AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  
Bienvenue sur DMTH Invité envoi coeur
Adopte un scenario et gagne des amis pour la vie ! :caddy:
Trouve un partenaire de jeu rapidement ! :bouya:
Découvrez l' intrigue en cours ! :olala:
Inscrivez-vous à l' event Halloween ! :dieu:

Partagez | .
 

 Wir werden uns wiedersehen [PV Max]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2
AuteurMessage
avatar


→ ORDRE CLANIQUE : La Guilde
→ NUISANCE DEPUIS : 34 ans
→ SOUS L'EMPRISE DE : Regard pénitent, maîtrise des armes blanches, occlumancie, lecture des auras et, plus rarement, conversations avec les esprits et compétences restantes de voleur.
→ TROMPE L'ENNUI : Détective privé
→ PROFIL PSYCHOLOGIQUE : Solitaire ▫ Malin, certains le disent calculateur ▫ Méthodique, voire maniaque ▫ Discret ▫ Courageux ▫ Droit ▫ Impulsif ▫ Méfiant ▫ Sans pitié


→ AVATAR : Max Riemelt
→ MENSONGES : 697

†


MessageSujet: Re: Wir werden uns wiedersehen [PV Max]   Mar 13 Nov 2018 - 12:58

Wir werden uns wiedersehen
Mickael & Maximilian


L’avez-vous déjà ressentie, cette imperceptible sensation ? Elle vous frôle, vous chahute, vous bouleverse sans que vous ne sachiez l’identifier, sans que votre peau ne puisse s’empêcher d’en frémir, sans que votre âme n’évite d’y succomber. Vous oubliez toute prudence un instant, juste pour être satisfait et qu’elle demeure posée sur votre carcasse si frêle sous ses terribles assauts encore quelques secondes, une minute peut-être... Vous en rêveriez des heures, mais n’êtes pas prêt à l’avouer. Alors vous vous leurrez, vous approchez de l’objet de votre désir en vous répétant qu’il ne s’agit pas de cela, que rien dans vos pensées n’est impur et que vous souhaitez juste que vos auras complices se rencontrent, peut-être même se mêlent. S’en est banal, presque idiot en fait mais tellement plaisant que si c’est cela pécher vous y goûteriez bien chaque jour de votre putain d’existence.

Comme on fait étinceler l’argenterie que l’oxyde a ternie, un souvenir retrouvait sa brillance d’antan. Cet éclat somptueux se profilait comme une promesse dans une nuit aux étoiles qui s’étaient éteintes peu à peu... Cependant, ne tenait-il pas qu’à nous de les rallumer ? Les constellations attendaient qu’on ravive cette lueur fulgurante qui les rendait si belles, cela effacerait peut-être même cette douleur lancinante dans mon crâne : après tout, je préférais la violence de l’explosion intense d’une supernova exquise à la douce lumière d’une comète.

Il irradiait pourtant de ce mec ce rayonnement cristallin et pur. Un appel à la tentation avec cette clarté dans l’aura qui ensorcelle et promet à la fois douceur et passion. J’en savais quelque chose, je l’avais appris au détour d’une nuit de septembre... Alors bien sûr que je ne pensais pas réellement que cette baraque était une maison de passe, pas plus que je ne le soupçonnais d’avoir orchestré tout ce cirque qui m’avait conduit à me désaper dans sa cuisine avant qu’il ne me fasse miroiter un repas presque trop ordinaire pour être honnête. Il y avait toutefois dans cette façon de le voir s’en défendre un je ne sais quoi de séduisant. Cette intonation sans doute qui avait tinté avec cette nuance si particulière, celle qu’on emploie avec une once d’hésitation lorsqu’on craint que notre intention ne soit pas bien comprise. Cela pouvait-il l’atteindre que je le crois devenu suffisamment hardi pour se taper tous les types qui lui plaisaient ? Cette pensée n’avait aucun sens, nous n’étions rien l’un pour l’autre, si ce n’est le reflet de deux jeunes amants dont les désirs se complétaient si parfaitement que leur plaisir s’en trouvait décupler.

Une simple mimique, un sourcil qui se haussa et voilà que le coup était joué. La pièce s’avança sur l’échiquier et j’en regardai le sacrifice. Il ne sauverait pas son roi, il voulait m’en octroyer la défaite. Il abdiquait, répondait à cette invitation qu’à mon tour j’avais glissée dans mes paroles. Point de quoi remplir nos estomacs, mais des montagnes d’un fruit défendu à croquer à pleines dents. N’était-ce pas l’espoir que j’avais cru déceler comme un reflet à mon propre désir dans son regard joueur, plus tôt au bar ? Tel un bon petit scout, il joua néanmoins le jeu, allant chercher des publicités pour je ne sais quelle bouffe indienne, chinoise ou toute autre nationalité étrangère... Posées sur la table, elles dessinaient un assemblage étrange avec leurs couleurs vives pour certaines, leur simplicité presque austère pour les autres sur lesquels des reliefs, motifs à point, s’imprimaient tout du long. Une mixité inédite, une mixité délicieuse qui me fit tout oublier des affres de cette foutue soirée lorsqu’il se tourna vers moi en se calant contre le rebord de la table. Je souris, parce qu’il m’offrait un spectacle savamment mis en scène. Son attitude était juste assez provocatrice pour me confirmer que nous partagions la même pensée impure, juste assez taquine pour ne pas que j’oublie que je ne devais pas brusquer les choses même si j’en mourrais d’envie. Sa détente était parfaite, elle ne faisait qu’accentuer ma propre crispation : seule sensation me permettant de ne pas débuter immédiatement ce repas auquel il me convia du bout des lèvres.

Car oui, son aveu avait un goût suave et, une fois encore, un sourire déchira mon visage et creusa ses légères ridules au coin de mes yeux. On disait qu’il était là, le véritable signe d’un bonheur sincère : caché entre les plis d’un regard joyeux. En cet instant, je compris exactement pourquoi telle chose se murmurait chez les aïeuls. Et parce que je rêvais de prolonger ce moment suspendu hors du temps, je ne lui accordai pas ce qu’il cherchait bien que cela m’en brûle la poitrine. Au lieu de quoi, je m’approchai encore d’un pas pour que nos épaules s’effleurent : supplice suprême alors que la tension montait.

▬ La poêle risque de ne pas être ravie qu’on la délaisse... ironisai-je dans une réplique qui demandait plutôt si cela l’aurait atteint lui, que je le délaisse.

Je n’étais pas certain d’en vouloir la réponse. Nous n’étions que des inconnus. Cela n’aurait même pas dû me traverser l’esprit, au final je m’en foutais ou du moins je voulais m’en contrefoutre. Il fallait que je m’en moque... Et puis merde !

Mon regard passa par-delà sa silhouette, glissa sur les menus épars. Je relevai deux ou trois noms de plats, juste pour le jeu : tout cela était sans intérêt à côté du délice de ce corps qui m’appelait à quelques centimètres seulement de ma silhouette en torture. Un léger mouvement en avant pour mieux apercevoir un terme à la consonance étrangère, nos bras se touchèrent et je sentis une chaleur grisante l’envahir. Etait-ce cette crispation qui renforça les battements que je percevais dans mon crâne ou l’afflux de tout ce sang soudain bien plus fiévreux à son contact ?

▬ Calzone à l’italienne, poulet tandoori ou bœuf sauce impériale... murmurai-je de ma voix grave mais dont l’intensité légère se perdit dans l’air. ▬ Une préférence...

Ces derniers mots, lâchés un peu après les autres, sonnèrent avec une intonation grâce à laquelle le doute n’était plus permis : pas alors que dans le même temps, un de mes doigts s’était glissé sur le dos de sa main, avait remonté jusqu’à son poignet puis à son avant-bras. Là, tandis que ce dernier était collé le long de son corps immobile, ma caresse n’avait eu aucun mal à s’incliner en arrière pour venir poursuivre sa douce attention au fil de ses côtes avant de descendre le long de son flanc. Du coin de l’œil, j’avais repéré cet espace si restreint où son haut froissé était légèrement relevé lorsqu’il s’était laissé aller contre la table et où un simple geste pouvait permettre à mes phalanges habiles de trouver le chemin vers sa peau. Et elles le trouvèrent, ce sentier dont j’avais parfois rêvé durant des nuits solitaires. Comme on se souvient d’un film d’exception, les larmes nous remontant aux yeux ou le sourire tapissant notre visage bien des années après le visionnage, ce contact réveilla en moi des émotions enfouies depuis si longtemps qu’elles furent une déferlante libératrice dans cet abîme qui m’engloutissait depuis des semaines. Un plongeon dans l’infinie noirceur, une libération salvatrice aussi... Il était tout à la fois.

▬ Alors, que commandes-tu ? lui glissai-je à l’oreille, mon souffle à présent d’une chaleur enflammée qui contrastait tant avec la glace qui avait auparavant dévoré mon corps trempé.

Je m’étais encore rapproché. Mon visage près du sien, il s’inclina pour venir se greffer dans cet espace à l’angle de son cou, sans même le toucher. Son parfum... Il m’enivrait à nouveau et je fermai les paupières. Dix ans plus tôt... L’odeur restée prisonnière des draps des jours durant, enclavée dans mon esprit encore davantage de temps, imprimée dans mon âme pour une éternité à me rappeler qu’il était possible de connaître l’extase fou, celui qui consume et trahit, qui tue et enfante la passion dans les étoiles mortes d’un regard que je cherchais de mes pupilles. Elles n’attendaient qu’un mouvement de ses lèvres pour libérer ce désir fascinant d’une éclipse de nos corps au clair de lune qui s’apprêtait à vivre sa plus belle victoire. Ce soir, échec et pat : les deux rois tomberaient... Ensemble.







_________________
Angst, Schrei und Tod
“La peur incite à la cruauté. Et il vaut mieux être le bourreau que la victime.” - Yvette Naubert -


Dernière édition par Maximilian L. Schimmel le Ven 16 Nov 2018 - 0:36, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://dmthbegins.forumactif.org/t3283-maximilian-l-schimmel-bourreau-pour-la-guilde http://dmthbegins.http://dmthbegins.forumactif.org/t3300-maximilian-l-schimmel-inventaire http://dmthbegins.forumactif.org/t3287-maximilian-l-schimmel-le-bourreau-porte-generalement-un-masque-celui-de-la-justice http://dmthbegins.forumactif.org/f38-carnet-de-bord
En ligne
avatar
→ ORDRE CLANIQUE : Apprenti Exorciste pour la Guilde,
→ NUISANCE DEPUIS : 31 ans
→ SOUS L'EMPRISE DE : Son sens radar, une volonté morale de Fer
→ ERRANCE : L'université assurement
→ TROMPE L'ENNUI : Professeur de Langues
→ PROFIL PSYCHOLOGIQUE : Doux – Rieur – Sarcastique – Blagueur – Secret – Courageux, mais pas téméraire – Essaye de ne pas prendre grand chose au sérieux – Déteste sa cécité, il fait en sorte de toujours la tourner en dérision – Physiquement bien faible, moralement à tout épreuve – Nerveux.


→ AVATAR : Julian Morris
→ CREDITS : Thinkky
→ MENSONGES : 517

†


MessageSujet: Re: Wir werden uns wiedersehen [PV Max]   Mer 14 Nov 2018 - 23:44

Il ne rouvre pas les yeux immédiatement, savourant le silence, le parfum de séduction qui envahit peu à peu la pièce, suave, sucré. Et maintenant ? Est ce que Max va entrer aussi dans le jeu ? Défoncer la porte ouverte et s'approcher ? Il n'y a rien d'autre à faire n'est ce pas ? Profiter de l'instant, vivre comme cette nuit là, sans arrière pensé, sans suite, sans préjugé. Les moments gênant de cette nuit passée étaient après, aujourd'hui, ils avaient été avant, alors tout irait bien maintenant. L'aveugle y croit dur comme fer. Qu'importe qu'ils mangent ou non, il est en bonne compagnie et sait que tout ne peut maintenant qu'aller pour le mieux. Il l'espère du plus profond de son âme.
Accoudé comme il l'est, détendu, on lui fait un croche-patte, il s'écroule. Trop en confiance. Peut-être qu'il l'est toujours trop, trop naïf, c'est le reflet qu'il offre au monde. Mais il se sait en sécurité. Son don est là, il le sent ronronnant en lui mais rien ne le menace. Alors autant continuer.

Il n'y a plus de pièces sur l'échiquier, vierge de tout mouvement, libre pour une anarchie sans compromis. Il n'y a que Max et lui. Appuyé contre cette table, le corps finement musclé caché par un haut lâche dont il n'a aucune idée de la couleur, les jambes croisée comme elles le sont dans un position enfantine, presque « je m'en foutiste ». Et ce sourire joueur sur un visage légèrement penché qui permet un accès direct à son cou. Il ne peut pas faire plus explicite. Pas dans cette position. Il garde les paupières closes, savourant l'inconnu du prochain mouvement de l'allemand. Il ne voit pas son aura, ses pas son léger, il ne l'entend pas non plus. Il aurait pu se croire seul s'il n'y avait pas ce parfum subtile qui flottait dans l'air. Cette odeur qui a permit de le reconnaître, cette odeur qui l'avait enivré il y a tant d'années. Non, il n'est pas seul dans la pièce.

Et comme pour lui donner raison, il sent la chaleur d'un autre corps près de lui. Un sourire plus grand, plus franc, moins séducteur peut-être, vient courir sur ses lèvres à la mention de la poêle qui a ouvert la voie. Il rouvre les paupières et dirige son regard mort vers le visage de Max, il aurait adoré dévorer son profil à l'instant présent. Un petit coup d’œil à la dérober qui permet de savourer un instant volé. Douce et grisante sensation. Inatteignable.

Descente aux enfers, il se raccroche comme il peut au bord en s'enivrant du parfum masculin de l'allemand. Son sourire ne se défile pas. Il se contente juste de plonger sa cécité dans le vide devant lui, reprenant sa position initiale alors que Max énumère différents plats de manière sûrement tout à fait random.

Le contact doux et léger de ses doigts sur le dos de sa main est grisant, et plus la remonté se fait, plus le plaisir grandi. Il se relève aussi quand il sent la chair de poule vient s'étaler sous les caresses de Max, il reprend pied de peur de tomber, que ses jambes se dérobent sous lui, qu'il ne soit pas assez fort pour résister à l'assaut qu'il a laisser s'entamer. Il retient inconsciemment sa respiration quand le souffle chaud vient chatouiller ses oreilles. Et il laisse son souffle lui échapper quand sa chaleur se déplace pour venir se loger dans l'angle de sa mâchoire.

Il ne peut pas retenir un mordillement de sa lèvre inférieure, comme une réponse gourmande à cette caresse qui électrise sa peau. Il a envie de bien plus, de terriblement plus. Et il compte bien prendre ce qu'on lui offre. Il lève la main en conséquence dans l'idée d'aller la perdre dans les cheveux de Max. Est ce qu'ils sont encore aussi courts qu'il y a dix ans ? Mais il se stoppe. 

Foutu soirée.

Foutu inquiétude.

Il se souvient alors d'un coup du liquide chaud, un brin poisseux qui l'avait poussé à faire glisser la boîte à pharmacie en direction du medium. Il a été blessé par ses conneries. Le sang avait coulé... Mais où ?

Foutu cécité.

Un amer regret vient lui serrer la gorge. Il en peut pas demander « où est ce que je peux te toucher ? », ca serait un cercle vicieux dans lequel il ne compte pas entrer, pas une nouvelle fois. Frustration.

Il sourit une nouvelle fois à Max, essayant au mieux de cacher son désarroi, et se tourne pour passer les doigts sur les différents menus qui s’étalaient. Le voyant avait évoqué deux plats asiatique, tout deux sucré-salé.

-C'est une préférence le sucré salé ? C'est pas idiot comme idée... Hum, Poulet Korma je pense alors …

Il se tourne avec un sourire dans la direction de Max :

-On part sur de l'asiatique ?

Est ce que l'allemand comprendra son choix de plat ? Est ce qu'il saura voir que tout n'est pas terminé, que c'est une porte dérobée ?

Il a besoin d'être guidé. Il aimerait tant pouvoir toucher à nouveau sa peau... Mais où est ce qu'il peut avoir accès ?

_________________
Medium cherche
esprit frappeur
pour coup de pieds occulte
Mickael
aurait bien aimé mettre une belle
citation bien pensée sur la cécité
ou le mediumisme mais ça le saoul
de chercher, alors il a choisi de
mettre quelque chose qui lui
correspond vraiment : une connerie.
code: @DRAG ME TO HELL
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://dmthbegins.forumactif.org/t2293-you-can-call-me-batman-o http://dmthbegins.forumactif.org/t2334-ou-est-ce-sac-encore#52087 http://dmthbegins.forumactif.org/t2325-les-liens-sont-invisibles-surtout-pour-lui http://dmthbegins.forumactif.org/f38-carnet-de-bord
avatar


→ ORDRE CLANIQUE : La Guilde
→ NUISANCE DEPUIS : 34 ans
→ SOUS L'EMPRISE DE : Regard pénitent, maîtrise des armes blanches, occlumancie, lecture des auras et, plus rarement, conversations avec les esprits et compétences restantes de voleur.
→ TROMPE L'ENNUI : Détective privé
→ PROFIL PSYCHOLOGIQUE : Solitaire ▫ Malin, certains le disent calculateur ▫ Méthodique, voire maniaque ▫ Discret ▫ Courageux ▫ Droit ▫ Impulsif ▫ Méfiant ▫ Sans pitié


→ AVATAR : Max Riemelt
→ MENSONGES : 697

†


MessageSujet: Re: Wir werden uns wiedersehen [PV Max]   Ven 16 Nov 2018 - 0:35

Wir werden uns wiedersehen
Mickael & Maximilian


Suspendu. Tout simplement. Ce moment restait dans l’air comme un effluve léger, une fumée si diaphane qu’on ressentait l’envie étrange de la caresser alors qu’elle flottait encore en des volutes arabesques. J’étais certain que si l’ivresse d’effleurer un souvenir, de le ranimer ainsi en frôlant sa peau, n’était pas déjà en train de faire vaciller mes sens, je me serai perdu dans la contemplation idiote de sa séduisante silhouette. Cependant, elle m’offrait déjà tant : du bout de mes phalanges, j’avais pu sentir ce frisson qui avait secoué sa chair dans laquelle j’avais marqué mon sillage tout comme mes yeux entrouverts avaient pu remarquer ce dos qui se redressait et cet ancrage qu’il essayait de maintenir dans le sol. Je rêvai pourtant qu’il se dérobe, qu’il tremble puis s’abîme dans un précipice sans fond dans lequel nos cadavres rongés de plaisir giraient consumés de ce bûcher de désir.

C’est qu’elle m’étreignait déjà à la gorge, cette braise qui réchauffait mon corps bien plus que n’importe lequel des tissus qu’il m’avait donné pour me vêtir. Le sourire qui éclaira ses traits alors que la proximité se faisait me laissa à penser qu’il partageait ce sentiment, cette impression que le monde basculait dans un après... Après ce souvenir, après cette rencontre, après... On s’en foutait de la suite de cet éternel renouveau tant qu’on pourrait s’abandonner dans cette facilité charnelle. Mike s’y attardait déjà, son attitude le trahissait tandis que son visage se tournait vers moi et que je devinai son intention. Paupières closes, paupières ouvertes sur un monde qu’il ne voyait pas mais dans lequel il sembla me chercher. Puis un mordillement de sa lèvre, sensuel et attirant fit rater à mon cœur un battement. Je lui rendis son sourire tout en sachant que c’était là cause perdue alors mes doigts s’inclinèrent, glissèrent sur sa peau dans un geste encore plus voluptueux juste comme ça... Juste pour lui dire que je voulais lui répondre. Avais-je déjà fait autant d’effort pour un autre coup d’un soir ? Cette pensée élargit mon sourire mais déclencha une interrogation que je balayai, je ne voulais pas l’imaginer spécial.

Et il le fut pourtant, cet abruti, tandis que sa main se stoppa dans son élan et que de terribles secondes de réflexion passèrent sur son expression comme autant de lames qui trahissaient cette confiance que j’avais placée dans ce moment... Son sourire se figea, se crispa peut-être un peu tandis qu’il abdiquait déjà en se détournant légèrement pour laisser sa main se désintéresser de cette promesse silencieuse que mes doigts avaient fait courir sur son derme. Je me redressai, quittai le confort de son parfum enivrant et de ce souffle qui s’était tari, ne demeurant plus qu’une respiration sans le moindre soupçon d’âme. Je crus qu’il jouait. Non pire, j’eus ce stupide espoir qu’il jouait. Cependant, les mots franchirent ses lèvres. Incompréhension.

Il était sérieux avec ses conneries de poulet ? Je fronçai les sourcils, laissant une ride me barrer le front. Je l’aurais bien plumé moi-même la bestiole si c’était pour qu’il se taise et se laisse dériver dans l’instant présent. Aucune retenue, aucune hésitation et cette spontanéité à rendre barge : voilà ce qui aurait été délicieux. Au lieu de quoi, j’avais le droit à une histoire de volatile je ne sais quoi et même en rêvant que les épices qui l’accompagnaient aient un quelconque effet sur sa libido, l’idée qu’il puisse préférer la pause repas à la délectation du magnétisme qui nous avait rapproché me vexait plus que je ne l’aurais jamais avoué.

Blessé dans mon orgueil, mon crâne eut un relent douloureux. Ce n’était plus mon cœur qui battait mais mes tempes. J’y percevais le tambourinement d’une rythmique pénible, si désorganisée qu’on n’y reconnaissait plus la symphonie silencieuse qui nous caractérisait. Agacement, énervement, déception, peu importe ce qui attisait cette céphalée dont je me foutais au final car c’est uniquement ce revirement de situation qui me rendait amer. Alors je reculai, abandonnai le contact, parce que c’était la seule chose à faire. Parce qu’au fond, j’avais peut-être tout simplement mal compris où il voulait en venir et que jamais je n’aurais forcé quelqu’un à quoi que ce soit, aussi grand le désir soit-il.

Un pas en arrière, un pas sur le côté. Quelle que soit la direction prise, je m’y rendais à reculons. Etrangement, dans le même temps, elle me convenait tant qu’elle m’éloignait de lui. Mes yeux jaugeaient ses traits sans savoir ce qu’ils y cherchaient : une explication, certainement. La fraîcheur soufflait sur les étincelles qu’il m’avait semblé voir naître et qui n’étaient peut-être que feux d’artifices factices dans mon esprit avide de retrouver les saveurs surannées de ses lèvres, de sa peau, de nos étreintes...

Je ne parlai pas, je ne demandai rien, je ne m’appesantirai pas bêtement en questionnant : ce n’était pas moi.

▬ Va pour cela alors... dis-je d’une voix plus lasse que je l’aurais voulu, son choix n’appelait pas de commentaire de toute manière.  

On entendit à peine le léger ton sec que j’avais voulu y mettre, mon ego ne faisait pas le poids face à la désillusion. Je ne prenais pas, je partageais. Cela avait toujours été ainsi et je respecterai ce retrait qu’il avait engagé, même s’il faisait peser sur mes épaules la pénibilité de me retrouver privé d’une échappatoire à une nuit maudite et que l’acidité de l’incompréhension flottait dans mes veines. Le ciel me parut plus obscur que jamais au dehors tandis que mon regard s’enfuit par-delà les carreaux à la netteté toute relative. Eux aussi étaient plongés dans le même flou que celui qui me bouffait de l’intérieur : ne pas comprendre pourquoi, ne pas savoir ce que j’avais pu faire pour qu’il décide que c’en était assez, voilà qui était pire encore que cette paume qui était restée suspendue dans le vide comme le marin qui refuse de sauter à la mer pour répondre à l’appel envoûtant des sirènes. J’avais peut-être surestimé cette intensité passée, transcendé à outrance cette force qui le pousserait à réitérer, interprété à ma guise ses paroles en leur accordant le sens que je voulais qu’elles revêtissent,... Ou un peu de tout cela à la fois.

▬ Le poulet tandoori pour moi, confirmai-je d’une voix neutre en réponse à ce nouveau sourire qu’il m’offrait en y adjoignant cette question dont je me foutais. ▬ Vu l’heure, tu penses qu’on attendra longtemps ? Pour la livraison je veux dire... fis-je comme pour calculer à quel moment je pourrai m’extraire de ce guet-apens dans lequel je m’étais fourré seul en esquissant ces gestes tendres.

Du plus profond de mon âme, je maudissais tous les putains d’oiseaux de cette terre. La bouffe indienne aussi. Tout en réalité. J’allai contourner la table pour regagner la place que je m’étais assignée quand, pivotant, un flou épais obstrua ma vue. Je heurtai violemment du coin de la hanche la table qui eut un sursaut. Grincement retentissant du bois sur le sol, vertige,... Je serrai les dents sans dire mot, un peu sonné mais encore capable de tenir ma tête haute et fière pour gagner en silence la chaise visée. L’orgueil était un puissant moteur, encore plus quand la plaie qui l’avait cisaillé était si sanglante et que l’objet de votre regret se trouvait à moins d’un mètre : si proche et pourtant à présent si inatteignable.






_________________
Angst, Schrei und Tod
“La peur incite à la cruauté. Et il vaut mieux être le bourreau que la victime.” - Yvette Naubert -
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://dmthbegins.forumactif.org/t3283-maximilian-l-schimmel-bourreau-pour-la-guilde http://dmthbegins.http://dmthbegins.forumactif.org/t3300-maximilian-l-schimmel-inventaire http://dmthbegins.forumactif.org/t3287-maximilian-l-schimmel-le-bourreau-porte-generalement-un-masque-celui-de-la-justice http://dmthbegins.forumactif.org/f38-carnet-de-bord
En ligne
avatar
→ ORDRE CLANIQUE : Apprenti Exorciste pour la Guilde,
→ NUISANCE DEPUIS : 31 ans
→ SOUS L'EMPRISE DE : Son sens radar, une volonté morale de Fer
→ ERRANCE : L'université assurement
→ TROMPE L'ENNUI : Professeur de Langues
→ PROFIL PSYCHOLOGIQUE : Doux – Rieur – Sarcastique – Blagueur – Secret – Courageux, mais pas téméraire – Essaye de ne pas prendre grand chose au sérieux – Déteste sa cécité, il fait en sorte de toujours la tourner en dérision – Physiquement bien faible, moralement à tout épreuve – Nerveux.


→ AVATAR : Julian Morris
→ CREDITS : Thinkky
→ MENSONGES : 517

†


MessageSujet: Re: Wir werden uns wiedersehen [PV Max]   Sam 17 Nov 2018 - 23:04

C'est bien trop doux, enivrant et vrai pour qu'il ai l'impression d'être dans la réalité. Ces doigts sur sa peau, électrisant le chemin qu'il trace sous son haut. Combien de fois en a t'il rêvé ? Combien de nuits il les a espéré ? Il a arrêté de les compter. Mais cette nuit, ce soir, après tout ce qu'il c'est passé, c'est vrai, non ? Cette chaleur qui lui réchauffe la poitrine, il ne l'imagine pas ce soir. Elle est vraiment là, plus belle que dans ses souvenirs. Il pourrait s'y perdre s'il n'a pas prévu de tout foutre en l'air. Si sa conscience ne l'avait pas rattrapé, si sa main se s'était pas arrêtée à mi-chemin. S'il n'avait pas tout foutu en l'air en espérant … Encore... faire les choses bien, il aurait pu savourer encore un petit peu, non ? Juste un petit peu plus... Mais non et l'amer regret de cet abandon se fait sentir immédiatement. Juste au moment où il se détache, se retourne pour porter son regard mort sur les menus, pour choisir ce qui lui plairait, essayant de raviver une flamme tout en évitant un incendie dévastateur. Dur mélange, échec cuisant.

Douloureux.

Ce froid que Max laisse derrière lui alors qu'il s'éloigne de Mike, un autre frisson le prend, celui qui fait grelotter parce que la fraîcheur est trop puissante. L'aveugle ne se retourne pas, il subit cet éloignement qu'il a sûrement lui-même provoqué. Est ce qu'il n'aurait pas du poser la question à la place ? Est ce que ca lui aurait éviter de s'en vouloir comme ça ? Est ce que ca lui aurait permis de ne pas autant froncer les sourcils pour retenir sa douleur ? Il est fatigué, il le sait, trop d'émotions ce soir mais là, son geste lui donne envie de pleurer. Est ce qu'il a le droit de remettre la faute sur Max en maudissant son ego ? Celui qu'il a voulu respecter en retenant sa question ? Non, ca serait trop facile.
Il garde le dos tourné, penché sur la table de son salon et subit le ton de la voix du voyant. Oui, il a tout niqué. Chaque mot est un coup de marteau qu'il ne peut que subir, c'est entièrement de sa faute.

-Non, il doit être tard, je pense que ca sera rapide...

Est ce qu'il reste par obligation, parce qu'il a été invité plus tôt ? Est ce qu'il veut quand même rester ? Profiter de sa présence malgré tout ? La situation lui perce le cœur, une centaine de petites aiguilles de culpabilité se plantent dans son organe.

Il commence, l'âme en peine sans pour autant le montrer, il a fait assez de dégâts comme ça ce soir, à tirer son portable de la poche de son jean et s’étonne qu'il ne soit pas mouillé. Comme quoi, le Nokia 3310 est une perle. Il commence à taper les touches du téléphone, une main sur le menu, l'autre en train de d'écrire le numéro. Il s’apprête à appuyer sur la touche normalement verte que, du bord de son radar, il voit l'aura orangé vaciller. L'information n'a pas besoin, n'a pas le temps, de monter à son cerveau qu'elle est devancée, écrasée par le son strident du bois sur la table. Ses sombres pensées sont balayée une nouvelle fois par cette vague d’inquiétude pour l'Allemand. Ou est ce qu'il avait été blesser pour se prendre une table … ? Genou qui flanche ? Hanche aux abonnées absents ? … Ou alors … Il a prit un sale coup au niveau de la tête...

Mike avale difficilement sa salive et regarde du coin de l'oeil Max s'asseoir sans un mot. Il baisse la tête en se demandant ce qu'il doit faire et cache ses réflexions derrière une voix assurée qui commande son repas du soir, pour deux personnes. Et quand il raccroche, sa décision est prise.

-Effectivement, ca ne sera pas long …

« Tu n'auras pas besoin de supporter ma présence bien longtemps » pensées amères qu'il n'arrive pas à refréner. Pernicieuses et viles.

Son sourire a fané, il n'arrive pas à le remettre en place, trop inquiet, trop concerné. Trop perdu.

-Max, je suis désolé mais il faut que je sache. La pierre « plus tranchante que les autres », où est ce que tu as été blessé ?


Il aurait du faire ça plus tôt. Au lieu de s'enfoncer, de protéger ce qui avait déjà été mis à mal. Il aurait pu savoir s'il avait le droit de poser ses mains dans les cheveux, dans le dos, sur les paumes... Il se languit de ce contact mais est ce qu'il a le droit de le dire ? Après qu'il ai lourdement souffler sur le château de carte … ?

Il est debout, ses doigts, pour les occupés, caresse le bois de la table a défaut d'avoir la chaleur de la peau de son fantasme. Son regard mort et pourtant concerné est caché derrière ses paupières. Il ne sait pas où est ce qu'il peut les poser ...

_________________
Medium cherche
esprit frappeur
pour coup de pieds occulte
Mickael
aurait bien aimé mettre une belle
citation bien pensée sur la cécité
ou le mediumisme mais ça le saoul
de chercher, alors il a choisi de
mettre quelque chose qui lui
correspond vraiment : une connerie.
code: @DRAG ME TO HELL
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://dmthbegins.forumactif.org/t2293-you-can-call-me-batman-o http://dmthbegins.forumactif.org/t2334-ou-est-ce-sac-encore#52087 http://dmthbegins.forumactif.org/t2325-les-liens-sont-invisibles-surtout-pour-lui http://dmthbegins.forumactif.org/f38-carnet-de-bord
avatar


→ ORDRE CLANIQUE : La Guilde
→ NUISANCE DEPUIS : 34 ans
→ SOUS L'EMPRISE DE : Regard pénitent, maîtrise des armes blanches, occlumancie, lecture des auras et, plus rarement, conversations avec les esprits et compétences restantes de voleur.
→ TROMPE L'ENNUI : Détective privé
→ PROFIL PSYCHOLOGIQUE : Solitaire ▫ Malin, certains le disent calculateur ▫ Méthodique, voire maniaque ▫ Discret ▫ Courageux ▫ Droit ▫ Impulsif ▫ Méfiant ▫ Sans pitié


→ AVATAR : Max Riemelt
→ MENSONGES : 697

†


MessageSujet: Re: Wir werden uns wiedersehen [PV Max]   Dim 18 Nov 2018 - 2:37

Wir werden uns wiedersehen
Mickael & Maximilian


Cela aurait dû être plus facile, mais ça ne l’était pas. Toujours avancer, pas un regard en arrière. Puis me laisser choir sur ce siège que je dus stabiliser d’une main tremblante avant d’y prendre place. Les formes, incertaines, dansaient devant mes yeux comme l’image enfumée d’une soirée berlinoise tandis que je veillai à garder une posture droite et à maîtriser ma respiration dans une cadence terriblement calme. Mes paupières ne cillaient pas, inconcevable pour moi d’en montrer davantage même si mon hôte n’en pouvait rien apercevoir. Réflexes ancrés depuis si longtemps dans ma chair. Ainsi se reconnaissaient les meilleurs chasseurs, toujours aux aguets même lorsque le corps vacillait.

La distance s’était creusée, pas à pas elle s’était élargie pour laisser un froid transgresser ce cocon qui avait manqué de se créer à nouveau. Il nous enveloppait pourtant, du moins j’avais cru le sentir. C’était ce qui arrivait quand on désirait trop quelque chose, on finissait trahi par notre instinct occupé à vouloir satisfaire nos désirs inaccessibles. Le fossé aurait dû être salvateur : loin des yeux, loin du cœur... Foutaise. Je fronçai les sourcils à cette pensée, la céphalée tintant comme des milliers de clochettes dans ma tête me rappelant les marchés de Noël de mon pays où carillonnaient les mêmes sonorités à vous vriller le crâne. Et pourquoi je pensais à cette expression pleine de connerie d’abord ? Mon cœur était froid et sec, une roche aux arrêtes si âpres et tranchantes que personne ne parvenait à y graver sa marque, sauf lorsqu’il signait du même sang que celui qui coulait dans mes veines. Voilà ce dont j’aurais dû me souvenir au lieu de fantasmer une nuit lointaine, une décennie n’avait su l’effacer mais cela lui donnait-il une quelconque importance ? Ce type était un coup d’un soir, pas une priorité. Alors pourquoi avais-je gâché mon temps ? Des heures si précieuses qui dormaient au plus profond de l’obscurité nocturne et dans lesquelles se cachait peut-être un de ceux qui comptaient vraiment, un cousin, un frère, un ami : le seul certainement... Elles avaient filé, perdues à jamais à cause de lui : non, pire, à cause de moi.

Si j’avais réussi à traîner ma carcasse jusqu’à cette fichue chaise, les douleurs aigues avaient fini par céder la place à un tiraillement lancinant. Bien que Mike n’ait pas relevé mon impair, la déconvenue de cette marque de faiblesse n’en était pas moins cuisante. Avoir dû battre en retraite, avoir embouti la table, être là tout simplement... Je rongeai mon frein en silence pendant qu’il commandait, un cellulaire basique en main. Encore une preuve irréfutable de sa capacité à se démerder sans aide. Peut-être que j’aurais dû le laisser tomber dans la flotte finalement. Il s’en serait parfaitement tiré. Lèvres pincées, grimace. Soit ce foutu mal de tête avait raison de tous mes principes, soit j’étais vraiment un salaud... Dans les deux cas, je balayai instantanément cette réflexion abjecte de mon esprit aussi tentante soit-elle. Je ne voulais pas être ce mec-là.

Rapide, avait-il d’abord répondu avant mon forfait. Il en remettait une couche à présent qu’il avait raccroché. Je le regardai enfin. Expression terne, toute trace de cette joie imbécile qui avait illuminé son visage avait disparu. Et je ne compris pas. Impossible pour moi de saisir la raison pour laquelle ses traits avaient perdu de leur éclat, pourquoi sa bouche ne s’étirait plus dans ce sourire joueur, l’origine de ce poids qui semblait peser plus lourdement sur sa silhouette que n’importe quel fardeau physique. Il avait eu le contrôle du jeu entre ses mains, tout n’avait été que son choix alors cet air contrit qu’il affichait me désarçonnait, pire il me blessait. L’inquiétude, comment avais-je pu la manquer ?

Ma mâchoire se ferma, mes dents se serrèrent. Les paroles voulurent fuser, aussi vives que les lames que j’envoyai dans la chair de mes ennemis. Elles auraient été le reflet d’une plaie à vif, loin de celle physique qui barrait la base de mon crâne : sans doute était-ce pour cela que même sans qu’un son ne franchisse mes lèvres elles revêtaient déjà un aspect plus douloureux encore. Les mots qui sortirent furent bien différents, plus résignés.

▬ Quelle importance ? soupirai-je, le ton sans émotion.

La force de combattre m’avait quitté, remplacée par un nouveau soulèvement de ce tiraillement qui virait à une pénibilité sans nom que je refusai fièrement de nommer souffrance. Un univers de coton s’étendait alentours, duveteux et froid si bien qu’il faisait remonter le long de mon échine des frissons moites. Rester concentré sur Mike, sur son attitude allumeuse, son détournement insolent, sur cet espèce d’intérêt certainement simulé qu’il m’offrait... Voilà qui m’évitait de trop m’appesantir sur cette nausée qui commençait à poindre et cette nouvelle sensation vertigineuse. C’était quoi son problème à ce type ? Il... Il quoi déjà ? La tête me tournait. J’inspirai profondément, l’oxygène éclaircit la conscience qu’il me restait.

▬ Ecoute j’ai juste besoin de me décrasser les mains avant qu’on mange, je peux emprunter ta salle de bain ?

Une paume posée sur le rebord de la table afin de me stabiliser, je me relevai de la manière la plus fluide possible dans une tentative de ne rien laisser paraître du malaise qui s’apprêtait à me saisir. Je tiendrai le choc, je l’avais toujours tenu. Seulement, d’habitude, je pansai mes blessures tranquillement chez moi au lieu d’accepter de bouffer indien chez un ex-amant... Trop d’idioties dans une seule phrase. Quel abruti je faisais. Debout bien droit, je m’apprêtai à esquisser un sourire désabusé quand je sentis mes entrailles se tordre. Violent, déchirant, le haut-le-cœur me souleva l’estomac et tout ce qu’il contenait.

Dans un élan, je me projetai en quelques foulées jusqu’à l’évier où tout le peu d’alcool consommé au bar et l’acidité qui avait rempli mon âme durant ces dernières minutes vinrent s’échapper. La barre dans ma nuque était d’une pesanteur ultime désormais et répondait à une barre dans mon front, étau infernal qui vînt enserrer encore davantage mon crâne à chaque nausée suivante. Tout m’était insupportable.

▬ ‘Tain... pestai-je à voix basse, les yeux brillants dans une pure réaction de mon corps endolori quand enfin je sentis l’orage passer.

Mes paupières closes pour mieux retrouver mes esprits, ma main trouva comment actionner le mitigeur et le bruit net et claquant de l’eau heurtant la paroi métallique remplit mes oreilles. Leur bourdonnement se joignit au son cristallin et j’en prélevai dans mes paumes en coupe pour venir me rafraîchir le visage dans un espoir de retrouver contenance. Une contenance bafouée dont je ne savais si elle saurait répondre à la personne qui se tenait encore quelque part dans cette pièce et qui attendrait sans doute des explications que je n’étais pas prêt à lui donner. Entre réaction orgueilleuse et fuite effrontée, ma décision était perchée sur un fil dans un équilibre précaire et qui sait dans quel sens allait pencher la balance dans cette valse de tourments...






_________________
Angst, Schrei und Tod
“La peur incite à la cruauté. Et il vaut mieux être le bourreau que la victime.” - Yvette Naubert -
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://dmthbegins.forumactif.org/t3283-maximilian-l-schimmel-bourreau-pour-la-guilde http://dmthbegins.http://dmthbegins.forumactif.org/t3300-maximilian-l-schimmel-inventaire http://dmthbegins.forumactif.org/t3287-maximilian-l-schimmel-le-bourreau-porte-generalement-un-masque-celui-de-la-justice http://dmthbegins.forumactif.org/f38-carnet-de-bord
En ligne
avatar
→ ORDRE CLANIQUE : Apprenti Exorciste pour la Guilde,
→ NUISANCE DEPUIS : 31 ans
→ SOUS L'EMPRISE DE : Son sens radar, une volonté morale de Fer
→ ERRANCE : L'université assurement
→ TROMPE L'ENNUI : Professeur de Langues
→ PROFIL PSYCHOLOGIQUE : Doux – Rieur – Sarcastique – Blagueur – Secret – Courageux, mais pas téméraire – Essaye de ne pas prendre grand chose au sérieux – Déteste sa cécité, il fait en sorte de toujours la tourner en dérision – Physiquement bien faible, moralement à tout épreuve – Nerveux.


→ AVATAR : Julian Morris
→ CREDITS : Thinkky
→ MENSONGES : 517

†


MessageSujet: Re: Wir werden uns wiedersehen [PV Max]   Dim 18 Nov 2018 - 13:47

Il doute recevoir une réponse, il doute entendre autre chose qu'un grognement grave de la  part de Max mais pourtant, il doit savoir. Il ne le lâchera pas. Ce n'est finalement même plus pour son plaisir égoïste de profiter du corps si parfait dans son souvenir, non. C'est bien plus lourd, bien plus important. La santé.

Il se rend compte alors que comparer son frère à Max a été une erreur. Abe blessé dans sa chair et son ego ne veut pas inquiéter Mike, il ne dira rien jusqu'à ce qu'il croise les yeux morts pourtant lourdement concernés, alors il répond au questions. Dans un souffle, dans un murmure, de peur que les murs entendent sa faiblesse. Mais il répond. Maximilian n'est pas le frère, n'est pas l'ami, n'est pas la connaissance. Maximilian est l'amant d'une nuit passée qui aurait dû, avec le temps, se faner, s'oublier. Ils ne sont rien pour l'autre. Deux corps qui se sont aimés sans que leurs âmes n'entre en contact. Pourquoi aurait il une réponse ? Pourquoi ressent-il cette foutu inquiétude ? Pourquoi doit il être cet homme inquiet de nature ? Pourquoi il ne peut pas choisir de se concentrer que sur les êtres chers ? Ceux qui comptent vraiment … Il ne resterait que Yoric et son frère... Ca serait bien plus simple... Ou alors est ce que Max compte aussi ? Ca n'a aucun sens. Non, il est inquiet. Pour le monde, pour les gens, pour l'avenir, pour Maximilian.

Et il attend, debout, droit, sa réponse. Il l'aura, qu'importe les moyens, il trouvera et avisera, fera au mieux. Il blessera encore peut-être... Il verra.
Et la réponse tombe, fuse, l'écrase. « Quelle importance ? ». Cette question l'atteint, le frappe. Comment est ce qu'il peut être aussi attaché ? Concerné ? Ca n'a aucun sens mais de nouveau, il sent la colère se déverser. Plus lourde et impactante que sur la rive de ce pacte. Ca ne le concerne pas lui, ca concerne plus important. Il se retient de l'insulter, de lui sortir un merveilleux et irréfléchi « Ta santé, connard ». Cette phrase, ce mot, ces choses qui fusent alors qu'il serre le poing pour les retenir. Ce n'est pas le moment d'en rajouter. Il inspire profondément alors que Max demande la salle de bain. Il s'apprête à lui indiquer l'escalier tandis qu'il se relève, que son aura orange s'étire vers le plafond. Il fait un pas en arrière et tout bascule.

Mais ce n'est pas lui qui tombe.

Tout se précipite, tout va trop vite. Il n'a pas le temps de comprendre que déjà il entend. Et tout s'éclaire. Il connaît ça, il connaît ces symptômes. Il a un frère dont le corps est couturé de cicatrice, il a des livres, en braille, qui lui permettent de réagir sans qu'on puisse le deviner. Il a l'inquiétude du monde au fond de l'âme.

Il entend ce demi mot soufflé et range son état émotionnel dans un tiroir. Il n'est plus question de sentiments et patte de velours, il n'y a plus de questions. Il a eu sa réponse.

-Commotion.

Il souffle à son tour. Son visage se fait dur, ses sourcils se froncent. Il n'y a plus aucune trace d'humanité, il n'est plus concerné, il agit. Pas de main dans le dos en signe de soutiens, pas de mot doux et rassurant. Ca ne sert plus à rien à ce niveau là.

Ses pas l'éloignent de Max, il le laisse seul juste quelques secondes. Il sait quoi faire. Il le laisse rattraper ses morceaux de fierté qui venaient de voler en éclat. Il en a besoin. Mike se dirige vers l'entrée, pas très loin, à porté d'oreille toujours, de vue, sûrement.

Ses doigts glissent sur le mur et trouve l'interrupteur. Il l’éteins. Sans un mot, il retourne dans la cuisine et réitère l'opération. Il espère que la lueur Lunaire sera suffisante. Il revient vers Max, ne le touche toujours pas. Son visage n'a pas changé d'expression, il n'est plus question de douceur même s'il sait que ses mots en seront toujours emprunt.

-On est quel jour Max ?

Simple question qui attend une réponse tout aussi simple. Il lui désigne le canapé du doigt aussi, pas loin de la cuisine, en vu pour un humain avec des yeux en état de marche. Il espère ne pas avoir à insister, qu'il se montrerait raisonnable malgré tout.

-Vas te poser s'il te plaît.

Ferme, sans appel mais à l'écoute. Il n'appelle pas immédiatement les secours, il doit savoir d'abord où est ce qu'il en est, l'état réel de Max et où agir. Une question et une action à la fois. Le poser, voir s'il arrive à lui répondre. Il se doute que Max sait ce qu'il est en train de faire... S'il est encore assez conscient.

_________________
Medium cherche
esprit frappeur
pour coup de pieds occulte
Mickael
aurait bien aimé mettre une belle
citation bien pensée sur la cécité
ou le mediumisme mais ça le saoul
de chercher, alors il a choisi de
mettre quelque chose qui lui
correspond vraiment : une connerie.
code: @DRAG ME TO HELL
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://dmthbegins.forumactif.org/t2293-you-can-call-me-batman-o http://dmthbegins.forumactif.org/t2334-ou-est-ce-sac-encore#52087 http://dmthbegins.forumactif.org/t2325-les-liens-sont-invisibles-surtout-pour-lui http://dmthbegins.forumactif.org/f38-carnet-de-bord
avatar


→ ORDRE CLANIQUE : La Guilde
→ NUISANCE DEPUIS : 34 ans
→ SOUS L'EMPRISE DE : Regard pénitent, maîtrise des armes blanches, occlumancie, lecture des auras et, plus rarement, conversations avec les esprits et compétences restantes de voleur.
→ TROMPE L'ENNUI : Détective privé
→ PROFIL PSYCHOLOGIQUE : Solitaire ▫ Malin, certains le disent calculateur ▫ Méthodique, voire maniaque ▫ Discret ▫ Courageux ▫ Droit ▫ Impulsif ▫ Méfiant ▫ Sans pitié


→ AVATAR : Max Riemelt
→ MENSONGES : 697

†


MessageSujet: Re: Wir werden uns wiedersehen [PV Max]   Ven 23 Nov 2018 - 1:02

Wir werden uns wiedersehen
Mickael & Maximilian


Dans son sillage, tout paraissait s’éclaircir soudainement. Elle balayait les doutes, emportait les velléités, noyait les preuves... Tout avait à présent disparu dans le torrent que j’avais enclenché, l’eau s’écoulait doucement en faisant tinter ses flots sur le siphon, effaçant toute trace de mon forfait. Presque une délivrance, sa fraîcheur me transperçait la peau dans une sensation brute. Autant de mal que de bien, les picotements sur mon visage avaient au moins le mérite de me sortir de cet état pernicieux où tout mon corps semblait lutter contre lui-même. Mes poils se dressèrent dans un frisson, sueur froide qui dévala mon échine alors qu’une larme tomba dans l’évier. Aucun sentiment là-dedans, pas même un ego brisé : juste le physique qui lâche, s’écroule, s’abîme.

L’estomac dans la gorge, je sentais l’écœurement acide qui avait envahi ma bouche et les crampes dont la douleur irradiait jusque dans ma poitrine. Une inspiration, une expiration, rythme idiot mais pourtant si apaisant qui se répétait sans cesse et m’éloignait peu à peu du malaise. Une gorgée fraîche vînt bientôt couler dans mon gosier, effaçant ce goût pénible et terminant de réveiller cette chair de poule qui dévalait mon échine. Peut-être un tel liquide glacé n’avait-il pas été l’idéal, car bientôt le vertige survînt à nouveau et je dus poser mes paumes sur le rebord pour soutenir mon corps à la dérive, ancres malhabiles. Sous l’obscurité de mes paupières rabattues, les sons alentours bondissaient dans un océan de coton, tant et si bien qu’il était impossible d’y distinguer tout mouvement alentours.

Aveugle du monde qui m’entourait, perdu dans un torrent épouvantable de douleurs contraires, je ne remarquai pas immédiatement que les lumières avaient cessé d’émettre leurs rayonnements perçants. Une ombre en retrait, c’est tout ce que la lueur diaphane de la lune me révéla lorsque mes paupières battirent tels des papillons abandonnés dans la noirceur d’une nuit sans étoile. Si j’aurais dû m’en sentir irrité, sa présence déclencha en moi des émotions discordantes. Une pointe de soulagement, de l’irritation aussi. Médiocre, voire carrément pathétique, était cette situation dans laquelle Mike se donnait cet air que je ne lui avais jamais vu. Etranger plus que jamais, il débita sa question comme on lance un journal à un chien : va chercher et de préférence rapporte. Tout m’indisposait, tout me révulsait dans ses mots qui déclenchèrent ce réflexe de défense terrible, je ne savais pas montrer les dents, j’attaquai. Un mouvement qui m’éloigna de mon point d’appui, le bousculant volontairement au passage, puis le sol qui sembla tanguer sous mes pieds quelques pas plus loin... Ma paume enserra le premier dossier de chaise à ma portée. La vulnérabilité ne m’allait pas. Finalement, plus tranchantes que la plus aiguisée des lames, mes paroles résonnèrent dans le silence tranquille de cette nuit qu’il avait instaurée entre nous. Animal acculé qui grogne alors qu’il sait la défaite proche.

▬ Et c’est quoi la prochaine étape ? lui lançai-je de but en blanc en me redressant si vivement que je crus voir trente-six chandelles. ▬ Tu comptes me demander mon nom et mon adresse ? Comme si tu les connaissais... fis-je sur un ton bien trop brusque que mon accent transcendait par sa dureté.

Qu’il me foute la paix avec ses bonnes intentions, hors de question que je sois ce clébard dans le caniveau qu’il ramasserait pour se donner bonne conscience. Et putain de mal de crâne, songeai-je en passant une main sur mon front pour tenter d’en apaiser l’effroyable tiraillement. Seulement, c’était comme panser une plaie d’un drap sale : vous cachiez la misère, mais n’enleviez guère ce qui en faisait l’essence noiraude qui finirait par provoquer l’infection.

Cependant, tout cela sonnait faux. Irréel, grossier, intolérable... Dans cet espace inconnu, sa présence était mon seul repère : peut-être était-ce pour cette raison qu’à cet instant précis je le détestai profondément.

Une sueur froide, une nouvelle respiration plus ample que les précédentes et si les maux de tête ne s’effacèrent pas, ma conscience s’éveilla quelques secondes. Un moment fugace durant lequel rien ne disparut mais où, dans l’aspect reposant de cette pièce baignée par l’astre céleste, tout sembla prendre sens. Dans la pénombre, tout devenait plus clair. La mélodie retrouvait son rythme, des notes dont l’harmonie reprenait le dessus sur la cacophonie. Pourtant, je ne me retournai pas pour lui faire face. Je ne m’excuserai pas, même si cela faisait de moi un parfait connard. Il cherchait à m’aider, une fois de plus... Etait-ce une fois de trop ?

▬ Vendredi, je crois...

Cette réponse avait fini par m’échapper, presque autant pour le rassurer que pour me prouver que j’étais encore capable d’aligner deux pensées sans flancher. Et au final, je n’étais même pas certain que ce soit la bonne réponse : je perdais la notion du temps depuis que j’étais arrivé à Bâton-Rouge, je perdais la notion du temps à chaque fois qu’un jour de plus s’écoulait sans savoir... Les dates finissaient par se mélanger, se télescoper sans vergogne : l’éphéméride déroulait son décompte à une vitesse folle dont chaque journée perdue mettait le doigt sur mon incompétence. Ce soir, j’en étais au sommet.

Un regard en arrière, en biais, voilà tout ce que j’étais capable d’esquisser vers lui. Foutue fierté qui ne m’enlevait pas ce besoin de laisser mon corps s’orienter vers la porte d’entrée et qui me criait que, si je le voulais, il me suffisait d’en franchir le seuil pour oublier tout de cette soirée maudite ! Rapide, efficace, indolore... C’est du moins ce dont je tentai de me convaincre alors que sa voix résonna à nouveau, encore un conseil... Monsieur connaissait visiblement bien ses leçons.

▬ Je suis pas en sucre ! râlai-je sur le même ton ferme que celui qu’il avait lui-même employé, note claquante en plus.

Tout ceci n’était pas une mission, il ne s’agissait pas de panser des plaies faites en servant pour le devoir mais juste d’un jeu idiot qui était tombé à l’eau. Un demi-sourire bafoua mes traits : stupide jeu de mots. Le demi-tour suivit ma décision. Je lui faisais face sans rien n’annoncer et m’apprêtai à gagner l’évier pour récupérer mes fringues quand, lâchant le dossier, un nouveau vertige me fit perdre l’équilibre. Je n’étais pas foutu de faire trois pas et je voulais foutre le camp d’ici, encore une brillante idée Maximilian, me fustigeai-je intérieurement.

Le soupir m’échappa, sonore. Une main sur mon front, je tentai de remettre de l’ordre dans mes pensées sans y parvenir : rage et fierté se disputaient la place de l’amertume. Je devais me rendre à l’évidence, si un appel à des collègues de la Guilde dès le portail franchi avait pu être une option séduisante, rejoindre le dit portail relevait du mirage... La chaise accueillit ma carcasse, quelques minutes... Cela suffirait.

▬ Le temps de reprendre mes esprits, ensuite je m’en vais, décidai-je à voix haute, sans une once d’émotion dans la voix.

Ce n’était pas vrai. Mon âme n’était pas vide d’un ressenti, au contraire elle valsait sous le coup d’une sensation particulière : celle de faire le bon choix. Loin de mes habitudes, loin de mes convictions, il s’imposait néanmoins dans une logique qui m’était désagréable mais au combien remplie de quiétude. Non. Rien n’avait de sens. Pas ici. Pas quand je sentais son regard mort sur mon ombre d'ange déchu et que le sang battait dans mes veines jusqu'à l'étourdissement...






_________________
Angst, Schrei und Tod
“La peur incite à la cruauté. Et il vaut mieux être le bourreau que la victime.” - Yvette Naubert -
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://dmthbegins.forumactif.org/t3283-maximilian-l-schimmel-bourreau-pour-la-guilde http://dmthbegins.http://dmthbegins.forumactif.org/t3300-maximilian-l-schimmel-inventaire http://dmthbegins.forumactif.org/t3287-maximilian-l-schimmel-le-bourreau-porte-generalement-un-masque-celui-de-la-justice http://dmthbegins.forumactif.org/f38-carnet-de-bord
En ligne
avatar
→ ORDRE CLANIQUE : Apprenti Exorciste pour la Guilde,
→ NUISANCE DEPUIS : 31 ans
→ SOUS L'EMPRISE DE : Son sens radar, une volonté morale de Fer
→ ERRANCE : L'université assurement
→ TROMPE L'ENNUI : Professeur de Langues
→ PROFIL PSYCHOLOGIQUE : Doux – Rieur – Sarcastique – Blagueur – Secret – Courageux, mais pas téméraire – Essaye de ne pas prendre grand chose au sérieux – Déteste sa cécité, il fait en sorte de toujours la tourner en dérision – Physiquement bien faible, moralement à tout épreuve – Nerveux.


→ AVATAR : Julian Morris
→ CREDITS : Thinkky
→ MENSONGES : 517

†


MessageSujet: Re: Wir werden uns wiedersehen [PV Max]   Sam 24 Nov 2018 - 22:16

Abe a un sacré ego que Mike, au fils des ans, a réussi à maîtriser, comprendre et apprivoiser. Il a eu aussi de nombreux élèves plein de mauvaise foi ou profiteurs. Il y a aussi ceux qui se disent que demander de l'aide est la plus grosse connerie qu'ils peuvent faire et puis il y a Max. L'allemand qui est tout à la fois, avec cette option « boule de Colère » en arrière plan. Il ne le connaît pas, ni son passé, ni son futur, ni son nom. Une nationalité, un corps et des brides de découvertes. Rien en sommes, rien qui permette de connaître quelqu'un. Il ne peut pas dire qu'il est doux, gentil ou attentionné. Il n'en a aucune idée. Est ce que ce partage et ses attentions il y a dix ans n'étaient pas purement sexuel ? Est ce que sa main dans la sienne alors qu'il basculait dans le vide n'était pas un pur réflexe ? Pourquoi ce soir il n'avait vu que des défauts ? La colère, la hargne, la fierté, l'entêtement. Et surtout … Comment est ce qu'il a fait pour toujours accepter, comme si c'était normal que la personne qu'on rencontre pour la presque première fois ne nous montre que ce qui est, en général, le moins apprécié ? Pourquoi il n'a gardé en tête que cet air joueur ? Ce sourire dans sa voix ? Le pétillant qu'il a toujours imaginé dans son regard. Qu'est ce qui lui est passé par l'esprit ? Pourquoi est ce qu'il s'est accroché à un souvenir... ?

Optimiste de merde.

Un autre l'aurait maudit, se serait maudit mais lui, Medium aveugle il a l'espoir, il voit plus loin, il voit au fond. Il espère. Il espère voir de la bonté, de l'attention, de l’intérêt pour autrui. Il se souvient de la douceur et se dit que finalement, elle n'est pas que physique. Voila pourquoi ils en sont là ce soir. Cette soirée, quels étaient les bons côtés de cette soirée ? Une bagarre de bar, un don qui s'est déchaîné, un plongeons, de la colère des deux côtés... Une commotion. Et pourtant.

Et pourtant il y croit encore. Il croit en ce qui peut arriver. Plus tard. Après.

Il essaye, il espère mais pourtant. Pourtant quand la chaleur rêvée se télescope à la sienne pour s'éloigner finalement. Il ne peut pas empêcher cette boule de rage qui l'avait consumé plus tôt se reformer sans qu'il ne la laisse se développer pour autant. Il doit garder son sang-froid, tout mettre sur le dos de cette commotion. Même ces mots douloureux qui lui tordent les boyaux. Non, il ne sait rien.

Il ne se retourne pas immédiatement, serre le poing pour contenir sa colère personnelle et prend une inspiration silencieuse. Et vient alors la lueur d'espoir. Ce « vendredi », cette suspension de doute.

C'est ça qui s'est passé, c'est cette once de vulnérabilité, ce « s'il te plaît » qui couvre tout. Il y a plus sous cette carapace épaisse d'honneur et de fierté.

Mike se retourne finalement pour observer cette aura orange et se prendre une nouvelle remarque. « Je ne suis pas en sucre »...

« Non Max, tu n'es pas en sucre mais même moi je te voix vaciller, alors fais pas le con »

Les mots lui brûlent les lèvres sans qu'ils ne passent la barrière de sa pensé. Le dire envenimerait lourdement les choses mais ce n'est pas le moment. Inspiration. Oui, il vacille. Le masque d'imperturbabilité de Mike se fissure quand Max soupir, l'inquiétude maladive reprend le dessus. Ce n'est pas le moment.

Sans un mot il le regarde s'asseoir, s'effondrer sur une chaise et ajouter ce qui doit être.

Qu'il en soit ainsi. Au moins, il est posé. C'est à nouveau à son tour d'agir. Laissant l'espace nécessaire, il contourne la table, passe la main sur les dossiers des chaises, il sait ce qu'il cherche. Enfin, il passe sous sa paume, un torchon, juste avant qu'il se retrouve à nouveau devant le congélateur. Cette fois, il sait ce qu'il veut et met la main dessus en deux temps, trois mouvement : Petits pois. Il enferme le paquet dans le torchon et fouille dans sa boîte à pharmacie, doliprane. Il attrape aussi un verre d'eau et pose le tout sur la table, près de Max avant de souffler, sans lui imposer son regard mort, il lui glisse :

-Prend ton temps.

Avant de se diriger vers le salon. Il ne sait pas ce qu'il va y faire jusqu'à ce que trois coups retentissent contre le panneau de bois. Ouf, parfait. Il attrape sa carte bleue dans le fond de la poche arrière de son pantalon et va ouvrir.

Et il prend son temps. Tout le temps qu'il faut, tout le temps qu'il a. Faisant la causette à l'étudiant qui est en fait le sien. Il aime bien son professeur de littérature italienne. Alors autant en profiter. Jusqu'à ce que le devoir l'appel à nouveau ou que la pizza que le gamin a dans son coffre de scooter refroidir.

La porte se referme, il se retrouve avec un sac en papier dans les mains et la question ultime à l'esprit « Et maintenant ? ». Est ce qu'il doit le laisser tranquille ? Le laisser rentrer ? Non. Appeler les secours finalement ?

Il soupir discrètement et retourne vers la cuisine. Est ce que Max est encore conscient ?

_________________
Medium cherche
esprit frappeur
pour coup de pieds occulte
Mickael
aurait bien aimé mettre une belle
citation bien pensée sur la cécité
ou le mediumisme mais ça le saoul
de chercher, alors il a choisi de
mettre quelque chose qui lui
correspond vraiment : une connerie.
code: @DRAG ME TO HELL
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://dmthbegins.forumactif.org/t2293-you-can-call-me-batman-o http://dmthbegins.forumactif.org/t2334-ou-est-ce-sac-encore#52087 http://dmthbegins.forumactif.org/t2325-les-liens-sont-invisibles-surtout-pour-lui http://dmthbegins.forumactif.org/f38-carnet-de-bord
avatar


→ ORDRE CLANIQUE : La Guilde
→ NUISANCE DEPUIS : 34 ans
→ SOUS L'EMPRISE DE : Regard pénitent, maîtrise des armes blanches, occlumancie, lecture des auras et, plus rarement, conversations avec les esprits et compétences restantes de voleur.
→ TROMPE L'ENNUI : Détective privé
→ PROFIL PSYCHOLOGIQUE : Solitaire ▫ Malin, certains le disent calculateur ▫ Méthodique, voire maniaque ▫ Discret ▫ Courageux ▫ Droit ▫ Impulsif ▫ Méfiant ▫ Sans pitié


→ AVATAR : Max Riemelt
→ MENSONGES : 697

†


MessageSujet: Re: Wir werden uns wiedersehen [PV Max]   Lun 26 Nov 2018 - 10:10

Wir werden uns wiedersehen
Mickael & Maximilian


Qu’est-ce qui pouvait être encore pire que tout ce merdier ? Cette question hantait mon esprit comme un courant d’air s’engouffre par la fenêtre et se glisse sous les feuilles  d’une vieille partition, les faisant virevolter au gré des souffles venteux tels des milliers de plumes s’échappant d’édredons où elles ont trop longtemps été piégées. Moi, c’était maintenant que je me sentais en cage. Prisonnier d’un corps qui ne répondait plus à mes attentes du moment, à cette envie de tout oublier pour rendre la situation plus tolérable. Au lieu de quoi, un coude sur la table, mon front trouvait appui dans ma paume. Ma tête me paraissait plus lourde que n’importe quel lest imbécile. Inclinaison pénible, bientôt la douleur se répercuta, serpent pernicieux qui glissa de l’arrière à l’avant dans un mouvement ondulant et reptilien. Les tiraillements n’étaient que la cerise sur le gâteau, le vertige la sucrerie bonus.

L’inspiration fut si lente qu’elle en devînt douloureuse. Ma poitrine se creusa, mouvement inverse qui broya mes organes déjà bien mis à mal par l’épisode de la nausée dans l’évier. Cependant, je poursuivis le manège, laissant ma respiration se caler sur un rythme calme pendant que je captai dans la pièce le bruissement des mouvements de Mike. D’un simple coup d’œil, je le devinai dans la pénombre. Silhouette mouvante, presque fantomatique tant les reflets pâles de lune dessinaient les contours de son corps, il avançait à tâtons sans dire mot. Il s’éloignait de cette direction que n’importe quel abruti aurait choisie pour s’approcher de ma carcasse en déperdition. Surprise peut-être, puis soulagement certainement. Je lui en étais reconnaissant.

Si habituellement, j’aurais analysé la situation avec bien plus de discernement et de méfiance, je n’en fis rien. Etait-ce parce qu’à nouveau un battement saccadé retentissait dans mon crâne, déchirement interne qui prouvait que j’avais pris un choc bien plus marqué que ce que j’avais pu vouloir encaisser, ou cela était-il bien plus complexe ? Et au fond, qu’en avais-je à battre de la raison pour laquelle mes émotions ne cessaient de jouer les montagnes russes ? Il serait toujours temps d’y penser quand mes pas auraient été suffisamment puissants pour me porter au dehors... Là où ils m’éloigneraient de tout souvenir de ces dernières heures, de tout souvenir de lui. Foutaise. Ce n’était pas comme si les dix dernières années avaient suffi à effacer une nuit d’extase... Alors bien sûr que je me refusai à l’oublier, cette soirée, malgré le fiasco monumental qu’elle représentait. Voilà peut-être pourquoi les pièces de théâtre les plus décriées et huées finissaient par entrer dans les annales, songeai-je dans un sourire amusé.

Contraste saisissant, déferlante de colère et once de légèreté continuaient à se côtoyer comme deux vieilles amies à qui on aurait rouvert les portes de leur cabane d’enfance. Elles se chamaillaient, s’enlaçaient dans mon crâne sans me laisser le moindre répit. Alors toute mon attention se focalisa sur lui et la simple observation de son aura orangée eut le don de m’apaiser. Mouvante, pleine de nuances dans cette semi-obscurité qui nous enveloppait, elle ondulait à travers la pièce tandis que son propriétaire semblait chercher quelque chose. Je ne m’en souciai guère, mes pensées vagabondant encore bien trop aventureusement pour être capables d’engager la moindre déduction. Aucune pointe de crainte non plus, pas un soupçon lorsque ses contours filèrent plus loin et qu’une vague de fraîcheur me parvînt. Même si cette idée me révulsait, je ne pouvais pas gérer ses moindres faits et gestes. Pas quand les miens me paraissaient être un calvaire que je m’efforçai de réduire en restant inerte, dos voûté et paume toujours plaquée à mon front. Encore quelques instants, je l’entendis fouiller avant qu’il ne vienne déposer sur la table ce qu’il avait pris soin de réunir. Encore quelques instants, je l’entendis fouiller avant qu’il ne vienne déposer sur la table ce qu’il avait pris soin de réunir. D’instinct, ma main se posa sur le torchon. Le froid l’envahit instantanément tandis qu’il s’éloignait déjà, son conseil se perdant dans le noir.

Il savait y faire. Presque trop bien, presque trop calmement. Sans doute aurais-je davantage mené l’enquête si les circonstances avaient été différentes... Non, cela était certain. Cependant, ma concentration n’était plus qu’une chaîne dont les mailles rouillées grinçaient à chaque mouvement de mon cou, aussi précautionneux soient-ils, lorsque je redressai ma mine en me prenant en pleine gueule l’impression de sentir toute ma boîte crânienne se faire la malle. L’inventaire fut vite fait : médoc, flotte, glace. Tiercé gagnant, ris-je intérieurement. Le froid vînt à la rencontre de l’origine du mal, tandis que mon autre main s’attela à ouvrir la boîte de comprimés. J’en détachai un de son carcan d’aluminium, le fis tourner entre mes doigts une seconde avant de le glisser dans la poche du pantalon de jogging. Hors de question de masquer la douleur, je devais pouvoir percevoir toute éventuelle aggravation et non pas être dopé aux antalgiques. Je bus une gorgée d’eau, tout en me demandant pourquoi je prenais tant de peine à donner l’illusion d’être docile. Un regard en coin, mon hôte ne pouvait pas me voir et ne me verrait jamais. Réflexion idiote et sans doute déplacée. La souffrance aurait bon dos pour m’en dédouaner.  

L’eau coulait dans ma gorge quand un claquement mat envahit la bâtisse. Trois impacts, nets et francs. Qu’était-ce maintenant que ces coups frappés ? Les voix suivirent, trop discrètes dans le coton pour que je puisse en saisir les sonorités. Les mots m’échappaient, l’angoisse faisait son nid. Je ne l’avais pas vu composer le numéro des urgences, mais il s’était éloigné... Et puis, ce ne serait pas la première fois qu’une légère perte de mémoire viendrait ponctuer l’imbécilité d’une commotion. Mon regard se tourna vers cet espace de l’entrée que je ne voyais pas. Je me sentais terriblement faible, pire je me sentais trahi.

Heureusement, mon esprit s’éclaircissait. Que cela soit dû au stress nouveau ou à cette poche de glace de fortune, peu m’importait. Je refuserai en bloc d’être conduit à l’hôpital, je pouvais contrôler la situation sans que des médecins viennent me tripatouiller et me faire passer ribambelle d’examens inutiles. J’étais assez costaud pour encaisser plus, toujours plus. C’est ainsi que ma colonne se redressa, que l’appui au sol fut repris et que mes jambes encore un peu flageolantes me portèrent jusqu’à l’angle de la cuisine. Je m’appuyai sur le coin du mur, sans un mot. Juste le temps d’observer la scène.

Dans l’entrée, Mike me tournait le dos, il discutait avec un jeune homme. On lui aurait donné la petite vingtaine avec ses cheveux en bataille et ses lunettes cerclées en noir derrière lesquelles des pupilles noisette balayaient les alentours. Il puait la curiosité, la satisfaction presque, l’enthousiasme sans le moindre doute. Toutefois, tout ceci n’était que des détails insignifiants et seule sa tenue vînt permettre à mes muscles de se relâcher. Pas un médecin, pas un pompier, pas même un ambulancier. Mes sourcils se froncèrent et ce n’est que lorsqu’il tendit à mon ancien amant un sac en papier dont j’échappai un fumet épicé que l’histoire de la commande me revînt. Ce soir, je décrochai la palme du parfait abruti... Un abruti qui aurait aimé avoir le temps de tourner talons en silence pour venir faire quelque pas en direction de la table où il aurait repris place, l’air de rien. Seulement, même cela, je n’en fus pas capable. Manque de réactivité flagrant.

J’avais à peine esquissé le demi-tour quand Mike pivota. Il se retrouva face à moi qui me tenait toujours là, une main appuyée contre l'arrête de la cloison, et une autre soutenant la glace qui, je devais bien l’admettre, remettait peu à peu mes idées en place, comme on emboîte les éléments d’une partie de Tetris. Dans la clarté discrète, le calme resta suspendu un instant.

▬ Je pensais que tu avais fini par appeler les secours, décidai-je d’annoncer, brisant le silence entre nous.

Une poignée de la poussière fine du sablier de nos vies s’écoula. La douleur s’anesthésia peu à peu, le soulagement était immense mais je me savais encore suffisamment désorienté pour ne pas laisser mon orgueil me porter dès à présent au dehors. Alors, je gagnai du temps, peut-être même essayai-je de réparer quelque chose sans me permettre de me l’avouer. Car, si mon attitude précédente me revenait en mémoire tel un flash si foudroyant qu’il obligeait à détourner les yeux ou à l’affronter de plein fouet au risque de s’y cramer la rétine, je n’en étais pas fier.

▬ Je ne fais pas un bon convive ce soir, ni même une bonne compagnie, dis-je d’un égal, constatation plus que justification. L’excuse ne sortirait pas, pas pour cela. ▬ Désolé pour ce repas qui risque de s’écourter, je ne compte pas repeindre ton évier encore une fois.

Voilà tout ce qu’il aurait, un mea culpa du bout des lèvres. Mon flanc s’appuya à son tour contre la surface plane : à vrai dire, je me sentais peser de plus en plus lourdement sur mes jambes. Effet de plomb, ma poitrine toute entière se serrait sous le parfum à la fois alléchant et écœurant de cette commande que je maudissais. Comme un élan désespéré pour détourner mon attention de tous ces maux internes, les paroles jaillirent dans un constat net en retrouvant  leur accent étranger, trop fatigué que j’étais pour m’épuiser à faire l’effort de poursuivre cette conversation autrement.

▬ Danke für das, so nebenbei... [Au fait, merci pour ça...] Ma paume détacha le torchon de mon occiput dans un réflexe pour exposer à sa vue l’objet de ma reconnaissance. Il ne verrait pas. Bien entendu. Toutes mes erreurs me sautaient au visage, m’agaçaient, me torturaient. Je rectifiai : ▬ Ich meine... Für die Eis, und alles andere. Du siehst aus die Schläge auf dem Kopf zu beherrschen. Bin ich nicht der Erste du schlägst bewusstlos ? [Enfin... Pour la glace, et le reste. Tu as l’air de maîtriser les coups à la tête. Je ne suis pas le premier que tu assommes ?]

Remarquai-je cette redondance avec l’un de mes précédents propos ? Pas le moins du monde, à croire que les choses n’allaient pas aussi bien que je le croyais alors. Tenir debout ne signifiait pas être en pleine possession de mes moyens, chose que je ne voudrais jamais comprendre. Toujours donner le change, ne jamais exposer sa faiblesse plus que nécessaire : mieux encore, ne jamais "être" faible. Doctrine implacable gravée dans ma chair.

Il y eut un petit soupir dans lequel un homme averti, attentif à la mélodie de la langue aurait reconnu un soupçon d’amusement. Ok, cette question était osée, un peu accusatrice peut-être même, mais elle m’avait échappée parce que le filtre me manquait. Trop occupé à gérer le va-et-vient lancinant qui jouait dans mes neurones, je ne parvenais plus à tempérer ma franchise, à garder cette prudence stratégique qui ne dévoilait pas mes cartes. De toute manière, vu mon état, c’était dans un éventail bien distinct que mon jeu était étalé sur le velours de la table alors autant poursuivre la partie plutôt que de m’avouer vaincu par une misérable caillasse...






_________________
Angst, Schrei und Tod
“La peur incite à la cruauté. Et il vaut mieux être le bourreau que la victime.” - Yvette Naubert -
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://dmthbegins.forumactif.org/t3283-maximilian-l-schimmel-bourreau-pour-la-guilde http://dmthbegins.http://dmthbegins.forumactif.org/t3300-maximilian-l-schimmel-inventaire http://dmthbegins.forumactif.org/t3287-maximilian-l-schimmel-le-bourreau-porte-generalement-un-masque-celui-de-la-justice http://dmthbegins.forumactif.org/f38-carnet-de-bord
En ligne
avatar
→ ORDRE CLANIQUE : Apprenti Exorciste pour la Guilde,
→ NUISANCE DEPUIS : 31 ans
→ SOUS L'EMPRISE DE : Son sens radar, une volonté morale de Fer
→ ERRANCE : L'université assurement
→ TROMPE L'ENNUI : Professeur de Langues
→ PROFIL PSYCHOLOGIQUE : Doux – Rieur – Sarcastique – Blagueur – Secret – Courageux, mais pas téméraire – Essaye de ne pas prendre grand chose au sérieux – Déteste sa cécité, il fait en sorte de toujours la tourner en dérision – Physiquement bien faible, moralement à tout épreuve – Nerveux.


→ AVATAR : Julian Morris
→ CREDITS : Thinkky
→ MENSONGES : 517

†


MessageSujet: Re: Wir werden uns wiedersehen [PV Max]   Mar 27 Nov 2018 - 23:58

Il est même plus que conscient, il est debout. Mike ne peut masquer sa surprise, ses sourcils s'envolent et son regard mort se fixe, sûrement dans le vide mais qu'importe. Il s'attendait à tout sauf à ça. Il l'avait imaginé écroulé par terre, effondré sur la table, en pleine crise de colère face à son trouble. Tout, absolument tout sauf debout. Bien qu'après tout, s'il tenait vraiment debout, ca devait être sa fierté plus que son corps physique qui le dresse presque droit comme ça. Lourdement appuyé sur le mur mai droit quand même. Et ils se regardent comme ça, en chien de faïence, enfin... Le silence s’épaissit plutôt.

Jusqu'à ce qu'il le brise, une nouvelle fois.

Un sourire craqué vient relever le coin droit de ses lèvres. Pas le sourire gêné qu'il ressort quand il a eu l'impression de déranger, non. Ce petit sourire mi-crispé, mi-amusé.

-Je tiens à ma vie et tu tiens debout.

Il le dépasse sans pour autant s'approcher, son paquet de bouffe dans les mains, il choisi de faire le grand tour, essayant de ne pas répandre le fumet chaud de leur commande. Il se doute bien que l'odeur, après un retour d'estomac, peut être assez dérangeante et c'est loin, très loin d'être son but. Il passe la petite marche qui sépare le salon de la cuisine en un bond aérien, c'est pas comme s'il la connaissait par cœur cette marche, pour s'y être ouvert le menton dessus enfant. Une longue histoire d'amour lui et cette marche qu'il passe aujourd'hui sans soucis. Sa main ne passe pas sur les dossiers des sièges cette fois, il va directement au frigo alors que l'allemand reprend la parole. Il lui répond avec un sourire qu'il lance dans sa direction.

-Ta compagnie ne m'a encore jamais été désagréable, donc laisse moi choisir si j'ai un bon convive ou non. Et t'inquiète... j'ai plus trop faim non plus …*


Non, il n'a plus faim du tout même. L'inquiétude avait remplis son estomac comme un gâteau de grand-mère, bourratif et irrésistible. Non, il n'a plus faim... Pour un certain temps. Il ouvre le fameux frigidaire pour y engouffrer les deux plats. Il n'aura qu'a repartir avec si besoin. Il revient vers Max, repasse la marche pour se rapproche de lui alors que l'accent et les mélodies allemandes remplissent l'air. A la première injonction, Mike hausse un sourcil... Pour quoi ? Est ce qu'il lui montre quelque chose ? Il prend sur lui pour chasser cette pointe désagréable qui lui brûle la poitrine, comme à chaque fois. Tout est définitivement oubli cependant, à l'instant où l'allemand se fait encore entendre.

-Je suis assommant de base. En tant que prof je veux dire.*

Il tire la langue une nouvelle fois, comme un enfant, comme plus tôt. Ca l'amuse. Il a envie d'une ambiance plus légère. Le pire n'est pas derrière eux mais ca n'empêche pas, n'est ce pas ?

-A ton service ceci dit.*

Il descend une nouvelle fois la marche et se dirige vers le canapé sans couleurs qui trône dans le salon, pas si loin. L'idée de prendre la main de l'allemand pour le traîner dans son sillage le démange mais il se dit que c'est encore trop tôt.

-Est ce que tu me suivrais … ?*

Autant demander, il en a marre de marcher sur des œufs, il a fait assez de conneries ce soir.

-Ca sera plus confortable. *

Un autre demi sourire craqué...

-T'en fais pas pour le repas aussi, je cherchais juste à te retenir un petit peu plus auprès de moi après tout … Egoiste que je suis.*

Son visage se fend encore dans une grimace un petit peu triste. Il n'est pas déçu de sa soirée, il est peiné d'avoir tout foutu en l'air … Énorme différence.

* En allemand dans le texte

_________________
Medium cherche
esprit frappeur
pour coup de pieds occulte
Mickael
aurait bien aimé mettre une belle
citation bien pensée sur la cécité
ou le mediumisme mais ça le saoul
de chercher, alors il a choisi de
mettre quelque chose qui lui
correspond vraiment : une connerie.
code: @DRAG ME TO HELL
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://dmthbegins.forumactif.org/t2293-you-can-call-me-batman-o http://dmthbegins.forumactif.org/t2334-ou-est-ce-sac-encore#52087 http://dmthbegins.forumactif.org/t2325-les-liens-sont-invisibles-surtout-pour-lui http://dmthbegins.forumactif.org/f38-carnet-de-bord
avatar


→ ORDRE CLANIQUE : La Guilde
→ NUISANCE DEPUIS : 34 ans
→ SOUS L'EMPRISE DE : Regard pénitent, maîtrise des armes blanches, occlumancie, lecture des auras et, plus rarement, conversations avec les esprits et compétences restantes de voleur.
→ TROMPE L'ENNUI : Détective privé
→ PROFIL PSYCHOLOGIQUE : Solitaire ▫ Malin, certains le disent calculateur ▫ Méthodique, voire maniaque ▫ Discret ▫ Courageux ▫ Droit ▫ Impulsif ▫ Méfiant ▫ Sans pitié


→ AVATAR : Max Riemelt
→ MENSONGES : 697

†


MessageSujet: Re: Wir werden uns wiedersehen [PV Max]   Sam 1 Déc 2018 - 5:14

Wir werden uns wiedersehen
Mickael & Maximilian


Cela faisait si longtemps que ma carcasse ne m’avait pas paru si lourde. Du plomb, voilà ce dont l’ensemble de ma chair semblait composée alors que mon regard se perdait dans la vaste pièce. Cuisine et séjour s’ouvraient l’un sur l’autre, créant un espace qui aurait pu dégager un accueil plus chaleureux si autant d’objets brisés n’étaient pas venus maculer les murs de leurs ombres étranges. Les phares de la voiture du livreur envoyèrent leur lueur artificielle à travers les fenêtres, ajoutant un clair-obscur à ce sombre tableau où les projections prirent vie, dansèrent et vacillèrent avant de reprendre leur place immobile. Chimères éphémères.

Ce spectacle aurait pu me captiver un temps encore, si la fuite vers cette chaise presque attitrée n’avait pas été l’option choisie. Cependant, la pesanteur de mes muscles avait été un vrai carcan et ma réactivité n’avait pas excédé le seuil toléré pour un chasseur fêtant ces cinquante ans de traque... Pitoyable était cette sensation qui me hantait encore lorsque Mike osa la boutade : il fallait croire qu’il m’avait déjà bien cerné. Peut-être même trop en si peu de temps, me pris-je à penser en détaillant ce sourire qu’il m’adressa. Trop crispé pour être honnête, trop joueur pour qu’on s’en méfie vraiment. A vrai dire, mes pensées refusaient toujours de s’aligner en rangs ordonnés afin d’être traitées posément et ma seule option restait l’observation pénible de ce médium qui me contourna, joignant une démarche légère à son saut périlleux qui me fit me redresser : réflexe inconscient à vouloir me précipiter si la moindre chute arrivait. Réflexion idiote, nous étions chez lui après tout...

Une main se porta à mon front tandis que l’épaule flancha, laissant mon corps s’avachir contre l’angle du mur. Ses paroles se noyèrent dans un court vertige, même si j’en retenais qu’il était définitivement de ceux dont l’esprit de contradiction les obligeait à récrier toute tentative de deviner leur ressenti. Pas un si mauvais convive... La bonne blague, ne pus-je m’empêcher de songer pendant que ses pas le rapprochaient de moi et qu’il haussa un sourcil devant mes remerciements idiots. S’il y avait bien un exercice dans lequel cet homme excellait, c’était de relativiser toute situation dérangeante : entre son dénigrement personnel sans doute censé rattraper le mien amplement mérité et cette grimace enfantine, j’en aurais presque oublié à quel point cette soirée avait été merdique. Mon flanc semblait s’enfoncer dans le béton, pourtant un seul de ses sourires rendaient tout plus aérien, plus léger et vivant. Seulement, était-ce suffisant ? Peut-être bien. Du moins, je l’aurais voulu.

▬ Dieser junge Mann war nicht nur deine Meinung, [Ce jeune avait pas l’air de cet avis], répliquai-je dans un petit rire forcé, tentant désespérément de donner le change.

Il n’avait pas répondu à la question, il l’avait esquivée. Admirablement bien qui plus est ! Tel un funambule sur son fil, l’attaque n’avait été qu’une brise discrète frôlant sa silhouette dont l’équilibre parfait n’avait même pas vacillé un instant pour accorder à son public le frisson tant redouté et exalté. Il maîtrisait l’art des mots, celui qui consistait toujours à trouver l’expression idéale pour se sortir de tous les embarras : à plonger son interlocuteur dans un épais brouillard aussi. Cela m’avait amusé, dans un premier temps. Désormais montait le goût amer de la défaite et je m’en sentis vexé ! Bien plus que nécessaire, cette idée qu’il ait pu détourner ma tentative d’en savoir davantage m’exaspéra, pire elle me fâcha. Mon expression dut se ternir, s’assombrir. Une espèce de colère sourde qui raidit mes muscles et serra mon poing me gagna, un élancement plus tard je voyais rouge. Mes paupières se fermèrent avant que je ne puisse me laisser aller à rugir. L’obscurité noyait toutes les nuances vives, il fallait que je me contrôle.

L’avait-il compris ? Non. Sans doute n’avait-il même rien décelé de mon trouble, dos tourné en train de rejoindre le canapé sans âge qui trônait dans le salon. Pourtant, il avait poursuivi son propos avec douceur, allant toujours plus loin jusqu’à atteindre le jeu... Que cherchait-il donc à m’aguicher ainsi ? La situation ne lui paraissait-elle pas déjà assez merdique sans qu’il ne me fasse tourner en bourrique ? Dans mon esprit défilaient les sensations perdues, les émotions déclenchées par sa peau si proche de la mienne tout à l’heure, alors que nos paroles flirtaient dans des sous-entendus à peine dissimulés. Il y avait mis fin. Lui et seulement lui.

Tambour à nouveau. Rythme décadent. Le suivrai-je ? Pour le confort sans doute pas. Pour une seconde chance. Encore une fois, peut-être. Quelques mots de plus, le vertige reprit. A nouveau aveugle, j’inspirai profondément, martelant des pensées terre-à-terre pour chasser violemment celles trop douces qui parasitaient mes désirs. Ce n’était guère pour tout cela que je le rejoindrai, mais pour dissimuler un peu plus longtemps mes faiblesses avant qu’elles ne s’évaporent. Voilà le seul mantra que je devais retenir.

▬ Das gefällt mir... Wenn der Egoismus hat so guten Grüden... [Cela me va... Quand l’égoïsme a de si bonnes raisons...] tentai-je sur un ton qui se voulut joueur sans réellement parvenir à en donner illusion parfaite.

Point de sourire aux lèvres, je ne cherchai qu’à gagner du temps. Du moins, c’était ce que je prenais plaisir à me répéter pour éviter de ressentir ce plaisir qui m’emplit à l’idée de réitérer l’expérience de nos corps si proches. Je fis un pas. La pièce ouverte donnait une sensation d’espace affolant, si bien que tout me parut soudain tanguer lorsque je m’avançai pour le rejoindre. Comme un bateau à la dérive, je n’abandonnai toutefois pas face à la tempête. Mal m’en prit lorsque la descente rude de la marche oubliée vînt s’offrir en précipice infernal et que je me rattrapai tout juste dans un réflexe, évitant de jeter au bûcher le peu de fierté qu’il me restait.

▬ Scheiße ! [Merde !]

L’injure m’avait échappée, je n’avais de toute manière pas cherché à la retenir : ce n’était pas dans ma nature d’éviter les jurons. Dans un élan encore plus déterminé, je repris ma marche pendant que l’image qui s’exposait à ma vue tanguait plus qu’un navire en perdition. La nausée resurgit, heureusement m’asseoir à l’autre bout du canapé suffit à faire taire l’horrible mal de mer.

▬ Ich bin nicht immer zu fiel ungeschickt.... [Je ne suis pas aussi maladroit d’habitude...]

Cette justification que je n’avais pas à lui donner franchit mes lèvres si naturellement que je ne m’en formalisai pas. Sa mine affichait tous les malheurs du monde et je me demandai l’espace d’un instant si ses traits reflétaient une réelle sincérité... Tout était si compliqué ce soir. Notre nuit berlinoise et sa facile spontanéité était trop loin, tapie dans les tréfonds de notre mémoire d’où elle ne pourrait plus jamais sortir... Les véritables épisodes d’une vie ne se vivaient qu’une fois, la pellicule rejoignait ensuite la bibliothèque de ces parenthèses perdues qui construisent l’espoir : celui qui nous permet de braver les éléments, de souffrir encore, de rêver aussi à ces jours meilleurs où cette étincelle d’exception rejaillira. Néanmoins, toutes les histoires ne peuvent être racontées une seconde fois, comme une mère conte une légende à son plus jeune enfant... La nôtre était finie et se résumait juste à une vulgaire coucherie entre deux mecs alcoolisés. C’était plus simple de croire cela. C’était plus simple que de penser que ma colère s’apaisait peu à peu, que le métronome battait moins fort dans mon crâne et que mes iris clairs dérivaient lentement vers sa silhouette qui aurait pu être mienne... S’il m’avait laissé faire...

Je repoussai cette réflexion, abdiquai tandis que mon dos allait en arrière pour m’installer au mieux entre les plaids dépareillés qui y sont étalés, légèrement tremblant encore de ma presque chute. Si tout redevenait plus clair, je ne parvenais pas encore à maîtriser mes paroles : un dernier regard suffit à laisser celles qui me brûlaient les lèvres en franchir le seuil.

▬ Warum tust du das ? [Pourquoi tu fais ça ?] finis-je par lâcher dans un renoncement, trop épuisé pour jouer plus longtemps à cette comédie. ▬ Wenn ich versuche, dir näher zu kommen, stoßt du mich weg und dann... Sag mir ob ich gehen muss, weil ich bin nicht in der Stimmung du spielst mit mir... [Quand je m’approche, tu me repousses et maintenant... Dis-le moi si je dois partir, parce que je suis pas d’humeur à ce qu’on joue avec moi... ]

Comme toujours, les mots eurent ce ton sec caractéristique. Je marquai une pause, aussi bien pour ménager ce tiraillement qui progressait vilement que pour trouver une manière d’être moins rude. Une manière de lui parler, une manière de faire un pas vers lui malgré cette lassitude qui bouillonnait au creux de ma poitrine et menaçait de se changer en énervement destructeur.

▬ Donc soit je suis trop sonné pour percuter, soit tu me prends pour un con, dis-je en me penchant légèrement en avant, trop agacé pour rester immobile. ▬ Soit faut m’expliquer...

Tout avait été si aisé. Chaque sonorité avait retentit dans l’air avec une netteté teintée d’une douceur étrange. Pas une once de rage, pas même de la colère... On y lisait juste le sentiment triste d’une déception qu’on ne veut montrer et dont on fait taire la rancœur, parce qu’il nous est impossible de détruire la magie d’un passé devenu relique adorée. C’était même sans doute pour cette raison qu’on n’aurait su dire quelle réponse je souhaitais au plus profond de moi-même, un mélange de tension et d’espoir se devinait dans cette ridule qui barrait le coin de mes yeux, celle-là même qui pourrait s’étendre et trahir un sourire ou s’éteindre dans un renoncement. Cruel déséquilibre des joies éphémères et douleurs définitives.







_________________
Angst, Schrei und Tod
“La peur incite à la cruauté. Et il vaut mieux être le bourreau que la victime.” - Yvette Naubert -
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://dmthbegins.forumactif.org/t3283-maximilian-l-schimmel-bourreau-pour-la-guilde http://dmthbegins.http://dmthbegins.forumactif.org/t3300-maximilian-l-schimmel-inventaire http://dmthbegins.forumactif.org/t3287-maximilian-l-schimmel-le-bourreau-porte-generalement-un-masque-celui-de-la-justice http://dmthbegins.forumactif.org/f38-carnet-de-bord
En ligne
avatar
→ ORDRE CLANIQUE : Apprenti Exorciste pour la Guilde,
→ NUISANCE DEPUIS : 31 ans
→ SOUS L'EMPRISE DE : Son sens radar, une volonté morale de Fer
→ ERRANCE : L'université assurement
→ TROMPE L'ENNUI : Professeur de Langues
→ PROFIL PSYCHOLOGIQUE : Doux – Rieur – Sarcastique – Blagueur – Secret – Courageux, mais pas téméraire – Essaye de ne pas prendre grand chose au sérieux – Déteste sa cécité, il fait en sorte de toujours la tourner en dérision – Physiquement bien faible, moralement à tout épreuve – Nerveux.


→ AVATAR : Julian Morris
→ CREDITS : Thinkky
→ MENSONGES : 517

†


MessageSujet: Re: Wir werden uns wiedersehen [PV Max]   Dim 2 Déc 2018 - 15:38

Il n'a pas fait attention à ce changement de langue jusqu'à maintenant. Habitué à switcher pendant ses cours, il a simplement suivit le mouvement. Il aurait du y faire attention plus tôt. Peut-être même s'alarmer. Mais non, il n'y pense que maintenant et se dit que c'est peut-être mieux ainsi, dans la langue maternelle du Bourreau, ca serait plus simple. Cette soirée avait été épuisante, plus pour Max que pour lui, autant le dire il avait provoqué chaque catastrophe en voulait améliorer la précédente. Il est allé loin le petit aveugle, commotion, il tient la palme quand même. Il pourrait presque boire à la santé de sa bêtise si il était en ce moment entre de bonnes grâces. Ce n'est pas le cas, pour l'instant il se demande juste si un jour, il arrêtera de s'en vouloir. Peut-être une nouvelle décennie passera avant qu'il se dise que c'est derrière lui. C'est loin...

Mais c'est à enfermer dans son palais mental, il n'est pas en droit de divulguer ça, pas tant que ce n'est pas passé ou qu'il en ai véritablement besoin, chose qui ne devrait pas arriver... Normalement.

En attendant, il est coincé avec toutes ses idées et le moment présent. Il revient sur terre à une injonction de Max sur le petit livreur et un souffle de rire, pas forcement réel mais c'est l'intention qui compte. Mike sourit un petit peu plus sincèrement.

-Il veut devenir journaliste people. On va dire qu'un petit aveugle de la trentaine qui arrive à devenir prof en fac en plus d'avoir une vie perso, ca lui plaît.


C'est même plus que lui plaire, si l'étudiant avait vu Max dans la cuisine, il va faire la première page de la gazette de la faculté avec toutes les insinuations graveleuses que ça peut avoir sur l'homosexualité prétendu d'un prof et une potentielle vie sexuelle... Comme quoi, les gars avec de la craie sur la manchette ne sont pas que des bouquinards de coin de cheminées. Mike retient un soupire, il est foutu. Mais chaque chose en son temps. Il se dirige vers le canapé, tournant le dos à l'allemand pour ne pas li imposer son visage ou ses émotions, il a fait bien assez de conneries comme ça, on va pas peindre sur les murs son envie d'une réponse positive. Ca suffit comme ça. Il écoute d'ailleurs cette supposée réponse soufflée comme une excuse. Il sourit plus franchement, pour lui. Pour son bon plaisir.

Sa main trouve le dos du canapé quand il entend l'insulte proféré par Max. Ses épaules se tendent d'un coup mais il résiste à l'envie de se retourner et de demander si tout va bien. Protection de la fierté, il n'a pas entendu le bruit d'une chute, il a du se rattraper. Il se force à se détendre et à cacher sa nouvelle inquiétude. Une petite inspiration, il se mord l'intérieur de la joue et contourne le meuble pour venir se poser, se contentant de poser son regard mort devant lui. Il sent le coussin pas loin s’affaisser, Max a du se poser et une nouvelle fois, il se justifie.

L'aveugle se retient de répondre « Je sais ». Il lui avait quand même permit de ne pas s'écrouler dans cette flotte, il l'avait guidé dans des escaliers tout en le couvrant de délicieuses attentions il y a dix ans. Oui, Mike sait très bien que l'Allemand vaut mieux que tout ce qu'il a pu entrapercevoir ce soir. Mais le lui présenter n'est peut-être pas la solution. Que répondre... ? Rien … Présenter un sourire qui veut sûrement dire « Je te crois »

Et la suite se gâte. Les questions... La question... « Pourquoi ». Oui, pourquoi est ce qu'il fait ça ? Mais quoi « ca » en même temps ? Rien n'a de sens. Pourtant, il sait qu'il doit répondre. Pourquoi est ce qu'il l'a repoussé...

Il se dit qu'il doit parlé du parc et de la cuisine. La cuisine est plus douce à expliquer. Il n'allait tout de même pas dire qu'il avait fichtrement mal prit le fait que Max l'ait prit pour une balle de ping pong dans laquelle on tape un bon coup avant d’espérer la voir revenir. Non, il ne pouvait pas lui dire qu'il avait été susceptible sur ce point, voir que ca l'avait énervé à un point que lui même s'en étonne encore.

Définitivement non, ca aussi, ca restera coincé au fin fond de son âme.

-Disons que quand on se retrouve avec du sang sur la main, que ce n'est pas le nôtre et qu'on n'y voit rien... on évite de toucher. J'ai eu bon espoir que ca passe inaperçu mais bon... Tu n'es pas aveugle, hein ?


Mike en profite pour se rapprocher de Max, il glisse la main le long de sa mâchoire et bloque la paume juste derrière le menton, histoire d'avoir son visage en coupe. Il sait où est ce qu'il peut toucher maintenant. Il s'approche et vient déposer un chaste baiser sur les lèvres tant désirés avant de reculer à nouveau et de détacher sa main du visage qu'il rêve d'à nouveau découvrir.

-Et puis, j'ai toujours dit que mon but était de te garder près de moi ce soir … J'aurais juste préféré que ce soit hum... De ton plein grès.


Il a joué gros, il le sait pertinemment mais au point où il en est, c'est quitte ou double.

_________________
Medium cherche
esprit frappeur
pour coup de pieds occulte
Mickael
aurait bien aimé mettre une belle
citation bien pensée sur la cécité
ou le mediumisme mais ça le saoul
de chercher, alors il a choisi de
mettre quelque chose qui lui
correspond vraiment : une connerie.
code: @DRAG ME TO HELL
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://dmthbegins.forumactif.org/t2293-you-can-call-me-batman-o http://dmthbegins.forumactif.org/t2334-ou-est-ce-sac-encore#52087 http://dmthbegins.forumactif.org/t2325-les-liens-sont-invisibles-surtout-pour-lui http://dmthbegins.forumactif.org/f38-carnet-de-bord
avatar


→ ORDRE CLANIQUE : La Guilde
→ NUISANCE DEPUIS : 34 ans
→ SOUS L'EMPRISE DE : Regard pénitent, maîtrise des armes blanches, occlumancie, lecture des auras et, plus rarement, conversations avec les esprits et compétences restantes de voleur.
→ TROMPE L'ENNUI : Détective privé
→ PROFIL PSYCHOLOGIQUE : Solitaire ▫ Malin, certains le disent calculateur ▫ Méthodique, voire maniaque ▫ Discret ▫ Courageux ▫ Droit ▫ Impulsif ▫ Méfiant ▫ Sans pitié


→ AVATAR : Max Riemelt
→ MENSONGES : 697

†


MessageSujet: Re: Wir werden uns wiedersehen [PV Max]   Dim 2 Déc 2018 - 18:52

Wir werden uns wiedersehen
Mickael & Maximilian


Installé sur le canapé, silhouette penchée en avant et attendant une réponse qui ne venait pas, mon esprit s’envolait dans les minutes qui avaient précédé. Leur goût amer rejoignait celui âcre de la douleur qui se faisait de plus en plus distante et sourde, tout s’arrangeait progressivement. Tout sauf son silence qui marqua la mesure, instant hors du temps où la note resta dans les airs et où la mélodie se suspendit une seconde. La partition aurait pu être belle. Elle avait tout pour plaire avec ses changements de rythme, ses accords plaisants et cette beauté irréelle de l’insaisissable... Aérienne, éphémère,... Elle aurait pu devenir idéale. Aurait pu. Là était toute la subtilité de cette soirée.  

Si mon crâne n’avait pas été qu’un champ de ruines, j’aurais secoué la tête dans un air désabusé. Je m’en abstins pour préserver cette accalmie qui semblait m’être accordée et me permettrait bientôt de franchir le seuil de cette demeure avec une démarche suffisamment sûre pour prouver que ma fierté était intacte. Encore une foutue illusion, comme tout le reste.

Réflexion banale sur un étudiant inconnu qui le restera, contournement pour ne pas m’imposer son visage inquiet, sourire léger dans l’espoir de quoi... me rassurer ? Tout s’était enchaîné avec cette facilité déconcertante. D’autres auraient été heureux d’être ménagés ainsi, qu’un mec qu’ils connaissaient à peine soit si prévenant avec eux, si agréable. Peut-être étais-je un connard, mais je ne partageais pas cet engouement pour la bienveillance convenue. Tout n’était alors qu’artifices, une manière de plus de se donner bonne conscience... Oh ! Bien entendu, les plus naïfs clameraient qu’il existait encore des bonnes âmes sur cette Terre : le genre de saints qu’on ne trouve que dans des manuscrits si anciens que personne ne peut plus les contredire. Des histoires de bonnes femmes, des histoires qu’on raconte pour faire croire que l’humanité garde un bon fond. La réalité, c’était qu’on vivait chacun pour sa pomme : on désirait tous quelque chose et nos moindres faits et gestes n’étaient là que pour l’obtenir. Un objectif, des moyens pour y parvenir. Simple et efficace. Seuls les idiots d’idéalistes pouvaient encore croire qu’il en était autrement. Pauvres bougres, ils se voilaient la face.

Sans doute était-ce par la faute de toutes ces pensées qui se bousculaient dans mon esprit que son comportement avait le don de me mettre en rogne. Ce putain de sourire qu’il afficha avait été l’attention de trop, celle qui m’avait poussé à lâcher prise et lui envoyer mes questions sans plus prendre de gants. Il ne s’agissait pas tant de questions d’ailleurs : elles n’étaient que des reproches vifs et incisifs joliment empaquetés dans des interrogations moins blessantes. Je prenais encore garde à ne pas le heurter, pourquoi ? Cela, je ne voulais pas m’y pencher au risque d’y écorcher ma fierté bien plus violemment que l’avaient fait toutes les péripéties de ce soir réunies.

Les paroles vinrent se détacher de la monotonie muette qui régnait à présent dans la pièce. La douceur de l’ambiance nocturne, la lumière si apaisante dans sa pâle lueur qu’elle berçait nos âmes, tout se mêlait pour rendre ce moment moins pénible. Mike se laissa emporter par un élan, s’expliqua, se justifia. Ce n’était donc que cela, rien de plus.

▬ Visiblement... fis-je dans une pincée d’ironie, sans réussir à réprimer le petit sourire qui vînt naître au coin de mes lèvres.

Si les étincelles qui menaçaient d’enflammer mon orgueil s’étaient quelque peu tari, plus proches à présent de la cendre que de la braise, je ne parvins pas à chasser de leur fumée la méfiance. N’était-ce réellement que cela, une précaution de trop ? Venant de ce type, ça n’aurait même pas été surprenant et sans doute était-ce pour cette raison que j’avais envie d’y croire. D’y croire encore lorsque ses mains se posèrent sur ma mâchoire, l’encadrèrent avant que ses lèvres ne viennent trouver les miennes dans une tendresse qui me gêna autant qu’elle réchauffa mon être. Je n’avais pas pris conscience de cette tiède quiétude avant que le froid et l’absence la remplacent. Tout n’était qu’aller et venue, intensité et capitulation,... Floraison et fanaison se succédaient en d’imbéciles saisons, inlassablement. Une nuit pour dix ans, autrefois. Quelques secondes pour des heures de chute, aujourd’hui.

J’aurais voulu que cela ne cessât pas aussi vite, que le déplacement de cette pièce sur l’échiquier ne soit pas si rapide et timide. Un autre coup aurait permis de tout faire taire et surtout ces doutes qui continuaient à murmurer dans mon esprit là où le brouillard commençait à se dissiper : un ciel sans nuage certainement pas, une nuit où les étoiles brillaient à nouveau d’un éclat renouvelé plutôt.

Puisqu’au final, j’avais eu raison. Pas vrai ? Tout ce cirque avait eu un but, toutes ces tractations et égards n’avaient pas été désintéressés. Loin de voir en ses paroles un aveu vexant, je m’en sentis ragaillardi, satisfait d’avoir vu juste dans son attitude jusqu’à cette précision. Tout mon corps se penchait pourtant vers sa silhouette, vers lui,... Il voulait répondre à son désir, le combler... Et soudain, le mot de trop. Arrêt, sourcil haussé.

▬ Parce que tu crois que tu peux m’obliger à quoi que ce soit ? répliquai-je durement, m’écartant légèrement de lui.

L’assise moelleuse du canapé bougea sous mon déplacement, je reprenais place sans parvenir à faire un choix. Partagé entre l’envie de poursuivre et cette exaspération qui était née d’une simple remarque, mon immobilité glaçait l’espace. Mon regard était plus froid, plus distant sans perdre cette attirance terrible qui resplendissait dans ma pupille. J’avais besoin d’une pause. Un coup d’œil vers la porte, tentant. Un revirement vers lui. Ce n’était pas une solution, juste une fuite.

▬ Je pourrais partir tu sais, rien ne me retient, continuai-je, claquant. Mais je reste... Va savoir pourquoi...

Comprendrait-il alors que je n’esquissai pas un geste vers lui, que seule une touche d’affection résonna dans cette finale aux accents complices. Alors j’attendis, quoi je ne savais vraiment alors que le battement dans mon crâne se faisait de plus en plus discret et que mes sens s’éveillaient plus que jamais dans la proximité de cet homme fantasmé tant d’années, comme si tout était encore possible.






_________________
Angst, Schrei und Tod
“La peur incite à la cruauté. Et il vaut mieux être le bourreau que la victime.” - Yvette Naubert -
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://dmthbegins.forumactif.org/t3283-maximilian-l-schimmel-bourreau-pour-la-guilde http://dmthbegins.http://dmthbegins.forumactif.org/t3300-maximilian-l-schimmel-inventaire http://dmthbegins.forumactif.org/t3287-maximilian-l-schimmel-le-bourreau-porte-generalement-un-masque-celui-de-la-justice http://dmthbegins.forumactif.org/f38-carnet-de-bord
En ligne
avatar
→ ORDRE CLANIQUE : Apprenti Exorciste pour la Guilde,
→ NUISANCE DEPUIS : 31 ans
→ SOUS L'EMPRISE DE : Son sens radar, une volonté morale de Fer
→ ERRANCE : L'université assurement
→ TROMPE L'ENNUI : Professeur de Langues
→ PROFIL PSYCHOLOGIQUE : Doux – Rieur – Sarcastique – Blagueur – Secret – Courageux, mais pas téméraire – Essaye de ne pas prendre grand chose au sérieux – Déteste sa cécité, il fait en sorte de toujours la tourner en dérision – Physiquement bien faible, moralement à tout épreuve – Nerveux.


→ AVATAR : Julian Morris
→ CREDITS : Thinkky
→ MENSONGES : 517

†


MessageSujet: Re: Wir werden uns wiedersehen [PV Max]   Mar 4 Déc 2018 - 0:36

Ce goût, cette sensation, ces formes lui ont tellement manqué bien qu'elles soient différentes aujourd'hui. Totalement différentes. Elles n'avaient plus cette rondeur caractéristique de la vingtaine, sans histoire, à peine sorties de l'enfance. Une douceur candide qui l'avait dévoré. A l'instant, pendant ce bref, trop bref, baiser. Bien trop léger aussi. Il a pu savourer quelque chose de bien différent, de bien plus mature. Il avait deviné une certaine rudesse, des crevasses. Des lèvres qui ont vécu. Est ce que le reste de son corps aussi avait vu le temps passé ? Les coups le rouer ? Ces lèvres avaient été éclatées plus d'une fois. Le sang avait sûrement coulé. Oui, elles avaient vécu et pas toujours pour le mieux.

Et pourtant. Elles ajoutaient un charme, un plaisir nouveau. La découverte et le temps. Comme un bon vin. Il a bien envie d'y goutter une nouvelle fois, d'y retourner et de s'y attarder mais il doit d'abord savoir ce qui l'attend, quels mots lourds encore allaient il devoir entendre ? Il sait qu'il encaisserait et trouverait le moyen de passer au dessus. Il ne laissera pas la négation l'enfoncer encore plus dans le noir, il ne laissera pas la colère prendre le dessus. Trop ce soir, il résistera à la potentielle vague de sentiment négatif qui arrivera, il l'a choisi. Et il aurait du le faire bien plus tôt.

Il ne sait pas quoi penser de son coup, il ne sait pas ce qui l'attend. Il voit l'aura orange s'approcher. Son don ne se réveille pas et, en réponse, il retient un mouvement de recul et reste droit, prêt à recevoir ce qu'il doit recevoir. Et pourtant, ca ne vient pas. Est ce que Max est revenue sur sa décision ? Ou alors c'est pour mieux l'assommer. Il va peut-être trop loin dans sa façon de penser les choses, ce n'est pas une belle marque de confiance qu'il offre mais ce soir, la confiance … Où est ce qu'elle se cachait. Il lui avait demandé plus tôt dans la soirée de la lui offrir, voilà ce qu'il en avait fait. Il avait voulu offrir de la douceur, il avait créé ce froid polaire, c'est avec les mots qu'il pensait doux qu'il avait blessé. Chacun de ses mouvements avaient été traduit par un échec, une trahison. La belle confiance … Il n'a pas su en profiter. Est ce qu'il aura une nouvelle chance un jour ? Il en doute connaissant Max, tout du moins, connaissant ce qu'il a laissé entrapercevoir. Pas grand chose. Une grande fierté, peut-être est il intransigeant avec lui-même ou les autre. Un jour, il saura... Si ils se revoient.

Il écoute tout de même attentivement cette note dure et la laisse couler sur sa carcasse aveugle. Il ne s’offusque pas, ragaillardi par le fantôme de ce baiser dont il à encore le goût sur les lèvres. La suite lui fait hausser le coin de la lèvre en un sourire.

« Va savoir pourquoi »

Le second coin de ses lèvres s'élève. Un franc sourire un brin taquin.

-Je ne prétend pas pouvoir t'obliger à quoi que ce soit.

Une nouvelle fois il s'approche, un petit peu plus lentement. Il pose une main sur l'avant bras de Max et s'approche de son visage.

-Je prétend seulement avoir encore quelques arguments à te proposer.

Alors à nouveau, il pose ses lèvres sur celles qui, en quelques secondes, lui avaient manqué. Son baiser est toujours léger, pas insistant pour deux sous, on s'y soustrairait avec une facilité déconcertante, il ne veut pas plus s'imposer qu'il ne le fait déjà mais cette fois, il reste, juste un petit peu plus. Juste pour profiter avant de se faire repousser...

Sûrement.

Oui, quitte ou double, autant qu'il en profite un minimum. Il a les arguments, à voir s'ils suffiront à l'amant fantasmé depuis trop longtemps.

_________________
Medium cherche
esprit frappeur
pour coup de pieds occulte
Mickael
aurait bien aimé mettre une belle
citation bien pensée sur la cécité
ou le mediumisme mais ça le saoul
de chercher, alors il a choisi de
mettre quelque chose qui lui
correspond vraiment : une connerie.
code: @DRAG ME TO HELL
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://dmthbegins.forumactif.org/t2293-you-can-call-me-batman-o http://dmthbegins.forumactif.org/t2334-ou-est-ce-sac-encore#52087 http://dmthbegins.forumactif.org/t2325-les-liens-sont-invisibles-surtout-pour-lui http://dmthbegins.forumactif.org/f38-carnet-de-bord
avatar


→ ORDRE CLANIQUE : La Guilde
→ NUISANCE DEPUIS : 34 ans
→ SOUS L'EMPRISE DE : Regard pénitent, maîtrise des armes blanches, occlumancie, lecture des auras et, plus rarement, conversations avec les esprits et compétences restantes de voleur.
→ TROMPE L'ENNUI : Détective privé
→ PROFIL PSYCHOLOGIQUE : Solitaire ▫ Malin, certains le disent calculateur ▫ Méthodique, voire maniaque ▫ Discret ▫ Courageux ▫ Droit ▫ Impulsif ▫ Méfiant ▫ Sans pitié


→ AVATAR : Max Riemelt
→ MENSONGES : 697

†


MessageSujet: Re: Wir werden uns wiedersehen [PV Max]   Jeu 6 Déc 2018 - 9:59

Wir werden uns wiedersehen
Mickael & Maximilian


Qui avait dit que c’était simple, les coups d’un soir ? Normalement, ils étaient censés respecter un schéma sans ambigüité ni prise de tête. Venait d’abord la rencontre, puis le temps passé à se chercher qui, je devais bien l’admettre, ne durait pas bien longtemps dès lors qu’on savait quoi murmurer à la demoiselle en mal d’attention ou au mec trop désireux de se perdre dans une nuit facile, enfin le moment de l’extase arrivait : souvent bref et brutal mais si authentique qu’il en brûlait les os même s’il ne restait aucune braise fumante le matin au réveil solitaire. A la place de ces charbons noircis dont plus aucune étincelle jamais ne jaillirait, ce type avait laissé une brûlure nette. De celle qu’on regarde en se disant qu’elle avait été aussi profondément ancrée dans la chair que douloureuse à apaiser. L’étouffement interne de cette certitude inébranlable d’un unique vous prenait à la gorge, enserrait votre cœur et bousculait votre âme mais vous vous mentiez. Ce n’était que physique, après tout...

Ce n’était que physique.

La phrase résonnait inlassablement dans mon esprit. Litanie qu’on répète, comme si cela pouvait lui accorder une véracité dont elle semblait manquer plus cruellement à chaque minute qui s’écoulait. Mes yeux se plongeaient dans les siens pourtant, répondaient à cet appel silencieux que j’y lisais, à cette crainte aussi qu’il n’osait trahir. Cela aurait été si facile de briser ses attentes, de le briser lui. Après tout, il était si aisé de deviner quel genre de mec il était... Plein de bonnes intentions, on aurait pu lui donner le bon Dieu sans confession comme disaient les braves grenouilles de bénitier. Cependant, même les saints devaient bien avoir un cadavre dans le placard : nous en avions tous. Mes pupilles se perdirent dans les siennes, réflexion intense dont je ne ferai pourtant rien... Les douleurs de cette nuit ne méritaient rien de ce que je pourrais sans doute lui infliger. Je ne supporterai pas de le blesser, sauf peut-être pour me haïr moi-même en retour.

Mes pensées se perdaient. Que faisaient les siennes ? Tout était si différent dans l’obscurité, encore plus quand vous saviez que ce regard posé sur vous était absent... Alors dans le silence, vous ne pouviez pas vous dire qu’il contemplait vos traits en essayant d’y deviner comment réagir, impossible aussi de songer qu’il cherchait la ridule qui trahirait votre réelle réflexion. Rien ne s’appliquait à des yeux morts dont l’éclat vif vous ensorcelait pourtant quand un rayon lunaire venait s’y loger. Et j’étais figé. Immobilisé sous le joug de ce sourire qui vînt bientôt effacer le brin d’amertume qui persistait. Parce qu’au final, rien n’avait eu de sens en cette soirée que la finalité que j’avais espérée dès l’instant où je l’avais reconnu. Alors ouais... Bien sûr qu’on s’était paumé en route, mais cela valait-il le coup de se détourner d’un chemin si tentant dont il avait déjà franchi les barrières du bout des lèvres... Ses lèvres qui s’animèrent soudain, allure taquine et paroles qui s’y accordent.

Puis une main vînt trouver mon avant-bras. Légère et discrète, pour ne rien imposer, ne rien provoquer que je ne désirais pas. Mais je désirais tout. Une promesse à peine voilée, elle faisait déjà resurgir un frisson. Avais-je besoin de plus d’arguments ? N’avais-je pas été convaincu au premier baiser qu’il m’avait offert ? Evidence.

Pourtant, je le laissai faire. Sa bouche trouva la mienne avec une facilité déconcertante, pôle magnétique attirant l’autre jusqu’à la douce caresse de leur union. C’était doux, presque trop. Sage, exagérément. Empli d’un désir d’en avoir plus, sans le moindre doute. Voilà pourquoi je restai, pour cette saveur qui me faisait frémir, pour cette impression d’antan si différente du souvenir, pour mes sens qui se réveillaient à son contact. Il y avait dans ce baiser une habileté que je ne lui connaissais pas, une envie si assumée qu’elle fit écho à la mienne si bien que, comme une assurance, ma paume se leva pour venir se poser sur sa joue, entourant le bas de sa mâchoire pour l’empêcher de s’enfuir. Je ne choisirai pas la fuite et s’il ne désirait pas m’obliger à quoi que ce soit, moi je n’avais guère fait ce genre de serment idiot. Le garder à présent dans une passion renouvelée, note d’un goût ancien sans l’amertume des fruits gâtés mais avec tout de la maturité nouvelle qui l’avait vu évoluer vers cet homme qui désormais pouvait m’offrir plus qu’une pâle répétition surannée d’une scène splendide.

Parce que dix années avaient passé et que, derrière nos masques, nous n’étions plus les mêmes.

Une profonde inspiration fit gonfler ma poitrine où mon cœur avait soudain accéléré la cadence, je répondis à son baiser. Plus appuyé, plus passionnel, plus brut... Il n’y avait guère d’artifice dans ce que je lui proposais, je ne souhaitais plus jouer. Il devait me faire oublier et je devais me perdre. Alors je m’abandonnai dans chaque mouvement de nos lèvres aussi dérisoire puisse-t-il paraître,  me délectai de cette langue qui jouait avec elles. Je devinai sa peau toujours aussi sensuelle sous mes doigts mais peut-être moins juvénile qu’à l’époque. Passé et présent se rencontraient, s’entrechoquaient dans une étreinte divine alors que je me décalai pour chasser l’espace entre nous et que ma paume libre vînt trouver la chaleur de sa taille qu’elle n’avait que frôlé auparavant.

Plus aucune déclaration, plus un seul mot n’était nécessaire. Mon âme se satisfaisait de cette redécouverte qui effaça un instant encore les douleurs et les maux, anesthésia mes sens et fit oublier toutes les déconvenues. Puisque plus rien n’importait au-delà de ce nous éphémère...






_________________
Angst, Schrei und Tod
“La peur incite à la cruauté. Et il vaut mieux être le bourreau que la victime.” - Yvette Naubert -
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://dmthbegins.forumactif.org/t3283-maximilian-l-schimmel-bourreau-pour-la-guilde http://dmthbegins.http://dmthbegins.forumactif.org/t3300-maximilian-l-schimmel-inventaire http://dmthbegins.forumactif.org/t3287-maximilian-l-schimmel-le-bourreau-porte-generalement-un-masque-celui-de-la-justice http://dmthbegins.forumactif.org/f38-carnet-de-bord
En ligne
avatar
→ ORDRE CLANIQUE : Apprenti Exorciste pour la Guilde,
→ NUISANCE DEPUIS : 31 ans
→ SOUS L'EMPRISE DE : Son sens radar, une volonté morale de Fer
→ ERRANCE : L'université assurement
→ TROMPE L'ENNUI : Professeur de Langues
→ PROFIL PSYCHOLOGIQUE : Doux – Rieur – Sarcastique – Blagueur – Secret – Courageux, mais pas téméraire – Essaye de ne pas prendre grand chose au sérieux – Déteste sa cécité, il fait en sorte de toujours la tourner en dérision – Physiquement bien faible, moralement à tout épreuve – Nerveux.


→ AVATAR : Julian Morris
→ CREDITS : Thinkky
→ MENSONGES : 517

†


MessageSujet: Re: Wir werden uns wiedersehen [PV Max]   Jeu 6 Déc 2018 - 23:49

Ce goût de passé, cette saveur de nouveauté. C'est une revisite qui chatouille ses lèvres, une renaissance et un renouveau. Loin de lui l'image du phénix qui renaît de ses cendres, rien n'est comparable, il n'y a pas de ruine sur quoi à nouveau créer, il n'y a un nouveau socle. Ces lèvres. Ces mouvements. Cette odeur. C'est Max qu'il découvre, le Max d'aujourd'hui qui semble si différent de celui qu'il a pu découvrir il y a dix ans. Cette nuit est terminée, enterrée, classé sur le podium des plus beaux souvenir mais voilà... C'est un souvenir. Maintenant, il faut recommencer. Chaque seconde est unique et qu'importe la manière dont on rejoue la scène, il y aura toujours quelque chose de différent. Et cette nuit finalement, il n'y a rien eu en commun à ce souvenir Berlinois. Pas d'alcool, pas de musique à s'en éclater les tympans, pas de piste de danse. Juste l'écho flou de quelques répliques qu'ils ont aimé faire raisonner dans l'air. C'est du nouveau qu'ils vont créer cette nuit.

Sa main sur l'avant bras de Max, il sent les muscles, il sent la chaleur de la peau et malgré tout, il compare à ce bras qui l'avait attrapé par la taille et guidé il y a trop longtemps. Il lui faut chasser cette idée, redécouvrir. Est ce qu'il aura à nouveau droit de poser ses mains sur le visage de l'allemand ? Est ce qu'il aura la chance de découvrir les années qui ont marqué cette peau ?

La sensation de cette main sur son visage l’électrise. Depuis quand un simple contact comme celui-ci peut il provoquer autant ? L'appréhension et l'attente sûrement. Le souvenir aussi quand même, malgré tout. Impossible à chasser. Une sensation de chaleur irradie de cette paume autour de sa mâchoire. Mike savoure ce moment, il se demande comment il a réussi, enfin, à arriver à cette finalement. C'est pourtant tout ce qu'il souhaitait depuis le début de cette soirée, depuis cette odeur au bar. Comment est ce que s'était devenu aussi compliqué ? Il a cru ne jamais y arriver. Mais là, ils y sont, ils sont là, il sent les mouvement de Max contre lui, il sent ses mouvements appuyé, cette ferveur qu'il met dans ce baiser. Il entend cette inspiration qui lui fait gonfler le cœur. C'est ça ! C'est exactement ça qu'il cherche depuis dix ans ! Cette véracité, ce game over alors que le jeu n'a pas commencé. Cette main sur sa taille. Ce n'est pas un rêve, n'est ce pas ? Ce corps qu'il sent se rapprocher plus qu'il n'en voit l'aura, c'est un délice.

Inconsciemment, il referme les doigts sur l'avant-bras qu'il ne faisait alors qu'effleurer. Comme pour le sentir, pour savoir, pour se prouver qu'il est vraiment là, en face de lui. Son baiser se fait plus pressent, plus fort. Il a besoin de plus, il ne sait juste pas comment l'atteindre. Perdre ses doigts dans les cheveux de Max lui manque pourtant. C'est bien un des gestes qu'il a toujours trouvé le plus vrai, le plus sensuelle et bien plus doux. Et la douceur, c'est bien ce qui l'a toujours caractérisé. Mais ce soir, il s'abstient, loin de lui l'idée de créer un nouveau drame, il se contentera d'autre chose.

Il met fin au baiser et recule le visage de quelques centimètres pour prendre à son tour, une profonde inspiration. Les lèvres entrouvertes, un brasier nouveau vient consumer ses entrailles. Il retourne se fondre contre Max, contre ses lèvres. Sa main libre, en attendant, vient se glisser dans le dos avec douceur, elle remonte dans une caresse légère.

L'aveugle se maudit sur l'instant d'avoir prêté à l'allemand un pull aussi épais. Il arrête pourtant sa main sur l'omoplate qu'il fini par atteindre. Il mordille la lèvre inférieur de Max avant d'appuyer la main dans le dos. Doucement, il se laisse tomber en arrière, entraînant Max à sa suite. Il a envie de douceur sensuelle, il a envie de son corps contre le sien. Le canapé accueille son dos, épouse ses formes alors qu'il colle le torse de Max contre le sien, qu'il l'allonge contre lui. Une caresse parfaite.

_________________
Medium cherche
esprit frappeur
pour coup de pieds occulte
Mickael
aurait bien aimé mettre une belle
citation bien pensée sur la cécité
ou le mediumisme mais ça le saoul
de chercher, alors il a choisi de
mettre quelque chose qui lui
correspond vraiment : une connerie.
code: @DRAG ME TO HELL
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://dmthbegins.forumactif.org/t2293-you-can-call-me-batman-o http://dmthbegins.forumactif.org/t2334-ou-est-ce-sac-encore#52087 http://dmthbegins.forumactif.org/t2325-les-liens-sont-invisibles-surtout-pour-lui http://dmthbegins.forumactif.org/f38-carnet-de-bord
avatar


→ ORDRE CLANIQUE : La Guilde
→ NUISANCE DEPUIS : 34 ans
→ SOUS L'EMPRISE DE : Regard pénitent, maîtrise des armes blanches, occlumancie, lecture des auras et, plus rarement, conversations avec les esprits et compétences restantes de voleur.
→ TROMPE L'ENNUI : Détective privé
→ PROFIL PSYCHOLOGIQUE : Solitaire ▫ Malin, certains le disent calculateur ▫ Méthodique, voire maniaque ▫ Discret ▫ Courageux ▫ Droit ▫ Impulsif ▫ Méfiant ▫ Sans pitié


→ AVATAR : Max Riemelt
→ MENSONGES : 697

†


MessageSujet: Re: Wir werden uns wiedersehen [PV Max]   Hier à 0:56

Wir werden uns wiedersehen
Mickael & Maximilian


Les plus fleurs bleues auraient parlé d’une magie dans l’air, les plus terre à terre auraient invoqué l’expression de la bestialité humaine. A la frontière de ces sentiments, je me laissai tenter par tout ce que la vie avait à m’offrir et, en cet instant, elle me faisait le plus splendide des cadeaux pour clôturer cette soirée de merde. Un feu d’artifices qui débutait à peine et dont j’aurais sans mal imaginé l’apothéose si déjà mon esprit n’avait pas été trop occupé à se délecter de son odeur, de son souffle, de tout ce qui composait la plus infime parcelle de son être.

Accro à ses gestes, je m’y noyai en oubliant tout le reste. Sur mon avant-bras, je sentis sa paume s’alourdir telle une ancre qui venait de le fixer dans un port où seul était maître ce sentiment passionnel que tout ne faisait que commencer. Mes paupières s’entrouvrirent légèrement, mais déjà le baiser se fit phare éblouissant. La nuit à la dérive semblait prendre fin, les eaux troubles s’éloignaient au profit d’une nouvelle marée plus sensuelle. Elle allait, elle venait, la vague. Quand Mike s’éloigna, la fraîcheur de l’écume sembla frapper les écueils de mes lèvres avant qu’un élan de plus ne vienne laisser la houle me frapper plus fortement encore de son savoureux goût de sel. Son parfum s’y joignait et si on n’y percevait plus cette note juvénile d’antan, on y trouvait la pointe iodée, que d’autres auraient dit délicieusement piquante, de cette assurance que je ne lui avais pas connue. Et j’aimais cela.

J’aimais sentir cette main dans mon dos. Celle qui m’appelait dans une étreinte aussi douce que le coton, avant d’attiser la flamme d’un bûcher ardent lorsqu’elle s’appuya contre mon omoplate. Je pliai mais ne rompis pas. C’est ainsi que nos corps se trouvèrent, réchauffant l’air autour de nos silhouettes tant et si bien que même nos auras me semblèrent soudain prendre une teinte plus intense. La puissance de cette attraction, comme des pôles trop longtemps séparés qui peuvent enfin se laisser aller au magnétisme qui les habite, fut telle que je me sentis défaillir. Bientôt à la verticale, nos torses entrèrent en contact, firent frémir ma peau. La laine du pull me sembla devenir un terrible carcan tant l’extrême tiédeur de nos précédents rapprochements virait maintenant au plus délicieux des brasiers, mais je ne l’enlevai pas, pas encore. Pas alors que chacun de ses mouvements m’ensorcelait davantage et me plongeai dans l’abîme de ses yeux que je ne parvenais plus à lâcher de mon regard, communion silencieuse et inutile mais pourtant si belle à mon sens alors que nos lèvres ne s’étaient jamais quittées, trop occupées à se dévorer inlassablement.

Ma langue s’y mêlait désormais, caressant d’abord avec douceur le bord de ses lèvres, se glissant ensuite entre elles pour venir trouver son homologue sensuelle. Ensemble, elles débattraient des heures si on les laissait faire, pendant qu’une de mes paumes me retenait en équilibre au-dessus de Mike pour le préserver de faire peser sur lui tout mon poids. L’autre main avait déjà trouvé quoi faire, caressant d’abord la joue de mon amant, descendant ensuite dans son cou, glissant contre son flanc en marquant du bout des doigts chaque côte avant de s’imbriquer dans le creux de son dos, aidé par le moelleux du canapé. Là, je percevais toutes les ondulations tandis que mes yeux se fermaient pour mieux profiter de la moindre courbure de son être. Notre ondoiement était aussi cadencé que celui de l’eau heurtant le sable fin, doux et insistant à la fois.

La réalité, c’était que cette étreinte nouvelle balayait tout. Elle ne nous renvoyait pas dix ans en arrière mais nous ancrait dans un présent aux multiples possibilités. Est-ce que cette nuit allait revêtir le même manteau de sensations ? La question ne se posait plus et sa réponse devenait, dans chacune de nouvelles attentions que nous nous offrions, une version plus juste. Point de musique ce soir et pourtant nous étions accordés malgré les différences. Car oui, nous étions différents et si j’avais apprécié cette faiblesse que j’avais décelée en lui à ce bar, cette façon qu’il avait de prendre en main la suite des évènements me plaisait plus que je n’aurais jamais pu le deviner. Tout contrôler, voici une des priorités dans mon existence : on ne souffrait pas lorsqu’on pouvait anticiper chaque risque... Alors pourquoi laissai-je tomber des barrières aussi facilement ? Parce que ça ne voulait rien dire... Du moins, c’est ce que je me répétai encore lorsque ma bouche se pressa encore plus contre la sienne, que mes mains cédèrent au désir de nous rapprocher encore, toujours plus, dans un empressement si redoutable qu’il provoqua un frisson qui se propagea tout le long de ma colonne.

Nous avions à peine commencé. Pourtant, j’étais déjà en nage. Les émotions se succédaient, sans plus qu’aucun sens ne les dirige. J’étais tel un navire en pleine tempête, ayant perdu la lueur de mon phare lorsque brusquement le frémissement dans mon dos gagna la base de mon crâne dans une sueur froide insoutenable. Dans un réflexe, mes lèvres se détachèrent des siennes et je tournai vivement la tête en rouvrant les paupières mais ne vit rien, rien d’autre que des milliers d’éclats scintillants qui remplaçaient chaque centimètre carré de l’espace pour me plonger dans un brouillard électrique. Putain de merde.

Je me redressai, manquai de dégringoler du canapé en portant une main à mon front mais cela fut encore pire tandis que je me retrouvai assis à califourchon sur cet amant si désiré et désirable, mais dont la silhouette si délicieuse était masquée par ce vertige aveugle qui broyait tout. Mes deux paumes contre mon visage, je tentai de retrouver une contenance mais tout était flou, incertain, mouvant. Un hiver glacial régnait dans mon crâne, loin de l’été caniculaire qu’il m’avait offert... Flocons incessants qui couvraient de gel mon plaisir et glaçait mon cœur tambourinant...






_________________
Angst, Schrei und Tod
“La peur incite à la cruauté. Et il vaut mieux être le bourreau que la victime.” - Yvette Naubert -
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://dmthbegins.forumactif.org/t3283-maximilian-l-schimmel-bourreau-pour-la-guilde http://dmthbegins.http://dmthbegins.forumactif.org/t3300-maximilian-l-schimmel-inventaire http://dmthbegins.forumactif.org/t3287-maximilian-l-schimmel-le-bourreau-porte-generalement-un-masque-celui-de-la-justice http://dmthbegins.forumactif.org/f38-carnet-de-bord
Contenu sponsorisé



MessageSujet: Re: Wir werden uns wiedersehen [PV Max]   

Revenir en haut Aller en bas
 

Wir werden uns wiedersehen [PV Max]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 2 sur 2Aller à la page : Précédent  1, 2

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
DRAG ME TO HELL | Begins. ::  :: Istrouma-