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 Wir werden uns wiedersehen [PV Max]

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→ PROFIL PSYCHOLOGIQUE : Doux – Rieur – Sarcastique – Blagueur – Secret – Courageux, mais pas téméraire – Essaye de ne pas prendre grand chose au sérieux – Déteste sa cécité, il fait en sorte de toujours la tourner en dérision – Physiquement bien faible, moralement à tout épreuve – Nerveux.


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MessageSujet: Wir werden uns wiedersehen [PV Max]   Dim 7 Oct 2018 - 9:19

Une ombre dans la nuit fendu d'un sourire assuré. Son cours s'était bien passé, sa semaine était finie, il avait le droit de s'offrir un petit peu de temps. Il se demande un instant combien de temps il lui reste avant la prochaine pleine Lune et s'arrête au milieu de la rue pour compter les jours. Assez pour ne pas avoir à s'en préoccuper, à ne pas se laisser mourir d’inquiétude sur son canapé et à s'envoyer verres sur verres le lendemain pour oublier la nuit d'avant. L'homonculus de la Lune, c'est comme ça qu'il aime bien voir cette petit semaine d’inquiétude totale. Vivez avec un Alligator qui s'avère être votre frère, vous comprendrez.

Il commence à faire frais, l'aveugle passe les doigts sur sa montre, vingt et une heure, l'automne est belle est bien là puisque cette température annonce que le soleil s'est couché. Il va falloir pensé à ressortir les écharpes. Cette constatation le fait sourire, le temps passe et ses prises sont toujours un petit peu plus visibles sans pour autant le déranger. A la fin du mois il aura trente deux ans.

Il pousse la porte du bar qu'il recherchait, quelqu'un en sort et le salut : Sophia, une élève très curieuse et un petit peu lèche-cul de son cours de culture italienne, le son de sa voix ne laisse aucun doute, c'est son repaire comme un visage est celui d'une personne normale. Il lui sourit, la salut à son tour et vient s'installer au bar. Il y a du monde et il y a de tout. Medium, humain, garou et sorcier. Pas de vampire, pas de Lycan, ce n'est pas plus mal. Mike prend place à côté d'un medium. Pourquoi ici ? Parce qu'il avait le choix entre cette place libre et celle juste à côté, voisin d'un garou qui, à son odeur, était déjà parfaitement fini. Il n'a pas envie de se frotter ce soir à ce genre de cas donc un medium en pleine possession de ses moyen, c'est bien moins dangereux et plus reposant.

Il demande un Spiced Irish Coffee et sent que le barman lui sourit en lui répondant « tout de suite ». il se sent bien.

Par curiosité ou comme un voyant regarde une salle en attendant sa commande, l'aveugle laisse son ouïe s'aventurer vers les autres, vers le duo que forme le fameux medium et une humaine au vu de sa voix un petit peu haut perchée et gloussante. Oh, une petite dragounette pour le plaisir. Est ce que l'interlocuteur de celle-ci est un ou une medium maintenant ? Mike l'écoute répondre et un frisson le prend. Violent et nostalgique.

Un léger accent germanique, une voix grave et dure, sans appel. Un rire résonne dans ses souvenirs. Non, pas ici ? Des sensations parfaites, une nostalgie luxurieuse. Les odeurs d'une boîte de nuit. Les bruits assourdissants d'une musique bien trop forte bientôt recouverts de soupirs équivoques.

Il doit savoir.

Heureusement pour lui, les sièges sont proches, très proches, comme si on en avait mis trop pour le peu de place, un mouvement et ils entrent en contact. Assez proche pour que les odeurs soit atteignables. Il doit faire vite, il « voit » le bartender revenir avec sa boisson épicée qui tuera bientôt son odorat. Il prend une inspiration qui le ravit.

Elle est plus forte, plus viril qu'à l'époque, plus affirmé aussi mais au fond, elle reste la même. Celle qu'il a connu dans la chaleur d'une étreinte il y a onze ans maintenant. Un sourire bien différent vient illuminer ses traits alors qu'il trempe les lèvre dans la boisson chaude. Il continu de l'écouter, cet accent qui l'a fait rêver les soirs de solitude. Il est là, l'homme qui lui a ouvert il y a bien trop longtemps, les portes du septième ciel. Une nuit Berlinoise, une nuit de pleine Lune à l'époque de ses vingt ans.

-Ist sie hübsch? [Is she pretty ] ?

Doux souvenirs, inversement des rôles. Il avait demandé ça en anglais à l'époque où son allemand était balbutiant, pour ne pas se faire totalement comprendre par la jeune femme qu'il l'accompagnait. Aujourd'hui, sur les terres américaines, c'est bien avec une prononciation inpécable et un accent tout ce qu'il y a de respectable, qu'il a eu envie de jouer.

Est ce que Maximilian le reconnaîtra à son tour ?

Le jeu recommence, les règles ont juste changés.

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MessageSujet: Re: Wir werden uns wiedersehen [PV Max]   Dim 7 Oct 2018 - 18:00

Wir werden uns wiedersehen
Mickael & Maximilian


L’alcool, un langage universel. Dans l’ambre du liquide, il était facile de noyer les doutes et l’angoisse de l’incertitude. Encore une soirée s’était écoulée, conclusion d’une journée idiote passée à ratisser la ville en le pensant pris au piège quelque part. Les rayons du soleil étaient censés me soutenir dans ma quête, mais cette foutue sangsue savait trop bien se planquer à la vue de tous. Il n’était qu’une ombre qui n’arrêtait pas de me filer entre les doigts… Tant de fois j’avais cru toucher au but… Encore plus après avoir rencontré Kimiko, l’espoir amer avait empli mon être avant de me nouer la gorge devant cette hypothèse écœurante qui se renforçait de jour en jour. Le faisceau de présomption devenait trop lourd, les indices mis bout à bout formaient une toile terrifiante dont le prédateur ne faisait qu’attendre, tapi dans l’obscurité, qu’on se prenne dans ses filets. Restait à savoir s’il le faisait pour nous piéger ou pour nous échapper : dans tous les cas, si le visage du monstre se révélait être celui que nous craignions, cela nous anéantirait.

Mon doigt tapotait le verre devant moi. Sur le comptoir, il était encore plein.  La cartographie de cette putain de ville s’imprimait en filigrane, voile miteux sur lequel se dessinaient les trottoirs et les ruelles que mes pas avaient foulé durant des heures. Je réfléchissais tout en laissant mon regard se perdre dans les effluves éthyliques et brumeux du bar. Wolfgang, que foutais-tu ?... Je descendis le verre d’une seule traite. La brûlure fut intense et salvatrice. La douleur me réveilla, me rappela qu’il n’y avait jamais de place pour l’hésitation et que quoi qu’il arrive, je finirais par mettre la main sur ce vampire que j’avais suivi jusqu’ici et que, qui qu’il puisse être, je ferai ce qui devrait être fait. Parce que c’était mon devoir, parce que parfois il fallait savoir se salir les mains. Les règles n’avaient de sens que lorsqu’elles s’appliquaient à une réalité unique, la nôtre était polymorphe.

Sorciers, garous, lycans, hérésies, vampires,… Tout ce monde se côtoyait dans un joyeux bordel dans lequel nous tentions en vain de mettre un peu d’ordre. Tout secret est une révolte : celle qui se trame est silencieuse dans la vie des prudents, beaucoup trop bruyante dans l’existence des fous. Et c’est ainsi que nous vivons, les uns entourés des autres dans la plus parfaite indifférence. Ma mâchoire se serra, le métissage de cette foule m’indisposait. Heureusement, pas de sacs à puces lupins ou de dents longues, sinon l’envie de riper ce tabouret et de m’engouffrer dans le frais vent d’automne l’aurait emporté sur le peu de tolérance dont j’étais capable.

C’est alors qu’elle était apparue cette petite nymphe aguicheuse, comme si le destin s’amusait à m’envoyer une récompense pour avoir préféré une solitude accoudé au bar plutôt qu’une errance dans un quartier crasseux. Je ne croyais pas au karma, pas même au hasard. La vie était ce qu’elle était. Imparfaite.

L’asymétrie de son visage était légère mais séduisante, ses cheveux relevés dans un chignon dont dépassaient quelques mèches me faisaient penser à une adolescente rebelle bien qu’elle flirtait sans doute davantage avec les vingt-cinq ans. Le jeu était trop tentant, je m’y engouffrai sans demander mon reste. Pivotant légèrement vers elle, la jeune femme dut y voir une trop grande marque d’intérêt. Elle voulut m’offrir un verre pour « remplir le vide du mien » disait-elle, je nous en payai deux dans un élan de virilité. Elle le but d’un trait, je sirotai le mien en me perdant dans ses cils battants bien que trop noircis par le mascara qu’elle portait. Elle m’interrogea sur mon accent entre deux gloussements, elle rit d’un compliment dans ma langue natale qu’elle ne comprit pas. Tout s’enchaînait dans une certaine indifférence que cachaient mes ridules rieuses au coin des paupières. Partie idiote, elle n’était qu’un pion. Pas assez distrayante, pas assez reine pour détourner l’attention du roi sur l’échiquier. Elle était jolie. Elle était quelconque.

Le vacarme des voix alentours avait étouffé une arrivée. Je n’avais que senti le mouvement sur mon côté, trop accaparé à laisser mes yeux courir sur la belle plante qui me faisait face. Elle avait beau ne pas avoir l’air très futée, petite poule gloussant imbécilement, elle était agréable à l’œil et ça m’aurait sans doute suffi si mes pensées n’avaient pas été si sombres. Peut-être était-ce pour cette raison que cette voix m’avait irritée plus que nécessaire avec cet accent presque trompeur dans lequel un natif ne pouvait que deviner la parole d’un étranger. Je détestai les indélicats qui osaient s’immiscer dans une conversation, même aussi peu intéressante que celle-ci, sans invitation. Et ce soir, je me sentais même d’humeur à lui faire bouffer son manque de respect.

Dans un mouvement d’épaules, je me tournai vers cet inconnu qui venait de me héler de la sorte, lançant déjà une interjection claquante.

▬ Was mischst du … [De quoi te mêles…]

Seulement, la fin mourut dans un souffle. Il paraissait si rayonnant que je perçus immédiatement que quelque chose clochait et ne put m’empêcher de jeter un coup d’œil autour, habitude qui tenait autant du détective que du chasseur toujours sur le qui-vive. Pourtant rien. Rien ne bougeait si ce n’était les groupes d’étudiants qui riaient aux éclats, les piliers de bar et les mecs comme moi, comme lui, qui étaient là parce qu’il fallait bien être quelque part.

La demoiselle s’impatientait, je m’apprêtai à revenir à elle et ignorer ce médium pénible quand son regard qui filait légèrement à côté provoqua un chez moi une sensation étrange. Mon cœur se mit à ralentir soudainement, ma respiration aussi, avant de reprendre une cadence battante : supernova sur le point d’exploser.

▬ Wir kennen uns… [On se connaît…] dis-je presque dans un murmure, soudain transpercé par ce regard absent et ce fin parfum qui avait du mal à percer au cœur des odeurs ivres.

Ses traits me revinrent, transperçant ma mémoire de leur vivacité passionnelle. Sur ma gauche, la nana s’était vexée et venait de se lever en faisant crisser son siège, bon débarras. Elle n’importait plus, pas plus que toutes les femmes que j’avais pu séduire cette nuit-là. Cette nuit à…

▬ Berlin…

Le puzzle s’emboîtait doucement, chaque pièce retrouvait sa place et faisait remonter à la surface des émotions profondément ancrées dans mes souvenirs. Cette nuit-là, il y a plus de dix ans, cet homme avait imprimé dans ma chair sa marque, ce désir et cette plénitude indomptable que je n’étais plus jamais parvenu à retrouver. Un seul reflet du passé avait suffi à refaire frissonner ma peau, à réveiller l’essence de mes sens et à me remplir d’une nostalgie qui m’avait habité à chaque fois que mon corps insatisfait se retournait dans des draps froids.

▬ Dein Akzent ist viel mehr… « Galvanisant »… Du machst Fortschritte. [Ton accent est bien plus… « Galvanisant »… Tu as fait des progrès.]

Jamais je n’avais pu oublier ce mot, celui qui m’avait tant perturbé avant de souffler sur les braises de la séduction qui s’était opérée si sensuellement dans cette boîte de nuit, dans cette chambre, dans ces draps… Finalement, peut-être bien que le destin existait et, si tel était le cas, je lui en étais terriblement reconnaissant alors que déjà mon visage se fendait d’un sourire tandis que mes pupilles se perdaient dans les siennes.






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Dernière édition par Maximilian L. Schimmel le Ven 12 Oct 2018 - 1:48, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Wir werden uns wiedersehen [PV Max]   Mar 9 Oct 2018 - 23:32

Il sent le coup de vent dû au retournement soudain de son voisin. Le grincement de la chaise aussi, il a envie de sourire. Il se doute de l’énervement qui prend l'autre médium, c'est normal après tout.

Mais maintenant qu'il y réfléchit, il ne connaît pas Max. Ce qu'il connaît de lui, c'est son corps, le son de sa voix, le goût de sa peau et la beauté de son visage. Il ne connaît rien de lui, il ne sait comment il va réagir. Est ce qu'il l'a oublié ? Est-ce qu'il a voulu l'oublier ? Est ce qu'il va s’énerver ? Lui en vouloir ? Est il quelqu'un avec qui une conversation peut être compliqué ? Non, il ne connaît rien de celui qui lui a offert les étoiles. Mais l'envie de le savoir lui chatouille les entrailles. Qu'est ce qu'il fait dans la vie, qu'est ce qu'il fait ici ? Est ce qu'il lit ? La curiosité du professeur est insatiable et le sera sûrement encore longtemps, tant qu'il n'en saura pas un petit peu plus. On ne peut pas connaître complètement quelqu'un, c'est bien ce qui rend les choses uniques. On en apprend toujours plus et l'aveugle a bien envie d'en savoir toujours plus sur l'allemand. Après, est ce qu'il sera assez ouvert ? Est ce que ça l'ennuierait de discuter autour d'un verre ? Ce n'est pas le moment de se poser la question après tout. Mike se retrouve presque agressé verbalement et il n'a qu'une envie face à cette réaction tout à fait compréhensive : rire. Mais il sait très bien qu'un poing dans le visage n'est pas à une idée à chassé de la main, c'est même fort probable si Max est du genre brutale ou sanguin. Peut-être qu'il l'est un petit peu après tout, sanguin, il avait accepté une nuit d'amour sans le connaître non plus. L'aveugle brûle d'entendre encore sa voix, il se remémore ses murmures et ses soupirs. Qu'est ce qu'il aurait donné pour pouvoir retrouver les murs froids de cette bâtisse perdue aux alentours de Berlin.

Mike n'a pas encore relevé la tête, laissant le mystère s'installer alors que la demoiselle humaine derrière le voyant se dandine pour un petit peu d'attention. Finalement, il laisse son regard mort dériver vers, il l’espère, vers le visage si souvent rêvé. Un sourire éclair son visage quand Max, enfin, doute. Un sourire taquin et heureux. Un sourire qui s'étend alors que les morceaux semblent coller à nouveau, oui Berlin … Cette nuit d'extase, cette sensation qui chatouille l'estomac, comme un matin de pâque quand on sait que la surprise est cachée là mais qu'il faut attendre l'heure. Une surprise dont il connaît les traits et qu'il veut pourtant redécouvrir. Est ce qu'il a changé ?

Il reprend la parole et Mike éclate de rire . « Galvanisant ». Il a vraiment gardé ce mot à l'esprit.

-Hahaha, je n'avais pas trouvé mieux à l'époque mais, entre nous, il est pas mal comme adjectif, non ? *

Oui, il n'avait, à l'époque rien d'autre en tête que Sexy, attirant ou électrisant, mais ça, il le garde pour lui, encore un peu en tout cas.

-Est ce que tu as un verre ? Que je sache si je peux t'en offrir.*

Un sourire joueur. La vieille drague à l'ancienne qui met mal à l'aise les jeunes filles. Mais ce n'est pas ça, il ne sait pas pourquoi, il ne comprend pas son comportement et ne sait pas non plus ce qu'il veut. Juste partager un verre avec l'allemand, comme là bas, quand il a du lui dire qu'il ne le voyait pas.

-Qu'est ce que tu fais dans le coin ? *

Est ce qu'il est trop familier ? Est ce que c'est trop tôt ? Mince, il a l'impression de se retrouver à dans ce bar, ce moment gênant où il a dû lui dire qu'il ne le verrait jamais.

-Je ne m'attendais pas à te revoir un jour, je dois bien avouer.*

Son sourire ne l'a pas quitté, pas une seule fois ses lèvres fines ont retrouver leur monotonie habituelle. Il ne s'attendait pas à une telle rencontre, une aussi belle rencontre.

Une rencontre galvanisante ?

*En Allemand dans le texte

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MessageSujet: Re: Wir werden uns wiedersehen [PV Max]   Ven 12 Oct 2018 - 5:16

Wir werden uns wiedersehen
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Le parfum des souvenirs flottait comme une volute de fumée dans l’air saturé d’une ivresse sage au bar. Il dessinait devant mon regard les relents passionnels d’une nuit qui avait trouvé sa place dans le livre d’or des souvenirs, ne s’effaçant jamais mais gagnant en saveur tel un vin d’un cépage d’exception. Le temps avait fait son œuvre, pourtant son visage était toujours aussi juvénile. On y devinait au plus quelques traits plus marqués, si on se prenait à détailler les légères ridules qui naissaient çà et là. Défauts séduisants, défauts fantasmés. A vrai dire, j’étais presque déçu que les sonorités germaniques ne sonnent plus dans sa bouche comme un affront à toute l’Allemagne : cela avait eu son charme à une autre époque. Désormais, avec son intonation presque parfaite, il paraissait moins intriguant. Plus standard.

Peut-être était-ce pour cette raison que sa boutade m’étonna peu. L’image d’un mec perdu dans une boîte où il n’aurait jamais dû foutre les pieds me revint, le peu d’assurance qui en transpirait aussi. Aujourd’hui, il éclatait de rire : simple façade ou était-il réellement à l’aise ? Sans doute un peu des deux. Après tout je ne pouvais lui en vouloir, nous jouions tous un foutu rôle dans ce monde d’apparences.

▬ Die Adjektive ist nicht gerade meine Stärke… aber wer immer es gesagt hat, er war ganz gut für ein Fremder ! [Les adjectifs c’est pas mon truc… mais celui qui l’a dit, il était pas mal pour un étranger !]

A mon tour, j’avais donné le change. Fidèle à moi-même, sans détour ni retenue. C’était d’une facilité déconcertante, encore plus quand vous pouviez laisser vos pupilles caresser la silhouette de votre amant éphémère en toute quiétude, sans craindre le moindre soubresaut outré. Mes yeux parcouraient son expression qui trahissait une joie qu’il peinait à contenir, puis l’exploration se poursuivit dans un glissement le long de sa mâchoire, de son cou, de son torse,… La descente était inexorablement délicieuse, tout autant que les sensations qui refaisaient surface. Elles me distrayaient de mes emmerdes, à croire que s’enfermer dans un passé révolu pouvait aider à laisser s’envoler les maux du présent. Constatation ubuesque mais éprouvée dès que je m’attardai sur ses lèvres qui s’agitaient de nouveau pour me proposer un verre, aurait-il été possible de faire resurgir la pression de sa bouche contre la mienne rien qu’en les regardant se mouvoir ainsi ? Ce n’était pas une possibilité, c’était une réalité. Ou un jeu. Son sourire m’y appelait lorsqu’il entreprit de me proposer un verre.

A force de rester enserré dans ma paume, la fraîcheur de l’alcool avait disparu. Je le remarquai dès l’instant où il chatouilla ma langue, s’insinua dans ma gorge et coula cul-sec dans mes entrailles. Un goût amer de réchauffé, une saveur surannée… Se pouvait-il que cette rencontre se résume à cela, elle aussi ? A un simple charme d’antan noyé par l’affront des années ? Dans un réflexe de rejet, l’ensemble de ma musculature semblait se tendre, rejetant l’idée qu’une telle coïncidence ne puisse m’offrir une échappatoire transitoire aux nuits passées à errer dans la ville.

▬ Jetzt, nicht mehr ! [Maintenant, je n’en ai plus !] fis-je pour unique réponse à sa proposition à la limite d’une mauvaise technique de drague.

Tout en faisant claquer plus que nécessaire le verre sur le bar, j’y abandonnai sa carcasse cristalline dépouillée de son contenu ambré à côté de sa boisson trop sage. La provocation, encore et toujours. Cela avait toujours été plus facile, pas vrai ? La familiarité suintait du comptoir, son ton s’en imprégnait tout autant que le mien. Comme on ravive d’une flamme nouvelle une braise depuis trop longtemps éteinte, voilà qu’il me gratifiait d’une complicité étrange à laquelle j’hésitais à céder même si, au fond, le souvenir de cette nuit suffisait à chasser la méfiance. En partie.

Les interrogations s’enchaînaient sans cesse, danse aussi folle et extatique que celle que nous avions partagée sous les stroboscopes de ce club berlinois. Si beaucoup y aurait vu un intérêt flatteur, j’y entendais des pas inquisiteurs. Les étoiles se rappelaient à moi, contrastaient avec cet homme que je ne connaissais qu’à travers le désir de sa chair et les soupirs d’un plaisir intense. Il n’avait pas besoin de savoir. Personne n’avait besoin de savoir quelle merde je remuais actuellement. Le mensonge était simple, il suffisait d’y mettre un brin de vérité.

▬ Mein Aufgabe… [Mon boulot… //Précision : Ce terme a une connotation qui suggère une « tâche » à accomplir, « une mission »//] finis-je par lâcher sur un ton légèrement plus pensif que je l’aurais voulu.

Sur le moment, je ne pus m’empêcher de me demander s’il avait vécu ici la dernière décennie sans pour autant me décider à le lui demander. Si cela était le cas, l’idée que mes voyages pour la Guilde m’aient conduit plus d’une fois dans le secteur sans jamais avoir croisé sa route avait quelque chose d’amer. Je repoussai néanmoins ce regret, il n’avait pas sa place dans mon existence. Lui aussi inspirait à autre chose et pourquoi pas à la surprise : entre mélancolie et âpreté, sa dernière déclaration criait son enthousiasme de me revoir alors même que je réprimais cette vague brûlante qui envahissait mon corps à chaque fois qu’une inspiration plus forte me laissait parvenir son odeur… Purée, quelle putain de nuit…

▬ Und es stört dich aber du bist enttäucht ? [Et ça te dérange ou tu es déçu ?]

Question bête, réponse idiote. Elle était collée sur ses lèvres depuis le début de cette conversation, telle les rayons du soleil à son zénith vous éblouissent. Seulement, l’envie de le tourmenter en lui infligeant cette demande était trop tentante, trop excitante. D’une certaine manière, j’étais totalement conscient de la petite stratégie perverse que j’adoptais sans vergogne : un coup d’échec pour le pousser à redevenir une fraction de secondes ce type déstabilisé et vulnérable qu’il avait été pour mieux le secourir ensuite. J’étais un connard au mieux, un salaud sans le moindre doute. Mais dix ans étaient passés par là. Dix fichues années qui le verraient peut-être me rétorquer avec une confiance débordante et que ferai-je face à cela ? Cette inconnue dans l’équation titillait ma curiosité autant qu’elle invoquait l’appréhension…

▬ Finalement, rien ne change, lâchai-je à voix haute. ▬ Toi, moi, un bar…

Un leurre. A lui, à moi-même. Rien n’était plus comme avant. Bientôt peut-être les choses seraient-elles encore bien pire, me pris-je à penser alors que la mission que je m’étais fixée me revenait en tête. Je la chassai d’un clignement de paupières, la proie ce soir était tout autre. Et en bon chasseur, je refusai de la laisser filer, elle et toutes les promesses que le hasard de nos retrouvailles nous murmurait déjà.







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MessageSujet: Re: Wir werden uns wiedersehen [PV Max]   Mar 16 Oct 2018 - 0:56



En y repensant, en l'entendant à nouveau, il se rend compte que cet allemand, cette voix, cet accent lui ont terriblement manqué. Chaque intonation lui chatouille la peau, comme une caresse. Il se rend compte qu'il adorerait l'entendre parler plus longuement. Peut-être que lancer un débat serait intéressant mais il n'en a pas envie. Il a envie de savoir ce qu'il se passe dans la vie et la tête de son interlocuteur. Il ne savait rien à l'époque, peut-être qu'il en saura plus aujourd'hui, bien qu'au fond, très profondément, il en doute. Pourquoi ca aurait changé ? Qu'est ce qu'il y avait de plus ou de moins à cette soirée ? Qu'est ce qui marquerait la différence ?

Le ton dans la voix de Max sûrement. Il avait changé, inexorablement. Il était plus lourd, les conséquences plus visibles. Tout y était plus grave. Est ce que les rôles se serait inversés ? Est ce que la légèreté était maintenant du côté de l'aveugle tandis que le voyant avait plus de choses à penser, plus de chose à surveiller ? L'idée ne lui plaît pas vraiment. Il avait aimé, bien trop, cette brise allemande qui offrait une sécurité salvatrice. Il s'en était enivré jusqu'à ce que son corps lui hurle stop pendant que son esprit en demandait encore. Que faire ?

Mais finalement, comme un mécanisme rouillé qui se me doucement en branle, Max fait toujours ce petit pas en avant qui chasse les question et permet de se concentrer sur l'instant présent. Comme un enfant il a fièrement fait claquer son verre sûrement vide sur le barre avant de lui annoncer, en quelque sorte, qu'il y a toujours de la place pour un autre verre. Mike éclate une nouvelle fois de rire. C'est si enfantin, avec cette touche d'aplomb insolent, un délice. L'aveugle pose le coude sur le bar avant de laisser choir son visage dans sa paume. Comme un voyant qui savourerait du regard une silhouette bien trop appréciée. Lui ne peut que savourer le son de sa voix où la légèreté de son parfum. Il est à l'aise cependant, totalement. Non, il n'est pas pour autant en terrain connu mais potentiellement exploré et puis, qu'avait il à perdre en dehors de ce souvenir sucré et bien trop lointain pour ne pas qu'on en veuille le renouvellement ?

Il écoute attentivement la suite et bien que son sourire ne fane pas, il ne peux pas s'empêcher de réfléchir plus en avant alors que des bribes de leur conversation passée lui revient en mémoire. Il garde cependant ses réflexions pour lui, pour le moment tout du moins. La suite l'amuse déjà plus, son sourire se transforme pour reprendre cette teinte d'antan, ce sourire joueur. Max a avancé un pion, bien en évidence, comme un sacrifice.

-Tu ne me laisses pas beaucoup de choix. Est ce que je dois en conclure que c'est ce que tu ressens ? De la déception et de l'inconfort ?


Taquin, l'aveugle choisi de mettre son cavalier en branle, frapper plus fort, retourner la stratégie. Est ce que le bourreau sera déçu que l'aveugle ai autant changé ? Qu'il peut maintenant mettre un pied devant l'autre sans trébucher, sans douter ?

-Rien ne change ? Vraiment ?

Il se relève doucement pour se pencher en avant pour, comme cette fois là, venir souffler à l'oreille de Max non pas une invitation à danser, mais quelque chose de bien plus … Précis.

-C'est à ce moment là que je te demande de me faire confiance parce que tu vas passé une soirée mémorable ?


Il se rassoie sur son tabouret, bien content de son mouvement et se permet une gorgée de son latte avant de reprendre la parole :

-Prend ce que tu veux, c'est pour moi ce soir. Histoire de pouvoir trinquer aux retrouvailles après qu'on ai trinqué aux rencontres il y a bien trop longtemps.

Il sourit encore avant de glisser son pouce sur le coin de ses lèvres et de le lécher d'un coup de langue pour ne pas en perdre une goutte. Un réflexe qu'il avait acquit il a bien des années, alors qu'il portait encore des lunettes de soleil pour cacher ses yeux morts.

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MessageSujet: Re: Wir werden uns wiedersehen [PV Max]   Jeu 18 Oct 2018 - 8:23

Wir werden uns wiedersehen
Mickael & Maximilian


Les sonorités claquantes de ce rire, je ne les connaissais pas ou si peu… Un bruissement d’ailes du papillon que j’avais vu percer sa chrysalide me revint en mémoire, mouvement léger d’une mélodie d’innocence factice sous une assurance candide. Le temps avait usé cette étincelle timide dans son regard éternellement vide et je me pris à penser que l’homme avait beau être à mes côtés, que sa présence pouvait bien être plus réelle que n’importe lequel des fantasmes qui avaient envahi mes nuits solitaires, que mes sens étaient déjà engourdis de tout son être, je ne savais quoi faire devant quelqu’un qui n’avait plus besoin de moi. Son attitude contrastait trop avec cette silhouette qui, dans mes souvenirs, était si peu à l’aise accoudée à un comptoir. Au final, pourquoi m’en tourmentai-je ?

Nous ne dansions pas ce soir et pourtant tout semblait tourbillonner. Cette rencontre fortuite virait à la valse décadente, dans une mesure où je n’avais plus ma place pour guider l’autre. C’était frustrant et intriguant à la fois, foutrement angoissant aussi. Les flashs des stroboscopes et la symphonie criarde du DJ avaient cédé place à l’ambiance tranquille d’un bar de quartier et j’eus soudain l’impression d’avoir pris bien plus de dix ans. Cette affaire familiale allait finir par me ronger l’essence même de ce que j’étais, il n’y avait qu’à voir où ma carcasse avait atterri : même pas une boîte, juste un débit de boissons où les étudiants du coin avaient établi leur quartier général si j’en croyais leurs rires insolents.

Dans mon dos et loin de mes préoccupations hésitantes, j’entendais les voix s’élever. Le manque de musique me sauta aux oreilles comme un bruit sourd et dérangeant. Comme s’il avait pu apercevoir mon trouble, Mike choisit cet instant pour laisser échapper une réplique provocante qui fissurait un peu plus l’image fragile que j’avais gardée de lui. Et maintenant, je devais réagir à ça : trouver une parade à cette avancée redoutée sur l’échiquier avant qu’il ne puisse déceler dans mon silence le doute qui s’immisçait peu à peu dans ma poitrine.

Et puis merde, autant être cash.

▬ Peut-être que oui, peut-être que non. C'est plus séduisant si tout est permis… laissai-je échapper dans un murmure en écho qui flotta dans les effluves d’ivresse avec sensualité.

Nous avions ressorti l’immense damier sur lequel un roi en toisait toujours un autre, mais la partie était loin d’être jouée d’avance. J’avais tenté un gambit et, au vue du coup qui avait suivi, je savais désormais la nature de mon adversaire toujours aussi séduisant. Mes iris clairs se perdirent un instant dans le puits sans fond des siens, j’aurais désiré m’y noyer, m’y perdre si abruptement qu’il aurait été impossible d’en revenir.

Peut-être aurait-ce été le moment de tenter un roque. Fuir pour me mettre à l’abri de ce jeu auquel nous reprenions goût malgré sa saveur inverse. L’envie de poursuivre la même stratégie était insaisissable et puissante, sans doute était-ce pour cette raison que j’avais tenté l’amalgame foireux qu’il retourna contre moi avec une aisance qui fit rater un battement à mon palpitant. Rien ne changeait, mais lui était l’exception. Celle qui abattrait toutes les visions d’extase d’une simple intonation trop sûre, d’un unique geste trop assuré. Mike évoluait désormais dans un clair-obscur maîtrisé, il s’y mouvait avec une confiance telle que j’avais moi-même dû l’afficher lorsque nos corps étaient entrés en contact sur cette piste berlinoise. Ma place n’était plus, mon rôle balayé.

Alors pourquoi mes jambes refusèrent-elles de me porter jusque la nuit noire où je disparaitrais en emportant seulement la sensation ancienne de sa peau contre la mienne et ce parfum ravivé d’un sourire épanoui. Car oui, il l’était. Ses lèvres s’étiraient depuis qu’il m’avait abordé et je craignais que ce sourire ne soit pas étranger à ce charme hypnotique qui exerçait sur moi sa force immobile. Il se pencha, mon regard ne quittait pas sa bouche des yeux.

Tout s’enchaînait. Trop vite. Moi l’impulsif, je me sentis presque pris au piège de ce souffle insolent qui vint réchauffer ma peau, mon visage. C’était comme promettre une famille à un orphelin, entrevoir la possibilité de retrouver un délicieux bonheur d’antan tout en sachant qu’il risquait de se révéler amer. Ce changement qu’il promettait à demi-mot aurait eu un goût de miel séduisant pour la plupart des aventureux. Pas pour moi. Pas plus que cette confiance aveugle qu’il me demandait. Peut-être y était-il habitué, songeai-je avec ironie, cependant dans ce domaine c’était à présent moi l’étranger et je détestais cela.

J’aurais voulu rétorquer. Lui balancer que le changement n’était qu’illusoire, qu’au fond rien ni personne ne changeait : nous étions et restions les mêmes êtres, connaissant des variations ininterrompues nous ramenant toujours à la même foutue conclusion, nous ne contrôlions rien. Quelques secondes, mes paupières m’isolèrent du monde. Evasion fugace, je m’éloignai de lui, de ce bar, de cette ville de malheur. De Wolfgang ? Ma main se serra autour du verre comblé d’absence, si fort que mes jointures en blanchir. Malgré sa belle aura orangée, le médium n’en saurait rien. Alors, comme on décide de reprendre sa vie en main en comprenant pourquoi ses vrilles se font de plus en  plus sournoises et acides, j’inspirai doucement mais profondément. Une bouffée d’air d’une flagrance propre à cet endroit et à cet instant précis, une bouffée d’oxygène qui pourrait être bien plus si j’acceptais, pour une soirée seulement, d’abandonner toute résistance.

Dans ses bras, cela avait été si naturel, si aisé… Une utopie, un rêve transcendé… Et si ce n’était plus rien de plus désormais que cette saveur sur les lèvres, cette délectation dans la bouche, cette caresse éthérée au creux des reins telle une œuvre d’une autre époque dont on ne pourrait plus qu’interpréter la magie pleine d’extase sans la revivre. En reprenant conscience dans cet environnement étranger, la première image que j’eus de mon amant irremplaçable fut cette provocation violente. Un doigt courrait sur sa langue dans une tentative de ne pas perdre une goutte de son breuvage. Ne perdre aucune miette de cette soirée… C’est sans doute là que je décidai.

Je refusai. Je refusai de me contenter d’un souvenir comme ceux qu’on évoque avec de vieux potes de lycée et qui finissent par rejoindre la cité de l’oubli.

▬ Je t’aurais bien dit de me surprendre encore une fois… fis-je avec un sourire en coin, si amusé de la situation que cela m’en aurait presque fait oublier l’inconfort. ▬ Mais visiblement tu ne suis plus mes conseils en matière de boissons depuis trop longtemps !

Un petit rire, le premier vraiment franc et détendu. J’étais peut-être capable d’entrer dans cet univers de malice qu’il me proposait, finalement ? Peut-être étais-je même capable de lui tenir tête et de lui montrer que les relents des fêtes coulaient toujours dans mes veines. Cependant, au fond, tout cela n’avait aucune putain d’importance. La seule chose qui importait était que bientôt nous retrouverions l’extase du partage, quoi que je doive supporter pour obtenir cette soirée mémorable, qu’à son tour, il me promettait du bout des lèvres. Parce qu’il avait raison… Cela faisait longtemps. Trop longtemps. Un simple petit mot posé là l’air de rien, mais qui semblait sonner comme un vœu ultime. Un défi même.  

▬ Le même que lui s’il vous plait ! lançai-je au serveur quand il s’arrêta à hauteur de ma main levée pour l’interpeler, j’avais soudain le goût du risque. Puis, m’adressant à Mike d’une voix plus grave que je ne l’aurais voulu, je fis tinter quelques mots sélectionnés avec soin tout en me laissant consumer par l’instant présent : ▬ C’est là que commence la confiance on dirait…

A bas les roques et la fuite ! Mes doigts avancèrent sur le comptoir, élan impulsif que je ne savais réprimer. Bientôt, ils trouvèrent le dos de la main de Mike. Un simple contact fugace avait suffi à électriser la moindre parcelle de mon corps et de mon esprit. Pour la première fois depuis longtemps, les deux vibraient à l’unisson du même désir coupable. Bon sang, que c’était bon.






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MessageSujet: Re: Wir werden uns wiedersehen [PV Max]   Jeu 18 Oct 2018 - 23:30

Sa boisson lui réchauffe le gosier et l'estomac, il doute que ce soit le café ou l'alcool, non. C'est sûrement les épices qui contrastent avec délice la douceur de la crème. Les épices ou cette odeur qui lui a tant manqué pendant toutes ces années. Comment est ce qu'il doit définir cette relation ? Est ce que ce n'est qu'un coup d'un soir ? Pourquoi, si oui, il a tant envie d'en savoir plus, de connaître les détails ? Pourquoi est ce qu'il a encore les reliefs de son visages sous ses doigts ? Jamais il n'avait demandé depuis à découvrir le visage de celui ou celle qui avait partagé son lit. Juste Max. Comme s'il avait peur que découvrir un nouveau visage effacerait celui d'avant. Comme si une nouvelle nuit dans les mêmes conditions effacerait ce souvenir souvent trop présent à son esprit. L'aveugle sait qu'il a déjà manqué de respect à un ou deux partenaires en pensant à cette nuit berlinoise plutôt qu'à l'instant présent. Se rendant compte que ce coup d'un soir avait avait perdu sa saveur, remplacé par le son inaudible d'un soupir, le plaisir d'un parfum.

Non, définitivement, il ne peut pas ranger l'allemand dans cette case si volatile, cette case qui ne veut rien dire, qui permet l'oublie total le lendemain et le sourire gêné si un jour ils se recroisent. Son sourire est bien trop franc, il est bien trop heureux d'entendre à nouveau cette voix aux sonorités dures.

Est ce que c'est la décence qui le retient de plonger son visage dans la nuque de Max pour s'enivrer de son essence ? Sûrement … Il espère en avoir encore un petit peu en tout cas. Il faut calculer ses coups, mesurer ses pas. Trouver la meilleure stratégie. Est ce vraiment un jeu qu'ils jouent ? Est ce que ce ne serait pas une façon te tâtonner ? De voir ce qu'il se passe de l'autre côté de la barrière ? Peut-être bien que seul Mike le ressent comme ça. Sûrement.

-Qui a dit que tout n'était pas permis ?

Un autre sourire en coin alors qu'il referme les mains sur sa boisson. Une réponse sur le même ton, pleine de malice et de promesses. Oui ? Qui lui a permit de l'apostropher comme ça alors qu'il était peut-être en charmante compagnie ?

Le silence qui s'allonge le laisse cependant perplexe. Qu'est ce qu'il se passe de l'autre côté ? Par quelles obscures pensées est parasité l'esprit de l'allemand ? L’interprétation des silences est une spécialité de non-voyant mais ce soir, il laisse cette intimité à son interlocuteur. Il plonge ses yeux morts dans sa boisson avant d'en avaler une nouvelle gorgée. Il attend patiemment.  

Une remarque sur le choix de sa boisson. Ca, il n'en avait jamais douté. Il entend à nouveau ce gars de la mi-vingtaine qui se moque de son choix, qui rit gentiment à sa maladresse. C'est lui, c'est cette personne qu'il a rencontré dans cette boîte de nuit.

Toujours un sourire, ni taquin, ni joueur, juste heureux, amusé. En le voilà qui commande la même chose. C'est parfait, ce détournement est délicieux !

-Quoi que j'aurais commandé, tu l'aurais critiqué je pense, alors autant prendre ce qui me plaît, hm ?

Mais cette atmosphère légère ne dur pas. Pas encore.

La confiance. Il n'est plus question de jeu, il n'est plus question de malice ou de taquinerie. Cette confiance laisse présager autre chose. Quelque chose de bien plus lourd. Comme une vérité. Est ce qu'il se fait des idées ? Sûrement.

Complètement. Il est allé bien trop loin dans son interprétation. Cette caresse sur sa main, il est loin d'être près. Rarement touché, il a d'abord un sursaut, très léger mais présent.

Puis l'étincelle se fait, dans son noir personnel, au fin fond de sa poitrine, une flammèche s'allume. Un souvenir se ravive, encore plus fort, encore plus vrai. Le contacte de sa peau.  De cette peau si chaude, il en avait savourer chaque parcelle, il en avait rêvé pendant des heures et elle était là.

Doucement, comme s'il avait peur de faire fuir un papillon aux ailes splendides par un mouvement trop brusque, il tourne la main sans laisser les doigts de l'allemand quitter sa peau. Et va finalement les attraper pour les enfermer dans sa paume devenu chaude grâce au café de sa boisson.

Une douceur sans pareille, comme un souffle sur une flamme pour la faire grandir. Mike a l'impression de dépoussiérer une étagère. De retrouver ce cocon de bien être et de sensualité. Il le reconstruit doucement, il souffle dans cette bulle de savon pour la faire grossir, pour les enfermer tout les deux.

-Eh Tafiolles, allez faire vos cochonneries ailleurs.

La bulle éclate. Bien trop tôt. L'aveugle ouvre de grands yeux surpris.

L'homme bien trop aviné à un siège de Mike.

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MessageSujet: Re: Wir werden uns wiedersehen [PV Max]   Sam 20 Oct 2018 - 2:19

Wir werden uns wiedersehen
Mickael & Maximilian


C’est grisant, d’une certaine façon. Entre nous, les choses avaient évolué, le temps s’était écoulé et malgré tout, nous nous retrouvions là à nous contempler de nos yeux aveugles de bien des manières. S’il ne pouvait me voir, l’idée qu’il puisse me deviner me hantait tandis que je me voilais la face. J’avançai vers lui dans ce brouillard des souvenirs, trop égoïste pour souhaiter autre chose qu’une satisfaction brutale d’un retour en arrière, d’un corps enlacé dans les bras d’un autre, d’une bouche s’aventurant à la moindre parcelle de nos peaux. Fantasme saisissant, tout me parut soudain terne comparé à ses traits lumineux. A croire que le simple fait d'avoir choisi l'évasion me permettait de ne plus me perdre dans des interrogations existentielles douloureuses. N'existait que lui et ce qu'il pourrait m'offrir...

Je ne l’écoutai déjà plus vraiment quand ses lèvres s’entrouvrirent pour me glisser une remarque à propos de nos verres. A vrai dire, l’alcool et toutes les boissons du monde n’avaient plus aucune espèce d’importance désormais. L’ivresse s’insinuait entre nous autrement : plus légèrement, plus subtilement, plus passionnellement.

▬ Exact, me contentai-je de lâcher en réponse à sa remarque.

Si nous nous étions vraiment connus, peut-être cette discussion aurait-elle pris un sens différent. Elle se serait aventurée sur les chemins d’une complicité réelle, d’une amitié naissante ou d’un attachement potentiel. Au lieu de cela, les navires à la dérive que nous étions autrefois avaient eu beau rentrer au port, ils n’en restaient pas moins de furieux vaisseaux qui avaient besoin de se frotter aux écueils dans une tempête d’étoiles. Cette pensée en tête, le lâcher-prise était facile : d’autant plus quand il ne s’agissait que d’une façade et que le moindre geste résultait d’un calcul savant dont l’équation finale révélait toujours au grand jour le résultat d’une spontanéité franche. Inexorablement impulsif, aurait dit certains. Moi, je disais fougueux. Peut-être l’étais-je trop d’ailleurs.

Sa réaction me prit au dépourvu, sursaut léger mais perceptible qui me fait douter un instant. Aurais-je été trop brusque en capturant ce papillon finalement bien plus fragile qu’il n’y paraissait ? La simple idée d’avoir brisé ses ailes, écorné les couleurs vives de son sourire qui s’était soudainement fané provoqua en moi une vague indescriptible. Ma mine se ferma, mes sourcils se froncèrent. Au bout de mes doigts qui ne demandaient qu’à goûter une nouvelle fois à ce frisson si intense qui résonnait encore dans mon bras comme un délice sans égal, je perçus cette fraction de seconde durant laquelle le masque s’était fendillé. S’engouffrer dans la brèche aurait été si tentant et je l’aurais fait. Avec n’importe qui d’autre, cette faiblesse passagère aurait été exploitée jusqu’à sang : je m’en serai délecté jusqu’à ce qu’il n’en reste plus une goutte, sachant qu’elle prouvait une fois de plus que mon manque de confiance en cette apparence qu’on portait tous sur nos épaules était plus que justifié. Mieux, qu’elle m’avait donné l’avantage. Pourtant, rien ne se produisit. Figés dans les airs, mes doigts demeurèrent à seulement quelques millimètres de sa peau. Mon souffle se stoppa. Mes yeux clairs ne quittaient plus l’obscurité des siens. Le doute. Immense.

Les questions valsaient à présent. On y percevait les relents amers d’un désir qui volait en éclat et d’une culpabilité balbutiante qui s’invitait sans crier garde. Le genre d’émotions que je ne me permettais pas. Celles-là étaient pour les autres, pour ceux que mon regard transperçait et envoyait en Enfer. Pas pour moi et une caresse volée… Mais alors pourquoi diable me sentais-je fébrile devant ce recul et ce risque d’avoir tout foutu en l’air ? Parce que j’avais besoin d’un plan d’un soir pour tromper ma solitude et mon incompétence dans une ville étrangère ? J’aurais voulu croire qu’il ne s’agissait que de cela, mais au fond je savais qu’il s’agissait de foutaises.  

Alors, quand Mike brisa l’immobilité de cet instant suspendu dans les méandres du temps, je ne pus retenir le sourire franc et soulagé qui s’étala sur mon visage comme le phare illumine les ciels d’orage. Point de naufrage avec cette douceur qu’il mit dans ce mouvement mesuré et tendre qui enveloppa bientôt mes doigts dans sa paume. Un soupir silencieux m’échappa, ultime trahison de cette anxiété que la seule peur de l’avoir brusqué avait suffi à déclencher.

C’était simple. C’était beau. Rien a en dire de plus. Juste profiter de cette préface splendide qui avait déjà toutes les allures de son aînée avec l’élégance de ce frôlement sur la piste, de cette promesse dans un geste, dans un souffle, dans une preuve que tout pouvait arriver. Comme si je craignais qu’il ne fuie, et peut-être était-ce le cas même si l’aveu n’aurait jamais franchi le seuil de mon esprit, je sentis mes doigts se serrer légèrement dans cette étreinte prude pour capturer la sensation inédite, étincelle d’un bûcher que nous devions d’allumer en pleine conscience.

Une voix. Une parole. Un mot.

L’incendie dans ma poitrine s’était transformé en brasier. Si le contact chaud de la peau de Mike aurait pu ne pas y être étranger, la lueur rouge qui flottait à présent dans mon champ de vision n’avait plus rien du jeu séducteur. C’était une passion féroce et violente qui m’envahissait et j’allai détruire la tronche de cet abruti pour avoir osé nous causer sur ce ton. Balayée, détruite, saccagée la tendresse des retrouvailles, ne restaient que les sonorités rauques de cet homme qui polluait cet air si pur que nous partagions encore dans notre bulle quelques secondes auparavant. Elle avait explosé, tout comme l’ensemble de mes pensées qui ne supportaient pas ce qu’elles percevaient. Un regard à Mike, bref et pourtant si intense. La surprise amère dans ses yeux, je ne la supportai pas. Je refusai de voir dans ses traits autre chose que ce que j’avais goûté toute cette nuit durant. Déjà son sourire charmeur et bien trop heureux me manquait. Devant moi, les couleurs se mouvaient et devenaient plus sombres, plus rougeoyantes et enragées. Déjà, je ne voyais plus le monde du même œil, je sentis le contrôle se fissurer.

▬ T’as un problème Scheißkerl [connard] ? crachai-je dans un instinct abrupt, prêt à exploser.

Mon corps n’était plus que tension. Comme des milliers de cordes d’instruments prêts à jouer une symphonie rageuse, mes muscles créaient des reliefs saillants sous ma peau. Dans mon cou, la crispation se propagea en faisant vibrer ma mâchoire que je m’efforçai de garder serrée pour éviter d’aller trop vite en besogne. J’étais un Bourreau de la Guilde, je devais me tenir, je ne devais pas casser sa sale petite gueule d’ivrogne. Et pourtant, j’allai le faire : ce fut une certitude dès que sa bouche s’ouvrit une fois encore pour déverser le poison dans mes veines.

▬ Ouais… J’cause pas avec les pédales !

Ma main, toujours piégée dans celle de Mike, avait refermé sa prise dans une tentative de protection vaine. L’instant d’après, nos mains se quittèrent. Je n’eus même pas le temps de sentir à quel point j’avais pu enlacer la sienne dans la mienne lorsque j’avais entendu ce voisin de comptoir nous interpeler, une mise à l’abri inefficace mais réflexe que je ne me connaissais pas.

D’un mouvement sec, je me redressai. Le tabouret crissa sur le sol, laissant des marques mates dans le carrelage sali par le passage de dizaines d’inconnus. Seulement, il y avait bien pire raclure ici que ces traces terreuses sous nos pieds… Cet ivrogne savait-il qu’il aurait mieux fait de la fermer ? Que bien que mon amant soit toujours à portée de mon étreinte, rien ne comptait davantage que de faire regretter l’affront de manière propre, impulsive, violente. L’honneur, toujours et encore. Ce type n’en avait aucun. Mon poing déjà se fermait en accumulant dans sa paume toute la rage que ce genre de propos m’inspirait. J’aurais dû savoir me retenir, serrer les dents et le remettre simplement à sa place au lieu de quoi j’avais envie de lui claquer le crâne contre ce comptoir rayé au fil des années par tant de boissons que les tâches de liqueurs y dessinaient presque un motif impertinent. Parce que oui, je voulais qu’il souffre d’avoir craché sur ce moment si particulier que nous venions à peine de recréer. Il l’avait traîné dans la boue comme une vulgaire dépravation et je n’aurais pu dire si c’était l’ambiance étouffante de tous ces alcooliques en train de se péter le foie ou la fureur sourde d’un instant perdu à jamais qui me fit perdre pied alors que je contournai Mike pour venir à la rencontre de l’indélicat installé à côté de lui. Je lui promis intérieurement de ne pas être déçu du voyage.

Quel était ce son rauque qui tenta de sortir de sa gorge, peut-être bien un ricanement mauvais comme si cela pouvait rendre ma menace moins réelle. De son rire gras et écœurant suintait du dégoût, au moins autant qu’il m’en inspirait avec ses répliques aberrantes, caché derrière ce contraste entre son apparence de rebelle au crâne rasé mais au costume de mec bon chic bon genre qui allait pourtant se noyer dans un verre d’une mauvaise pisse de comptoir. Me voyant me planter devant lui, il se leva et lança une énième réplique. Qu’est-ce que je foutais là ? demandait-il en y ajoutant une belle injure. Il n’allait pas tarder à le savoir.

Il essaya de me repousser, se jeta même en avant d’un bond déséquilibré pour venir me balancer un coup que j’esquivai la seconde suivante. Dans le même mouvement, je lui collai finalement le premier pain qui l’envoya valser tête la première sur le bord du comptoir. Gueule en sang ? Tout juste un filet qui coulait de son pif, décevant. Alors je l’attrapai par le col, ce pauvre mec qui en avait assez dans le pantalon pour nous insulter mais pas pour se relever après une misérable droite. Je n’aurais pas dû m’emporter, mais à ma décharge ce type aurait dû fermer son clapet et ne surtout pas tenter d’asséner le premier coup. Emotions sanguines de peur, d’angoisse et de besoin de justice, tout se mêlait et ma prise se figeait de plus en plus serrée sur ce salaud dont le visage m’apparaissait de plus en plus rougeoyant. Désormais, mes iris flambaient et ce ne fut que lorsque mes pupilles se perdirent dans les siennes que je sus qu’il était trop tard.

Les images vinrent et éclairèrent mon esprit comme autant de flashs projetés sur un écran blanc de cinéma. Des stroboscopes lumineux d’abord, indescriptibles et flous puis l’incontrôlable séance commença. Les scènes se succédaient, toutes plus terribles. Il y avait bien des manières de faire du mal à quelqu’un et ce salopard de saoulard avait fait souffrir plus d’une personne. Cette femme à qui il avait promis monts et merveilles pour mieux la larguer après qu’elle se soit attachée à lui, ce père qu’il avait renié après qu’il ait voulu l’aider en n’acceptant pas l’évidence de son problème avec l’alcool, ces hommes aussi qu’il avait attendus au sortir de certains bars pour leur apprendre ce que c’était d’être « vraiment » un homme…  

Supportable. Pour moi, cela n’était qu’une vision de plus, une de celles qui n’étonnent plus et ne blessent plus. Une réalité banale à ranger dans les atrocités quotidiennes. Toutefois, pour cet homme face à moi, c’était bien pire : vrillait son crâne la douleur que ses poings avaient infligée, torturait son âme la tristesse de cette fiancée éconduite et le désespoir de ce patriarche repoussé… Et moi, je restai là. Figé, impuissant à arrêter moi-même ce flot infernal que je n’avais pas voulu. Conscient de mon erreur, impuissant à la réparer tant sa puissance était destructrice. La mine de l’homme à l’aura d’un beige pâle dut finir par se tordre dans une grimace affreuse, mais je n’entendis que son hoquet étranglé dans un cri sourd.

Alentours, les conversations se poursuivaient même si des voix se muèrent en murmures, puis se turent. Cependant, je n’entendais déjà plus ce calme s’installer, la mélodie douce de l’écume pleine de fraîcheur que je partageai avec Mike avait laissé place à une mer déchaînée et indomptable dont je ne savais si je serai capable d’en arrêter la déferlante.  






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MessageSujet: Re: Wir werden uns wiedersehen [PV Max]   Dim 21 Oct 2018 - 11:41

Une douche froide s'abat sur lui alors que la bulle explose. Comme si elle les protégeait de la méchanceté et de la bêtise de l’Extérieur. Elle leur offrait ce petit moment de silence paradisiaque qu'il leur manquait pour pouvoir repartir dans les méandres de ces plaisirs jamais oubliés, juste peut-être un petit peu poussiéreux. Mais non, son voisin de comptoir en avait décidé autrement en les abordant, leur détruisant leur moment. Ces mots lourds et irrespectueux au possible. Qu'est ce qui avait bien pu traumatiser ce pauvre gars pour que ce soir, spécifiquement, il vienne les emmerder eux. Il n'y a rien d’indécent à un sourire complice, à un regard peut-être partagé ou a quelques mots innocents. Une caresse qui aurait pu être tout à fait anodine. Qui l'aurait été si ce n'était pas deux hommes qui l'échangeait.

Mike, en bon professeur et aveugle de surcroît, ne sait pas comment comprendre ce genre de pensés fermées et jugeantes. Qu'est ce que ca pouvait bien lui faire que deux personnes du même sexe échangent un verre, effleurent une main pour créer une magie qui ne devrait être refusée à personne. De quel droit leur refusait il ça ?

Le medium, pacifique de son état, eut un mal fou a refréner sa colère, à laisser sa patience arrondir les angles et détruire cette négativité qui aurait pu le ronger et le faire exploser. Une demi seconde ses sourcils se froncent, son sourire s'évanouit et ses mâchoires se serrent mais cette main, ces doigts chauds au creux de sa paume le ramènent à la réalité, celle qu'ils essayent de créer. Il referme un petit peu plus le poing sur cette réalité instantanément brisée. Mais il a l'espoir de tout oublié pour souffler à nouveau la bulle. Non.

Voila une chose qu'il apprend de Max, une chose qu'il avait entraperçu des années plus tôt. Le voyant est sanguin. Sa réplique, direct et violente claque dans l'air. Les mots sont simples, provocation banale mais le ton est sans appel, mieux vaux ne pas y répondre, s'écraser. Mais non. L'abruti relance les dés tout en sachant qu'il en avait moins que Max en face de lui. Nouvelle réplique, idiote et dénuée d’intérêt. Mike, dans une dernière tentative pour éviter le pire, entrelace ses doigts entre ceux de Max pour tenter de le garder avec lui, de le calmer aussi. Naïvement, il a l'espoir d'avoir ce pouvoir.

Non, loin de là. La chaleur allemande quitte sa peau, s'envole avec les souvenirs merveilleux. Un son strident qui arrache une grimace au non-voyant, un tabouret violemment repoussé et l'aura orangée qui se relève précipitamment. Mike la suit du « regard » tandis qu'il le contourne. Une inquiétude irraisonnée réveil son don. Mais différemment, ce n'est pas lui qui est la cible, ce n'est pas une nausée qui le prend, plus de l'inconfort, comme si le monde pouvait être en danger sans que ca ne soit visible par le commun des mortels. Une force extérieur.

L'aveugle ne se concentre pourtant pas dessus, pas encore parce que le reste du monde est encore en mouvement. Les sons lui parviennent étouffés, il ne se concentre que sur cette force qui émane de Max tout proche de lui et pourtant inaccessible. Et le spectacle commence. Les auras se mouvent et s'intervertissent, se rentrent dedans et se repoussent.

Et un bruit mat. Sous son coude le comptoir vibre légèrement, cet établissement ne doit pas être d'une qualité toute relative. La joie de ne pas pouvoir s'en rendre compte. Pas un son ne passe la barrière des lèvres de l'humain, pas même un grognement. Son répit n'est pas pour tout de suite.

Pourtant, tout semble immobile ; autour d'eux, plus un son. Que pensent donc les autres ignares qui se beurrent la gueule ce soir ? Est ce qu'un sourire pervers orne leurs lèvres alors qu'ils se délectent du spectacle ? Le silence est lourd, suspendu. Jusqu'à ce qu'il soit brisé par ce hoquet de pure douleur. Qu'est ce qu'il se passe ?

L'aura beige se recroqueville aux pieds de Max qui ne bouge pas, pas un distorsion dans l'air, pas un mouvement dans son aura. Qu'est ce qu'il était en train de lui faire ?

Finalement, l'aveugle choisi d'intervenir. Comment ? Il n'en a aucune idée, son corps parle pour lui.Il se souvient d'une caresse douce que lui faisait sa mère quand il faisait des cauchemars. Il se souvient d'une main chaude sur son visage.

Il se lève, en confiance, entonnement, et se glisse dans le dos du medium voyant. Sans pour autant laisser sa poitrine toucher le dos de Max, il se met assez près pour que sa chaleur corporelle soit perceptible, même si tout reste infime. Sa main vient caresser le poing encore fermé alors que son autre main vient glisser sur le visage de Max pour se poser sur ses yeux. Une caresse douce. Comme sa mère avant lui, comme si elle pouvait isoler du reste du monde ses yeux pourtant jamais présents. Mais cette douceur qui isole et recentre, c'est ce qu'il a envie d'offrir.

Il enferme dans un noir bienveillant le regard de Max avant de lui glisser à l'oreille :

-Est-ce qu'il en vaut vraiment la peine, bourreau des cœurs ?

Présentation succincte qu'il lui avait offerte des années auparavant. Mike n'a aucune idée de ce qu'il se passe vraiment mais un medium contre un humain, il se doute d'un don en action. Lequel ? Il n'en a aucune idée. Il n'a pas à le savoir et espère qu'un peu de douceur suffirait à le ramener auprès de lui. Sa pression n'est pas insistante, il effleure à peine les cils de son amant d'antan. Sa main par contre emprisonne sa jumelle entre ses doigts, les pressant doucement pour lui offrir un retour à l'instant présent. Quelque chose de tangible.

Un air inquiet s'installe sur son visage, assombris ses traits. Pour qui est ce qu'il s'inquiète ? Pour cet homme dont les sanglots douloureux s’élèvent dans le silence alcoolisé de la salle ou Maximilian qui est sûrement à l'origine de cette douleur mais dont la colère semble destructrice plus pour lui que pour le reste du monde....

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MessageSujet: Re: Wir werden uns wiedersehen [PV Max]   Lun 22 Oct 2018 - 0:28

Wir werden uns wiedersehen
Mickael & Maximilian


Les bouteilles alignées négligemment sur les étagères derrière le bar, mixité de couleurs éthyliques qui parait d’or ce bar et lui donnait une allure fréquentable, avaient disparu. Les lueurs nettes des vieux lustres couplés à des néons bas de gamme dans un assemblage incongru ne reflétaient plus les étincelles dans les liquides dont se gorgeaient les clients. Et ce silence qui s’était installé sans crier garde… Ce silence était assourdissant. Bien plus que la musique au rythme électrisant qui avait battu nos oreilles lors de notre rencontre, il nous encerclait de son étau claquant. Le son, encore et toujours. Quand nos regards ne voyaient plus, restait cette ambiance autour de nous : des vibrations palpables sur nos peaux, même quand leur absence sonnait comme une musique. Une mélodie d’une sensibilité criarde que je ne percevais plus alors que résonnaient en moi d’autres souvenirs, étrangers à mon être mais pourtant si réels…

Il avait un visage banal, cet homme dans la soixantaine dont les traits figés avaient du mal à dissimuler l’amertume et l’impuissance. Il se faisait implorant désormais, tandis que son fils lui tournait le dos en lui crachant son venin. Puis la pièce au style rustique fut remplacée par l’ombre d’un réverbère. Dans une flaque trop sale pour qu’on y voit son reflet, un homme peinait à se redresser. Un ricanement, un de plus et voilà qu’il s’effondrait dans la crasse et la poussière. Nouvel élan de son agresseur, nouvel élan de ce poids que mes iris faisaient peser dans son esprit. Ma prise ne suffit pas à le maintenir debout et, à présent victime devant le bourreau, il suivit le destin de ce pauvre type qu’il avait jadis tabassé en se retrouvant agenouillé à mes pieds. Sa tête brinquebalante roulait négligemment sans qu’il ne soit capable de se défaire de ce contact visuel qui nous unissait pour le pire. Le meilleur, il n’y avait aucun droit.

Ainsi penché en arrière avec un soupir guttural accroché à ses lèvres à demi ouvertes, on aurait dit qu’il contemplait les étoiles. Seulement, le ciel n’en avait aucune à lui offrir. Il ne méritait que l’obscurité d’une nuit profonde où vivaient des monstres tels que moi, justicier qui n’avait rien du héros mais tout du vengeur. Mes pensées s’obscurcissaient, se faisaient moins tangibles, moins raisonnées, comme à chaque fois que je me laissais envahir et que le don prenait le dessus. Ce brin de magie qui irradiait et faisait de nous des médiums n’était pas anodin, il était subtil et destructeur à la fois. Or, c’était avec ce côté sombre que je devais me débattre sans en avoir la force. Ou était-ce l’envie qui m’en manquait vu l’aigreur qui persistait au fond de ma gorge ? Ce goût amer d’un instant volé que je voulais lui faire expier…

Dans ma paume, mes ongles courts n’avaient même plus le pouvoir de m’infliger une sensation suffisante pour me raccrocher à cette réalité. Les visages se succédaient dans mon esprit, tous marqués par le même sceau imprimé dans la chair comme on marque le bétail. Leur douleur se répandait dans ses veines ingrates, il ne comprenait pas encore : il ne comprendrait jamais et c’est pour cette raison que je ne pouvais pas m’arrêter. Parce qu’il était ce qu’il était. Un salopard. Je l’aurais détruit, réduit à néant cette ignominie qui lui servait d’âme… Je ne l’avais pas senti s’approcher, cette silhouette bienveillante qui bientôt m’envelopperait dans un drap de douceur. Toutes les images étaient trop révoltantes, trop insultantes, trop banalement quotidiennes sur cette terre… Alors quand je sentis des doigts sur ma main aux jointures blanchies par tant de tension, je faillis avoir un mouvement de recul, un geste brusque, un réflexe violent.

L’impression d’étouffement vint simultanément à celle de l’apaisement. Contraste inattendu que je ne compris pas, que je niais et finis par rejeter ! Cette main apparue subitement dans mon champ de vision n’avait rien de l’étoile filante salvatrice mais tout de l’éclipse blessante. Aveuglé, la rage refoula comme des millions d’épines. La projection stoppa son visionnage malsain sans emporter dans ses bagages impurs la colère féroce qui brûlait encore ma poitrine et enflammait cette main prisonnière. L’étreinte me parut insoutenable dès l’instant où la pénombre me coupa dans cet élan de noirceur que j’avais infligé. Je me dégageai vivement de cette prise pourtant douce, aussi aérienne qu’une caresse, mais qui déclencha en moi cette nécessité de fuite inexorable. Comme un animal acculé qu’on venait de stopper en pleine chasse, je montrai les crocs sans distinction.

Faisant volte-face d’un geste bien trop brutal, j’agrippai le poignet de ce cache qui me barrait la vue sans entendre son murmure à mon oreille. Mes doigts se plantèrent dans sa chair tandis qu’en me tournant, je le tordis légèrement. Une expression mauvaise flottait encore sur mon visage lorsque de mon autre main je refermai une emprise sur sa chemise. Je me retrouvai face-à-face avec Mike. La fureur se lisait certainement dans mes traits, pareille à cette souffrance froide et morte qui stagnait dans mon esprit même si j’avais appris à vivre avec à chaque nouvelle incursion dans un passé rempli de tourments.

▬ Scheiße ! [Merde !]

Le murmure m’échappa dans la seconde où je me rendis compte de mon erreur. Mes erreurs.

Le sentiment que réveillait son regard dans le mien, caresse au bord des cils, vint rallumer la lueur d’espoir qu’il existait encore en ce bas monde, ce bonheur insolent qu’il avait su me faire entrevoir plus tôt par son simple sourire. Je détournai le regard aussi vite que je pus, le libérant de mes entraves et faisant un pas en arrière. Putain, qu’avais-je foutu… Autour de nous, j’apercevais les ombres des clients projetés sur le sol. Je les imaginais porter des jugements contraires, nous couvrir de leur incompréhension, se noyer dans les soupçons étranges soulevés par la scène que je leur avais offerte. Et je m’en voulais… Pas d'avoir anéanti ce salaud ainsi, non. J'aurais dû lui faire pire. Mais il y avait ce spectacle d'une discrétion incroyable que j'avais proposé bien malgré moi... Putain… Qu’est-ce que je pouvais m’en vouloir.

Je fermai les yeux dans une grimace. Les émotions se bousculaient encore bien trop au portillon pour que j’ose ne serait-ce que croiser les pupilles de quiconque… Et surtout pas celles si étincelantes de ce mec qui était intervenu. Non, qui m’avait aidé même si je refusais de l’admettre.

▬ Faut que je sorte…

Remarque sans appel. Je fis un pas pour le contourner. Les paupières closes me barraient la vue : la tête baissée, je n’osais plus les entrouvrir vu les dégâts infâmes que je m’étais permis. Massacre incandescent, il risquait de laisser des traces aussi bien dans l’existence de cette raclure que dans mes états de service si je venais à recroiser une des créatures de ce bar dans d’autres circonstances. Cependant, là n’était pas le plus grave. Les pensées qui voltigeaient dans un désordre sans nom me rappelaient que j’avais mis bien plus en péril que la seule santé mentale de ce type… J’avais manqué à mon devoir, j’avais failli… J’avais… Dans un reflux vindicatif, je me renvoyai ma haine en pleine gueule. A nouveau, le voile rougeâtre se fit plus net. Moment de panique, je portai une main devant mes yeux dans un cache de fortune et je heurtai le tabouret sur lequel était assis mon ancien amant quelques minutes plus tôt. Manquant de tomber en avant, je me rattrapai de justesse. Pitoyable.

Une inspiration de plus. Une seule. Profonde et lourde. Douloureuse.

▬ S’il te plait… murmurai-je dans un appel inavoué.

Mâchoire serrée, mes paroles étaient destinées à la seule personne qui pourrait me guider dans l’obscurité de cette nuit si belle devenue si rebelle. Cette nuit où la supernova venait d’exploser, laissant une galaxie éparse dont je ne savais quel secours stellaire pourrait apaiser le coupable embrasement.







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MessageSujet: Re: Wir werden uns wiedersehen [PV Max]   Lun 22 Oct 2018 - 23:54

Il est venu pour un verre ce soir, un verre déjà payé et s peu entamé. En d'autres circonstances peut-être qu'il aurait prit soin d'en profiter un petit peu plus. Mais à l'instant, c'est bien la seule chose à laquelle il ne pense pas et qu'il oublie même volontiers. Le silence est trop lourd, l'ambiance est étouffante. Il n'y arrive pas. Impossible, malgré ses efforts, de créer un semblant de cocon, un semblant de chaleur enveloppante. L'enjeu est trop grand bien qu'il n'ai aucune idée de ce que c'est vraiment. Debout derrière Max, il ne sait pas ce qui lui a prit, ce qui lui prend. Est ce qu'il allait le repousser ? Lui demander de ne pas le traiter comme un enfant ?

Qu'est ce qu'il se passe ?

Jamais encore il n'a eu autant de mal a accepter son noir personnel. Que voient les autres pour qu'aucun de réagissent ? Qu'a fait Max ? Dans quel état est l'autre ? Pourquoi aucune compassion ne vient lui chatouiller la poitrine comme à son habitude ? Est ce qu'il se sent touché du geste de Max bien qu'il soit potentiellement démesuré ? Il n'a pas l'impression de penser, juste d'agir. Pourtant, il rêve de les enfermer tout les deux dans un nouveau noir qui n'effacerait que le reste du monde. Qui les laisserait là, ensemble à essayer de calmer la crise. Crise dont l'aveugle n'a finalement aucune idée. Juste eux deux. Il a envie d'être celui qui offrira de l'aide mais il sent l'entièreté de son être être d'une inutilité insupportable. Comment un medium plein de colère et en pleine possession de son corps pourrait être impacté, aidé par un geste enfantin ?

C'est difficile pour lui.

Et finalement, il a sa réponse. Oui, il ne sert finalement qu'a empirer les choses. Cette idée lui détruit le cœur mais ce n'est pas le moment pour se pencher dessus. Une prise dure, les serres d'un rapace qui s'enfoncent dans le corps faible d'un lapin qui deviendra déjeuner. Implacable. Douloureuse. Mais il ne bronche pas. Pas un plis sur son visage alors que son poignet ne prend pas forcement la direction prévu. Il plonge plutôt ses yeux vides quelques par sur le visage de Max, les traits fermés. Inexpressif. Une poigne de fer s'écrase sur sa chemise, il a un balancement déstabilisé, bousculé par la force de ce geste. Mais son expression ne change pas. Une indifférence toute calculée.

Il a l'habitude, Abe a parfois ce genre de comportement impulsif et violent. Ne pas réagir est la solution la plus simple qu'il ait trouvé pour l'instant. Afficher sa douleur faisait culpabiliser, rire aggravait la situation, s’énerver créait un cercle vicieux. La neutralité est tout ce qu'il connaît d'efficace.

L’étau se desserre vite pourtant alors qu'un soupire lui échappe. Il recule, s'éloigne de lui. Mike ne comprend pas ce qu'il se passe, ce que Max vit, ce qu'il fait. Ce n'est pas possible pour lui. Il ne saura sûrement jamais. Il voit juste le voyant s'éloigner inexorablement. Il ne peut rien faire de plus. Chose inutile.

Il faut qu'il sorte … ? Pourquoi recule t'il encore ?

Mike tend la main dans l'espoir de l'atteindre.

Il entend le son d'un tabouret bousculé, légèrement, sans violence. Il voit l'aura vaciller. Une inquiétude douloureuse lui enserre les entrailles. Pourquoi ? Pourquoi est ce que ce coup d'un soir attire tant sa sympathie ? Pourquoi veut il à ce point qu'il soit bien, que tout se passe correctement pour lui alors même qu'il ne connaît que son nom et son corps ? Foutu empathie ? Non. Jamais il ne regrettera ce genre de sentiments. Ils peuvent être piétiner, il offre son intérêt, ce n'est pas pour le récupérer. Le receveur peut bien en faire ce qu'il souhaite. C'est donné, il ne revient pas en arrière.

Et vient alors ce murmure. Un appel à l'aide. Ce « s'il te plaît » qui n'est pas celui de la politesse. Ce « s'il te plaît » qui a besoin d'une réponse positive plus qu'il ne demande la permission. Une aiguille lui transperce le cœur, une douleur aiguë qui s'accroche. Un trou minuscule et présent. Sa gorge se serre. Il aurait préféré ne jamais l'entendre. Pas comme ça. C'est trop faible, trop léger.
Un nouveau masque se fissure. Totalement différent, la craquelure est plus lourde et pourtant moins visible. Contraste étrange. Il ne veut jamais le revivre. Il ne veut jamais le réentendre. Pas de cette bouche, pas de ces lèvres. Ce n'est pas ce qu'il a aimé cette nuit. Ce n'est pas la faiblesse qu'il veut découvrir.

Il sait, d'expérience, que pour eux, pour ceux qui dominent, pour les grands, ces mots sont difficiles. La douleur doit être bien plus grande pour lui.

Le temps se suspend. Figé dans l'espace alors que cette demande se répète dans son esprit. Il doit agir. Absolument. Il n'a pas le droit de le laisser, pas comme ça.

Il tend la main un nouvelle fois, se dirige vers l'aura orange qui s'est éloignée. Il passe devant l'humain toujours au sol, sanglotant. L'aveugle n'a qu'a laisser sa main glisser le long du bras de Max pour retrouver le poing toujours serrer.

Comment pouvait il faire guide ? Lui qui ne voit pas, pourquoi est ce qu'il aurait le privilège de l'attirer vers d'autre ténèbres ? Qui est il pour pouvoir prétendre à ça. Personne. Rien. Mais il le fait, il ferme les doigts sur cette main trop tendue dont les muscles et les tendons sont saillants. Une nouvelle caresse. Lentement, il l'attire à lui, l'emmène dans son sillage. Il a l'impression de guider un jeune aveugle, c'est lui qui voit pour une fois, mais jamais il ne le saura. Il ne sait pas ce qu'il fait, dans quel but. Mais ce n'est toujours pas ce qui importe.

D'un pas sûr mais mesuré, il évite les badauds qui n'ont pas bougé, contourne une table de billard qui trône sur leur chemin et finalement pousse la porte du bar. Un vent frais vient caresser leurs visages. Un silence d'une nature tout à fait différente prend sa place. Délicat, le silence de la nuit. Pas un bruit de moteur, pas un aboiement, pas un cris d'enfant. Le silence d'une brise.

Une pression dont il n'avait pas conscience jusque là s'envole, comme libéré d'un carcan. Mike ne s'arrête pas, ne lâche pas le médium. Pas maintenant. Ce n'est pas ici qu'il doivent s'arrêter, c'est trop tôt. Il ne brise pas le silence, pas un mot ne passe la barrière de ses lèvres. Ce n'est l'affaire que de deux minutes. Ce parc, là, tout proche. Il ne connaît bien, il l'adore. Un grand parc à l'herbe grasse. Il passe le trottoir peut-être un petit peu haut et traverse les grilles jamais fermées. Sa main ne quitte pas la chaleur du voyant. Il s'enfonce dans les chemins, écrase l'herbe et enfin se stoppe. Ici. Ici tout ira bien.

Le ruissellement d'une rivière, le clapotis de l'Eau sur les cailloux qui bordent le lit. Un calme relaxant. Il libère enfin le poing.

Et maintenant ? Est ce qu'il lui pose la question, cette question qui lui brûle les lèvres. Non pas « qu'est ce qu'il s'est passé ? », pas non plus «  qu'est ce que tu lui as fait ? », encore moins « pourquoi »...

-Est ce que ca va … ?

Voilà tout ce qu'il a besoin de savoir...

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MessageSujet: Re: Wir werden uns wiedersehen [PV Max]   Mar 23 Oct 2018 - 12:26

Wir werden uns wiedersehen
Mickael & Maximilian


L’obscurité, tantôt rassurante dans la douceur d’une chambre où vibrent deux amants, tantôt angoissante dans le cœur de celui qui se perd isolément. Je faisais toujours les choix les plus abrupts, l’instinct était plus facile à accepter que tout le faisceau de possibilités moins vives et brutales, plus mesurées et sûres. Vivre dangereusement, vivre à cent pour cent. Il s’agissait là d’un mode de fonctionnement, aussi ancré dans ma chair que les codes ancestraux que défendait ma lignée. Pourtant, ce soir, j’aurais dû m’en tenir à ce que j’étais venu chercher dans ce bar : de l’alcool, peut-être une minette dans la vingtaine aux yeux de biche, l’oubli de ces emmerdes qui me feraient bientôt trembler de désespoir et de rage. Au lieu de cela, qu’avais-je fait ? Rien de spécial, rien d’anodin. Un écho doux auquel j’avais cru un instant, que j’avais pensé avoir le droit de savourer. Mais tout ici-bas n’était qu’un leurre. Si j’avais voulu bénir ce destin auquel je ne croyais pas, voilà que je me mettais à le maudire de m’avoir laissé croiser sa route. Ce n’était pas juste, pas juste pour ce type ancré dans mes souvenirs qui se tenait encore là sur le côté et hésitait sans doute entre me laisser patauger dans cette merde que j’avais créée et se délecter du spectacle de ma débâcle ou me gratifier d’une pitié que je haïssais au moins autant que toute cette foutue existence passée à tenter de maîtriser mon don pour en arriver là… Un mec au sol dans un état tel que je n’étais pas sûr que Mike ait pu lui éviter l’asile et moi les yeux clos en train de tituber comme un ivrogne avec seulement un verre dans le sang. Triste résultat à cette équation pourrie où toutes les variables s’étaient faites la malle.

C’est que je les aurais entendus se gausser d’ici ! Ces esprits qui erraient çà et là sans but précis. Ils auraient été la cerise sur ce gâteau à la crème amère, mais dans mon malheur ne régnait que ce putain de silence où d’autres ombres se chargeaient de faire le sale boulot. Dans ma solitude, des inconnus me tenaient compagnie. Ils étaient autant de visages étrangers qui venaient me hanter dans ces visions persistantes maintenant que seule la rage d’être un pauvre idiot me saisissait les entrailles et me laissait cette impression farouche de milliers de poignards venus sectionner violemment le lien qui m’avait uni à l’âme même de cet enfoiré qui gisait sur le sol. Non content d’avoir eu ce qu’il méritait, il geignait comme un gamin à qui on aurait tapé sur les doigts. J’étais cynique, mais je m’en contrefoutais.

Une main posée sur le tabouret pour me rattraper, l’autre poing serré à m’en péter la peau, ma concentration se perdait devant les séquelles qui me restaient à l’esprit : le film avait peut-être été stoppé dès mes pupilles mises hors service par le médium, il n’en restait pas moins que la souffrance s’accrochait dans des images sourdes et aveugles. Un filigrane tout au plus, des clichés d’anonymes que je ne parvenais pas à chasser dans un recoin de ma mémoire au registre des horreurs dont étaient capables les êtres qui peuplaient cette terre et en détruisaient la moindre parcelle de bonté. Entre douleur et colère, mes pensées oscillaient comme le balancier terrible d’une horloge indécise. La culpabilité, le déshonneur et cette honte à présent…

Quatre mots, quatre putains de mots… C’était tout ce qu’il avait fallu pour que le ressentiment transperce encore davantage ma carcasse déchue. Au-delà de mes lèvres closes, serrées si fortement l’une contre l’autre qu’elles se muaient dans une grimace fine qui aurait fait fuir même le plus téméraire, un goût ferreux s’était propagé : je m’étais écorché en les prononçant tant je me détestai de les avoir laissé m’échapper.

Fous le camp… Laisse-moi cuver mes emmerdes… Tu ne me dois rien.

Elle était là la vérité. La justice. Je devais me prendre une claque, une bonne droite bien sanguine et douloureuse. Un rejet qui ne me ferait pas vraiment mal mais suffirait à réveiller mon instinct suffisamment pour que ces scènes finissent par accepter d’être cadenassées au grenier de mes visions les plus ordinairement révoltantes. Je devais être traité ainsi. Je le méritais.

Pourtant, mes paupières closes ne suffirent pas à me faire douter. Alors que je me débattais dans la pénombre de cette perte de contrôle encore trop fraîche pour réellement être vaincue, je reconnus la sensation dès que ses doigts effleurèrent mon bras. Un frisson le parcourut et se propagea à l’ensemble de mon corps tandis que sa main fila jusqu’à mon poing encore bloqué dans une crispation de révolte. Une caresse qui me raccrocha un peu plus à la réalité, à ce lieu, à ce présent. À lui.

Figé devant cette aide que j’avais appelée en espérant qu’elle ne viendrait pas, je voyais s’éloigner la punition blessante que j’avais désiré m’infliger en guide de purgatoire. Et tout ça pourquoi ? Parce qu’il était peut-être vraiment toujours ce mec à l’aura claire et aux attentions douces que j’avais rencontré il y a de cela dix ans… Impossible. La bonté était surfaite. Que me demanderait-il en retour ? Mes traits se pincèrent à cette pensée, cruellement réaliste. Si sa prise dut d’abord se contenter de la résistance interne de tout mon être, la crispation se dissipa peu à peu. Je manifestai d’abord une légère résistance quand il sembla vouloir m’entraîner à sa suite : je refusais toujours d’entrouvrir les paupières et l’idée de dépendance me révulsait autant qu’elle m’aidait à estomper progressivement le voile rouge qui, j’en étais sûr, teintait encore ma vue. Sentit-il ce refus primaire de céder à mon propre aveu de faiblesse lorsqu’il fit le premier pas pour m’entraîner à sa suite ? Sûrement. Malheureusement.

La chaleur de sa poigne finit par me convaincre. Tel un ours qu’on appâte avec un miel ambré aux effluves sucrés, les précautions qu’il mit dans cet élan sûr et mesuré eurent raison de ma volonté. Je doutais avoir été capable de suivre quiconque d’autre, mais lui avait réussi par cette absence de réponse audible à briser la dernière barrière qui me retenait à préférer rester dans mon amertume fautive plutôt que d’emprunter le chemin de la rédemption. Du moins, c’est ce que je me répétai en avançant dans les ténèbres au milieu d’une foule que je devinai rassemblée autour de ma victime. Qui sait ce qu’il adviendrait de lui désormais… Au fond, ce n’était plus mon problème, juste celui de cette conscience que j’avais jetée aux ordures il y a bien longtemps.

L’impression de marcher dans cet espace aveugle m’obligea à arrêter le martèlement de la répétition de mes erreurs qui se projetait dans mon esprit. Être forcé de tracer mon chemin dans le sillage d’un autre, voilà qui était nouveau pour quelqu’un qui s’était construit à force d’errer dans ses propres expériences nuisibles. Pourtant, je le fis sans broncher. J’aurais presque pu l’apprécier malgré les regards que je sentais peser sur nos silhouettes fuyantes, si cela n’avait pas signifié ma totale impuissance. Cette fragilité que je n’avouerai jamais.

Lorsque le vent frais du soir vint enfin mordre mon visage, j’en inspirai une bouffée profonde. L’air sec réveilla mes sens, m’aida à me recentrer sur autre chose que les images néfastes qui s’effaçaient peu à peu dans cette nuit artificielle perdue derrière mes yeux clos. La fraîcheur aurait dû être le meilleur des remèdes et pourtant… Ce n’était pas elle que je percevais le plus au-delà de ce vide qui se créait dans mon for intérieur presque apaisé où avait joui la colère. A la place s’y trouvait une autre sensation : la douceur rassurante d’une poigne qui ne m’avait pas lâchée. Une main tendue dont j’espérais qu’elle ne romprait pas le contact maintenant qu’elle avait rempli sa part de ma demande. Alors pourquoi  au lieu de la laisser fuir, la tension dans ma paume se relâcha-t-elle pour déverrouiller cet espace clos que j’avais gardé prisonnier, haine fugace et terrible qui m’avait mené aux frontières du tolérable ? Mes doigts se délièrent et dans un remerciement silencieux, ils se glissèrent entre ceux de Mike pour enlacer encore davantage ce contact anodin qui avait pourtant déclenché la plus belle des guerres.

C’était con à dire, mais cette étreinte de nos paumes était plus salvatrice que n’importe quelle inspiration que je pouvais prendre dans le calme de la nuit. Plus revigorante que n’importe quel froid qui viendrait me blesser…

Je ne sais pourquoi je le suivis. Peut-être parce que c’était plus facile ainsi et que je me sentais plus lâche que jamais. Du moins, c’était de cette manière que j’interprétai ce renoncement en m’engageant maladroitement à sa suite. Le sol à l’extérieur était moins régulier. Les aspérités s’y multipliaient comme autant de squelettes sous nos pieds, mais il continuait à progresser dans le noir avec la virtuosité d’une étoile embrasant une scène d’opéra. Finalement, nous avions fait notre roque ensemble sur ce plateau d’échecs… Moi le roi déchu, lui la tour prêt à faire front. Inversion inacceptable.

Millimètre par millimètre, mes paupières s’ouvrirent sur un monde nouveau. Plus laid que la dernière fois que je l’avais aperçu, plus beau aussi avec cette lueur émanant de lui et dont j’avais peur de découvrir qu’elle n’était qu’un artifice de plus. C’était comme se réveiller d’un long sommeil avec dans la bouche la saveur pâteuse du fou cauchemar qui vous avait tenu étouffé dans votre oreiller, sauf que là tout était réel.

Protection supplémentaire, je ne regardai que le sol et les pavés qui défilaient jusqu’à ce que nous arrivions dans ce que je devinai être probablement un parc. Peut-être même un de ceux où j’avais erré une nuit durant en tentant de le trouver, lui, cette insaisissable sangsue assassine... Bientôt, la fraîcheur de la nuit ne fut plus que perceptible par le contraste agréable que partageait la main de Mike dans la mienne et cette ancre m’aidait à tourner la clef dans la serrure : visions enfin remisées, filtre rougeoyant qui ne brillait plus que comme une braise presque éteinte au fond de l’âtre. Le clapotis de l’eau nous entourait de son tintement cristallin. Notre instant hors du temps aurait pu se recréer ici, maintenant… Seulement, je n’étais pas cet homme qu’il croyait et désormais, il le savait… Loin de l’amant d’une nuit fantasmé… Tellement plus… Humain.

Mes iris clairs voyant se refléter dans leur couleur translucide la clarté lunaire, je m’attendais à tout mais pas à ça. Pas à cette question qui me surprit au point que je les relevai dans un réflexe et les plantai dans ses yeux vides avant de m’en détourner aussi brusquement. Je n’avais pas peur de le faire souffrir, il y en avait eu tant d’autres. Non, j’avais peur de quelque chose de bien pire. Du jugement que j’aurais voulu voir dans ses deux perles noires d’un regard terni par les affres de cette soirée… De la sentence cruelle que j’aurais voulu qu’il me jette à la figure. Et cette façon de m’angoisser quant à opinion étrangère m’était intolérable.

▬ Tu veux la vérité ou un mensonge ? raillai-je d’une voix rauque.

Le ton de l’attaque sarcastique plutôt qu’une défense cordiale, on ne gagnait pas une guerre en arrondissant les angles selon mon père. A ce moment, premier de répit depuis que nous avions quitté l’ambiance étouffante de ma décadence, j’avais besoin d’être cinglant, de repousser cet homme que je connaissais à peine et qui m’avait aidé sans ne rien demander de plus que cette foutue question d’une banalité à faire peur. Il aurait dû hurler. Oui. Il aurait dû m’engueuler d’une voix ferme à m’en faire sauter les tympans et m’en briser les os. Il devait être en colère, j’avais besoin qu’il le soit comme une punition à m’infliger à moi-même. Je refusai qu’il puisse transpirer la compassion. Pas après ce foutoir sans nom dans lequel j’avais eu le culot de l’embarquer.

Mes lèvres brûlaient encore de ces quelques mots lâchés dans une seconde inavouable. Fraction de faiblesse que je désirais enterrer comme on planque un cadavre gênant après s’être assuré que jamais plus on ne pourra l’identifier. Dans le placard ou sous le tapis, l’odeur âcre de la mort finissait toujours par retrouver l’assassin et l’idée qu’il puisse en être de même pour cette soirée me terrifiait. Alors, plutôt que de tolérer sa douceur, le désir de le chasser enflait en silence. Il était si aisé d’oublier. Affronter, c’était pour les braves et je venais de prouver glorieusement que je n’entrai guère dans cette catégorie.

▬ Tu as fait ce qu’il fallait…

Lapsus voulu ou idiotie de plus… Pourquoi m’accrochai-je ?

Etait-ce un merci ? Une excuse ? Un aveu peut-être ? A vrai dire, il me sembla que ces quelques mots furent bien des choses tant ils sonnèrent étrangement dans ma voix. Comme un son dur et rassurant à la fois, comme un doux remord qu’il ait dû s’impliquer et un silencieux remerciement qu’il l’ait fait… Une nuance si subtile que la fin de la phrase se perdit dans l’infinie pénombre de la nuit.






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MessageSujet: Re: Wir werden uns wiedersehen [PV Max]   Mar 23 Oct 2018 - 20:36

Ce n'était pas la bonne question, ce n'était pas un oui ou un non qu'il souhaitait entendre, c'était une description, c'était « comment tu te sens » qu'il aurait du demander. Mais c'est trop tard maintenant, il doit se contenter de ce que lui offrira Max bien qu'il doute avoir une réponse franche. Que faire ? Attendre, sûrement.

Le contact de la paume de Max dans la sienne lui manque, le vent qui souffle contre sa main refroidi le contact chaux dont il avait pu profiter si peu longtemps. Comme une annonce. L'air se rafraîchi encore alors que le silence s'allonge. Ils se tiennent là, l'un en face de l'autre. Ils auraient pu se toiser, en plein défis d'un point de vu extérieur mais même si la situation paraît anodine, banal pour une personne lambda, elle est bien plus lourde du point de vu de Mike. Il a besoin de savoir, égoïstement, il espère un oui franc et clair qui lui permettra d'oublié ce malaise qui s'incruste dans ses veines, qui parcours ses artères. Il a besoin de le refouler, l'oublier pour pouvoir respirer. Il a l'impression d'avoir oublié, de ne plus connaître la marche à suivre. Inspiration, expiration ou bien l'inverse ? Son souffle reste bloqué aux bords de ses lèvres scellées. Il n'a rien d'autre à dire et ne veut rien dire d'autre. Il attend cette réponse.

L'aveugle a l'impression que l'air se glace, se coince dans un iceberg de doute et d'incertitude. L'attente est insoutenable.

Et la réponse est douloureuse.

Pas de sincérité. Une réponse à demi énoncée. Une grimace tord ses traits. Blessé dans son ego, dans ses sentiments. Il devait s'attendre à moins, pourquoi est ce qu'il a espéré ? La descente est brutale, son poing se ferme sur le fantôme d'une chaleur passée, d'une confiance subtile et finalement éphémère. Il aurait sûrement préféré une main dans le visage. Rapide, prompt mais qui s'estompe. Une douleur bien plus simple à digérer. Non, la il n'arrive pas à afficher un air neutre. Il baisse la tête, concentre son regard mort sur un point invisible. Une demie seconde. Une demie seconde qu'il trouve extrêmement longe. Une grande inspiration silencieuse, il fait le tri dans ses sentiments, le personnel est parasite. Il n'a pas le droit de l'afficher, pas maintenant. Il doit digérer cette réponse qui peut annoncer tout et n'importe quoi. Un mensonge, un oui ? Un non … Une vérité ?

Il relève finalement la tête avec un sourire craqué, amère. Il n'aura rien de plus, autant ne pas s'enfoncer. Ne pas insister. Il reprend doucement contenance, son sourire ne se fait pas plus sincère, juste un petit peu plus vrai. Nouveau masque, loup vénitien de patience et de compassion. Il sait y faire.

Il imagine la nuit claire, le noir y est pur, l'Eau offre son lot d'apaisement, lui aussi doit en profiter. S'apaiser, laisser couler les sentiments négatifs. Difficile, ils s'accrochent à ses chairs comme une moule à son rocher. Flasque et inutile. Pourquoi est ce qu'il doit toujours s'en faire autant ? Pourquoi est ce que la souffrance d'autrui l'impact à ce point ? Ce n'est pas lui qui souffre alors pourquoi est ce qu'il a mal ? Comment en parler sans paraître pour le pire des égoïste ?

Toujours plus de questions inutiles.

Un nouveau son, sa voix s'élève, tranchante. Elle couvre le ronronnement de la rivière et expose un fait.

Il avait fait ce qu'il fallait ?

Si seulement. Lentement, doucement, Mike s'approche. Une nouvelle fois, il ne sait pas exactement ce qu'il fait, il s'approche, lentement. Il tend les mains vers le visage de Max, comme on avance vers un chat énervé qui a besoin de soin. Doucement mais fermement. Ce n'est plus comme cette nuit la, la tension est différente, plus lourde. Il ne découvre pas un visage pour la première fois, il l'ancre dans la réalité. Il pose ses mains sur les joues du voyant et plante son regard dans celui de Max. Il essaye. Il n'a aucune idée de ce qu'il regarde, est ce que Max le voit ?

Pas de retraite possible ceci dit.

-Je suis désolé.

Une pause, il pèse ses mots, est ce qu'il va le blesser ?

-J'aurais du faire plus Max...

Il baisse un petit peu le regard.

-J'aurais voulu faire plus …

Un murmure. Est ce qu'il aurait préféré continuer cette soirée tranquillement au bar, à partager une boisson et à jouer à ce petit jeu de séduction ? Il ne saura jamais... Toujours ce même noir d'ignorance.

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aurait bien aimé mettre une belle
citation bien pensée sur la cécité
ou le mediumisme mais ça le saoul
de chercher, alors il a choisi de
mettre quelque chose qui lui
correspond vraiment : une connerie.
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MessageSujet: Re: Wir werden uns wiedersehen [PV Max]   Mer 24 Oct 2018 - 22:52

Wir werden uns wiedersehen
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Finalement je la goûtai, cette solitude cruelle. Autour de nous, l’herbe grasse se courbait légèrement à chaque nouvelle brise. La pointe de ses brins se teintait d’un argent scintillant que seules les feuilles des arbres alentours, chatouillées par le vent automnal, venaient assombrir de leurs ombres arabesques. Des silhouettes dansaient autour de nous, des branchages qui s’adonnaient à une vibration désordonnée : elles me rappelaient cette masse de corps en extase qui s’enivrait au rythme de sonorités berlinoises. Des milliers de kilomètres. Pire, des années. Voilà ce qui nous séparait réellement. Il ne s’agissait pas de ce malheureux mètre qui éloignait nos corps, il s’agissait de nous et de ce que nos expériences avaient fait de nous.

A cet instant, je réalisai soudainement que j’aurais aimé qu’il le reste, cet être de souvenir. Qu’il demeure un fantasme illusoire dans mon esprit en manque d’une sincérité à vif, telle que celle que nous avions partagée dans ces draps. Au lieu de cela, un parc nous accueillait au beau milieu de la vie nocturne de Bâton-Rouge. Adieu la parenthèse idéale, bienvenue dans la sombre réalité. Sarcasme criant d’une vérité qui était la mienne, je le hurlai en mon for intérieur pour me sentir libéré de cette horrible sensation qu’exerçait le silence entre nous. J’étais un homme d’action, ces secondes suspendues qui s’éternisaient me rendaient fou.

Déjà son sourire s’était évanoui tandis que ses traits s’étirèrent dans une moue qui trahissait son inconfort. J’y décelai même bien plus mais ne voulus pas le prendre en compte, comme si oser laisser naître un soupçon d’empathie pour cet homme allait me briser. La colère s’était dissipée, ne restait que la gêne et l’amertume de n’avoir pas su être cette personne forte que j’aurais aimé qu’il garde éternellement en mémoire. Et puis merde, qu’en avais-je à faire de ce qu’il pouvait bien penser de moi ? Il n’était qu’un fantôme errant dans les ruines d’un passé où j’étais encore un autre. En définitive, tout aurait dû être simple. Pourtant, ça ne l’était pas. Encore moins quand je le contemplai, lui, debout la tête baissée tel un animal qu’on aurait réprimandé. Un pincement dans la poitrine me saisit, je l’ignorai superbement de peur d’y anéantir le peu d’amour propre qu’il me restait. Il n’aurait pu tomber sur pire personne, j’en avais parfaitement conscience.

Il finit par me dévisager de son expression puant la compassion. Cette douce patience enveloppante, j’aurais pu y céder maintenant que ma culpabilité s’estompait, aspirée par le ruissellement de l’eau. Les clapotis légers avaient ce pouvoir de combler le vide des mots. Ils ne permettaient néanmoins pas d’effacer de leur chute cristalline cette souffrance sourde que nous partagions dans des non-dits.

Peut-être était-ce à ce moment-là que tout se joua ? Que la soirée bascula. Je sentis presque la nature se joindre au mouvement de Mike qui s’avança vers moi. Prudemment, pas après pas, il réduit l’espace entre nos corps : astres qui risquaient à chaque seconde de se percuter sur une même orbite. Pourtant je l’aimais, cette vision de lui en train de s’approcher. J’aimais l’idée qu’il puisse revenir vers moi malgré ce qui s’était produit dans ce bar, qu’il puisse m’avoir retrouvé pour un trop court flirt avant que la magie soit rompue et que malgré tout je lui inspire encore un désir suffisant pour que cette soirée puisse se transcender autrement que dans un souvenir amer.

Un enchantement semblait à l’œuvre. Il se perdait dans des incantations que chantaient les branches, scandaient le ruisseau, glissai à mon oreille le doute de me trouver encore là alors que j’aurais dû mettre un terme à cette soirée. Impossible de me retirer jusqu’à ce qu’il ait couvert la distance. La collision était désormais inévitable.

Je ne dis rien lorsqu’il tendit ses mains vers mon visage, qu’il y posa son empreinte bien plus marquée qu’autrefois dans cette aube si belle au parfum de délice. Deux comètes confuses glissèrent sur mon expression immobile qu’elles ne pouvaient voir, même si je me demandais à présent ce qu’il était vraiment capable de deviner au-delà de ses pupilles mortes. Il nous avait conduits ici avec tant de facilité, il n’avait jamais manqué un virage ou frôlé de trop près un obstacle. La fluidité dans sa démarche avait eu quelque chose d’apaisant, de terriblement rassurant. Cependant, tous ces questionnements ne faisaient qu’occuper mes réflexions, ils n’étaient qu’un écran derrière lequel je dissimulai ce malaise croissant : celui qui avait naquis dès que j’avais eu besoin de lui.

Alors que sa peau réchauffait la mienne, une expiration lente m’échappa. Toute la négativité suivait cet air consumé tandis que la chaleur de ses paumes m’envahissaient et me faisaient sien avec tant d’aisance que j’en oubliais presque cette envie de le repousser et de fuir. Pourquoi choisit-il ces mots ? Pour mieux me jeter à la figure ma défaite ? Ma respiration se bloqua instantanément. Dans une apnée, je sentis refouler toute cette douleur sourde : entre son murmure et son regard de chien battu, mon amertume redoubla. Terriblement.

▬ Arrête… assénai-je comme un coup de poignard brutal, voix qui claqua dans l’air froid de la nuit.

Je me détachai de lui d’un pas en arrière, échappant à sa prise. Je n’avais plus aucune envie de ce contact qu’il avait utilisé pour mieux me piéger, à quoi jouait-il ? Cela ne lui avait pas suffi d’avoir à me conduire ici, il devait encore me prouver qu’il aurait pu faire mieux ? Qu’il aurait pu quoi ? Je n’avais pas besoin de lui, encore moins de sa pitié ou je ne sais quelle connerie qu’il essayait de me témoigner.

▬ Arrête, tu m’entends ? Je t’interdis de faire ça… Je t’interdis de… ajoutai-je, les dents serrées, lorsque ne parvenant plus à le regarder dans les yeux sans craindre de transformer son esprit en charpie je me détournai vivement.

Mes pas me portaient loin de lui à présent. Ils mettaient de la distance entre tout ce que je ne pouvais tolérer davantage. Ils m’éloignaient de ses paroles, de sa mine défaite, de cette émotion que j’assimilais à de la pitié. Parce qu’elle avait suinté dans sa caresse, cette saleté. Elle s’était immiscée dans les mots tendres qu’il avait murmurés… Le plus douloureux là-dedans était qu’ils avaient déchiré le silence par la faute de cette honnêteté qui le caractérisait tant. Je me retournai, ulcéré par le monde entier.

▬ Tu n’as pas le droit de…

De quoi au juste ? J’avais fini par lui lancer ces paroles sans même me retourner, le dernier mot restant bloqué dans ma gorge. Jamais, il n’en sortirait, tout simplement parce que tout ça n’avait aucun sens. Je m’arrêtai à proximité d’un arbre dont les nuances orangées paraissaient si ternes sous la lueur lunaire. J’y posai une paume. Les aspérités du tronc glissaient sous mes doigts. Porter toute mon attention sur ses lignes d’écorce qui ondulaient sauvagement m’aidait à éclaircir mes pensées de lion en cage. Je ne faisais que tourner en rond. Elle était là, la vérité. Pure et navrante. Je n’avais aucune envie de tourner talons et de l’abandonner là. Je n’avais pas envie de m’enfoncer dans la nuit noire. Je ne supporterais pas de me noyer dans le souvenir de cette soirée maudite. Je ne supporterais pas d’avoir gâcher la promesse de cette soirée par orgueil.

Et puis merde… Je fis demi-tour, aussi vite que me le permettait cet empressement sourd qui me tiraillait la poitrine. Mes semelles crissèrent sur le sol, pourtant j’avais l’impression de flotter tant mes foulées impatientes me firent couvrir ces quelques mètres rapidement. A peine face à lui, mes paumes trouvèrent ses joues et le piégèrent dans une étreinte où je déposai avec l’énergie du désespoir un baiser sur ses lèvres qui m’avaient rendu si dingues que j’avais failli briser à jamais l’esprit d’un homme ce soir. Pour elles, pour lui. Pour revoir son sourire et y goûter à nouveau, j’avais jeté bien trop aux flammes…  « Ces plaisirs violents ont des fins violentes. Dans leurs excès ils meurent, tels la poudre et le feu que leurs baisers consument » disait un célèbre dramaturge. Et maintenant, je testai cette vérité dans cet élan incontrôlé auquel j’espérais qu’il s’abandonnerait tout entier. Sans plus aucun regard en arrière, sans regret ni remord. Juste dans l’instant présent. Juste parce que même si je refusais de l’admettre, j’avais eu besoin de lui et que c’était toujours le cas : pour cette nuit du moins.






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MessageSujet: Re: Wir werden uns wiedersehen [PV Max]   Sam 27 Oct 2018 - 0:11

Une culpabilité sans nom le ronge, l'écrase. Si il avait été le premier debout, si il avait réglé cette histoire avec une simple réplique sarcastique et douloureuse, est ce qu'ils seraient encore en train de partager un irish accoudés à ce bar branlant se découvrant comme deux personnes sont censées le faire au premier abord ? La soirée aurait été différente, elle aurait fait écho à leur rencontre sublimée par le parfum de la nostalgie. Ca aurait été merveilleux, non ? Pourquoi est ce qu'il s'était contenté d'ouvrir de grands yeux surpris par l'intolérance et l'irrespect d'un abruti qui avait besoin de faire ses griffes sur quelqu'un ?

Il se sent idiot.

Mais la nuit n'est pas terminée, il a moyen de se racheter, de donner encore un autre ton à cette nuit qui a à peine commencé. Ses mains sur le visage de Max, il ne sent pas de résistance, il ne sent pas de mouvement de recul. Oui, cette soirée était encore sauvable.

Jusqu'à ce qu'il ouvre la bouche. Jusqu'à ce que ses mots qu'il croit totalement innocents et apaisants ne passent la barrière de ses lèvres.

Max n'est pas Abraham, ils ne fonctionnent pas de la même manière. Il s'est trompé, encore.
Il sent sous ses doigts l'Allemand se figer. Sa respiration se suspendre et le ton de sa voix trancher.

Qu'est ce qu'il a fait ? Comment est ce qu'il a pu encore tout détruire ?

Le froid reprend tous ses droits alors qu'il se dégage, qu'il recule. Figés dans l'air automnal, ses doigts n'esquissent pas un mouvement. Trop surpris pour réagir, Mike regarde l'aura orange reculer, s'éloigner. Il subit plus qu'il entend les mots durs qu'il ne comprend pas. Arrêter quoi ?

Lourds, ses bras retombent le long de son corps crispé. Impuissance ridicule. Une douleur nouvelle vient lui brûler la poitrine. Pas de compassion, pas de pitié, pas cette douleur de souffrance partagée. Rien de tout ça.

Ses poings se serrent, ses sourcils se froncent. La colère a remplacé le brasier. Elle enfle entre ses poumons, lui écrase la gorge.

Il n'a pas le droit de quoi ? Demander pardon ? D'aider ? De compatir ?

De s'inquiéter ?

Il se moque de lui, se fout même clairement de sa gueule, non ? D'où on peut lui interdire ça ? D'où on peut lui refuser ce droit ? Qui est-il pour le priver de ce droit. De ce don ?

Comment est-ce que lui, Mickael Redstone, virtuose de la patience et de la compréhension a t'il réussi à craquer ? Quelle emprise a cet Allemand sur lui pour qu'il le fasse sortir de ses gonds comme ça ?

Il a envie de hurler son incompréhension, sa colère et son ressentiment. De laisser s'échapper ces mots qu'il regretterait instantanément. Ca lui aurait fait tellement de bien.

Il le laisse s'éloigner, baisse la tête pour contenir son exaspération. C'est comme ca que ca va se finir ? Une nuit délicieuse qui sera remplacée par l'amer sentiment de la colère ? C'est aussi insupportable que probable.

Parce que Maximilian s'éloigne. Est ce une fuite ? Est ce que c'est tout ce qu'il aura ce soir ?

L'aveugle, persuadé d'avoir perdu, se concentre sur la manière dont il pourra effacer cette sensation. Est ce que le parc suffira ? Est ce que le clapotis de l'eau qu'il n'entend plus, caché par les bourdonnements produits par sa rancune, saura le calmer ? S'il pouvait voir, le rouge aurait envahi son monde. Mais il ne connaîtra jamais cette couleur autre part que sur ces créatures vampiriques. Non, à la place, il se coupe de cette aura orange qui l'a fait rêver il y a un million d'année. Il ferme les paupières, efface l'aura, se renferme dans son monde bouillonnant, mouvant. Les noirs se confondent. Capharnaüm indescriptible de sensations négatives.

Pourquoi est ce qu'il a espéré déjà ? Quel fantôme était venu le hanter ? Le spectre d'une main chaude, le souvenir de ces lèvres. Ca aurai dû rester dans le passé.

Il est furieux. Contre lui, contre ses sentiments. Est ce qu'il ne regrette pas d'avoir croisé sa route ce soir ?

Non.

Toujours pas, malgré tout. Il ne regrette pas.

Il ne l'entend pas arriver, il ne le "voit" pas revenir. Il sent juste les doigts sur ses joues. Coincé. Il se fige et une paire de lèvres chaudes qu'il rêvait de pouvoir goûter à nouveau s'écrase sur les siennes avec brutalité.

Comme par magie, comme avant, son corps se detend totalement. Ses épaules tendues par la colère s'abaissent, ses poings se desserrent, son don s'éteint. Il retrouve les brides de cette merveilleuse nuit.

Comment est ce qu'il peut lui faire ça ?

Pourquoi, pourtant, cette chaleur insolente est chassé par un coup de vent par son ressentiment ? Ce n'était pas tout ce qu'il attendait ? Ce baiser ...

Est ce que Max se moque de lui ? Est ce qu'il n'est finalement que la baballe du chat. Un jouet qu'on envoie balader pour mieux le faire valdinguer après ? Ca n'a aucun sens. Il tranche finalement, la colère reprend ses droits, il ne sera pas juste un petit truc qui roule. Le médium n'est pas de ceux qu'on écrase ou manipule sans remords. Oui, il est doux et compatissant, patient et à l'écoute mais il existe quand même, lui et ses défauts.

Il reprend inconsciemment sa position initiale, ses poings se serrent, ses épaules se contractent et ses
sourcils se froncent.

Il met fin au baiser, reposant Max des deux mains sur la poitrine. Les paupières toujours closent, il recule, fait un pas en arrière, un autre et il continue.

-Tu te moques de moi ?

Sa voix craque, pas aussi dure qu'il l'aurait voulu. Bien sûr qu'il veut retourner dans ces bras chauds, retrouver la sensation de ses mains sur sa peau, ses lèvres sur son corps. Bien sûr qu'il a envie de tout partager une nouvelle fois. Mais pas comme ça. Il doit faire taire cette colère qui le consume, il veut être serein.

Il bascule en arrière, ouvre de grands yeux surpris. Le bord était si près ?
Comme cette nuit, les escaliers sur lesquels il a trébuchés, comme cette nuit son don s'est mis en sommeil pour que ses autres sens puissent plus profiter. Mais, à l'inverse de cette nuit, c'était la poitrine chaude de son amant qui l'avait accueilli, pas l'eau froide qui battait dans son dos.

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MessageSujet: Re: Wir werden uns wiedersehen [PV Max]   Sam 27 Oct 2018 - 15:02

Wir werden uns wiedersehen
Mickael & Maximilian


Il suffisait donc de si peu… Juste une légère étincelle du bout des lèvres pour rallumer la flamme de la passion et éteindre celle de la colère : un échange d’une fureur contre une autre, tout aussi violente mais tellement plus enivrante. Irradiant jusqu’à la pointe de ma langue, le renoncement se propagea à mon être, au sien aussi que je sentis se détendre sous mes doigts séquestreurs. Aussi chaste fut cette abdication, la brûlure délicieuse de partager à nouveau avec lui un baiser était terriblement…galvanisante. Peut-être voyais-je enfin où il avait voulu en venir ce soir-là à utiliser des mots savants pour décrire cette sensation d’envol qu’un unique contact charnel pouvait déclencher. L’impression de renaissance, comme lorsque vos pupilles trop habituées à l’obscurité retrouvent l’éclat d’un soleil d’été. Il vous réchauffe le corps, vivifie votre âme et ne reste plus qu’à succomber à ce plaisir simple et naturel. Lui qui ne voyait pas ce monde, était-ce là sa seule manière d’accéder à cette parenthèse ? Plus son relâchement se devinait, plus je me concentrai sur lui : sur le moindre signe qu’il me donnerait s’il acceptait mon étreinte désespérée. Si mes conquêtes avaient été nombreuses, aucune n’avait eu cette saveur qui déjà me vrillait les sens. Ma respiration redevenue ample s’efforçait de se délecter de son parfum à chaque nouvelle bouffée : l’oxygène ne comptait plus, c’était son odeur qui m’obsédait et anéantissait les dernières bribes de cette soirée que je voulais plonger dans un bain d’oubli. Un brin plus mature que celle qui avait hanté mes souvenirs, son essence sut pourtant raviver ce besoin de lui. Si tant est qu’il ait vraiment disparu au petit matin il y a dix ans de cela…

Ne plus réfléchir, c’était la prochaine étape. Être capable de n’être dépendant que de sa bouche, de son visage, de ses mouvements… J’allai réussir à m’y abandonner, mais pas lui. Tels les marins frappés par le regard traitre de Méduse, il devînt de marbre. Sous mes paumes, la chaleur avait beau régner, elle fut balayée par une fraîcheur psychique émanant de ses ridules qui se creusèrent, de ses sourcils qui se froncèrent. Et ses lèvres finirent par m’échapper. Avec toutes mes conneries, j’étais donc devenu la gorgone... Cela n’aurait pas dû m’étonner : après tout j’avais déjà un cœur de pierre, songeai-je avec amertume alors que ses mains plaquées sur ma poitrine m’éloignait loin de ce destin si tendre qui aurait pu remplacer les affres de cette soirée maudite. Je ne croyais pas au destin, non. Toutefois, à cet instant précis, j’aurais rêvé qu’il se matérialise pour lui casser la gueule. Comment pouvait-il oser nous réunir pour mieux briser un souvenir qui m’avait si souvent fait rêver avec son aura de renouveau ? C’en était douloureux. Pire que cela en fait, c’en était révoltant alors qu’il me repoussait d’une force que je ne lui connaissais pas. Ses paupières closes eurent raison du peu d’espoir qu’il me restait, il n’éprouvait donc même plus l’envie de poser ses yeux morts sur ma silhouette aveugle à son regard.

La question n’aurait pas dû m’effleurer l’esprit, elle s’y glissa pourtant, pernicieuse et sadique : pouvait-il fissurer ce roc qui palpitait si fort désormais qu’il avait goûté une fois encore à ce désir si particulier, singulier. Précieux. A vrai dire, le problème n’était pas cette interrogation âcre mais la réponse qui se dessinait dans une encre digne des meilleurs poisons. Alors je la chassai, cette vérité que je n’aurais su voir ! Il recula, j’avançai : ballet millimétré de deux êtres se répondant malgré la distance bien plus infranchissable que n’importe quel gouffre. Il se creusait sous nos pieds à chaque seconde passée à me fuir. Car c’était bien de cela qu’il s’agissait, non ? J’avais été trop faible pour partir, Mike allait me prouver pour la seconde fois ce soir que sa volonté avait à présent réduit la mienne à pacotille.

Lorsque sa voix claqua dans le vent frais, j’y perçus le craquement sonore d’un bois qui se morcelle. Etait-ce pure invention de mon esprit qui désirait alors plus que tout percevoir la souffrance dans sa voix ? Le même manque que celui qui déposait son baiser absent sur mes lèvres solitaires. J’étais terriblement égoïste, orgueilleux aussi… Cependant, d’une certaine manière, il m’était impossible d’admettre que je souffrais autant que je désirais qu’il souffre. Je souhaitais que le vide créé entre nous nous fasse chuter dans une perte inexorable.

Ses mots avaient pris place dans le vent d’automne comme autant de feuilles virevoltant par-delà les ombres. Une question, jetée au visage. Une question que je ne compris pas immédiatement.

▬ Was willst du… [Que veux-tu…] commençai-je, les sourcils froncés et la mine soudain hésitante devant nos retrouvailles brisées. Le dernier mot n’eut pourtant pas le temps de se mêler à la phrase que déjà je lançai : ▬ Mike ! Acht… [Attent…]

A croire que ce putain de destin avait choisi son jour pour écouter mes souhaits les plus inavouables, j’eus à peine le temps de percevoir le vacillement que cet homme à qui j’avais souhaité douleur pour trahison basculait dans le vide. Dans un réflexe, je me projetai en avant tandis qu’il oscillait dangereusement au bord de ce ruisseau dont l’eau cristalline me parut soudainement avoir des allures du Styx. Ma main agrippa la sienne, le tira vers moi dans un élan bien plus fort que nécessaire afin le ramener sur cette rive où il serait sauf. Mauvaise idée, ce ne fut qu’un échange.

Dans un entrelacs indescriptible, nos corps se heurtèrent violemment et, quand voulant nous stabiliser je glissai sur un rocher rendu lisse par la caresse permanente des clapotis, je perçus sous mes pieds le déséquilibre : je sus l’inévitable. J’eus juste le temps de donner une dernière impulsion afin de protéger ce qui comptait vraiment, nous faisant tournoyer dans un mouvement digne d’une danse viennoise en agrippant son bras pour qu’il suive mais sans avoir le temps de le repousser sur la berge. Déjà plus aucune prise n’était possible. Mon dos fut le premier à heurter les pierres au fond du lit peu profond qui se souleva pourtant sous la vivacité du choc que je n’avais pas cherché à amortir. Pour une raison imbécile, j’avais estimé spontanément que ma carcasse valait peu à côté de la sienne.

Ce fut dans une expiration étouffée que se termina ma chute, coupant ma respiration dans le même temps quand Mike atterrit sur moi. Si j’étais trempé jusqu’à l’os, il avait évité le pire et à première vue seules quelques éclaboussures maculaient ses vêtements et ses traits. Mes mains s’étaient agrippées à lui, mon corps avait fait barrage. Les ecchymoses que je trouverai sur ma peau le lendemain ne me feraient rien regretter, pas plus que les tiraillements et cette sensation de chaleur à l’arrière de ma tête qui signifiait peut-être bien que j’avais buté sur une pierre plus tranchante que les autres. Je contemplai son visage, si près du mien, me répétant inlassablement qu’il allait bien : nécessité incompréhensible d’apaiser cette frayeur idiote qui m’avait saisi quand j’avais cru l’accident imminent. Putain… Qu’est-ce que je pouvais être con…

▬ Au moins un de nous est sec ! fis-je d’un ton dont on aurait su deviner s’il s’agissait d’humour ou de sarcasme.

Pourtant, un simple regard sur son visage que seules quelques gouttelettes avaient éclaboussé dans notre chute permit de faire céder toutes les barrières. J’en oubliai ce bar, j’en oubliai sa fuite, j’en oubliai ses paroles. Lui peut-être pas, mais je m’en fichai parce que rien n’avait plus d’importance que cette situation improbable. Avec ce mec, tout n’était que pur hasard : aussi inattendu que cette danse il y a de cela tant d’années. Dans ce lit froid, inhospitalier et ruisselant, nos corps avaient retrouvé leur emboîtement d’antan, un parfait maillage dans lequel je renouai avec cette impression que tout était possible.

Le rire fusa. Franc, détendu, doux… Un rire qui répondit au crépitement de l’eau qui s’échouait sur ma chair meurtrie. Un rire au cours duquel mes poumons s’emplirent de plus d’air qu’il n’en avait jamais aspiré, de plus de légèreté que je ne m’en étais permis depuis une décennie.






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MessageSujet: Re: Wir werden uns wiedersehen [PV Max]   Dim 28 Oct 2018 - 11:40

Il tombe juste, il n'y a rien derrière lui. Pas de barrière, pas de mur, pas de poitrine accueillante, que ce soit celle de Yoric, de Abe ou, autant l'admettre, celle de Maximilian. Il n'y a rien que le vide et le son de l'eau qui semble l'aspirer. Il n'y a pas de prise où se rattacher. Une chute inévitable. 

Dans un moment d'absence, Mike aurait pu avoir un sourire sarcastique, digne fin à cette soirée pitoyable. Trempé, il aurait tout le temps du monde de patauger dans ses regrets, seul dans ce parc qu'il avait aimé avant d'y avoir amené son fantasme du passé. Il est presque résigné, se demande juste si la profondeur de la rivière lui permettra de sauver quelques mèches de cheveux. Ironie, toujours. 

Mais non, même ça, Max ne lui laisse pas. L'allemand fait tinter une clochette. Un son délicat et doux qui fait vibrer ses tympans de plaisir... 

Son prénom. Son surnom même. 

Une marque d'affection dissimulée, banale aux yeux du monde. Amicale et rien d'autre. Mais pour lui qui ne voit pas, qui ne peut pas profiter d'un sourire de plaisir à une retrouvaille, à un pétillement dans un regard au détour d'un doux contact. Pour lui, aveugle, entendre la voix grave à l'accent dur prononcer ces deux syllabes réveille quelque chose d’enfoui dans son âme, une étincelle. 

Le temps se fige, son regard vide perçoit nettement l'aura orange qui arrive vers lui. Il sent presque instantanément la chaleur de sa main englober la sienne sans douceur, précipitamment, dans l'urgence. 

Malgré le fait qu'il venait de le repousser, Max avait il vraiment attrapé sa main ? Et cette force qu'il y met pour l'extirper de la merde dans laquelle il s'est lui-même fourré, est ce que c'est par pur réflexe ? Il aurait pourtant bien mérité de finir dans l'eau aujourd'hui, ce soir.

Tout ce passe à une vitesse effrayante, lui n'arrive pas à suivre, il sent le choque du corps de Max contre le sien, il sent une torsion dans l'air. Son don se réveil, il reprend pied alors que ses orteils ne touchent plus le sol. L'absence de vu lui permet de ne pas comprendre ce qu'il se passe, de ne pas savoir où il est et ce qui se déroule. Il ne sent que la pression du vent sur son visage, virages et oscillations. Une boucle et le vide. Le temps ne s'est suspendu que dans son esprit. Inexorable dans le moment présent, il les emmène dans sa chute. Une pierre dans un lac, une éclaboussure sur son visage. Le bruit de l'Eau brutalement chassée par la lourdeur d'un corps vient réveiller ses oreilles mais l'expiration étouffée ponctuée par un silence alors qu'il s'écrase sur le bourreau lui éclate les tympans. Il n'entend finalement que ça. Son ressentiment a disparut, sa colère s'est noyé. Est ce qu'il lui a fait mal ?

Cette main sur son bras le raccrochent à la réalité. Max était là, à sa place, trempé par ce qui était censé l'apaisé, juste un son. Juste ce qu'ils étaient venu chercher, ce que Mike voulait offrir au bourreau. Il avait plongé dedans... Au sens propre. Et lui contemplait son vide la bouché bée. Il s'était passé quoi ?

Il se relève vivement, non pas qu'il est lourd mais il reste humain et il est loin d'avoir le poids d'un enfant. Son mouvement remue le liquide limpide, imprègne son pantalon. Il est mortifié. Est ce que Max s'est blessé ? Pourquoi est ce qu'il l'a aidé après ce qu'il lui a dit ? Après qu'il l'ait repoussé... Qui est Maximilian ?

Et à nouveau sa voix s'élève. Pas de dureté, pas d'ordre, pas de reproche. Juste une petite phrase anodine qui résume la situation tout à fait improbable dans laquelle ils sont. Une pointe d'ironie, pas totalement sérieux mais pourtant vrai. Savoureux mélange. L'étonnement de Mike est à son comble mais à sa plus grande surprise, il réussi à augmenter encore. Un rire. Pur et sans complexe, un crépitement d'un feu de cheminée, rassurant et chaud. On sent sa rareté dans le ton. Comme s'il était coincé dans une boîte que le voyant venait d'ouvrir, juste pour ce soir, juste pour cette nuit.

Un sourire, faible mais sincère, vient s'étaler sur les lèvres de Mike. Pourquoi est ce qu'il avait fallu aller jusque là ? Pourquoi est ce qu'ils doivent patauger en plein automne dans une rivière après s'être mutuellement repoussés pour qu'un rire perse le silence ?

Toute sa colère s'est envolé, loin de lui, de son cœur et de son âme. Il n'y a plus que cette inquiétude couplé à un bien être plaisant créé par ce rire. Mais l'inquiétude, comme toujours, prend le dessus. Ils viennent de tomber. La chute lui a parue longue, est ce qu'ils sont tombés de haut ? Lui n'avait rien, rien qu'un petit peu d'eau sur le visage. Mais Max en dessous, lui qui a tout prit ? Est ce qu'il va bien ? Est ce qu'il à le droit de le toucher ? Malgré tout … ?

Il a froid, Max doit être frigorifié.

Il cherche, à tâtons, l'épaule ou le bras de Max, de quoi avoir une prise sur lui, la réalité, son corps. Il rencontre le tissu gorgé d'eau gelé qui s'attache aux chairs. Il ne doit pas rester comme ça.

-Max … ? Est ce que … Est ce que ca va ? Tu n'es pas blessé ?

Il ferme le poing sur le vêtement, attrapant ce qu'il peut et le tire doucement vers lui. Il l'assois, en douceur, de peur de le casser, de l’abîmer plus qu'il ne l'est déjà. Il sait que c'est irraisonné, qu'au senti de sa carrure, l'allemand n'est pas de ceux qui se foule la cheville en descendant un escalier.
Tout les deux assis dans l'eau, comme des abrutis, Mike appuie Max contre lui avant de passer ses bras dans son dos sans pourtant appuyer. Une étreinte douce qui le rassure sûrement plus lui que Max mais ils sont là.

-Tu dois être gelé. Il faut qu'on sorte, que tu sortes.

Et pourtant, il ne bouge pas, il resserre même son étreinte, la transformant en câlin. Pourquoi est ce qu'il a si peur pour lui ? Pourquoi est ce qu'il s'inquiète autant ? Qui est Maximilian ?

-J'habite pas trop loin … Viens à la maison, au moins pour des vêtements secs...

Il se s'est toujours pas détaché, il ne s'est pas levé. Il attend juste une réponse positive, des réponses positive tout en essayant de transmettre sa chaleur à l'Allemand qui hante ses nuits solitaires.

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MessageSujet: Re: Wir werden uns wiedersehen [PV Max]   Lun 29 Oct 2018 - 9:31

Wir werden uns wiedersehen
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Dans chaque son sur cette terre, on peut trouver la paix. Certains la dévoreront dans le calme tranquille d’une pièce silencieuse, d’autres la savoureront dans le frémissement des vagues du grand large, d’autres encore se délecteront du spectacle sonore d’un ciel d’orage et du lent tonnerre transperçant la quiétude de l’été. Moi, j’avais toujours apprécié les sons purs de l’eau qui courrait. Elle traçait sa route sans rien se refuser, trouvant toujours l’interstice qui lui permettrait de poursuivre son chemin même dans les abîmes les plus sombres. Insaisissable, elle pouvait être tantôt apaisée tantôt dévastatrice. Elle et moi, nous avions tant en commun.

Ce soir, elle m’avait accueilli. Pas de la meilleure des manières qui soit à en croire les relents douloureux qui m’écorchaient les vertèbres et me brûlaient les côtes à chaque nouvelle inspiration, mais je m’en foutais parce qu’il n’avait rien. Mike n’avait rien si ce n’est cette expression interdite qui, soutenue par une mine perdue avait quelque chose de plutôt séduisant. De cette seule dose d’étonnement mêlée d’une pointe de stupéfaction, il avait su me faire comprendre que j’avais fait le bon choix. Même lorsque je n’en avais pas eu conscience. Une fraction de seconde avait suffi à tout faire basculer, au sens propre comme au figuré… Et d’une certaine manière, j’adorais cet imprévu qui entrait dans ma vie.

Il avait la fraîcheur d’un courant d’air, la hargne d’une porte qui claque et la douceur de la caresse d’un drap chaud. Putain… J’aurais pu me briser le cou pour ça… Quel abruti je faisais et pourtant j’en riais : allégrement et d’un entrain indescriptible qui eut bien du mal à trouver une conclusion à ce lâcher-prise. Je me l’étais accordé si naturellement que je ne me rendis pas compte de ce qu’il signifiait pour moi et quelque part, je n’en avais aucune envie. Seul comptait le moment présent, cet ici et maintenant où Mike se relevait brusquement comme s’il avait marché sur la patte mortifiée d’un chat errant. Au final, on n’était pas loin de la réalité. Cette pensée fit redoubler mon sourire, à défaut de prolonger l’éclat qui avait résonné dans tout le parc, en chassant la monotonie propre à l’installation de l’automne.  

Comme une réponse anodine, la même lueur illumina le visage de mon ancien amant sauvé des eaux. La même fine étincelle délivra ses ridules au coin des yeux en faisant éclater l’espace d’une seconde son masque d’angoisse. C’était la chose la plus égoïste du monde mais c’était bel et bien pour cet instant que je l’avais sauvé, pour revoir ce sourire qu’il distillait sans arrière-pensée et qui avait le don d’effacer de mon esprit tous les songes infâmes qui le hantaient. Enivré par cette sensation de devoir accompli et de douceur qu’il m’offre, je sentis à peine la brise hostile qui vînt m’envelopper de son étreinte glaciale comme la mort. Fidèle à sa réputation, l’eau avait découvert la moindre faiblesse des tissus que je portais. Elle s’était infiltrée, sournoise, jusqu’à ma peau où je devinai des marques éclore, comme autant de bleuets dans un champ en pleine campagne. Telle une seconde peau pétrifiante de froid, mes vêtements ne faisaient plus qu’un avec ma chair tandis que je me redressai tant bien que mal sur mes coudes venant perturber une nouvelle fois l’écoulement harmonieux de ce ruisseau scintillant. Si mon corps vibrait sous l’effet du froid, mon esprit restait figé sur les questions hésitantes de Mike qui m’arrachèrent un nouveau soupir amusé.

▬ T’inquiète, j’ai connu bien pire ! raillai-je en essayant de ne pas grimacer alors qu’il attrapait ma manche pour m’attirer à lui.

Sans doute n’aurais-je pas retenu un juron si ce médium n’avait pas été là… Sans doute aurais-je même carrément pesté contre moi-même, contre cette flotte, contre ces caillasses qui m’avaient ouvert le crâne. Ouais. J’aurais serré la mâchoire sous les foutus élancements de mes côtes et lâché une ou deux insultes à la face du monde : parce que c’était dans ma nature de me rebeller contre l’autorité, même contre celle de l’apesanteur. Pourtant, aucun son ne franchit mes lèvres car je l’avais vue, cette main maladroite qui tâtonnait dans l’obscurité. Je l’aperçus, me cherchant dans le noir. Alors quand il saisit ma manche et tenta de me pousser à me redresser, je mobilisai mes forces pour suivre l’élan qu’il venait d’impulser et qui n’aurait pas suffi. Un remous dans mon dos se fit entendre, le cours de l’eau reprenait un peu plus ses droits tandis qu’assis sa paume me paraissait brûlante comparée à la terrible fraîcheur qui venait se délecter de mes habits trempés. Je frissonnai désormais hors du courant. Pire, je tremblai de ne rien regretter et surtout pas ses bras qui passèrent autour de moi, puis m’attirèrent à lui avant qu’il ne se plaque contre moi dans un geste qui se voulait rassurant.

Son attitude était si spontanée qu’elle résonnait dans mon esprit avec une beauté décuplée. Dans d’autres circonstances, je me serais offusqué qu’on me croit si fragile, si précieux : cependant, il y avait tant d’inquiétude dans ses traits que je ne me lassais pas d’y voir les rayons diaphanes de la lune s’y refléter. C’est pourquoi je profitai en silence de tout ce qu’il m’offrait. Cette chaleur apaisante tout d’abord, elle réchauffait mon corps tiraillé par la chute et lui offrait cette parenthèse délicieuse à laquelle j’avais repensé si souvent dans les draps froids d’un autre lit que celui qui accueillait nos silhouettes maladroites. Cette tendresse dans ses gestes aussi, qu’ils voulaient mesurés et tellement doux que l’impression d’être entouré d’une fine épaisseur de neige duveteuse vînt de transpercer mon esprit. Et enfin, il y avait ses mots qui flottaient dans la bise, aussi légers qu’une plume, aussi sincères que l’âme d’un innocent.

Je pouvais souffrir, aucun remord ne pourrait m’enlever cela : cette minute hors du temps durant laquelle son étreinte se fit plus forte et où je décidai de céder. Mes muscles tétanisés de froid se détendirent et je lui accordai ce moment autant qu’il me l’offrait. Un partage malgré les tremblements et ces dents que j’essayais de ne pas laisser claquer, malgré les élancements dus au choc, malgré tout ce que cette soirée avait pu vouloir nous infliger. Un pied de nez superbe, ma façon aussi de le laisser reprendre ses moyens car, je le sentais bien dans cette façon qu’il avait de me garder contre lui, il en avait besoin et moi je cédais. Une fois encore, sans savoir pourquoi. Peut-être simplement parce que c’était lui.

▬ Ça va aller, ce n’est que de l’eau… commençai-je un peu abruptement avant d’ajouter, correction dont je savais d’instinct qu’elle était ce dont il avait besoin : ▬ Je vais bien.

Ma voix avait elle aussi émis quelques résistances à sortir de ma poitrine, aveu tellement rare que les paroles avaient peiné à trouver la bonne intonation remplie d’une bienveillance affectueuse que je ne me connaissais pas. Quiconque d’un tant soit peu observateur aurait néanmoins entendu les discrètes hachures qui prouvaient que je contrôlais un tremblotement de plus en plus désordonné. Plaquées sur mes temps par le vent, quelques mèches me donnèrent l’impression d’un fouet qui refusait de laisser ma chair vierge de toute souffrance quand la proposition fusa de ses lèvres à présent si proches.

▬ Tu es sûr ? lui demandai-je dans un réflexe poli. Cette réponse n’était pas celle qu’il voulait entendre, pas plus qu’elle n’était celle que je voulais donner. Au diable le politiquement correct.  ▬ Enfin, je crois que je vais choper la mort si je rentre comme ça jusqu’à l’hôtel. Alors oui, allons chez toi.

Voilà, j’avais cédé. Pas aussi nettement qu'il l'avait peut-être espéré : il n'y aurait pas de "tu as raison", ni de "quelle bonne idée". Tout cela, ce n'était pas moi et renoncer de la sorte, il ne le savait pas mais il s'agissait d'une faveur que je n'avais jamais permis à aucune conquête, aucune histoire sans lendemain. Pas une. Cette abdication, elle était autant pour lui que pour moi, dans une envie de prolonger cette soirée. Fuir ne faisait plus partie du champ des possibles, à croire qu’elle n’avait jamais été qu’une option perfide qui attendait, tapie dans l’ombre, qu’un de nous deux choisissent la facilité. Cependant, aucun de nous n’avait eu une existence facile et ce n’est pas en cette nuit d’octobre que nous allions nous y abandonner au dépit de l’espoir qui renaissait dans ma poitrine sous l’effet de son torse tiède plaqué contre le mien.

▬ Tu vas finir aussi trempé que moi…

Les intonations étaient beaucoup moins dures, mon accent moins claquant. Ma main libre s’était échappée de son étreinte pour venir caresser sa joue dans un geste réconfortant, il était hors de question qu’il attrape la mort pour avoir voulu nos corps enlacés. Prudemment, je laissai ma tête partir en avant jusqu’à ce que nos fronts se rencontrent et je restai ainsi. Grelottant, je me moquai qu’une vilaine grippe me saisisse d’ici quelques jours. Tout ce que je voulais, c’était que cet homme qui s’accrochait désespérément à ma silhouette trouve la force de se redresser dès lors que j’impulserai le mouvement. Quand nos respirations semblèrent s’être synchronisées, je murmurai en agrippant précautionneusement ses avant-bras de manière à ce que lui-même puisse prendre appui sur les miens :

▬ Tiens-toi à moi, ok ? C’est instable et il va falloir qu’on enjambe le rebord alors fais attention en te relevant, on a assez donné pour le bain de minuit !

Intonation ironique et chantante sur la fin, nos corps semblèrent s’être accordés dans une même gamme. D’un mouvement coordonné, nous parvînmes à nous agenouiller avant que nos jambes ne nous portent au-delà du clapotis du fin courant. La berge n’était qu’à un pas, un large pas, une enjambée pendant laquelle je pris soin d’observer la démarche de Mike afin d’être certain de l’emmener avec moi jusqu’au bout de ce périple fou. A peine arrivé sur le rebord où, quelques minutes plus tôt, il me repoussait, un léger tournis fit danser les arbres alentours. Je ne dis rien et portai simplement ma main à ma nuque, l’air de rien. Quand elle réapparut, une fine traînée de sang s’y dessinait : apparemment, la base de mon crâne avait décidé de heurter le fond plus durement que je ne l'avais prévu.

Tu n’avais rien prévu espèce d’idiot, songeai-je alors avec un petit rire interne qui me rappela la magie de ces moments volés qu’on n’attendait pas. Des souvenirs magnifiques, plus vrais et envoûtants que n’importe quel fantasme viendraient les remplacer dès le lendemain mais je ne voulais guère penser à cela. Pas maintenant que ma main se glissait dans celle de Mike, entrelaçant nos doigts comme une invitation à m’emmener plus loin : billet à la destination libre dont aucun frein ne saurait arrêter le voyage.







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MessageSujet: Re: Wir werden uns wiedersehen [PV Max]   Lun 29 Oct 2018 - 19:05

Si il n'était pas en plein automne, les fesses dans l'eau, il serait resté dans cette position, Max contre lui, pendant une éternité. Juste à s’enivrer de son odeur, à lui prodiguer la douceur et profiter de sa force. Un échange de bon procédés. Mais voilà, Octobre est arrivé, ils sont en train de patauger dans une marre d'eau bien trop froide et Max est aussi trempé que potentiellement blessé.

Un pincement au cœur le prend quand il sent les tremblements de froid qui secoue le corps de l'allemand contre le sien. Il se doute que c'est tout à fait incontrôlé, que quelqu'un avec une fierté pareille ne supporterait pas qu'on lui fasse remarquer. Alors il ne dit rien. Il se contente de transférer sa chaleur. C'est difficile de voir ce genre de personne montrer des signes de faiblesses, c'est douloureux de se rendre compte qu'ils peuvent le vivre mal. Quand on est faible ou handicapé, on vit avec l'aide qu'on nous offre, quand on a prit l'habitude de protéger ou se débrouiller seul, un geste doux peut-être une insulte. Et pourtant, l'aveugle ne se détache pas, il concentre même encore un petit peu plus de force dans cette étreinte quand il sent le corps de Max se détendre. Il ne sait vraiment pourquoi, mais il ne ressent pas ce soulagement bienfaiteur en entendant les mots de l'allemand. Plutôt une certaine tristesse, comme une profonde nostalgie.

Ses mots ne sont pas sincères, il ne répond qu'à la moitié de ses interrogations. Sa voix cache quelque chose sans qu'il n'arrive à mettre un mot dessus. Il n'a pas le droit de s'en formaliser. 0 la place, il abdique, ferme les paupières en signe d'abandon. Il n'aura pas la réponse. Pas immédiatement.

Il rouvre précipitamment les yeux quand il entend la réponse du voyant à sa proposition. Il en s'attendait absolument pas à une réponse positive, loin de là. Il l'imaginait plus partir en solitaire, panser ses blessures comme un lion l'aurai fait. Seul, loin du regard jugeant d'autrui, il aurait recollé sa fierté pour mieux s'en recouvrir. Il a un oui, pas spontané certes, l'inverse l'aurait laissé totalement déboussolé, mais il a tout de même un oui.

Un oui accompagné d'une caresse sur son visage humide et de son front chaud contre le sien. Une nouvelle bulle se créée, toute neuve et chaude. Une bulle d'une douceur bien différente de la première. Il n'y a rien de charnelle ici, juste une sympathie, une envie de prendre soin de quelqu'un. Une chaleur diffuse, un rosa réconfortant plutôt qu'un rouge passionné. Là aussi, il pourrait bien rester immobile pendant dans heures.

Le temps passe toujours trop vite, il se remet inévitablement à s'écouler, engloutissant les plus belles secondes. La chaleur qui s'était étalée sur sa joue disparaît alors qu'il sent une pression sur ses avant-bras. Il écoute avec attention la voix de Max et, bien malgré lui, il fronce les sourcils de mécontentement. Il sait qu'il n'a pas le droit de mal le prendre, c'est lui qui les a foutu dans cette galère, s'il n'avait pas éteins son don, il ne serait pas tomber  et l'allemand ne serait pas en train de trembler de froid dans ses bras. Merde.

Il se détend, il oubli, c'est de sa faute, à lui d'en assumer les conséquences. Il se détend et bien que ca lui coûte, il approuve de la tête et s'exécute, occultant la touche humoristique, ironique de cette phrase. Il s’exécute sans un mot. Le sol est instable, son don est parfaitement fonctionnel, il n'y aucun danger et il trouve sans soucis le rebord à enjamber. Il entend derrière lui l'eau couler des vêtements de Max, c'est plus trempé, c'est dégoulinant qu'il est le medium. Bien par sa faute une nouvelle fois.

Il semble alors que les mouvements se stoppent derrière lui. Comme on reprend sa respiration, les mains sur les genoux. Qu'est ce qu'il fait ? Est ce que tout va bien ? Il en doute, cette impuissance doublée d’inquiétude reprend le dessus.

La main de l'allemand se glisse dans la sienne et ne chasse pas cette sensation, au contraire. Une chaleur humide vient lui chatouiller la paume. Insidieusement, comme une plante grimpante, l'idée que ca puisse ne pas être de l'eau s'engouffre dans son esprit alors que son pouce se faufile dans l'espace clos créé par leurs doigts enlacés. Il le laisse toucher le liquide et ses sourcils se froncent : trop épais pour être de l'eau. D'où est ce que ce sang vient ? Il est blessé finalement...

C'est tellement facile de cacher ça un aveugle.

Mais il ne dit rien, ne fait aucune remarque et se contente de doucement tirer sur le bras, c'est de nouveau lui qui mène la danse. Après le parc, il l’emmène chez lui. Un endroit chaud où ils ne craindront plus rien. Un terrain connu et conquis.

Ils en ont pour une petit dizaine de minutes. Rien aux yeux des autres, affreusement long pour un homme blessé et trempé jusqu'aux aux. Pourtant, Mike ne sait pas s'il doit accélérer ou non. Il marche déjà vite et ne prend pas le temps de se retourner, de peur que Max voit une nouvelle fois son angoisse se dessiner sur son visage... Ce sang vient d'où ? Est ce que c'est sérieux ? Qu'est ce qu'il doit faire ?

-Mon frère n'est pas à la maison.

Voila tout ce qu'il réussi à dire tout au long du trajet. Inutilité totale et pourtant, les mots ont du mal à passer sa gorge qu'il sent serrée. Pourquoi tout ça d'un coup... Est ce que Max ressentait la même chose quand il l'a emmené Mike chez lui il y a une décennie ?

Il n'y a pas de promesse charnelle ce soir, il n'y a rien qu'un aveugle inquiet et un medium frigorifié. Le professeur passe par des petites rues de moins en moins fréquentées, obscures, jusqu'à arriver en bordure de la ville. Pas loin, face à eux normalement, se dresse la villa Redstone. Mike n'a jamais su à quoi elle ressemble et il n'a bizarrement jamais posé la question à son frère ou ses parents.

Il passe le portail et monte les trois marches qui les séparent de la porte d'entrée. Arrivé devant, Mike sort son trousseau de clé, il y en a deux, celle de son casier et celle de chez lui. Pas de porte-clés ou de décoration, à quoi bon ?

Il cherche à tâtons la serrure, passe ses doigts sur le bois abîmé par de nombreux coups de clés maladroit et trouve ce qu'il cherche. Il essaye d'y enfoncer sa clé une fois, et une seconde. Comme toujours, il n'y arrive pas du premier coup, creusant encore plus le bois qui a déjà trop vécu. Il y enfonce finalement le morceau de métal qui fait jouer ses dents dans le mécanisme et ouvre la porte. Elle ne grince pas. Il s'engouffre à l'intérieur.

Il y fait bon sang qu'il y face chaud pour autant. C'est meilleur que dehors déjà. Il fermer derrière Maximilian et rase les murs à la recherche de l’interrupteur. Lui n'en a pas besoin mais il n'est pas seul ce soir. Il le trouve et l'allume.

Une ampoule sur les trois du salon est cassée, elle n'a jamais été réparée, à quoi bon ? Le miroir qui trône au fond est brisé, les poings de son frère assurément et les plaids sur le canapé sont tout à fait dépareillé. Une maison partagée entre un aveugle et un alligator. Pourtant, elle est propre, rien en traîne. Elle a juste une décoration intérieure des plus originale. Mais tout ça, Mike n'en aura jamais conscience.

Il allume aussi la cuisine et se dirige dans le cellier. Le sèche linge a terminé il y a peu les vêtements sont encore chaud. L'aveugle fouille dedans avant de revenir avec ce qu'il cherche : une grande serviette.

Il la tend à Max et, faisant un effort pour cacher toutes ses pensées, pour que son visage ne le trahisse pas, il module sa voix, il ajoute un brin de taquinerie, une once de malice :

-Enlève tes vêtements trempés et sèche toi. Je vais essayer de trouver quelque chose de propre et chaud à ta taille. Promis, je regarde pas !


Un sourire joueur sur ses lèvres. Il n'a pas trouvé mieux à dire. Mais lui aussi, ça lui fait du bien.

Il disparaît à nouveau dans le cellier et cherche un pull, un jogging et surtout, la boite de premier secours qu'il pose sur la table.

-Max, est ce que tu es blessé ?

Question rhétorique, ils connaissent tout les deux la réponse mais il a besoin de savoir quoi faire pour après.

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ou le mediumisme mais ça le saoul
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MessageSujet: Re: Wir werden uns wiedersehen [PV Max]   Mer 31 Oct 2018 - 19:39

Wir werden uns wiedersehen
Mickael & Maximilian


Dans les branches s’emmêlaient notre silence. Il en devenait presque une mélodie sourde, la nôtre : celle qui s’installait dans une parenthèse qui nous rapprochait plus qu’elle ne nous éloignait. C’était étrange. La plupart des gens se noyaient dans le néant, ils éprouvaient l’impérieuse nécessité d’entendre résonner leur voix comme si elle suffisait à prouver qu’ils étaient en vie. Moi, c’était ses doigts enlacés dans les miens qui me rappelaient que je ne m’étais pas complètement fracassé le crâne dans ce ruisseau à la con. Chacun sa croix visiblement. Mes paupières se fermèrent, aveugle d’un instant. Ma tête m’élançait maintenant que j’étais debout, mais il était facile d’ignorer le tapage qui se répercutait encore et encore : j’avais eu des années pour apprendre à effacer la douleur, j’avais connu tellement pire.

Quand mes yeux redevinrent perméables au monde, Mike m’entraînait déjà à sa suite. Sa précipitation me surprit, me déstabilisa presque mais je ne perdis pas pied. Une inspiration fit grincer mes côtes et je me mis en route. Les lampadaires grésillant d’une lumière jaune remplacèrent bientôt les arbres aux silhouettes noueuses, le béton amortit nos pas qui y semblaient bien plus lourds que sur les chemins poussiéreux du parc. Le paysage autour de nous changeait, la ville nous apparaissait dans sa triste robe du soir. Dédale de rues et de ruelles, nous filions dans ce labyrinthe à ciel ouvert qui avait accueilli ma quête des nuits durant sans que je ne sache si j’y trouverais le minotaure. Je savais la bête si proche pourtant, si réelle dans sa bestialité incontrôlable… Peut-être mon regard aurait-il dû s’attarder dans les recoins sombres, dévisager les quelques badauds que nous croisâmes et explorer attentivement les espaces inconnus par lesquels le médium nous fit onduler entre les immeubles au style si typique. Cependant, je n’en fis rien. Le froid mordant qui agitait ma carcasse dégoulinante n’y était pas étranger, mais plus encore cela était la faute de cet homme. L’entièreté de mon être ne pouvait se détacher de cette aura orangée qui me précédait. La douceur de ses teintes pêche dénotait de toutes celles que j’avais pu observer. Même sous les lueurs des réverbères, elle parvenait à conserver cette nuance pâle qui trahit l’innocence que seuls connaissent les enfants et les anges.  

Loin des souillures de cet univers qui échappaient à sa vue, mon ancien amant avait pour lui une pureté terrible, presque effrayante que je m’étonnais de ne pas avoir contemplée plus tôt. Je me souvenais l’avoir entraperçue, lorsqu’il était accoudé à ce comptoir berlinois, mais au fond je savais exactement pourquoi j’avais renié l’existence de cette insolente candeur d’âme… Tout comme je savais pourquoi je l’avais repoussé plus tôt, alors qu’il s’excusait sincèrement d’un mal dont il n’était pourtant pas l’instigateur. Je n’en étais pas digne, même pour le temps d’un sablier dont les grains auraient terminé leur chute inévitable au matin. Pas plus hier qu’aujourd’hui. Peut-être même moins aujourd’hui qu’hier en réalité. Et l’ignorer demeurait la seule option afin de ne pas me rappeler que je pourrais le briser : après tout, qu’attendre d’un type qui avait la mort pour compagne si ce n’est qu’il corrompe.

Mes doigts resserrèrent leur prise, aussi sûrement qu’un chat tient entre ses griffes la souris qu’il a tant désirée durant la traque. Lui avait été encore plus malhabile que le pauvre rongeur en se jetant à corps perdu dans les filets d’un fantasme d’antan, bien plus simple aurait été sa soirée si jamais ses lèvres n’avaient articulé cet appel dans ce bar. Si jamais je ne regrettais, les remords eux commençaient à poindre à la surface de mon esprit meurtri qui se faisait de plus en plus trouble à mesure que la cadence soutenue de Mike nous portait vers son chez lui. Maison, appartement,… Qu’imaginais-je ? Rien de bien tangible dans mes pensées qui se faisaient la malle sous les élancements vivaces de la plaie barrant mon occiput. Une commotion sans doute… Une de plus ou une de moins ne ferait pas de grande différence dans la liste de mes blessures de guerre, même si cette bataille au clair de lune resterait dans ma mémoire comme la plus insolite de toutes. Nous n’avions pas eu besoin de trouver l’eau si claire pour nous y baigner, là était l’ironie de la comptine qui me sciait le crâne alors que la voix de Mike retentit enfin, me permettant de reprendre le fil de pensées plus sensées.

Alors comme cela, il avait un frère. Ma respiration se stoppa une seconde : bien que notre généalogie ne nous désigne pas ainsi, il fut une époque où j’en avais un moi aussi… Je déglutis cet élan de peine auquel je ne m’attendais pas entre deux carrefours tandis que nous nous enfoncions dans les zones reculées de la ville. Il ne s’agissait plus de fraîcheur désormais mais plutôt d’un vent polaire qui semblait envelopper ma silhouette à chaque nouveau pas. Elle s’insinuait entre chaque maille du tissu, tant et si bien que ne restait pas un seul répit à mon corps transi dont je ne parvenais guère plus à maîtriser les grelottements. Irrépressibles, ils m’envahissaient. Alors, je serrai nos paumes ensemble autant dans un espoir d’une chaleur légère que pour conserver l’ancre qui m’évitait de me laisser aller à ce claquement de dents spontané. Ma mâchoire plus serrée que jamais peinait à dissimuler cette faiblesse et mon ego n’en tolérerait guère une nouvelle exposition ce soir.

Heureusement, sa démarche en vint à ralentir. Devant nous, un manoir s’élevait dans la brume nocturne des marécages. Avec son architecture louisianaise, il se parait d’un petit air fantomatique pas déplaisant que lui donnait un portail grinçant surmonté d’une enseigne forgée tout aussi rouillée que l’entrée du domaine elle-même : Redstone. Voilà donc le nom de sa famille ou, comme on disait chez nous dans un orgueil propre aux fondateurs, de sa lignée. Le fer grinça légèrement, même pas assez fort pour hurler son délabrement. La bâtisse avait l’air d’être en meilleur état, les marches que nous montèrent n’eurent pas le même cri d’effroi : premier bon point.

La rassurante chaleur m’avait délaissée pour empoigner un trousseau bien trop vide, comme ma poigne qui sentait déjà le frisson la gagner maintenant qu’elle n’était plus enlacée. Moi qui étais adepte d’un unique sur lequel trônaient fièrement la quasi-totalité des clefs de mon existence, je fus surpris que les lieux d’errance d’une personne puissent se résumer à si peu. S’activant aux alentours de la serrure, la clef heurta plusieurs fois le bois avant de trouver la serrure : si je rêvai de mettre mes os à l’abri de cette brise qui avait gelé mes vêtements sur mon dos, je n’intervins pourtant pas pour accélérer le processus. Cela devait être habituel, à en croire les nombreuses marques qui écaillaient le bois de la porte, et je savais qu’à sa place j’aurais détesté qu’on vienne à mon secours… Il n’avait besoin de personne. Lui.

Putain d’amertume… Elle avait l’art de refaire surface cette idiote. Je secouai la tête tout en passant à nouveau ma main sur l’arrière de mon crâne, le massant dans un réflexe apaisant. Sous mes doigts, je sentis le sang caillé alors que je pénétrai dans la demeure de cet homme que je connaissais à peine mais dont je me souvenais de chaque courbe. Dans l’obscurité de la maison, seules les lueurs lointaines de l’extérieur filtraient à travers l’entrée ouverte jusqu’au moment où Mike nous plongea dans un noir presque complet lorsque la porte retrouva ses gonds. C’était donc cela qu’il ressentait, l’isolement noyé dans une brume d’encre ? Mes yeux s’étaient presque habitués à la pénombre quand des ampoules nous éclairèrent. Tout en enlevant ma veste trempée et profitant de la tiédeur qui envahissait doucement le reste de mes habits gorgés d’eau, j’observai les pièces qui se dévoilaient. Particulier, mais structuré. Première constatation qui résumait à elle seule mon avis sur le tableau qui s’étendait devant moi : apparemment, le frère de Mike n’était pas du genre ordonné ou maniaque à en croire l’ampoule grillée et les marques visibles çà et là. L’avantage de vivre avec un aveugle, imaginai-je sans grande conviction. Lorsque j’avançai, mon reflet projeté dans un miroir brisé me renvoya une image morcelée : peut-être qu’il n’avait pas tort, ce miroir, me surpris-je à penser dans un léger malaise. Foutu mal de crâne qui devait se trouver bien confortable à s’installer de la sorte.  

Mes paupières se fermèrent, une inspiration encore, puis j’emboîtai le pas à mon hôte qui filait déjà dans une autre pièce dans laquelle il prit soin d’allumer la lumière. Etait-ce habituel pour lui de trouver les interrupteurs ou ne le faisait-il que parce qu’il était accompagné ? La réponse paraissait évidente. Les bras croisés sur mon torse, mon blouson en cuir noir suspendu par-dessus, je tentai de trouver la force de bannir ce tiraillement qui se répandait, s’étirait jusque dans ma nuque à m’en tendre les épaules. Mon regard traîna partout, était-ce une habitude de chasseur qui identifiait le terrain ou des restes de voleur repérant ses potentielles cibles ? Un peu des deux, sans le moindre doute !

La disparition de mon hôte ne dura pas que j’eus bientôt une serviette dans les mains. Mike m’intima de me changer avec une promesse taquine au bout des lèvres, le genre de promesses remplies d’ironie qui ressemblent presque davantage à une invitation qu’à un interdit.

▬ Bien Monsieur ! ne pus-je m’empêcher de lancer comme on répond à son supérieur militaire, le demi-sourire en plus. ▬ Même s’il n’y a rien que tu n’aies déjà connu…

Cette manière de donner des ordres ne lui allait pas du tout, ou peut-être lui allait-elle trop bien. Je secouai la tête, amusé, avant de le regretter la seconde suivante lorsque le tournis se joignit à l’affaire. Encore un souffle. Je déposai la serviette sèche sur le rebord de la table après y avoir enfoncé mon visage pour me débarrasser de la perte de repères qui m’avait saisi un quart de seconde auparavant. Sans pour autant me dévêtir complètement, je déposai mon blouson sur le dossier d’une chaise avant d’en faire de même avec les autres vêtements que je portai jusqu’à l’égouttoir de l’évier dans l’espoir de ne pas tremper tout son intérieur. Je supportai peu le désordre, mais dans ce geste résidait également une impulsion sourde visant à ne pas laisser ma trace dans cette demeure où je n’avais pas l’impression d’avoir ma place. Sensation d’égarement pénible que je fis taire tant bien que mal : fait pour fait, comme on disait.

La serviette retrouva la direction de ma peau, essuya mon torse frigorifié qui commençait à peine à reprendre des couleurs. Mon corps dissimulé ainsi, je vis réapparaitre Mike dans l’encadrement de la porte qui devait mener à une buanderie ou quelque chose du même genre. Avait-il perçu mon déplacement dans la cuisine ? Sûrement, comme à chaque fois que nous nous étions trouvé ensemble et qu’il s’était adapté à son environnement avec tant d’aisance que je m’étais pris à le considérer comme voyant… Enfin… Si tant est que je l’ai jamais envisagé aveugle : après tout, il avait montré plus de perspicacité dans cette osmose entre nous, dans ses caresses cette nuit-là que n’importe lequel des femmes et hommes qui avaient frôlé mes draps. Je souris, inconsciemment.  Le gratifiai d’un merci quand il déposa les vêtements de rechange sur la table, avant d’apercevoir ce qu’il avait ajouté à ce paquet cadeau amer.

La douceur fugace s’éteignit la seconde suivante.

J’aurais dû m’en douter qu’il avait compris que quelque chose n’allait pas. Sa démarche pressée pour m’entraîner ici m’aurait mis la puce à l’oreille si je n’avais pas eu le cerveau tant embrumé ! Je détestai ses mots, et pas seulement dans sa bouche. Pour le monde, ils étaient synonymes de fragilité. Pour moi, ils étaient un signe de combattivité. S’il dissimulait bien dans sa voix l’intonation inquiète, la trousse de secours qu’il avait déposée sur la table trahissait son avis. Et merde…

Sans un mot, j’attrapai les fringues déposées sur la table. N’importe quoi aurait fait l’affaire. Au final, même les loques dont de grosses gouttes dégoulinaient encore dans l’évier après la torsion que je leur avais infligée en les y déposant auraient convenu le temps de rentrer à l’hôtel. Que foutais-je ici ? J’aurais dû aller panser les affres de cette soirée dans la solitude, j’aurais dû le laisser s’éloigner vers sa vie et reprendre la direction de la mienne. Ne pas m’aventurer dans l’existence d’un fantasme passé, trop dangereux. Et puis putain ! Pourquoi m’énervais-je ? Il me suffisait de lui mentir. Simple comme bonjour, la base. Alors pourquoi la tromperie avait-elle tellement de mal à prendre forme dans mon esprit ? Pourquoi me sentais-je foutrement coupable avant même de le tromper ?

J’attrapai le pantalon de jogging, le passai sans plus de cérémonie. C’est seulement quand j’émergeai du pull en le tirant vers le bas un peu trop brusquement que je me décidai à répondre.

▬  Il y avait pas mal de pierres au fond. Constatation, pour commencer c’était pas mal. ▬ Certaines étaient plus tranchantes que d’autres. Demi-aveu. ▬ Mais c’est qu’une égratignure, j’ai déjà encaissé pire…

Si tu savais… Mais ces trois derniers mots ne franchirent pas mes lèvres, parce qu’il ne saurait jamais. Pas plus que personne sur cette terre ne connaîtrait un jour toute la vérité sur mon identité, sur la véritable mission qui coulait dans mes veines. Solitaire, c’était une croix à porter pour certains : une tranquillité d’esprit pour moi. C’était mieux ainsi. Pour tout le monde. Notre vie n’était pas compatible avec une vie personnelle. Un regard sur mes parents, sur la famille de mon cousin,… Autant de destins brisés qui suffisaient à le prouver.

▬ Et toi ? me surpris-je à détourner l’attention. ▬ Aucune doléance sur cette soirée ? À moins que tu ne te demandes ce que j'ai fait à ce type sans oser le dire ?

Remettre plus gros poisson sur le tapis. A quoi jouais-je alors que je passai l’air de rien la serviette dans mes cheveux avant de descendre à ma nuque ? A nouveau, une marque de sang poisseux s’y imprima : à moitié séchée, à moitié chaude… Mon regard vira vers la trousse de secours, je refusai de céder et d’avouer. Je refusai de l’inquiéter et de pourrir sa soirée encore davantage que je ne l’avais déjà fait. Alors pourquoi lui avais-je posé cette question comme si je désirais qu’il m’assénât le coup ultime ? La vérité était trop dure à entendre, trop difficile à percevoir, trop douloureuse à sentir : j’appréciai l’endroit où je me trouvais. Correction, j’appréciai la compagnie de ce fantôme plus réel que n’importe lequel de mes rêves passés surtout maintenant qu’il se conjuguait au présent.  






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Dernière édition par Maximilian L. Schimmel le Jeu 1 Nov 2018 - 23:19, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Wir werden uns wiedersehen [PV Max]   Jeu 1 Nov 2018 - 18:45

La serviette était déjà le moins qu'il puisse faire et même sûrement le plus important quand on reçoit chez soi un mec totalement trempé et que c'est de sa faute à la base.  Oui, une serviette, c'est important. Si ca avait été Yoric, il lui aurait proposer un chocolat aussi et des biscuits, et il l'aurait mit directement dans un bain chaud ou sous un plaid dans le canapé mais ce n'est pas Yoric et l'aveugle n'est pas sûr d'avoir le droit à autant de familiarité avec le medium qui lui avait offert l'extase il y a dix ans.

Maintenant qu'il y pense, leur situation à quelque chose d'original, de complexe. Comment est ce qu'ils ont put se retrouver dix ans après dans un bar alors qu'ils se sont connus en boîtes de nuit. Lequel des deux avaient le plus changé ? Ils ne peuvent même pas comparer, ils ne se sont finalement jamais connus. L'aveugle sait, lui, qu'il n'est plus le même gamin coincé qui ne prête attention qu'à ce que pensent les autres sur sa cécité, qui cherchait tout les moyens pour le cacher, qui se braquait dès qu'on le lui faisait remarquer. Oh, il ne l’accepte toujours pas, il compose avec et noie son mal-être derrière un drap d'humour ironique, ce n'est pas plus simple à vivre pour lui, mais plus agréable pour autrui. C'est tout du moins ce qu'il en avait conclu au fils des années. Fondamentalement par contre, non, il n'avait pas beaucoup changé, trop optimiste, souriant pour deux, il avait tout de même troqué sa naïveté pour une prudence volatile, légère et trompeuse. Sinon, il n'a pas changé, pas plus que ca... Mais Maximilian, tout ce que l'aveugle sait de lui c'est que c'est quelqu'un de fier qui n'a besoin de personne. Est ce que c'était comme ça aussi la première fois qu'il l'a rencontré ?
Il ne doute pas cependant que son corps se soit développé, que les muscles déjà bien présents avaient encore prit de l'épaisseur et que la cicatrice fraîche s'était fondue dans le décors. Effectivement, il n'y a physiquement rien qu'il n'ai déjà connu.

La remarque lui arrache un sourire franc et joueur qu'il offre avec plaisir à Max avant de récupérer les vêtements secs.

Et la question fatidique. « Est ce que tu es blessé ? ». Il se demande tout de même s'il aura une réponse, s'il n'a pas fait une nouvelle bêtise en demandant. Quoiqu'il s'en fiche finalement... Il a besoin de la réponse, il a besoin de savoir quoi faire pour lui. Le silence qui suit la demande est pesant, rude. Mike n'entend que le frottement léger, presque imperceptible, du tissu sur le corps de de l'allemand. Il ne bouge pas, la main toujours sur la boîte à pharmacie. Concrètement les frères Redstone en ont plusieurs dissimulées un petit peu partout dans la maison, parce qu'entre le frère Alligator qui passe son temps à se battre dans des clubs illégaux et lui-même qui a le réflexe pourri de tâter tout ce qu'il casse pour savoir où c'est, le sang à déjà coulé dans cette résidence. Celle de la buanderie est la plus utile à Mike vu que c'est dans la cuisine que les assiettes ont le plus tendance à se briser. Il pourrait presque écrire son nom dessus.

Mais la voix de Max brise le silence, une nouvelle fois. Et il lui offre presque ce qu'il voulait. Enfin … Il croit. En fait non... Pas vraiment. Il sait déjà que Max est blessé, il ne sait jute pas où et quelle en est la gravité. Il sait comment maintenant ceci dit … Les cailloux tranchants. Le voilà bien avancé.

Aussi, Mike se contente de pousser la boîte en direction de Max, la faire glisser sur la table tout en présentant la paume qui avait tenu, durant le trajet, celle de l'allemand. Il se demande si le sang y est encore visible, lui ne le sent plus. Est ce qu'il a séché ? Est ce qu'il n'y avait finalement rien. Il n'en a aucune idée mais il la présente tout de même, comme preuve silencieuse. Comme si de rien était. Sans forcer le geste, sans insister, comme un fait discret.

-Je te laisse faire ?

Non, il ne dira pas « Est ce que tu as besoin d'aide ? ». Pas aussi abruptement, pas maintenant qu'il a comprit comment fonctionne le voyant.

-Coule pas sur le carrelage, je saurai pas où nettoyer.

Un ton taquin, un petit tirage de langue, comme un enfant. C'est plus simple, c'est pour détendre. Ce lui fait du bien à lui de plaisanter sur son handicape, ca détendra peut-être Maximilian. Qui ne tente rien n'a rien.

La suite de la conversation le renferme un petit peu, pourquoi est ce que le voyant remet cette partie de la soirée sur le tapis ? Est ce que c'est encore une fuite, pour ne pas qu'il pose plus de question par rapport à son état ? Il ne veut pas vraiment savoir et range ses soupçons dans un coin

-Je suppose que tu as usé de ton don, mais en savoir plus ne m’intéresse que si tu es celui qui a envie d'en parler. Ma vie ne changera pas si je ne connais pas les détails. Alors à quoi bon ?


Il plante son regard mort dans, il espère, celui de Max. Oui, à quoi bon ? Il reste immobile un court instant, laissant le sérieux de sa réponse s’imprégner dans le silence.

Puis, enfin, il se détache, remet un sourire sur ses lèvres et fait le tour de la table pour trouver le congélateur.

-Oui, j'ai une doléance. Tu acceptes ou non, à toi de voir.

Il se stoppe et se reconcentre sur l'aura orange.

-A défaut d'une boisson, est ce que tu resterais dîner ?

Il n'a aucune idée de l'heure qu'il est, il n'a aucun idée de si l'allemand a déjà mangé. Mais lui, avec les événements, se rend compte qu'il a peut-être un petit creux ...

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MessageSujet: Re: Wir werden uns wiedersehen [PV Max]   Sam 3 Nov 2018 - 2:36

Wir werden uns wiedersehen
Mickael & Maximilian


Dans la pièce, la lumière éclairait la banalité d’une maison ordinaire. La table, les chaises, le frigo, l’évier,… Même le cellier était à sa place. En excluant les marques qui maculaient çà et là les murs, s’accordant parfaitement avec quelques objets brisés qui constituaient le seul mystère de cette demeure, on aurait pu croire qu’un tableau sans importance s’étendait devant nous. Une œuvre parmi tant d’autres déjà observées, une peinture d’un artiste anonyme. A une époque, mes pas avaient foulé le sol de bien des maisons, la plupart du temps en l’absence de leurs habitants. Il y avait dans les détails tant à apprendre sur eux, un élément minime pouvait en dire bien plus que n’importe quel objet précieux même si, à ce moment-là, je ne m’en rendais pas vraiment compte. Par la suite, j’avais appris à voir. Derrière les apparences, j’avais trouvé des atrocités, des crimes, des regrets,… J’avais aussi compris que pénétrer l’antre d’un autre, c’était s’inviter dans son fort intérieur. Alors pourquoi avais-je accepté de venir ici ? Ressentais-je réellement le désir de connaître cet homme que je n’avais fait qu’effleurer il y a dix ans ?

Pourtant, au lieu de prendre le temps de détecter les détails, je me prenais au jeu que nous réinstaurions dans nos boutades. Ces petits riens que nous lancions avec taquinerie et auquel il répondait d’un sourire. C’était tellement plus simple que de m’interroger sur ce qui m’avait poussé à accepter l’invitation. Doucement, les frissons avaient quitté ma peau. Elle s’était faite plus calme, d'abord apaisée par la tiédeur de la serviette, puis des vêtements secs, et cette douce chaleur qui régnait dans le manoir. Si j’aurais pu admettre qu’elle n’était que le fruit de paramètres physiques, je savais qu’il ne s’agissait pas là de la vérité. Celle-ci n’avait d’ailleurs pas la moindre importance, sauf pour ces doux souvenirs qui s’échappaient de leur écrin de mémoire quand mes yeux se posaient sur sa silhouette. Attendre sa réaction à mon évocation vague de ma blessure n’avait rien d’un supplice : pas alors que je pouvais laisser mon regard vagabonder et détailler tout ce qui me rappelait cette nuit délicieuse… Je me noyais dans ces impressions d’un passé imbécile pour oublier que j’appréhendais la réponse qu’il apporterait, l’inquiétude ou l’angoisse que je pourrais lire dans son expression : y voir la même que celle que j’avais aperçue lorsqu’il m’avait étreint après notre chute aurait fait s’écrouler sur mes épaules les lourdes roches de la culpabilité. A la place, sa main vînt pousser la trousse vers moi.

Sur sa paume, de discrètes marques de sang séché s’étalaient. J’eus d’abord le réflexe de me redresser, prêt à tendre la main à mon tour pour examiner la plaie de plus près : cependant, il n’y en avait aucune. Le lien mit quelques secondes de plus à se faire et je compris alors qu’aucun mensonge n’aurait su le berner. Mon regard se releva pour se plonger dans le sien avec une reconnaissance qu’il ne percevrait pas. Aurait-il déjà trop saisi mon fonctionnement ? Cette pensée me plut autant qu’elle m’irrita avant qu’elle ne soit remplacée par cette surprise enfantine qu’il me dédia. Plaisanterie, langue tirée et ton joueur… Je secouai la tête, lâchai un petit soupir amusé, un sourire en coin sur les lèvres. Un vrai gosse… Cependant, n’était-ce pas exactement ce qui m’avait attiré chez lui il y a si longtemps ? Son air de gamin perdu dans un lieu dont il ne maîtrisait pas les codes ? Désormais, cela n’avait plus la même saveur, peut-être parce que depuis j’avais vu trop d’horreurs pour que mon cœur puisse encore fondre de petites attentions de ce genre. Triste. Mais réel.

C’était aussi pour cette raison au fond que j’avais lancé l’attaque suivante sans même prendre le temps d’effleurer la trousse de soins. Après tout, sa bonne humeur n’effaçait en rien les évènements qui avaient déchiré nos retrouvailles inattendues et il y avait dans ma provocation un malaise que j’avais besoin d’extérioriser.

C’était étrange, cette attente que nous faisions durer avant chaque parole. Les mots restaient suspendus dans l’air un instant, comme des milliers d’étoiles accrochées sur la voûte céleste et qui refusaient de filer dans le ciel de nos esprits hésitants. La peur qu’ils se consument ou se fondent en lames une fois la barrière de la conscience franchie prenait le pas sur le reste, l’interprétation était néfaste mais elle s’insinuait pourtant. Et je voulais qu’elle le fasse, d’une certaine manière. Je voulais que cet homme face à moi se braque devant cette provocation que je lui avais lancée au visage. Au final, elle ne devait pas servir qu’à détourner l’attention : elle devait mettre fin à cette soirée et, comme j’en étais foutrement incapable, je faisais tout pour que cela vienne de lui… Impossible qu’il ait oublié les gémissements de notre bourreau devenu ma victime, impossible qu’il ne m’en tienne pas rigueur. On ne pouvait pas apprécier la désolation, pas quand on avait un sourire aussi lumineux qu’un soleil.

Alors quand il ne fit rien de plus qu’émettre une juste hypothèse avant d’avouer se moquer du reste, sa bienveillance naïve me heurta de plein fouet. Il était de ces bergers confiants qui laissent le troupeau sans surveillance, empli de cette espèce d’assurance aveugle que le loup qui rôdait alentours l’épargnerait. Du groupe de ceux qui se voilent la face, il vivait dans une douce réalité où le croque-mitaine ne s’échappera guère de la cave et où aucun diable ne viendrait bondir de sa boîte à malices. Petits enfants ne prenez pas garde, aucun monstre n’est dissimulé sous votre lit : ils ont bien trop à faire en pleine lumière… Je serrai les dents, m’empêchant de laisser échapper ce petit soupir moqueur qui déchirait ma poitrine. D’autres l’auraient vu exploser à leur visage sans le moindre filtre, mais lui avait droit à cette retenue idiote qui pourtant ne le protégeait guère. A la place, j’exposai les faits. Seulement les faits.

▬ Mais ça changerait peut-être si tu les connaissais… Les détails…

La remarque avait glissé tel un serpent se faufilant entre les doigts habiles d’un charmeur, elle se propageait dans mon esprit avec malignité, pernicieuse et subtile à la fois. Le venin du murmure me toucha durement, à défaut d’être aussi mordant avec celui auquel il était adressé. Comment faisait-il pour prendre à la légère tout ce qui avait pu se produire ce soir ? Pensait-il donc me connaître pour n’avoir aucune crainte de subir tôt ou tard le même sort ? Parce que toute l’incohérence de la situation résidait dans ce simple constat : aucun de nous ne connaissait l’autre.

Seulement, Mike avait déjà repris contenance et posé un sourire sur son visage qui s’éclaira avec cette lueur que je me souvenais avoir dévoré à chaque fois que le clair de lune s’était aventuré sur sa peau. J’aurais aimé que cela suffise à chasser cette sensation d’inconnu, celle de devoir expier une faute, du besoin de recevoir un châtiment à la hauteur aussi… Alors, quand ce type me proposa de rester manger, ce fut la goutte d’eau qui fit déborder le vase. C’en était trop. Vraiment trop.

Mes lèvres s’entrouvrirent, prêtes à articuler un truc du genre « j’ai déjà suffisamment abusé de ta gentillesse pour ce soir, encore merci et je me débrouillerai pour te faire parvenir tes fringues ». C’était la solution de facilité, celle qui serait la moins déstabilisante et la moins engageante, pour lui comme pour moi. Mike aussi devait en avoir conscience derrière son air détendu et empreint de sympathie : peut-être espérait-il d’ailleurs que je prononcerai cette phrase ? Que dans cette proposition ne se cachait qu’un élan de politesse d’un type trop aimable ? Foutaise… Et j’en avais pertinemment conscience…

▬  Tu n’étais pas resté pour le p’tit déj’ il y a dix ans, je devrais peut-être t’en tenir rigueur et décliner… fis-je dans une intonation où perçait mon espièglerie.

Hors de question de m’échapper, j’allai faire face. Cette décision que je n’avais pas vu venir me prit par surprise : spirale infernale dans laquelle j’avais plongée tête la première et dont je savais qu’elle ne s’arrêterait désormais que lorsque ma soif de savoir qui il était derrière son masque de bonhommie serait étanchée. Parce qu’il ne pouvait s’agir que de cela, d’une façade : personne ne pouvait en tolérer autant sans se poser la moindre question, personne pas même un aveugle aux allures d’ange…

▬ Je devrais… Mais ce serait peut-être dommage après toutes ces folles aventures, m’entendis-je répondre dans une impulsion ironique passagère, en me décidant enfin à attraper la trousse d’une main pour en extirper compresse et désinfectant, tout en m’asseyant à table comme si de rien n’était.

Je marquai une pause, me laissant le temps d’imbiber la compresse pour venir la poser sur la blessure qui fut parcourue d’élancements méchamment cuisants ! Si je tolérais bien la douleur, je tolérais moins bien la phase rafistolage.

▬ Tu sais, j’aurais jamais cru que tu m’interpellerais si on venait à se recroiser… continuai-je pourtant autant pour me distraire que pour éloigner tout soupçon à propos de la gravité de cette plaie que je considérais toujours avec dédain comme une simple écorchure malgré le mal de crâne qui battait la mesure. ▬ Tu avais moins d’assurance à l’époque.

Où voulais-je en venir, je ne le savais pas moi-même tandis qu’un petit rire taquin m’échappait. Je pressai une nouvelle fois une compresse sur le rebord irrégulier qui déchirait ma chair, elle en revînt tout aussi rougie mais en m’offrant désormais la quasi-certitude que je ne crèverai pas d’une vilaine infection.

▬ Et du coup, c’est un manoir de ta famille ici ? lui demandai-je sans plus de chichi.

Je n’étais pas doué pour lancer les conversations, sans compter que je n’étais même pas certain de savoir ce que je faisais encore planté dans cette cuisine. Mes réflexions s’embrumaient, se télescopaient même : météores insensés dans une galaxie perdue. Dans des gestes précis, je pris soin de remettre chaque chose à sa place dans le kit de soins, peut-être était-ce important afin que Mike puisse les retrouver s’il venait à en avoir besoin… Une attention anodine, une attention de trop. Encore. Tout dépassait l’entendement, tout dépassait le cadre d’un rêve d’une nuit. Et je restai là, m’avouant enfin que c’était tout simplement parce que j’en avais envie.






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MessageSujet: Re: Wir werden uns wiedersehen [PV Max]   Mer 7 Nov 2018 - 23:26

Un silence juste présent, ni trop lourd ni confortable. Juste un silence qui à sa place dans la cuisine, au dessus de cette table, entre ces deux hommes. Un silence qui s'étire et qui est finalement se brise quand la voix de Max se fait entendre. Pernicieuse et vile, elle cherche la petite bête. Qu'attend Max, qu'est ce qu'il recherche ? Qu'importe. Mike stoppe ce qu'il fait et se tourne vers le medium, un sourire énigmatique orne ses lèvres. Pas de joie, pas de plaisir, juste un jeu, les questions-réponses sans but. L'aveugle laisse le silence flotter encore un petit peu, il en profite pour accrocher son regard sur le visage, les yeux ?, de Max.

-A toi de décider si je dois ou non connaître les détails. Ce n'est pas à moi de faire ce choix. Le seul choix qui me revient c'est celui de savoir si ces détails vont me faire changer d'avis ou non.


Son sourire s'agrandit, le jeu monte d'un cran.

-Et ca, Max, ca n'arrivera pas.

Une affirmation, non, il y avait eu assez de négatif ce soir pour qu'il choisisse de se braquer face à ce qui a bien pu se passer. Il regrette cependant de ne pas avoir pu pousser le vice, de ne pas avoir pu murmurer ses derniers mots à l'oreille du medium avec ce petit ton provocateur charmant qui lui va comme un gant. Il regrette aussi d'avoir cette pensée alors que la situation ne s'y prête aucunement. Mais qu'importe, elle était encore pour lui, cette idée, elle n'avait pas franchis la barrière de ses lèvres, son corps n'avait pas parlé pour lui, ca restera enfouit jusqu'à la fin de sa vie dans un coin de son âme qu'il aura tout le loisir de ressasser ou d'oublier.

Son sourire change encore alors que Max commence à répondre à son invitation à dîner, il prend se petit ton amusé qui attend son « mais » qui permet une suite positive. La petite pique à peine voilé lui arrache un soupir amusé, bref et unique. Il a raison après tout. L'aveugle était parti comme un voleur de peur de se retrouver face à se silence lourd et du « Hum... C'était bien, on s'appelle ? » qu'il déteste. Donc il avait fait en sorte de passer pour un lâche. Ce n'était pas bien plus simple, au contraire, il aurait bien passé la matinée dans les draps défaits à laisser le soleil naissant caresser leur peau et pourquoi pas, en redemander, encore une fois. Mais non, il ne devait pas, plus long aurait juste été gênant. Le passé est ce qu'il est, la remarque est méritée.

Il entend la boite à pharmacie glisser sur la table et ne réagit pas, c'est assez difficile comme ça, il prend bonne note ceci dit et apprécie que l'allemand décide de faire quelque chose bien qu'il n'ai aucune idée de ce qui peut bien s'être passé. La suite lui apprendra peut-être se si non, alors tant pis. Seul le futur compte au point où ils en sont.

L'aveugle retourne dans son congelo alors que la conversation prend un tournant bien plus léger, une conversation normale, entre deux hommes qui se retrouvent et se découvrent. Il cache un nouveau sourire à Max en farfouillant dans le froid, passant ses doigts sur les différents paquets qui lui passent sous la main. Oui, peut-être bien que dix ans en arrière, il ne serait pas revenu vers le medium même s'il en crevait d'envie. Mais il a changé, il a prit de l'assurance, il a accepté d'être ce qu'il est.

-Tu sais, je suis prof alors de l'assurance, au bout d'un moment, il fallait bien que j'en trouve un petit peu.


Il attrape un paquet, cherche le braille qui est censé se trouver quelque part et repose le tout, insatisfait.

-Mais peut-être, au fond, que c'est ce qui t'avait plut à l'époque.

Il ferme le congélateur et soupir discrètement devant son futur échec culinaire.

-Oui, c'était à mes parents mais il n'y a plus que mon frère et moi maintenant. Quand il est là, évidemment.


Pas de note de tristesse pour ses parents, de regret quant à son absence de quinze ans. Rien ne passe dans sa voix ou sur son visage. Bien sûr qu'il se sent seul dans cette grande maison qui sent plus la nostalgie que le parfum de sa mère mais ce n'est pas pour ce soir.

Au lieu de ça, il pose à plat les deux mains sur la table, face à Max et prend une grande inspiration.

-J'ai une confession à faire.

Il soupire comme s'il s'apprêtait à annoncer la plus grande nouvelle de sa vie à un être proche.

-Je ne sais pas cuisiner, je n'arrive pas à me faire des pattes sans me brûler, je ne comprend rien aux plaques de cuisson, il n'y a aucun relief dessus. Impossible de m'en servir.


Il pousse un soupir amusé encore.

-Alors oui, je t'ai invité à dîner, j'avoue, c'était pour pouvoir profiter de ta présence. Mais je ne m'attendais pas à une réponse positive. Oh, j'en suis très heureux, vraiment, ca me fait plaisir mais maintenant, je suis coincé.


Un éclat de rire.

-Entre nous, comment je vais pouvoir me démerder maintenant ?

Et bien oui ? Comment maintenant ? Est ce qu'il lui demande de faire le repas, chose affreusement ridicule ou est ce qu'il lui propose de commander peut-être ? Il se sent profondément ridicule mais, malgré tout, la situation l'amuse. Cette soirée est pleine de surprise.

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MessageSujet: Re: Wir werden uns wiedersehen [PV Max]   Lun 12 Nov 2018 - 8:17

Wir werden uns wiedersehen
Mickael & Maximilian


Deviner aurait dû être simple avec une personne telle que lui. Oui, j’aurais dû me douter des mots qu’il laisserait filer. De ces êtres qui n’enchaînaient que les expressions calmes, douces et lumineuses comme un ciel sans nuage, il était bien le seul à qui j’accordai bien plus qu’un dédain moqueur. Je lui offrais tout autre chose du bout de mes lèvres dont avaient résonné des paroles cassantes dans le seul but de briser sa confiance trop pure. Malgré tout, j’aurais dû savoir que rien dans l’univers ne suffisait à provoquer l’extinction d’une véritable étoile.

Je l’écoutai. J’entendis ses paroles et en imprimai chaque sonorité, chaque marque de confiance dans sa voix. S’y adjoignait ce regard vide qu’il tentait en vain de planter dans le mien comme si cela suffisait à me convaincre de sa détermination à croire en son propre mensonge, même s’il était certain qu’il s’y abandonnait dans une foi sincère. Et je devais bien admettre que cela était beau. L’amertume passait avec de tels idéaux, tant qu’ils ne se brisaient pas. Alors oui, bien sûr que je fis le choix lâche de me taire parce que j’avais envie de ce jeu auquel il m’invitait du coin de ce sourire pétillant. C’était tellement plus facile de décider de lui accorder cette ignorance reposante que de commencer à évoquer la douleur, les crimes, la folie,… Tout cela n’avait pas sa place au sein de cette assurance enjouée qui faisait tinter mon prénom. Personne ne me parlait plus ainsi depuis si longtemps qu’un frisson entre apaisement et méfiance m’avait saisi, avant que le seul désir de lui accorder cet aveuglement qu’il demandait sans en avoir conscience ne prenne le dessus.

Un doux soupir dans lequel perçait un discret sourire, c’est tout ce qu’il reçut pour réponse. Il n’en aurait désiré aucune autre de toute manière : ce n’était pas mon choix en réalité, mais le sien. Depuis le début, il menait la danse. Je ne m’en rendais compte que maintenant qu’il s’affairait en me tournant le dos. L’interpellation dans ce bar, son aide salvatrice, notre plongeon, ses invitations, notre dîner,… Tout s’était enchaîné dans une mélodie parfaite que je n’avais pas anticipée et si cela m’aurait habituellement fait pester, j’esquissai plutôt une expression remplie d’un amusement contenu. Au final, peut-être bien que j’aimais cela… Là où bien des gens auraient apprécié cette constatation, elle fut pour moi un aveu désagréable. Le mal de tête ne m’aidait en rien à rester raisonnable, songeai-je comme pour me dédouaner d’autant de mièvrerie. Il était si simple de mettre sur le compte d’un défaut physique cette envie brûlante qui faisait surgir des vœux inavouables à chaque fois que mon regard se posait sur sa silhouette, des souhaits qui chassaient au loin cette réprimande que je rêvais de lui adresser pour me plaindre de cette bienveillance à toute épreuve.

Heureusement, il se tourna bientôt : non sans avoir gratifié ma remarque d’un léger soupir où sonnait un amusement tout relatif. Je m’étais toujours demandé pourquoi il avait fichu le camp ainsi, il y a dix ans, et si je n’étais pas de ces Calimero à la coquille brisée, l’ignorance m’avait toujours laissé un goût amer. Rien, pas même un au revoir. Je ne lui aurais rien demandé s’il était resté, je n’aurais rien commenté. Nos étreintes passionnées en avaient dit plus que n’importe quel mot au cours de cette nuit. Pourtant, cela ne l’avait pas empêché de filer aux aurores. Peut-être ne savait-il pas que je l’avais observé en silence, sans chercher à le retenir mais gravant son allure dans ma rétine pour ce que je croyais être la dernière fois que je le verrai. Encore une erreur. A croire que nos rencontres n’étaient faites que d’imprévus et de moments volés au destin.

Cette idée me plaisait bien plus, surtout alors que ce moment devenait d’une banalité tranquille qui contrastait agréablement avec nos précédentes péripéties. Je me prenais à apprécier le calme de la pièce, la vue de Mike farfouillant dans ce congélateur dans lequel il ne trouvait visiblement pas son bonheur et la sensation cotonneuse que m’offrait mon crâne dans un curieux répit. La voix du médium résonna bientôt à nouveau en réponse à mes paroles, couvrant le bruit de frottement des sachets plastiques.

Alors comme cela, il était enseignant… Pourquoi cela ne me surprenait pas ? Avec sa bienveillance candide et cette capacité à croire en la bonté de tous, il ne pouvait qu’être de ces esprits qui pensent encore que les jeunes sont l’avenir de la nation. En voilà une belle foutaise. J’essayai de l’imaginer, professeur devant un tableau qui resterait éternellement noir, à moins qu’il ne dispense ses cours dans une fac… Plus logique sans doute étant donné les difficultés auxquelles il devait être confronté : un prof avec lequel j’aurais pu facilement échapper me pris-je à penser avant de me mordre la lèvre inférieure, réalisant soudainement que je détestai imaginer son regard mort comme une faiblesse à exploiter. Et puis était-ce cette vulnérabilité qui m’avait plu ? Ce manque d’assurance ou cette fragilité ? Question bête, réponse idiote. Bien sûr que cela m’avait séduit, attiré même jusqu’à son aura quand cette expression perdue était agrippée à ses traits… Cependant, je restai là aujourd’hui, sachant pourtant qu’il n’était plus ce mec qui avait besoin d’aide. La vie était étrange.

Elle le devînt encore davantage lorsque, accompagné d’un soupir, son explication à propos du manoir résonna en provoquant un écho particulier. « Moi et mon frère » avait-il dit. Et dire que j’étais ici pour retrouver le mien… Pas celui de sang, pas celui avec lequel j’avais grandi, juste celui que j’avais choisi et avec qui je m’étais construit. Je chassai cette réflexion comme on envoie balader une mouche pénible, j’avais choisi la présence de Mike à la solitude d’une soirée à ressasser mes erreurs et mes doutes. Je leur défendais à présent de venir hanter mon esprit et me concentrai donc sur mon hôte qui  était bien jeune pour avoir déjà perdu ses parents, même si je savais plus que quiconque à quel point l’existence pouvait être cruelle…

Ses mains qui heurtèrent le plateau de la table me firent relever les yeux vers ses traits dans lesquels se dessinait une mine grave. Seul mon père avait pour habitude de prendre cette posture avec moi et, généralement, ce n’était pas lorsqu’il avait une bonne nouvelle à m’annoncer mais davantage une correction à m’infliger. Je fronçai les sourcils tandis qu’il prenait une grande bouffée d’air, comme si aspirer un peu plus d’oxygène pouvait donner à ses poumons cette force supplémentaire qui lui permettrait d’articuler sa déclaration. Mes muscles se raidirent, je détestai cette position assise, il me surplombait et le sentiment qui résultait de toute cette scène me fit me porter sur mes gardes. Par pur instinct.

Une confession, rien que cela. Les yeux ronds tout d’abord, puis les lèvres qui se pincent mais pas par mécontentement : j’évitai tout juste au petit rire plein de sarcasme qui naissait dans ma gorge de les franchir. Il était sérieux ? Réellement ? Ce type venait de m’inviter, il avait donné le change en s’affairant et… Patatra. Voilà qu’il était incapable de cuire un œuf. Ma langue passa sur mes lèvres dans un geste nerveux visant toujours à retenir la surprise et l’envie de briser le silence par une remarque pleine d’ironie.

▬ Außerordentlich [Extraordinaire], ne pus-je cependant m’empêcher de lâcher, comme une légère note de musique tant le ton trahissait mon amusement.

Qui sait, peut-être l’avait-il fait exprès. Tout orchestré pour qu’on en arrive à nouveau à ce jeu à la con où le chat s’amusait avec la souris et où ils terminaient par se blottir dans le pelage l’un de l’autre après maintes provocations. Non, cela s’était ce dont moi je rêvai… Rêve et réalité, mince frontière. Putain, qu’est-ce que j’avais pu être con de pas percuter que son invitation ne tenait pas la route !

Les choses étaient ce qu’elles étaient désormais qu’il en était à la capitulation et si la légèreté prédominait, un petit rien anodin qu’il glissa au cœur d’une de ses tirades me braqua autant qu’il éveilla en moi une once d’une satisfaction nouvelle. Profiter de ma présence, mais sans y croire... L’avoir détrompé sans le savoir était d’une exquise saveur, sans pour autant qu’elle ne remplace cette impression inédite à la pensée qu’il ait désiré que je reste. J’aurais pu me répéter cette phrase une seconde fois, l’entendre résonner tel le chant d’une sirène dans une grotte secrète, au lieu de quoi je me l’interdisais parce qu’il ne fallait pas que cela ait la moindre importance : même si cette indifférence n’était qu’un leurre...

▬ Peut-être en ne proposant pas au prochain mec que tu ramèneras trempé chez toi de l’inviter à dîner ? commençai-je avec un ton clairement amusé. Je me levai, manquant de faire grincer la chaise sur le sol. ▬ Mais j’avoue qu’on me l’avait jamais faite la technique du plongeon avant le dîner fictif, l’assurance t’a rendu plus audacieux on dirait !

A nouveau, une expiration rieuse conclut ma constatation. Le sourire grandissant sur mes lèvres.

▬ Mais pour l’heure... Worte fûllen den bauch nicht [Les mots ne remplissent pas le ventre], fis-je en levant, avant de marquer une pause suite à un nouveau vertige.▬ On va s’occuper de ça, ok ?

Ou comment s’embarquer dans un nouveau voyage franchement incertain... Pourtant, impossible pour moi de rester de marbre devant la confusion qui avait remplacé toutes les autres émotions qui s’étaient succédé sur le visage de mon ancien amant. Il voulait profiter de ma présence, je voulais profiter de la sienne. La solution s’imposait.

▬ Alors à toi de voir puisque ce soir c'est toi qui accueille... Soit tu me fous à la porte, soit on opte pour la facilité, soit tu me dis ce que tu comptais faire et je m’en occupe. Je garantis pas de la grande cuisine mais c’est pas comme si on n’avait jamais réussi à faire quelque chose de bien ensemble.

Ce sous-entendu m’allait à ravir, il était juste assez parlant pour que les scènes de cette nuit qui devenait plus vivace dans mes souvenirs à chaque fois que mon corps s’approchait du sien m’envahissent et me procurent cette ivresse chaleureuse. En était-il de même pour lui ? Cela me bouffait intérieurement de l’admettre, mais j’espérais qu’il en soit ainsi... En contournant la table, les relents passés reparaissaient pour mieux réchauffer mon âme, laissant les évènements plus ternes de la soirée s’évaporer comme les gouttes de pluie se perdent dans la mer.

▬ C’était quoi le plat de résistance que tu cherchais ? annonçai-je un peu taquin.

Comment en était-on arrivé là ? Passer ainsi de l’ambiance raide et interdite à cette attitude détendue et désinvolte relevait du miracle, seulement son rire clair n’y était pas étranger. Pas plus que son sourire ou cette façon qu’il avait eu de présenter son profond désarroi. Il avait eu raison au fond, c’est cette détresse que j’avais aimé quand je l’avais rencontré, cette expression à la fois désabusée et embarrassée qui m’avait séduite. Je n’avais plus froid désormais, la sensation glaciale des tissus trempés avait fini par quitter ma peau et ne restait plus que la douce température qui s’installait entre nous.






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MessageSujet: Re: Wir werden uns wiedersehen [PV Max]   Mar 13 Nov 2018 - 0:09

On ne peut pas le nier, Mike se retient difficilement de ne pas éclater de rire devant son incompétence et sa bêtise. Il faut l'avouer aussi, comme un enfant, il s'amuse, il joue de ses échecs pour voir comment les grands réagiront. Il n'y a plus que ça à faire maintenant, cette situation est inextricable alors un sourire adoucira les bords, un rire chassera la gêne. Normalement. 

L'aveugle donnerait tellement cher pour pouvoir voir l'expression sur les traits de l'allemand, tellement cher pour savoir si c'est un sourire ou la surprise qui s'accroche aux traits de son amant d'antan. Mais non, il doit se contenter du silence et de ce que lui offrira le voyant.

Il n'eut pas à attendre longtemps. Un mot, un seul et l'aveugle a un nouveau franc sourire, il a fait mouche. "Extraordinaire" et ce son, ce sourire voilé qu'il entend dans sa voix. Doux tintement de clochette. Amusant et transperçant. Pas  beau comme lorsque son surnom avait franchi les lèvres qu'il rêvait de dévorer à nouveau mais tout de même assez pour ravir ses oreilles. Le mot en lui-même n'est pas grand chose, un simple petit mot coincé entre la surprise amusée et le désespoir contenu. Petit mot dont il se fiche de la signification. Seul le ton est important. Il aurait pu utiliser n'importe quel adjectif, si cette note l'accompagnait, il aurai sourit à n'en pas douter.

Pas plus de question à propos de son travail cependant. Le silence est d'or, on en apprend parfois plus. Max ne serait pas du genre curieux qui s'attache aux choses futiles comme un métier. Ca ne l’étonne pas. Pas plus que ça. Mais il apprend quelque chose de nouveau, une nouvelle.

Il relève la tête avec un sourire mi-figue, mi-raisin, celui du « tu y crois vraiment ? » suite à la nouvelle injonction de Max.

-Parce que, vraiment ? Tu penses que ca m'arrive souvent de jeter quelqu'un dans l'eau froide pour le plaisir de le ramener à la maison ? Non, ne crois pas ça Max.


Il ne suit pas du « regard » l'aura orange tout de suite, restant dans le vague caractéristique de son regard vide. L'utilisation à nouveau de la langue germanique le ravis, les sons qu'il produit pourraient bien, à eux seuls, lui offrir un plaisir auditif tout particulier. Cette voix lui offrait des brides du passé, ceux dans lesquels se cachaient des soupirs et des gémissements.

Au diable le jeu.

Max a abrogé les règles, autant qu'il pousse la porte. C'est explicite ce qu'il lui offre. Il hausse un sourcil appréciateur à l'Allemand, démontrant ainsi que le sous-entendu était clairement passé. Il ne s'attarde pourtant pas plus que ça, s'éloignant de la table pour aller chercher un tas de prospectus en braille et en anglais dans un des meubles du coin. Il les étale sur la table et s'en désintéresse immédiatement.

A la place, il s'appuie contre la table, les fesses sur le bords, les bras appuyer sur le plateau et penche légèrement la tête sur le côté, fermant les paupières, en confiance. Il n'a pas envie que son regard mort et fuyard vienne gâcher ce qu'il prépare. Un fin sourire s'étale sur ses lèvres, joueur, sensuel, taquin. Peut-être un brin sarcastique.

Le plat de résistance hein ? Ce n'est plus un sous-entendu, c'est une invitation tout ce qu'il y a de plus claire et voyante. Loin de déplaire à l'aveugle qui croise les jambe avant de se laisser un petit peu plus choir contre la table, le corps totalement détendu.

-Commandons, j'avoue que je préfère ton attention sur moi plutôt que sur une poêle.

Non, ce n'est pas les pieds dans le plat, c'est un saut à pieds-joint dans une plâtré de lasagne. C'est joueur, agressif, rentre-dedans et, il faut bien l'avouer : purement égoïste. Qu'a t'il à perdre encore ? Plus rien. Il se permet de faire valdinguer son roi d'une pichenette, le laissant s'envoler au travers du plateau pour qu'il tombe au pieds de l'adversaire.

A prendre ou à laisser.

Est ce que c'est ce sont il a envie ce soir ? Est ce que c'est d'une nuit d'amour sans sentiments et sans arrière pensée qu'il veut ? Est ce qu'un petit peu de douceur ne lui plairait pas. Si sûrement. Les deux, encore plus. Il ne sais pas comment engager cette soirée, il a envie de laisser couler, de voir ce qu'il se passera. De vivre un peu sans question.

Tant pis … Il avisera.

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