Je m’en souviens, ton sire n’avait pas l’air d’apprécier la ville… » murmura-t-il se souvenant combien leur rencontre avait été brève, enfin, pour des immortels. Ce qu’il était resté, changeant simplement de statut, de nature. Seul à présent, terriblement seul. Vassily lui manquait, terriblement. Survivre à son vampire devrait être impossible. « Je n’aurais pensé te retrouver ici. Tu es là en escale ou tu comptes rester cette fois-ci ? » demanda-t-il, ne jugeant nullement son précédent départ précipité. Il serait heureux simplement d’avoir une amie ici, une amie vampire qui le comprenne, une amie qu’il pourrait appeler cousine presque. La retrouver ici, maintenant, après toutes ces années, c’était un signe, il l’aurait parié.

HS: excuse moi d'avoir mis autant de temps à te répondre :keuquin:

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MessageSujet: Re: We already met. / Valentin    Mar 30 Oct 2018 - 16:24

AMBIANCE MUSICALE.
— We already met.  —


Leurs silhouettes formaient un étrange couple dans la nuit. Bâton-Rouge, qui bien entendu, ne dormait pas les laissait se retrouver dans la paix. Caroline n'en revenait pas, car depuis qu'elle avait emménagé dans cette bourgade son passé n'arrêtait pas de se manifester. Bien sûr, il y avait ses ancêtres dont elle cherchait la trace, mais que dire de Sia son ancienne amie, qui venait elle aussi d'arriver en Louisiane ?

- « Zachary a toujours trouvé la capitale orgueilleuse. Selon ses mots propres. » Le Sire Germain, Fervents et orgueilleux lui-même avait eu bien du mal avec le Prince parisien. Les deux Vampires étaient peut-être trop semblables pour pouvoir réellement s'entendre ? La jeune Balatta n'avait pas réellement cherché à comprendre à l'époque. Elle vivait son propre rêve éveillé en parcourant les rues de la ville. « Mais on ne peut pas le contredire complètement. Paris est très consciente de sa beauté. » Disait la vampire avec dérision. Elle repensait à la conversation qu'elle avait eu quelques nuits plus tôt avec le dénommé Seth. Un Glouton Garou végétarien et au demeurant très sympathique. Il avait raison les Français restaient des chauvins de premier ordre quelque soit leur âge.

- « Oui, qui l’eut cru. Je suis venue par la force des choses. »  Caroline arborait un sourire aux accents mystérieux. En cela non plus, elle n'avait pas beaucoup changé. Elle aimait encore et toujours s'amuser et jouer la comédie. Cela faisait partie de son sang. Morte ou vive elle ne pouvait aller contre ce plaisir du jeu.  « Mais puisque toi aussi tu es ici c'est que j'ai sans doute bien fait. Depuis quand vies-tu ici ?   »

A pas délicat, avec un rebond gracile de danseuse Caroline approchait du Nécromancien. Elle venait lui prendre un bras avec une infini délicatesse, allant rire doucement à son oreille. Ensemble, ils avaient observé le tout Paris avec un infini plaisir. A détailler le galbe des courtisanes et surtout des courtisans, qui venaient plier le genou devant les puissants.

- « Non cette fois je reste un peu. » Lui promettait-elle, tout en l'attirant loin du théâtre. La nuit était encore jeune pour eux. Ils avaient prés d'un siècle à se raconter. Cela ne se faisait pas sur un parvis dans le vent, mais à une bonne table avec de la musique et du sang.  « Je suis curieuse de savoir comment tu es arrivé sur ce continent. Il faut que tu me racontes. Que tu me racontes tout !   »

Depuis qu'elle avait croisé son regard Caro cherchait à se rappeler le passé. Où étaient-ils allés après Paris ? Elle n'était plus sûre. Était-ce l'Espagne ou peut-être l'Allemagne... Tout se mélangeait. Malheureusement son Sire ne pourrait plus lui confirmer ou lui infirmer les choses à présent.

- « Tout ce même ces années folles c'était quelque-chose ! Hein ! Je n'ai pas retrouvé ça ensuite. A part peut-être à Bethel. Mais ça a été si fugace. Comme un feu de paille. » Caroline avait bataillé pendant des mois mais ils étaient allés à Woodstock. Le temps d'un sulfureux été la vampire avait ressenti cette folie douce et proprement humaine. « Y étais-tu ? C'était tout simplement magique. Je regrette que les humains soient si sérieux la plupart du temps. Ils sont si beaux quand ils arrêtent de l'être. Tu ne trouves pas ? »

Ils quittaient tranquillement le quartier culturel. La Balatta les escortait vers le cœur de la ville là où l'activité battait encore tout son plein. De la musique et des rires montaient peu à peu dans les rues tout autour d'eux. Avec peut-être un peu d'imagination ils pouvaient retrouvé de ce passé commun.



HRP: Pas de souci. Tu m'avais prévenu. ^^

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MessageSujet: Re: We already met. / Valentin    Ven 2 Nov 2018 - 16:46

Valentin ne se souvenait que trop bien des critiques que formulait alors le vampire à l’égard de la ville des lumières, critiques qui amusaient plus qu’autre chose Vassily. La Russie était bien pire à ses yeux, au moins, Paris laissait-il la liberté à chacun d’être celui qu’il veut, de croire que tout était possible, même s’il fallait tôt ou tard en payer le prix. Valentin quand à lui adorait cette cité toute de lumière, et la trouvait infiniment plus belle que ne l’était le Londres où il avait grandit. Sans doute parce qu’il n’avait connu de Londres que les salons bourgeois et les cercles d’hommes interdits aux femmes, des clubs très sélects où les riches se retrouvaient entre eux. Un monde fade et insipide qui n’avait rien à voir en comparaison avec le lumineux et fastueux Paris. « Toutes les capitales européennes le sont, à leur manière chacune. La particularité de Paris est de n’avoir rien de royal. C’est la cité de ceux qui rêvent. » murmura-t-il, rêveur, songeant à ces années fastueuses et joyeuses qu’il avait connu. Un rêve qui avait soudainement, brutalement prit fin.

Caroline était toujours aussi gracieuse, toujours aussi jolie, et fluette. Les vampires ne perdent en grâce ni en beauté au fil des siècles, au contraire, ils gagnent en finesse, en perfection. Jusqu’à parfois ne devenir que des statues sublimes à contempler mais aux mouvements trop lents pour les vivants. Valentin se savait bloqué lui aussi dans cet état de pas tout à fait vivant, et de pas tout à fait mort. La vitalité en lui dépendait de la magie l’entourant, de celle qu’il avait réussit à absorber. « Par Lucifer, je ne sais plus, il y a quelques années. Le temps passe tellement vite. Figure toi que je viens d’acheter un vieil hôtel en ruine. Ce serait bien le diable si j’arrive à en faire quelque chose. » murmura-t-il lui confiant ainsi qu’il résidait ici, et quelques indices sur comment le retrouver. Mais Valentin avait totalement confiance en Caroline. Elle n’avait de lien avec les vampires slaves encore moins avec ceux ayant assassiné Vassily. Le seul dont il avait à s’inquiéter c’était Nika même si cette petite fouine paraissait rester cacher dans les jupes de Yuri, ce qui avait le dont d’inquiéter Valentin.

La vampiresse d’humeur joyeuse l’invita à se promener, prenant son bras, chose que Valentin accepta aisément de faire. Il aimait les balades nocturnes et plus encore, cela lui rappelait les belles années en compagnie de la vampire et de son sire ronchon. Mais sa demande risquait bien de ternir l’humeur joyeuse qu’elle avait. S’il lui révélait les raisons de sa venue ici, n’allaient-ils pas se mettre à pleurer sur ce qu’ils avaient perdu ? Caroline connaissait peu Vassily mais elle était vampire, elle savait ce que cela voulait dire pour un marqué de perdre son vampire, de lui survivre. Il continuait à sourire, essayant de se concentrer sur les années folles, sur l’évocation des années 70 et de leur folie qu’il n’avait connu que de l’autre côté du rideau de fer. « Tu aurais dû aller à Berlin en 1999, c’était quelque chose. » murmura-t-il ne pouvant s’empêcher de penser que cet événement était lié à la mort de Vassily. L’un dans l’autre, la chute de la Russie avait entraîné celle de son vampire. Le nécromancien se rembrunit.

Ses yeux se posèrent sur la nuit lointaine et son ciel étoilé, il s’arrêta enfin, brusquement presque. Ses yeux s’étaient troublés, chargés de larmes difficilement contenues. « Je suis venu ici parce que Vassily est mort. Définitivement. Il s’est passé d’horrible choses en Russie. Il y a eu un coup d’état. Ils ont tué mon Vassily… » la voix du nécromancien s’étouffa dans un mélange de rage et de tristesse, son poing se serra jusqu’à ce que ses jointures blanchissent.

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MessageSujet: Re: We already met. / Valentin    Dim 4 Nov 2018 - 15:52

AMBIANCE MUSICALE.
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Ceux qui rêvent... La Balatta étaient de ceux-là. Vivante puis morte, elle avait rêvé une vie et vécu un rêve. Un enchantement sans fin, sur les routes de la belle France, à amener de la magie. Une magie qui n'avait pas besoin de sang, de pacte avec des divinités infernales, mais seulement de passion de quelques saltimbanques.

Les expressions dantesques de Valentin avaient beaucoup fait rire Caroline. Elle en riait cette nuit-là à nouveau. En fait, elle avait l'impression qu'ils s'étaient séparés un mois plus tôt. C'était comme si le Temps n'avait pas de pouvoir sur eux. De fait, sans être un vampire, cet homme n'était pas un mortel comme les autres. Cela la réconfortait un peu. Il était douloureux de s'attacher à des êtres qu'on savait condamnés à la disparition.

- « Oh... Tu pourrais en faire un « salon » ! » Lui proposait-elle avec un enthousiasme plein d'innocence. « Un endroit où tout le monde pourrait venir montrer ses talents. Les peintres, les danseurs... les poètes ! » Bâton-Rouge avait des liés dédiés aux créatures. Là n'était pas le problèmes. Ils ne manquaient de rien. La Gitane en profitait elle-même avec une certaine reconnaissance. Elle songeait plutôt à un concept qui transcende les races, les conditions sociales, les règles établies. En fait, elle pensait comme l'artiste qu'elle restait avec ou sans son âme. Elle connaissait plusieurs personnes qui auraient mérité de sortir de l'ombre, au moins le temps d'une nuit, juste le temps de faire rêver les autres. « Je peux t'aider à le rénover. Si tu veux. J'adore faire ce genre de travaux. Ça me rappel la maison. » Caro était une gitane. Elle n'avait jamais eu de « maison ». Une roulotte dans laquelle s'amassaient de maigre possessions. Ce n'était pas la vie aux côtés de Germain qui avait changé cela. Le Sire n'avait jamais voulu s'arrêter quelque part, pas même dans le nord de l'Europe.

« Berlin... » Soufflait timidement la Vampire tandis que des images s'imposaient devant ses iris dorées. Zach les avaient entraîné dans les Berlin divisé, celui de l'après-guerre. Elle en conservait un souvenir terrible. Elle avait beau avoir pris la voie de Lucifer, cette adolescente conservait beaucoup de ressemblance avec les humains. Sans doute car c'étaient des traits de personnalités si marqués que même l’Étreinte n'avait pas effacé. « Je n'y suis jamais retournée depuis les guerres. Mais on m'a dit que c'était devenue une jolie ville depuis la chute du mur. » Lui avouait-elle avec une étrange pudeur dans la voix. En réalité Caroline la jeune Fervente n'aimait pas la violence et la cruauté. Elle avait souvent fait pousser de gros soupir à son Sire à cause de cette douceur.

Elle s'arrêtait sur le vif dans l'entrain de Valentin. Elle faisait même un pas en arrière pour revenir bien à sa hauteur. L'expression du nécromancien l'inquiétait tout de suite. Elle ne l'avait encore jamais vu dans cet état de détresse. Sa main descendait en caresse réconfortante sur le bras. Un geste qui se stoppait brutalement à l'annonce.

- « Qu'est-ce.... » La main tremblait maintenant. Caro la portait vers son propre visage pour cacher sa bouche. L'émotion qui la transperçait éteignait la flamme de son regard maudoré. Une tempête émotionnelle qui était décuplée par une terrible association d'idée. Zachary était mort aussi. Elle aurait voulu ne jamais partager une telle peine avec Valentin. « Valti' c'est... affreux. » Il n'y avait plus d'eau dans le corps de l'acrobate. Ce furent deux larmes rouges qui montaient au coin de ses yeux. Elle ne réfléchissait pas un instant de plus et venait enlacer le bel orphelin contre son corps de marbre. C'était un geste sans le moindre calcul comme Caroline en avait si souvent. Sa main caressait le dos avec une compassion quasi humaine. « Toutes mes condoléances. »

Très lentement la belle caressait le dos de l'Anglais. Elle revoyait Vassily en sa mémoire. Elle se souvenait d'un vampire charismatique et intriguant. Lui aussi lui avait plut du peu qu'elle en avait vu de lui. Elle se figurait la blessure dans le cœur de Bãlan. « Viens. » Disait-elle en s'écartant délicatement. Elle glissait affectueusement sa main dans la sienne, et les amenaient devant un banc public, où elle prenait place. Le cœur étreint de peine, la Balatta essayait de sourire un peu. - « Raconte-moi ce qui est arrivé... » Lui demandait-elle alors, avec douceur, en allant caresser la joue humide de larmes.



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MessageSujet: Re: We already met. / Valentin    Jeu 29 Nov 2018 - 22:52

L’idée suggérée par Caroline était vraiment séduisante mais Valentin manquait cruellement de moyens. Le Coven lui payait ses services sur les vieux grimoires mais ça suffisait à peine à payer les factures qui s’avéraient assez lourde quand on vivait dans une immense maison qui nécessitait énormément de réparation. Il n’avait pas prit le temps d’établir une estimation mais savait qu’il n’avait pas les moyens pour le faire. Vassily était un vampire riche mais comme tout vampire, il n’avait pas vraiment laissé de testament et aucun notaire ne s’était occupé de redistribué son argent. Les banques avaient dû le garder, ou peut-être que les vampires de l’Essaim de Moscou l’avait récupéré. Valentin avait fuit tellement vite qu’il n’avait rien prit avec lui, et il craignait toujours qu’on le retrouve. La présence de Nika le mettait déjà amplement sur les nerfs. « Ce serait vraiment une idée géniale mais je suis loin d’avoir les finances nécessaires pour de tels projets. » répondit-il avec une petite mine dépitée. Mais à dire vrai, il n’avait pas non plus le moindre talent avec ses mains autre que restaurer des grimoires ou des œuvres d’art. Il était minutieux, suffisamment pour cela, et patient. Mais une maison, c’était tout autre chose. Il fallait plus que de la minutie, il fallait avoir un regard global, et un certain tempérament qu’il doutait de posséder. « Mais je veux bien ton aide, au moins pour qu’il s’effondre pas. Et puis si on parvient à colmater les fuites et à connecter les eaux usées avec les égoûts, je pourrais recevoir des artistes. S’il y en a qui veulent s’aventurer dans le bayou… à la base j’avais acheté cette ruine pour m’éloigner un peu de la ville. Etre tranquille. Tu comprends ? » Il ignorait si elle ressentait cela elle aussi, ce besoin parfois de disparaître, de ne plus être soi-même, de ne plus se sentir connecté au reste du monde, et à sa propre existence, s’oublier quelque part, se reconnecter à la nature.

Valentin avait des souvenirs douloureux lié à l’Allemagne, aux Nazis, mais il avait adoré le vent de liberté qui avait soufflé sur Berlin cette année là, il avait adoré ce que les années 90 ont porté ensuite, toute cette créativité artistique. C’était comme retrouver l’Autriche d’avant la seconde guerre mondiale, peut-être d’avant la première, quand Freud offrait au monde une nouvelle science. Et dire que l’Autrice, la Pologne avait été une terre d’accueil pour tant de sorciers alors que l’Inquisition faisait rage. Savoir que ces pays avaient totalement sombré après ces deux guerres le rendait presque ivre de rage, mais il savait que cette colère appartenait à Vassily, qui lui avait connu le souffle de liberté du siècle des lumières. Tous ces souvenirs, ces émotions qui appartenaient au vampire restaient encré en lui malgré sa disparition. Il était tout ce qu’il restait de Vassily. Et cela lui fendait le cœur. « C’est une ville éprise de liberté, après ce qu’elle a vécu, cela se comprend. » murmura-t-il en souriant.

La main douce et fraîche de la vampire sur son bras, ses yeux chargés d’émotions, Valentin ignorait s’il pourrait la regarder droit dans les yeux sans fondre en larmes. Les larmes de sang de la vampire était si précieuse à ses yeux. Il ignorait ce que cela serait, de la revoir, d’éprouver à nouveau le passé, à présent il savait. C’était douloureux. Mais pour autant, il ne voulait pas renoncer à Vassily, à songer à lui, à penser à leurs souvenirs ensembles, à cette époque bénie où tous les quatre profitaient de Paris et de ses richesses. « M… merci » murmura-t-il d’une voix étouffée. Ce n’était un sanglot qu’il retenait, mais une boule bloquée dans sa gorge, une boule d’émotion, saturée. La liche se laissa entrainer par la vampire, et le couple étrange qu’il formait à cet instant captura les regards des mortels qui ressentirent un bref frisson comme lorsque la Lune et le Soleil se disputent dans le ciel. Il s’assit à côté d’elle, retenant péniblement les larmes, qui finissaient par s’échapper, par débordement de ses paupières. « C’est arrivé si vite… et si lentement à la fois. Vassily avait un neveu, même lignée, plus jeune, plus ambitieux, plus arriviste. Comme tu le sais, Vassily était le prince de Moscou mais il a dû fuir la ville plusieurs fois, la révolution, entre autres choses. Son neveu a réussit à retourner les primogènes contre Vassily, et il a formé un piège. Ils ont tué tous ceux qui soutenaient Vassily, puis ils l’ont tués. Je n’ai même pas pu l’aider. » Tout ce qu’il avait pu faire c’était ressentir. Il sentait encore la douleur, dans son cœur, comme un trou béant à l’intérieur où il n’y avait plus que les ténèbres. Rejetant sa tête en arrière, la liche regarda le ciel et laissa les larmes couler. Il n’avait même pas prit le temps de le pleurer encore moins de l’enterrer.

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MessageSujet: Re: We already met. / Valentin    Dim 16 Déc 2018 - 15:25

AMBIANCE MUSICALE.
— We already met.  —


Caroline inclinait de la tête avec gravité. Elle était bien placée pour savoir ce que voulait dire « ne pas avoir l'argent ». Elle faisait partie des pauvres. Le seul faste qu'elle eu jamais connu était à ses débuts quand Zac avait cherché à la charmer. Il l'avait emmenée dans les plus belles coures d'Europe. Mais ce train de vie n'allait pas avec la bourse d'un vieux riche sans le sous. Ils étaient revenus à une vie de bohème pour laquelle la Balatta était faite. Elle ne relevait pas donc les soucis financiers de cette vieille connaissance. Elle se contentait de rebondir sur les bonnes idées.

- « Oui ce sera dans mes cordes. » Peut-être se disait-elle que Victorine accepterait de les aider. Elle pourrait aussi convaincre le Prince  de rallier les forces, qui sait. Yuri lui avait dit que tous les membres de l'Essaim étaient encouragés à proposé des projets. Valentin n'était pas un vampire. Mais il faisait partie du Monde des Ténèbres. Ce qui était certain c'est que ces retrouvailles n'en resteraient pas là. Caro connaissait la tendance à la mélancolie de ce vieil ami. Elle n'allait pas le laisser dans cet isolement qu'il chérissait tant. Ce n'était pas bon, ni pour l'esprit, ni pour le corps. Balan devrait bien se remettre à « vivre ». Tout comme cette Gitane devrait un jour finir son deuil. Ensemble, sans doute y arriveraient-ils un peu plus vite. Heureusement, Caro n'était plus une Nouveau-né. Elle serait patiente.

- « Je comprends oui. La vie de la ville peut vite être épuisante. C'est pour ça que j'aime aussi la campagne. On s'y repose. En fait, il nous faut des deux la ville et la campagne. La campagne et la ville. » Les vagabonds comme les Balatta appréciaient en effet les apports des deux. La campagne offrait une connexion avec la nature. Il y avait une liberté aussi. Tandis que la ville leur apportait un public et de quoi améliorer un peu leur confort. La vie en caravane était plaisante mais pas évidente surtout à la fin du XIX siècle. Caroline ne s'en était pas plainte. Elle avait vraiment aimé cette vie. A présent, elle appréciait tout autant le chiche que le luxe. Car Germain lui en avait donné le goût.

Ils parlaient d'époques dont aucune mortels n'avait été un témoin direct. C'était comme parler d'une vie sur une autre planète, dans un autre monde. Dans les premiers temps cela avait déstabilisé Caro. Elle ne savait pas comment faire.

- « C'est vrai oui. Mais pas tant que Amsterdam ou Madrid. Est-ce que tu as déjà vu Madrid ? Et Les Madrilènes ? Elles sont si jolies quand elles dansent. » Le ton rêveur trahissait de charmantes pensées. Cette jeune vampire était depuis toujours attirée par la beauté. Elle ne faisait pas de distinction et pouvait être attirée par les charmes masculins et féminins. Elle avait aimé des hommes dans sa peau de mortelle. A présent son inclinaison allait plus souvent vers les femelles vampires. Celles-ci possédaient souvent une douceur de l'être qui comblait ses besoins d'affection. Caroline avait un cœur tendre. Elle aimait facilement et sans compromission. Pour autant les passions amoureuses l'avaient rarement prise au piège. Irène sans doute l'avait émue plus que les autres. L'artiste était loin.

La belle ne faisait alors plus attention à ce qui se passait dans la rue. Elle n'avait d'yeux que pour cet ami malheureux. Lui qui était si triste. La peine qu'elle lisait en lui faisait un effet miroir à la sienne. Caro se forçait à moins penser à son Sire. Mais indirectement, ce soir, Valentin lui en donnait le droit. Cela faisait du bien aussi de pouvoir exprimer sa tristesse librement.

- « … Pauvre Vassily... trahit par les siens. » Caroline sentait sa tristesse et un puissant sentiment d'injustice s'agiter en elle.  « C'est tellement injuste. Ils devraient être jugés tous ! En as-tu référé aux autres Princes ? Qu'ont-ils fait ? »  Cela ne faisait pas très longtemps que la Balatta avait rejoint l'Essaim de Bâton-Rouge. Cependant le Prince de cette ville lui inspirait confiance. Il lui avait fait une bonne impression. Une impression que les anciens comme Amalia, ou Victorine avaient d'ailleurs confirmé. Si quelque-chose pouvait se faire pour rendre honneur à la mémoire de Vassily il le ferait probablement.


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Valentin A. Bălan

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→ ERRANCE : cimetière, caves sinistres, bibliothèque, salons cosy, théâtre, opéra, catacombes (ah non, y'en a pas).
→ TROMPE L'ENNUI : restaure les grimoires du Songe-Malice
→ PROFIL PSYCHOLOGIQUE : Orgueilleux, dandy, esthète, cultivé, intelligent, immoral, efféminé, survivant, sans limite, opportuniste, manipulateur, égocentré, torturé, lâche, paniqué, phobique, cauchemar ambulant.


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MessageSujet: Re: We already met. / Valentin    Sam 12 Jan 2019 - 23:37

Le nécromancien adressa un sourire enjoué à la vampiresse. Il désespérait, n’étant pas un as du bricolage, à faire quoi que ce soit de cette demeure pourtant, il l’adorait. Le vieil hôtel tenait à peine debout, la peinture s’écaillait, le bois était vermoulu du fait des marécages sur lesquels il reposait, et la cave prenait l’eau, mais il y avait un caractère dans l’architecture typique du style colonial de l’époque avec les différentes inspirations, ibériques mais aussi victorien et français. Valentin l’avait acheté sur un coup de tête. L’histoire de l’hôtel l’emballait, son caractère hanté aussi. Mais à présent qu’il possédait les lieux, il n’avait plus un rond pour les travaux pourtant nécessaire. « Tu es vraiment adorable de me proposer ton aide. »
Adorable, c’était le mot. Il comprenait pourquoi Vassily avait tenu à inviter Caroline et son sire, à l’époque, à toutes leurs sorties. Valentin connaissait trop bien son sire, il avait craquer pour la jeune vampire mais était bien trop respectueux, gentleman, pour s’imposer en quoi que ce soit. Le vampire se contentait de gouter au caractère de la jeune femme, à sa présence. Valentin à l’époque en avait été légèrement jaloux avant que l’énergie positive de la jeune femme balaye cette jalousie. A présent, cette jalousie n’avait plus lieu d’être, et il le regrettait.

Voyager désormais était coûteux, et donc difficile. Mais Valentin n’avait pas envisagé de bouger pour la simple et bonne raison qu’il redoutait de retourner en Europe. Il ignorait jusqu’où les connexions des assassins de Vassily allaient. Les Essaims d’Europe avait tendance à tous se connaître, se côtoyer. Il n’était guère resté à Paris, il avait fuit dès qu’il avait pu en Amérique sachant que les vampires vivant là étaient généralement coupé du vieux monde. Chacun avait ses raisons pour avoir prit la fuite. A présent, il était tenté de découvrir l’Amérique du Sud ou le Canada, il n’avait pas parcouru beaucoup l’Amérique et tant de choses restaient à découvrir, à visiter. Tant qu’il était dans les parages, il avait envie de voir plus que les bayous même si, ceux-ci le ravissaient quand les lucioles s’y mettaient.
« Je n’ai pas eu la chance de visiter l’Espagne, pourtant, la communauté tzigane y est fortement établie. Peut-être qu’un jour… en attendant, je crois que je me laisserais tenté de visiter l’Ouest, les forêts primordiales ou encore, l’Amérique du Sud. Tu y es allé ? » Il se souvenait, de leurs discutions passionnées, jusqu’au bout de la nuit, sur les voyages qu’ils rêvaient de faire, les endroits qu’ils voulaient visiter. Cela lui semblait une éternité. Ils n’avaient pas réalisé la moitié des choses évoquées, Valentin en était certain, pour sa part du moins. Les rêves finissaient par s’écraser, inévitablement, devant la réalité.

Avait-il toujours été si enclin à cette mélancolie ? Il ne s’en souvenait pas, pas avant que Vassily ne disparaisse. Parce qu’il était son soleil, son univers, et que sans lui, le monde perdait sa saveur. Littéralement. Evoquer sa disparition était douloureux, mais il ne pouvait pas ne pas le lui dire, au risque de l’entendre évoquer Vassily comme s’il était encore en vie, ce qui aurait été plus douloureux encore. Alors il raconta, tout ou presque, de la disparition du vampire qui formait tout son univers.
La vampiresse lui posa une question qui n’avait même pas traversé son esprit. En parler aux autres princes, il n’y avait même pas songé. N’avait osé. « Je… non. J’ai… j’ai fuit. Je… ils ont tués tous les alliés de Vassily… je… j’étais traqué alors j’ai fuit… » Le nécromancien s’effondra, en sanglot, en larmes, ne pouvant plus retenir les tremblements, la frayeur revenait, la panique enflait dans sa poitrine. Il ouvrait la bouche et la refermait, essayant d’avaler de l’air sans sentir l’air entrer dans ses poumons.

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MessageSujet: Re: We already met. / Valentin    Dim 20 Jan 2019 - 2:19

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La belle et douce époque, n’était plus si loin des pensées de la blonde, maintenant qu’elle était assise à la gauche de Valentin. Elle les revoyait bras dessus bras dessous, sans même se figurer des méandres émotionnels de son ami nécromancien. Si elle avait su bien sûre elle aurait modifié son comportement. Mais puisqu’il n’y avait pas eu de calcul, de manipulation d’aucune sorte, alors elle était innocente.

- « J’ai fais le Canada oui ! Quand je suis arrivée sur le Continent. C’était très beau. Très… Très blanc ! » Les paysages du grand Nord Canadien évoluent alors sous ses paupières rêveuses. Elle se prenait à imaginer les forêts verdoyantes et les neiges blanches. Ce qui était bien loin de l'atmosphère chaude et humide de la Louisiane. On pouvait même parler de deux mondes différents.

Une Balatta sans Sire comprenait fort bien la nécessité de fuir le danger.  Parfois, même la non-vie, ne laissait aucun choix possible. Ils avaient tous les deux des témoignages de cette tyrannie cosmique. Le deuil était une expérience qui impactait que l’on ait son âme ou non. Il était clair que son voisin n'avait pas encore terminé le sien. Il se pouvait qu'il ne le termine jamais vraiment.

- « Je… Valentin pardon. On se retrouve à peine et... je suis une idiote. » Culpabilisait Caroline en voyant son vieil ami fondre en sanglots. Dire qu'il y avait à peine quelques minutes ils se réjouissaient de se revoir. La peine de Valentin était trop pesante, trop lourde à porter tout seul. Caro pouvait comprendre ça. Elle même se sentait parfois isolée et très seule dans sa tristesse Infantine.  « Pardonne-moi, je manque de tacts c'est évident. … Viens… »  Lui susurrait-elle d'une voix mélodieuse dont l'accent séducteur était involontaire

Ses bras s’ouvraient encore une fois pour lui. Ils s’ouvraient avec la passion d’une amie qui voulait donner réconfort et amour, sans compter. Elle ne regardait ni au nombre des années, ni à leurs silences. Tout cela n'avait pas d'importance. Il avait besoin de quelqu'un et elle était là.

- « Libère tes larmes Val… » Caro se mit à le bercer tout doucement. Le mouvement de balancier était celui du bateau sur une mer calme. Sa bouche s'entrouvrait pour fredonner une chanson. C'était une berceuse dont elle avait gardé le souvenir dans un coin de sa mémoire. Elle pensait que sa mère la lui chantait avant de s'endormir. Mais, elle n'était plus très sûre. Tant d'années étaient passées. « Maintenant que je sais... je vais t'aider. On trouvera un moyen pour que tu sois tranquille. Il y a bien une magie ou une Autorité qui peut faire ça. Je vais faire des recherches. D'accord ? Je ne te laisses pas comme ça. Jamais. Tu as ma parole de Balatta. »

Une parole qui était en or. Caroline était espiègle et malicieuse. Elle pouvait voler sans sourciller. Mais elle était d'une loyauté sans faille avec les siens. Cet homme faisait partie du nombre. Elle ne lui avait pas dit dans le passé. Mais il n'était pas trop tard pour qu'il le comprenne. Tandis qu'elle le consolait la vampire se demandait déjà vers qui aller. A qui demander cette aide ?

- « Et ceux qui ont fait ça... Ils brûleront. Comme ceux qui ont tué Zachary. Tu verras ce que je te dis. Ceux qui ont fait ça comprendront leur erreur. Ça aussi tu peux compter sur moi. Je ne suis pas une guerrière. Mais je sais comment me battre.   » Voilà un visage que la Gitane ne dévoilait pas souvent. Pourtant il faisait partie d'elle aussi. Elle était la fille d'un dresseur de tigre. Elle redoutait les prédateurs oui. Mais, quand elle était déterminée elle pouvait devenir farouche et indisciplinée. Elle avait ainsi fait de belles frayeur à son Sire pendant qu'il l'éduquait. Croiser Valentin ce soir était une bonne chose car cela lui rappelait... de ne pas oublier. Ne pas oublier que le sang serait verser une nuit ou une autre. Si personne ne pouvait les soutenir dans ce combat ils le feraient par eux-même.


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MessageSujet: Re: We already met. / Valentin    Sam 9 Fév 2019 - 20:39

Le nécromancien l’enviait. Elle avait voyagé comme elle avait toujours souhaité le faire. A dire vrai, Valentin avait voyagé lui aussi, à ses débuts, alors qu’il n’était encore d’un frêle humain, pas encore tout à fait immortel, fou amoureux d’un vampire. Vassily lui avait fait le tour de l’Europe, ils avaient cherchés des nécromanciens, alchimistes et autres sorciers capables de lui apprendre à maîtriser ses dons, ils avaient visité l’Ecosse et ses sorcières sauvages mais si puissantes, l’Islande et ses contrées si froide, ses aurores boréales, l’Europe de l’Est évidemment, qu’il connaissait par cœur, l’Italie, l’Espagne, même si les vampires n’aimaient guère les pays chauds, surtout un vampire comme Vassily. Même s’il y avait des amis, il ne s’y attardait guère. Valentin avait adoré ce tour de l’Europe avec son vampire mais il aurait aimé visiter plus encore. « Vassily aurait adoré. » murmura-t-il en songeant à quel point le vampire gouttait la neige et les grandes étendues désertiques de glaces.

Vassily lui avait promis qu’une nuit, ils iraient visiter le Canada, le grand nord, mais surtout, l’Antartique qui les fascinaient tous les deux. Vassily ne cessait de dire que le pôle nord était assez facile d’accès pour un russe, il s’en vantait presque. Valentin songea à tout ce que le vampire avait promis et n’avait eut le temps de réaliser. A toutes ces années privées de lui. « Non, ce n’est pas… » Sa voix se brisa sous le coup de l’émotion. Valentin avait retenu ses larmes si longtemps, pensant qu’elles ne couleraient plus du tout. Et voilà qu’un fleuve sortait de son corps. Où était passé toute cette humidité. Heureusement, l’atmosphère humide de la Louisiane balayait ces larmes comme la sueur comme tout le reste dans son atmosphère. Les larmes y disparaissaient aussi en fin de compte. « Ce n’est pas de ta faute. » C’était de la leur, de ces monstres qui lui avait enlevé son amour, le lui avait arraché par choix politique, par avidité.

Valentin l’aurait emporté avec lui, s’il avait pu, l’aurait pris avec lui ailleurs, l’aurait forcé à voyager, à faire tout ce dont ils avaient parlé pendant toutes ces nuits. Mais Vassily tenait tant à son royaume, à satisfaire sa lignée, à leur donner le pouvoir et les titres qu’ils méritaient. Une lignée qui l’a trahie en fin de compte. C’est ses propres infants qui se sont retournés contre lui, au dernier moment. Nika. Ce vampire le poussait hors de lui. La rage le fit ravaler les larmes, la colère qui montait en lui, tandis que Caroline le berçait. Elle lui rappelait qu’il existait encore de l’amour en ce bas monde, qu’il n’y avait pas que la tragédie et la vengeance. Le nécromancien ferma les yeux et se laissa porté par la vieille berceuse que la jeune vampire lui chantait.

« Tu crois vraiment que le Conclave les puniront pour ce qu’ils ont fait ? » Valentin pouvait parfois être naïf. Il avait beau avoir passé plus d’un siècle auprès d’un vampire, il ne connaissait pas la haute autorité des vampires, ignorait comment ils fonctionnaient, comment ils exécutaient la justice. Vassily avait toujours parlé d’eux comme des gens lointains. Seule la lignée comptait. Une lignée qui s’est à moitié éteinte à présent. Il ignorait qui parmi eux étaient encore loyaux, fiables. Il ne savait même plus à qui se fier. Si. Yuri. Il connaissait Yuri et avait confiance en lui, même si son infante voulait le tuer. A dire vrai, il ne pouvait l’en empêcher. Après tout, elle avait raison. Il lui avait fait du mal. « Je ne veux pas que tu te mettes en danger pour moi. Vassily est mort, et si tu venais à mourir aussi je ne me le pardonnerais jamais. Je n’ai pas pu sauver Vassily, je ne ferais pas la même erreur. » fit-il en lui attrapant le poignet et serrant sa main contre la sienne, contre sa poitrine.
Son cœur ne battait plus. De marqué, il était devenu liche, et le cœur bien qu’encore présent dans sa poitrine, ne lui était plus qu’aucune utilité. Il ignorait si la mort pouvait le saisir, s’il pouvait affronter des créatures comme des vampires. Il craignait les vampires russes, qu’ils ne cherchent à le tuer pour éliminer toute représailles à leur encontre. Mais sa nature de liche pouvait-elle lui donner un avantage ? Au moins lui permettre de survivre ? Il releva les yeux, la regardant droit dans les yeux. « Caroline, j’aurais besoin de toi. Est-ce que tu pourrais m’aider ? Je te préviens, ma demande va être particulière. »


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